est un groupe industriel japonais producteur d'automobiles, de motos et de moteurs hors-bord. Les origines de Suzuki remontent au début des années 1900 avec la création par Michio Suzuki d'une entreprise de machines pour l'industrie textile à Hamamatsu. À partir du milieu des années 1950, Suzuki se lance dans la construction de deux roues motorisés et d'automobiles, puis, à partir de 1965, de moteurs hors-bord. Au milieu des années 2020, le groupe fait partie des dix plus importants constructeurs mondiaux d'automobiles comme de motos, et des quatre plus importants constructeurs de moteurs hors bord.
En 2025-2026, Suzuki a atteint un chiffre d'affaires consolidé de (soit environ ) réalisé pour les trois quarts en Asie, et notamment en Inde, marché qui représente plus de 40 % des ventes totales du groupe. L'activité automobile génère plus de 90% du total du chiffre d'affaires de Suzuki, les motos 7 % et les moteurs pour bateaux 2 %.
Histoire Avant les années 1950 : machines pour l'industrie textile En 1909, Michio Suzuki, alors âgé de 22 ans, crée dans son village natal, Hamamatsu, la Suzuki Loom Works pour fabriquer des métiers à tisser. Il introduit plusieurs innovations : l'une permettant de tisser facilement les tissus à rayures, une autre pilotant le fil de chaîne, et la troisième, un métier motorisé. L'entreprise se développe rapidement et, en 1920, Suzuki devient la Suzuki Loom Manufacturing Factory et ouvre son capital à 72 actionnaires. L'entreprise innove de nouveau en concevant et produisant un métier permettant de tisser les tissus dédiés au sarong. Au milieu des années 1930, Michio Suzuki confie à son gendre, Shunzo, la responsabilité de créer une activité de véhicules motorisés. Entre 1937 et 1944, Suzuki conçoit deux moteurs à explosion, l'un pour automobile et l'autre pour moto, et construit quelques exemplaires de sa première automobile, inspirée de l'Austin 7, mais la guerre amène Suzuki à interrompre ces projets avant toute commercialisation. Durant cette période, Suzuki fournit également des munitions à l'armée japonaise, engagée dans des conflits en Chine puis dans le Seconde Guerre mondiale : sa valeur boursière quadruple entre 1939 et 1944.
Les installations industrielles de Suzuki sont partiellement détruites à partir de fin 1944 par un tremblement de terre, puis par des bombardements alliés. L'économie japonaise s'effondre en 1945. Pour maintenir ses capacités de production et ses effectifs, Suzuki se diversifie en fabriquant divers produits manufacturés : matériels agricoles, radiateurs et petits moteurs électriques, etc.
Années 1950/1960 : entrée sur les marchés moto, auto et hors-bord Au début des années 1950, Suzuki prend une décision qui va marquer son histoire : concentrer son développement sur les moteurs et les véhicules motorisés.
Comme d'autres industriels de l'époqueNotamment Ducati en Italie et Honda., Suzuki développe un deux roues motorisé léger et économique constitué d'une bicyclette et d'un petit moteur thermique. Le premier modèle de série, baptisé "Power free" est lancé en 1952. Le Power Free est doté initialement d'un moteur monocylindre deux temps de puis d'un monocylindre de et de deux vitesses. Le Diamond Free, deux fois plus puissant, lui succède en 1953. L'activité moto se développe ensuite rapidement, s'élargissant à des modèles aux puissances et cylindrées croissantes : ST125 (1955), bicylindre Colleda TT250 (1955), etc. Le premier modèle arborant le logo "S" devenu le symbole de la marque apparait en 1958. Suzuki modernise ensuite régulièrement sa gamme, notamment avec des fourches télescopiques (1957), des freins à commande hydraulique (1960), des boîtes de vitesses à quatre (1955) puis cinq (1969) rapports, un démarreur électrique (1961), etc.
