L'histoire de Tours inventorie l'ensemble des évènements, anciens ou plus récents, liés à cette ville française Protohistoire et Antiquité thumb|Castrum gallo-romain et amphithéâtre de Tours Des fouilles modernes entreprises à différents endroits de Tours, dans une vaste zone allant jusqu'à la Loire et le long de celle-ci, ont révélé la préexistence d'un habitat ancien et disperséHenri Galinié (dir.), Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville. 40 ans d’archéologie urbaine, Supplément à la Revue archéologique du Centre de la France (RACF) , n° spécial de la collection “ Recherches sur Tours ”, Tours, FERACF, 2007, 440 p - R. De Filippo, La fouille du site de l'Hôpital Clocheville, Ta&m, 2007, (texte 59, texte 24). Sous l'autorité romaine, au , une cité est fondée : elle est nommée Caesarodunum « ville fortifiée (dédiée à) César ». Au Bas-Empire, selon un processus courant en Gaule après le , la ville prend le nom du peuple gaulois dont elle est la cité ([Civitas] Turonorum), c’est-à-dire Turones qui évolue en Tours par coalescence. La ville devient la métropole de la province romaine de Lyonnaise troisième vers 380-388, dominant la vallée de la Loire, le Maine et la Bretagne. La cité possède des thermes, un temple et un amphithéâtre. Un réseau de voies romaines met la cité en relation avec ses voisines. À cause de troubles, elle est entourée d'une enceinte pourvue de tours et de poternes vers le délimitant le castrum. Le château médiéval de Tours, situé dans l'angle nord-ouest de l'ancienne cité, mis au jour lors de fouilles dans les années 1970, réutilisa cette fortification du Bas Empire.
Sous les vestiges du château on découvrit également des thermes antiquesHenri Galinié, Fouilles archéologiques sur le site du Château de Tours, 1974-1978 : rapport préliminaire partie - Tours, Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1978. - 20 p. : ill. ; 25 cm. - Tiré-à-part du Bulletin de la Société archéologique de Touraine, 1978 ou BSAT, XXXVIII, 1978, . Une autre partie de cette fortification gallo-romaine (le long des rues du Petit Cupidon et du Port Feu Hugon) et deux tours nous sont parvenues : celle attenante à l'Évêché (actuel Musée des beaux-Arts) et les vestiges de la tour dite « du Petit Cupidon », qui constituaient respectivement l'angle Sud-Ouest et Sud-Est du castrum. On retrouve le remploi de cette fortification lors du dégagement de la chapelle Saint-Libert en 2011.
Moyen Âge
Un sanctuaire national de pèlerinage et de culture Une des figures marquantes de l'histoire de la ville est saint Martin de Tours, troisième évêque de la ville après le mythique Gatien et Lidoire. Martin est un ancien militaire devenu officier romain. Épris du message chrétien, il partage son manteau avec un démuni à Amiens, puis se fait moine. Inlassable prédicateur d'une foi modèle dans les assemblées chrétiennes, il y épouse la condition des plus modestes et acquiert une renommée légendaire en Occident, faisant des émules et créant le monastère de Marmoutier.
Cette histoire et l'importance post-mortem de Martin encore plus grande dans l'Occident chrétien médiéval firent de Tours une ville de pèlerinage majeure au Haut Moyen Âge au point que le concile de Chalon-sur-Saône en 813 donnait à ce pèlerinage la même importance qu'à celui de Rome ; c'était notamment une possible étape détournée sur le chemin vers Saint-Jacques de Compostelle, traversant Amboise.
En 461 a lieu le premier concile dans la ville de Tours, auquel participa le premier évêque de Rennes, Anthemius. Le monastère Saint-Martin a bénéficié très tôt, dès le début du , de libéralités et de soutien des rois francs, Clovis le premier a attribué la victoire des Francs sur les Wisigoths à l'intercession du vénérable saint ancien soldat, et accrut considérablement l'influence du monastère et de la ville en Gaule, en lui donnant notamment le droit de battre cette monnaie tournois, qui deviendra plus tard la livre tournois.
