Camille-Joseph-Alphonse-Charles, duc Féry d'Esclands, né à Saint-Denis (La Réunion) le et mort à Neuville-lès-Dieppe le , est un magistrat et « sportsman » français.
Par bref du , le pape Léon XIII lui confère le titre de duc romain (noblesse pontificale), héréditaire en primogéniture.
Biographie
Famille
La famille bourgeoise des Féry est attestée depuis le aux Arcs et à Draguignan, où elle se signale dans le notariat et le négoce de l'huile. À la fin du siècle, le grand-père d'Alphonse, Marie-François-Hippolyte Féry (v.1763-1823), ancien aide-major au régiment Royal-La Marine, s'est installé sur l'Île Bourbon (La Réunion). Député à l'assemblée provinciale de l'île en 1801, Hippolyte a rajouté à son patronyme « d'Esclands », du nom d'un château appartenant à sa famille et située à La Motte. Son fils, Louis-Zacharie-Fortuné-Charles Féry d'Esclands (1805-1893), avoué et conseiller général de La Réunion, est le père d'Alphonse et de Caroline (1832-1911), mariée en 1855 au marquis Jean-Marie-Guillaume de Castelnau d'Essenault (1822-1905).
En 1866, Alphonse Féry d'Esclands épouse Marianne-Jérômine-Eugénie de Casabianca, fille de François Xavier Joseph de Casabianca, sénateur et procureur général près la Cour des comptes, dont Alphonse devient le secrétaire particulier peu de temps après. Le ministre Béhic et le duc de Montebello servent de témoins à Alphonse, ceux d'Eugénie étant le maréchal de Canrobert et le sénateur Ernest de Royer, premier président de la Cour des comptes. La cérémonie religieuse est célébrée dans la chapelle du Sénat par l'abbé Deguerry, curé de la MadeleineLe Petit Journal, 25 juillet 1866, .. Le couple aura trois enfants : Élie-François-Xavier (1867-1912), Duc romain ( 2° -1909), officier d'infanterie, époux d'Angèle de Dampierre, il participe aux Jeux olympiques d'été de 1900 à Paris, discipline épée.. Sans postérité. Louise-Eugénie-Caroline (1873-1956), filleule de l'impératrice Eugénie et du prince impérial, épouse d'Armand-Marie-Joseph Soucanye, baron de Landevoisin, maire de Daon, petit-fils du colonel Armand-René Soucanye de Landevoisin Paul-Michel-Charles (1875-1969), Duc romain ( 3°- 1912 ), docteur en droit. Sans postérité.
Carrière professionnelle et activités militaires
vignette|Les tirailleurs-éclaireurs parisiens commandés par Féry d'Esclands (1870).
Bachelier ès-sciences et licencié en droit, Alphonse Féry d'Esclands est employé au ministère des Finances à partir de la fin de l'année 1855. En 1862, il entre comme auditeur à la Cour des comptes, dont il devient conseiller référendaire en 1867. Par la suite, il sera nommé avocat général (1880) puis conseiller-maître (1882) de cette institution.
Volontaire lors de la Guerre franco-allemande de 1870, Alphonse Féry d'Esclands organise en août le corps franc des tirailleurs-éclaireurs parisiens fondé par le baron TravotLa Guerre de 1870-71 : l'investissement de Paris, vol. I, Paris, Chapelot, 1908, .. Avec le grade de capitaine, il commande cette compagnie qui comprend une soixantaine d'hommes, dont Alphonse Milne-Edwards, Albert Geoffroy Saint-Hilaire et Pierre-Amédée Pichot. Placés sous les ordres du contre-amiral Fleuriot de Langle jusqu'en janvier 1871, les tirailleurs-éclaireurs de la Seine effectuent surtout des missions de reconnaissance dans plusieurs localités autour de la capitale assiégée. Réserviste, Féry d'Esclands commande à partir de 1875 le d'infanterie territoriale puis, dès avant 1887, le d'infanterie territoriale, avec le grade de lieutenant-colonel.
Ces services militaires exceptionnels valent à Féry d'Esclands d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur (1871), ordre dans lequel il sera promu officier (1887) puis commandeur (1907).
Activités sportives et associatives
vignette|Féry d'Esclands (au centre) assistant à un combat d'escrime (détail d'une gravure d'après un tableau de Régamey).