L'activité automobile débute en 1955 avec la Suzulight SF, petit véhicule de de long et doté d'un moteur bicylindre deux temps de /. Elle a des caractéristiques très modernes pour l'époque : moteur transversal, traction avant, suspension à quatre roues indépendantes, direction à crémaillère, etc. La Suzulight est déclinée en versions berline (SS), camionnette (SD) et pick-up (SP). La gamme d'automobiles de la marque se développe ensuite progressivement avec des citadines compactes, comme la Suzulight Fronte de (1962), déclinée en modèle à trois portes (Fronte Estate, 1969).
En 1965, Suzuki présente son premier moteur hors bord, le D55, monocylindre deux temps de .
Années 1970/1990 : croissance internationale et partenariats Entre le début des années 1970 et la fin du siècle, Suzuki, qui prend le nom de Suzuki Motor en 1990, devient un groupe industriel présent mondialement, qui a noué divers partenariats industriels internationaux, notamment, pour l'automobile, avec General Motors et Maruti.
En 1999 Suzuki vend d'automobiles, pour les deux tiers en dehors du Japon, et autant de motos, dont plus de 90 % en dehors du Japon. Le chiffre d'affaires est d'environ de yens (soit 12 milliards de dollars), se répartissant entre les segments automobile (64 %), moto (14 %), et autresCes ventes "autres" sont constituées de moteurs hors bord et de générateurs électriques. (21 %). Le groupe produit dans 27 pays, est présent dans 190 marchés et emploie près de .
Années 1970
Produits : AutomobilesLes modèles auto et moto de Suzuki ont tous des moteurs à deux temps jusqu'au milieu de la décennie, puis la marque commence à utiliser des moteurs à quatre temps sur ses modèles les plus puissants. : le groupe lance son premier 4x4 léger, le LJ "Jimny". Initialement doté d'un moteur deux temps de , le Jimny est ensuite décliné en versions modèles plus puissantes à deux et quatre temps. De nombreuses variantes des petites berlines Fronte sont lancées (LC 10/20, LS, SH, 7-S, SS 30/40), avec des moteurs à deux ou quatre temps, des carrosseries à deux, trois ou cinq portes, et divers niveaux de finition. La ligne d'utilitaires légers Carry évolue également (L 50/60, puis ST), notamment avec l'apparition d'une version "minibus" à portes latérales coulissantesCertains modèles Carry sont produits en Indonésie et au Pakistan.. Motos : le plus puissant modèle à deux temps de la marque, la GT 750, est lancé, puis les premiers roadsters à quatre temps apparaissent avec les GS 400/500/750. Autres : Suzuki se lance dans la construction de fauteuils roulants motorisés, de maisons préfabriquées et de conteneurs.
Distribution et fabrication : Suzuki crée plusieurs usines au Japon (Shizuoka, Toyokawa, Akita), ainsi que ses premières implantations industrielles à l'étranger, en Indonésie et au Pakistan, ainsi qu'une filiale de distribution au Canada. Suzuki commence à vendre des automobiles en Amérique du Nord.
Gouvernance, organisation et actionnariat :
En 1973, Jitsujiro Suzuki devient directeur général et Shunzo Suzuki président. En 1978, Osamu Suzuki remplace Jitsujiro Suzuki qui prend la présidence du groupe.
Années 1980 Au début des années 1980, le groupe atteint un chiffre d'affaires de 500 milliards de yens.
Produits : Autos : de nombreuses berlines apparaissent, sous les appellations Alto, Swift, etc . La ligne des 4x4 se développe vers des puissances supérieures (Jimny 1000) et s'élargit au Vitara/Escudo Motos : Suzuki lance plusieurs modèles de scooters de faible à moyenne cylindrée (Gemma, Love, Run, Address), une nouvelle famille de modèles puissants quatre temps à vocation sportive, les GSX et GSX-R, et la ligne de trails monocylindres quatre temps DR. Autres : Suzuki lance une nouvelle activité, la production de générateurs électriques, ainsi que son premier quad, le Quadrunner LT 125Les résultats de l'activité Quad sont intégrés par Suzuki à ceux de l'activité Motos..