Au , Grégoire de Tours, jeune lettré vient s'y faire soigner d'un mal présumé incurable. Guéri, il y reste et parvient à s'y faire nommer évêque. Cet écrivain mérovingien, auteur des Dix Livres d'Histoire Des Francs , marque la ville de son empreinte notamment en restaurant la cathédrale détruite par un incendie en 561. En 567, le concile de Tours donne le droit aux évêques l'excommunication pour les juges oppresseurs et instaure la dîme au profit de l'Église.
La bataille de Tours ou de Poitiers, est une victoire remportée en 732 ou 733 par une armée, conduite par Charles Martel, contre des combattants sarrasins conduits par l'émir de Cordoue Abd el Rahman. Selon quelques auteurs contemporains, la bataille ne s'est pas déroulée à Poitiers, mais à mi-chemin entre Poitiers et Tours, elle devrait de ce fait s'appeler la bataille de Tours, l'historien André-Roger Voisin, préfère la situer dans la banlieue sud-ouest de Tours, sur un lieu-dit qui porte le même nom depuis des siècles et qui semble fortement révélateur, les landes de Charlemagne. Pour tous les historiens, Charles Martel entre en guerre, seulement pour défendre le monastère de Saint-Martin de Tours le sanctuaire national des Francs, et pour plus tard bien sûr, en avoir le contrôle. Cette bataille pour Charles Martel et les Carolingiens n'est pas mythe, mais un symbole historique.
Au , Tours est l'un des foyers privilégiés de la Renaissance carolingienne, notamment du fait de l'élévation à l'abbatiat d'Alcuin, ancien prieur anglo-saxon du monastère de Cormery. Le manteau de Saint Martin () serait aussi à l'origine du nom "Capet", qui est celui de la dynastie des rois de France, les Capétiens. À la fin de l'ancien régime, Saint Martin de Tours reste le symbole de l'unité franque et française . En 813, un concile de grande importance à l'initiative de Charlemagne, impose l'usage de la langue « Romana Rustica » qui s'oppose à la « Theostica » et peut être considéré comme la naissance du françaisMichèle Perret, introduction à l'histoire de la langue française page 36 ( Armand Colin 2008).
Deux villes fortifiées thumb|right|Ce qu'il reste du château de Tours aujourd'huiTours est une ville fortifiée, comme son nom l'indique. Mais parfois, elle doit son salut à des catastrophes naturelles : ainsi, pendant l'hiver 575-576, c'est une forte crue de la Loire qui empêche l'entrée des Wisigoths dans la ville, 17..
En 845, Tours repousse une première attaque du chef viking Hasting.. En 850, les Vikings s’installent aux embouchures de la Seine et de la Loire qu'ils empruntent et contrôlent. En 851, le roi français Charles II le Chauve donne à William (Walganus, Walwain, Gauvain, ou Gauwinus), chevalier de Normandie (dans l'actuelle Norvège), la seigneurie de Tours, plusieurs châteaux en Provence, ainsi que le Château de Nantouillet (du latin Nantolio ou Natolii) Descendants des premiers rois gothiques sont joints à la fourmi roi de Hongrie avec les anciens Princes des Tours 'ancienne "La cathédrale de Tarente: l'histoire et l'art, « Joseph Blandamura, plante Tipografico archevêque, 1923, Page 66. Toujours menés par Hasting, les Vikings remontent à nouveau la Loire en 852 et mettent à sac Angers et le Maine, mais le la crue de la Loire les bloque et sauve la ville. Tours et l’abbaye de Marmoutier tombent dans les mains des pillards en 853.