« Sportsman » pratiquant aussi bien les échecs que la boxe, Féry d'Esclands est surtout réputé en tant qu'escrimeur. Considéré comme une autorité en matière d'affaires d'honneur et de duels, souvent sollicité pour arbitrer des cas litigieux, il a écrit un ouvrage de référence à ce sujet avec son ami Georges Bibesco (Conseils pour les duels à l'épée, au fleuret, au sabre et au pistolet, Paris, Lemerre, 1900). Président exécutif ou honoraire de plusieurs sociétés et institutions sportives (L'Estocade, l'École d'escrime française, le Boxing club de France...), fondateur d'un concours d'escrime, le prix ou challenge Féry d'EsclandsLe Rappel, 17 mai 1922, ., il préside également la salle d'armes du Cercle national des officiers de terre et de merGaston Calmette, « M. Féry d'Esclands président de la Ligue des patriotes », Le Figaro, 25 décembre 1887, . ouverte dans la rue de BellechasseLe Figaro, 26 janvier 1887, . en 1887. L'année suivante, il est nommé inspecteur général de l'enseignement de la gymnastique et des exercices militaires dans les établissements du primaire et du secondaireLe Figaro, 30 juillet 1888, .. Officier d'Académie depuis 1876, il a été nommé officier de l'Instruction publique en 1881.
Passionné de chasse, intéressé par la viticulture mais aussi par l'élevage avicole et hippique, Féry d'Esclands préside la Société protectrice des animaux entre 1881Le Figaro, 24 décembre 1881, . et 1885Le Figaro, 20 décembre 1885, .. Cette même année, il a acquis le château viticole de Paillet en Gironde, auparavant propriété de son père puis de sa sœurLe Figaro, 23 juin 1885, .. Ces activités lui valent en 1903 la distinction de commandeur du Mérite agricoleLe Figaro, 14 janvier 1903, ..
vignette|Féry d'Esclands en 1889.
Membre-fondateur de la Ligue des patriotes (LDP), Féry d'Esclands en est élu vice-président, aux côtés d'Alfred Mézières et Henri Marmottan, en Journal des débats, 15 mai 1885, .. En , quelques mois après avoir démissionné de ce poste afin de se consacrer à ses fonctions à la Cour des comptes, il est élu président de la LDP. Celle-ci traverse alors une crise interne, les ligueurs étant divisés par le boulangisme professé par Paul Déroulède. Choisi pour sa neutralité politique et sa réputation d'homme d'honneur, Féry d'Esclands ne parvient pas à empêcher la scission de la LDP, celle-ci étant bientôt quittée par les anti-boulangistes partis fonder l'Union patriotique de France, tandis que les ligueurs boulangistes réinstallent Déroulède à la présidence ().
Partisan de l'alliance avec la Russie, Féry d'Esclands devient président de la Société des amis de la Russie en 1889. À ce titre, il est reçu par l'empereur Alexandre III à Saint-Pétersbourg en 1892Le Figaro, mai 1892, ..
Fervent catholique, Féry d'Esclands préside à partir de 1895 le conseil central français de l'ordre des Avocats de Saint-PierreLe Figaro, 4 juillet 1898, .. Par bref du , le pape Léon XIII le créé duc romain, titre de noblesse pontificale héréditaire en primogéniture. Il portait auparavant le titre de comte.
Le duc Féry d'Esclands meurt en 1909 dans son chalet des Mouettes, à Neuville-lès-Dieppe. Le , après des obsèques célébrées en l'église Notre-Dame du Pollet, son corps est transporté en Gironde et inhumé dans une chapelle familiale à Paillet, arrondissement de RionsLe Figaro, 7 septembre 1909, ..
Références
Sources bibliographiques C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, t. 5, Paris, Office général d'édition, 1905, . Charles Poplimont, La France héraldique, t. IV, Paris, 1874, . Albert Révérend (dir.), Annuaire de la noblesse de France, vol. 61, Paris, 1906, . Adolphe Tarvenier, Amateurs et salles d'armes de Paris, Paris, Marpon et Flammarion, 1886, . Jules Wigniolle (dir.), Annuaire général héraldique, Paris, 1902, .
Liens externes
Notice généalogique sur le site Geneanet (consulté le ). .
Catégorie:Naissance en juin 1835 Catégorie:Décès en août 1909 Catégorie:Décès à 74 ans Catégorie:Naissance à Saint-Denis (La Réunion) Catégorie:Conseiller maître à la Cour des comptes Catégorie:Personnalité française de la guerre franco-allemande de 1870 Catégorie:Escrimeur français Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1907 Catégorie:Officier de l'Instruction publique Catégorie:Commandeur du Mérite agricole Catégorie:Duc français du XIXe siècle Catégorie:Noblesse pontificale Catégorie:Membre de la Ligue des patriotes Catégorie:Décès dans la Seine-Inférieure Catégorie:Étudiant de la faculté de droit de Paris Catégorie:Grand officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie Catégorie:Officier d'Académie