Distribution et fabrication : Suzuki étend son implantation industrielle à d'autres pays : Canada (en partenariat avec General Motors), Espagne (avec Land Rover Santana), Nouvelle-Zélande, Égypte et Chine (avec Jinan Qingqi). Le groupe crée des filiales de distribution en Allemagne, Australie et aux États-Unis. Gouvernance, actionnariat et partenariats : plusieurs alliances industrielles sont signées, notamment avec l'indien Maruti et l'américain General Motors (GM), qui prend 5,3 % du capital de Suzuki.
Années 1990 Au début des années 1990, Suzuki atteint un chiffre d'affaires de 1000 milliards de Yens.
Produits : Automobiles : premières kei cars de et nombreux lancements (Wagon R, Cultus Crescent, Grand Vitara, Every+ à 7 places, etc. ). Motos : lancement du premier maxi scooter de la marque, le Skywave ; Suzuki fournit des moteurs à Aprilia. Autres : début de la fabrication de certains moteurs hors bord en Thaïlande. Distribution et fabrication : création d'une filiale et début des fabrications automobiles en Hongrie ; plusieurs autres sites industriels sont créés : Corée (auto, en partenariat avec Daewoo), Vietnam (auto et moto), Égypte, Chine (moto avec Jinan Qingqi Suzuki Motorcycle Co. ; auto avec Chongqing Changan Suzuki Automobile Co.), etc.
Suzuki au XXIe siècle Suzuki poursuit sa croissance : son chiffre d'affaires consolidé passe de yens en 2003 à en 2018 et près de en 2025. Le groupe recentre son activité automobile sur les marchés émergents, particulièrement en Asie et en Amérique latine. Les partenariats industriels évoluent fortement, avec notamment la fin des relations avec General Motors et le retrait de Suzuki du marché automobile nord américain, un fugace accord avec Volkswagen et des partenariats avec Fiat et Toyota. Les années 2010 marquent les premières initiatives de Suzuki en matière d'hybridation et d'électrification de ses modèles auto et moto.
Au milieu des années 2020, Suzuki est devenu le dixième constructeur automobile mondial, le septième constructeur mondial de motos et l'un des quatre plus importants constructeurs de moteurs hors bord.
Produits : Automobiles : nombreux lancements avec notamment les Wagon R+, Grand Escudo V6 (avec General Motors), Aerio, Chevrolet Cruze, SX4 (avec Fiat), Alto Lapin, Hustler, Vitara, Dzire, etc. Les premiers modèles hybrides sont lancés, notamment Swift (2010), Solio (2016) et Escudo (2022). Le e-Vitara, premier modèle automobile électrique de la marque, est lancé en 2025. Motos : lancement des maxi scooters Burgman. Les premiers modèles électriques apparaissent, comme le scooter e-Lets (2012). Suzuki fournit des moteurs à Aprilia. Autres : début de la fabrication de certains moteurs hors bord en Thaïlande. Distribution et fabrication : création d'une filiale et début des fabrications automobiles en Hongrie ; plusieurs autres sites industriels commencent leurs activités : Corée (auto, en partenariat avec Daewoo), Vietnam (auto et moto), Chine (moto avec Jinan Qingqi Suzuki Motorcycle Co. ; auto avec Chongqing Changan Suzuki Automobile Co.), Philippines (moto), Argentine, etc. Gouvernance, actionnariat et partenariats : Suzuki fournit des kei cars à Nissan ; General Motors monte jusqu'à 20% du capital puis les accords se dénouent au milieu des années 2010 ; plusieurs accords avec Fiat sont signés à partir de 2003 ; un accord est signé avec Volkswagen en 2009 et rompu en 2011. Plusieurs accords sont signés avec Toyota à partir de 2017, notamment pour des modèles communs fabriqués en Inde par Suzuki et de futurs véhicules électriques. Suzuki conclut en outre plusieurs accords avec d'autres industriels, comme Toshiba et Denso, pour le développement de technologies nécessaires aux véhicules électriques et communicants, concernant notamment la fabrication de batteries en Inde.
Suzuki et l'Inde