Jacqueline Audry est une réalisatrice française, née le à Orange, et morte le à Poissy (Yvelines). Elle est l'une des rares réalisatrices françaises de la première moitié du et l’unique réalisatrice française de longs métrages de fiction dans l’immédiat après-guerre.

Biographie Origines et formation Issue d'une famille d'origine protestante ayant pris ses distances avec la religion, Jacqueline Audry naît le à Orange dans le VaucluseArchives du Vaucluse, commune d'Orange, acte de naissance , année 1908 (vue 60/82) (avec mention marginale de décès).. Elle est la petite nièce du président Gaston Doumergue.. Leur mère renonce à des études supérieures pour raisons familiales, mais pousse ses filles à en faire, afin d'avoir une indépendance financière..

Elle est élève au lycée Molière à Paris, comme sa sœur aînée, la romancière et féministe Colette Audry., mais n'y décroche pas son baccalauréat.

Carrière dans le cinéma D'abord antiquaire, assistante du professeur Mondor, elle veut devenir actrice puis metteuse en scène. Dans l'industrie du cinéma exclusivement masculine, elle débute à la fin des années 1930 d'abord comme scripte aux côtés de Jacques Deval, Henri Decoin, Augusto Genina, Richard Pottier, Georg Wilhelm Pabst, Marcel L'Herbier, et comme assistante de Jean Delannoy et Max Ophuls, dix ans de labeur quasi anonyme sur vingt-cinq films..

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle intègre le Centre artistique et technique des jeunes du cinéma, qui devient en 1944 l'IDHEC.

Elle réalise un court métrage en 1943, Les Chevaux du Vercors puis, en 1945, un premier long métrage, Les Malheurs de Sophie., d'après la comtesse de Ségur. Après être revenue au découpage technique, le producteur Dolbert lui propose, devant la défection d'un metteur en scène, de tourner Sombre Dimanche en 1948. Elle gagne la confiance des producteurs, ce qui lui rouvre la voie des longs métrages, bénéficiant de financements du Crédit national..

Admiratrice de Colette, elle adapte plusieurs de ses romans entre 1949 et 1956 : Gigi, L'Ingénue libertine et Mitsou. Elle porte ensuite à l'écran le roman Olivia de Dorothy Bussy, dont les relations amoureuses entre trois des protagonistes féminines ont largement divisé l'opinion, puis Huis clos de Jean-Paul Sartre en 1954.

Faute de producteur, elle échoue à réaliser une adaptation du roman Le Rouge et le Noir. Elle filme une troisième adaptation de La Garçonne en 1958, basée sur le roman sulfureux de Victor Margueritte. On lui doit aussi le film érotique Fruits amers, d'après la pièce Soledad de sa sœur Colette Audry, pour lequel elle reçoit le grand prix du cinéma français . Elle réalise à la fin des années 1960 Le Lis de mer d'après André Pieyre de Mandiargues.

La plupart de ses films sont dialogués par son mari, Pierre Laroche.

En 1960, elle apparaît dans le court métrage Le Rondon d'André Berthomieu.

Résolument féministe, Jacqueline Audry est une des rares réalisatrices françaises de la première partie du , à l'instar d'Alice Guy, Germaine Dulac, Solange Térac, Lucie Derain, Marie-Louise Iribe, Renée Carl, Juliette Bruno-Ruby, Marie-Anne Colson-Malleville ou Nicole Vedrès. Comme celles-ci, elle développe sa carrière en surmontant les nombreux obstacles qui rendent la profession de réalisatrice difficile d'accès pour les femmes. Elle réalise plusieurs films aux protagonistes féminins qui dépassent le million d'entrées.

En dépit de l’originalité de ses personnages féminins, ses films souvent en costumes, tournés en studio, sont trop associés à la « qualité française » ; ainsi elle fait partie des cinéastes dont la carrière est balayée par l’irruption de la Nouvelle Vague..

Décoration Elle reçoit la Légion d'Honneur en 1957.

Reconnaissance Elle est la première réalisatrice à faire partie du jury du festival de Cannes, en 1963..

Décès Elle meurt en des suites d'un accident de la route en région parisienne.

Commentaire Selon sa biographe Brigitte Rollet,

Filmographie

Réalisatrice

Cinéma

Télévision

1965 : Le Bonheur conjugal (feuilleton télévisé en treize épisodes) 1973 : Un grand amour de Balzac (mini-série coréalisée avec Wojciech Solarz)

Assistante-réalisatrice 1938 : Le Roman de Werther (Werther) de Max Ophüls 1939 : L'Esclave blanche de Marc Sorkin 1939 : Jeunes Filles en détresse de Georg Wilhelm Pabst 1939 : Les Musiciens du ciel de Georges Lacombe 1940 : Paris-New York d'Yves Mirande 1940 : Elles étaient douze femmes de Georges Lacombe 1942 : L'assassin a peur la nuit de Jean Delannoy

Récompense Grand prix du cinéma français 1966 pour Fruits amers

Notes et références

Annexes Bibliographie Brigitte Rollet, Jacqueline Audry, la femme à la caméra, Presses universitaires de Rennes, 2015 . Patrick Cabanel, « Jacqueline Audry », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, . Véronique Le Bris, 100 grands films de réalisatrices : de la Fée aux choux à Wonder woman. Quand les femmes s'emparent du cinéma, Gründ/Arte éditions, 2021, 239 p .

Revue Jacqueline Audry sur le site de Jeune Cinéma.

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