Durant le Moyen Âge, Tours est constituée de deux noyaux juxtaposés, parfois concurrents : la Cité et Martinopole. A l'est, la Cité est l'héritière du premier castrum remodelé après 265. Elle est composée de l'ensemble archiépiscopal (cathédrale et résidence des archevêques) et du château de Tours, siège de l'autorité comtale (tourangelle puis angevine) et royale. À l'ouest, la « ville nouvelle », ou Martinopole, est structurée autour de l'abbaye Saint-Martin. Elle bénéficie du prestigieux pèlerinage et s'émancipe de la cité au cours du . Martinopole érige une première enceinte vers 918 et devient le « Châteauneuf » (castrum novum). Cet espace, organisé entre Saint-Martin et la Loire, devient le centre économique de Tours. Son rayonnement lui vaut même le droit de battre monnaie. Cette monnaie, le denier tournois, devient la livre tournois, monnaie de compte de l'Ancien régime, avant d'être remplacée par le franc après la Révolution . Entre ces deux entités subsistaient des espaces de , de vignes et de champs peu densément occupés, à l'exception de l'abbaye Saint-Julien installée en bord de Loire. Les deux noyaux sont unis par une enceinte de réunion au cours du . Tours est un modèle de la ville double médiévale.
Tours est la capitale de la Touraine, ce territoire sous le nom de comté de Tours est âprement disputé (cette guerre est l'origine des châteaux de la Loire) entre la maison féodale blèsoise et la maison d'Anjou, qui emporte la mise en 1044 sous forme d'un fief.
En 1050, au concile de Tours, le pape Léon IX condamne et dénonce comme hérétique le théologien Bérenger de Tours. Le . , le pape Urbain II préside les cérémonies de dédicace de la grande église abbatiale de Marmoutier-lès-Tours et tient concile à Tours où l'évêque Otton fut réadmis dans l'Église, à condition de faire pénitence en participant à la croisade.
En , le pape Alexandre III, réfugié à Tours, consacre la nouvelle chapelle de Marmoutier-lés-Tours, sous l'invocation des saints Benoit et Vincent. Ce souverain pontife, élu en 1159, abandonna précipitamment le Saint-Siège, car l'empereur d'Allemagne, Frédéric Barberousse, avait fait élire un autre pape dévoué à ses intérêts.
Le pape décide et convoque un concile extraordinaire en la ville de Tours, où se réunirent, pendant un an, un nombre impressionnant de dignitaires ecclésiastiques, 17 cardinaux , 124 évêques et 414 abbés, la ville de Tours apparut même comme une « seconde Rome », Alexandre reçut le soutien de toutes les Églises françaises et anglaises, cette docte assemblée condamna l'empereur d'Allemagne et réaffirma le pouvoir premier du spirituel des papes sur le pouvoir temporel des empereurs. Alexandre III ne regagnera Rome qu'en 1178.
Prenant acte de la déchéance continentale des Plantagenêts, Philippe II de France, dit Philippe Auguste, roi suzerain, récupère par la force la Touraine après 1204. Avec ce rattachement à la couronne, la livre tournois, qui tire son nom de l'abbaye Saint-Martin de Tours où l'on frappait des deniers dits « tournois » remplace la livre parisis comme monnaie de compte du domaine royal.
Le , Philippe le Bel convoque à Tours les états généraux du royaume, cette assemblée était chargée de chasser les hérétiques et plus particulièrement les templiers. En obtenant un large appui populaire, ce n'est pas le roi qui se dresse contre les templiers mais le peuple entier qui réclame justice, une délégation portera au pape une demande de condamnation du Temple et de ses membres. L'ordre sera finalement dissous en 1312 et certains de ses membres périront sur le bûcher. Voici l'épilogue d'un conflit opposant deux pouvoir, le pouvoir spirituel et le pouvoir d'un roi, Philippe le Bel qui veut rester maître dans son royaume.
La ville unifiée Le par lettres patentes le roi Jean II le Bon, « Jean, par la grâce de dieu, au bailli de Tours, par le péril de la guerre, ordonne de fortifier murs et maisons, et organiser le guet pour la défense de la ville » ; par cette nouvelle enceinte, dite clouaison de Jean le Bon, la ville unie de Tours vient de naître.
La fin du Moyen Âge est marquée par la dégradation du climat, qui provoque plusieurs fortes crues de la Loire : on note celles de 1405, 1421, aggravée par la crue du Cher, et mais ce n'est qu'en 1593 qu'on envisage de construire une digue pour protéger la ville.
Le roi Charles VI et le dauphin Charles, vinrent se réfugier à Tours de à . La ville ouvrait ses portes au duc de Bourgogne en , et le Dauphin Charles la reprenait en .