Louis Hyacinthe Bouilhet, dit Louis Bouilhet, né à Cany le et mort à Rouen le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Rouen, , vue 32/198., est un poète français.
Biographie Il est le condisciple de Gustave Flaubert au collège royal de Rouen, puis beaucoup plus tard, un ami intime. Fils d’un médecin des armées de l’Empire, il entreprend des études de médecine, et a pour professeur Achille Cléophas Flaubert. Mais à la mort de celui-ci, il abandonne ses études pour suivre sa vocation d'écrivain. Il exerce les métiers de professeur de littérature et de conservateur de la bibliothèque de Rouen à partir de 1867. Il a appartenu aux mouvements littéraires romantique et parnassien.
Bouilhet en littérature Il dédie à son ami Flaubert son premier ouvrage, Melaenis, conte romainTexte intégral de Mélaenis. Par le choix des strophes (des groupes de six alexandrins où la place des rimes est variable) et par le ton badin et désabusé, Bouilhet veut visiblement imiter Namouna, de Musset. (1857), poème historique en cinq chants, qui décrit les mœurs romaines sous l’empereur Commode et qui le fit remarquer. Son recueil de poèmes intitulé Fossiles fut très remarqué parce qu'il y essaie d'utiliser la science comme sujet pour la poésie. Ces poèmes furent inclus par la suite dans Festons et astragales (1859). À la fin des années 1860, il suscite l'admiration de Maupassant, d'abord attiré par la poésie.
Poésie Sa poésie cultive une grande recherche dans la pureté, qui est spécialement appréciée dans le Parnasse. Il s'y joint des thèmes délicats évoquant la beauté, la femme, l'amour. Voici deux morceaux de poésie de cet auteur, extraits de son recueil posthume Dernières chansons (1872) : Tung-whang-fung
Jasmin
Théâtre Comme dramaturge il obtient un certain succès avec sa première pièce, Madame de Montarcy (1856), jouée pendant soixante-dix-huit soirées au Théâtre de l’Odéon ; Hélène Peyron (1858) et L’Oncle Million (1860) furent aussi favorablement reçus. Mais de ses autres pièces, dont quelques-unes ont pourtant un certain mérite, seule la Conjuration d'Amboise (1866) eut du succès. Le Théâtre de l'Odéon conserve un tableau d'Adolphe Yvon qui en rappelle la mémoire : Portrait de Francisque Berton dans le rôle du Prince de Condé, dans la pièce de Louis-Bouilhet "La Conjuration d'Amboise". Bien oublié aujourd'hui, le théâtre de Bouilhet a été joué sur les meilleures scènes de l'époque (Odéon, Théâtre-Français).
Bouilhet et ses amis vignette|Monument érigé en hommage à Louis-Hyacinthe Bouilhet, à Rouen. L’histoire littéraire moderne se souvient moins de Bouilhet pour ses propres écrits que pour le rôle essentiel qu’il a joué auprès de Flaubert, car c'est lui qui fit à ce dernier les recommandations de la plus grande rigueur pour l'écriture de ses œuvres. Il est aussi celui qui lui souffla l’idée de s’inspirer du fait divers de Delphine Delamare pour créer Madame Bovary. Flaubert lui faisait chaque semaine la lecture des nouvelles pages du roman durant les années de sa gestation. Flaubert est très affecté par sa mort car il perd à la fois un ami et un collaborateur : « J’ai enterré avant-hier ma conscience littéraire, mon jugement, ma boussole [...] ». Il lui rend hommage dans une Préface au recueil posthume Dernières chansons (1872) et pendant plusieurs années il se bat pour que le Conseil municipal de Rouen accepte de construire un monument à sa mémoire. Il obtient tardivement gain de cause mais le monument ne sera réalisé qu'après sa propre mort. De belles pages furent écrites sur l'amitié entre les deux auteurs et leur relation littéraireAntoine Albanat, Gustave Flaubert et ses amis, Paris, Plon, 1927, , spécialement 6 à 12 et 17 à 37..
Bouilhet fut un critique impitoyable mais toujours juste.
Maupassant écrivit un poème à la mort de Louis-Hyacinthe Bouilhet, dont voici les quatre premiers vers et les quatre derniers :
Louis Bouilhet est chevalier de la Légion d'honneurDécret du 15 août 1859, v. dossier à la Légion d'honneur.. Il repose au cimetière monumental de Rouen à quelques pas de son ami d'enfance, Gustave Flaubert..
Bibliographie non exhaustive Melaenis, conte romain, Paris, M. Lévy, 1857 Madame de Montarcy (1856) Les Fossiles (Revue de Paris 1858 ou 1859) Hélène Peyron, drame en cinq actes, Paris, A. Taride, 1858 Festons et Astragales (1859) L'Oncle Million (1861) Dolorès (drame en quatre actes, en vers, Théâtre-Français, septembre 1862) Faustine (drame en cinq actes et quatre tableaux, théâtre de la Porte-Saint-Martin, février 1864) La Conjuration d’Amboise (drame en cinq actes et six tableaux, en vers, théâtre de l'Odéon, octobre 1866). Mademoiselle Aïssé, drame en quatre actes (théâtre de l'Odéon, six janvier 1872, Paris, Michel Lévy frères, 1872 Dernières chansons, poésies posthumes avec une préface de Gustave Flaubert, Paris, Michel Lévy, 1872 Sous peine de mort, comédie Poésies - Festons et astragales, première éd. 1859, réédition, introduction et notes de Claude Le Roy, Ed. H&D, 2009 Soldat librePoème publié dans la clandestinité aux Pays-Bas chez Blauwe Schuit en soixante-quinze exemplaires, en 1943, illustré par H. N. Werkman. Ce dernier sera fusillé par les Allemands en 1945. (Dirk De Jong, Bibliographie des éditions françaises clandestines, A.A.M. Stoles, La Haye, 1947,
Décoration
Postérité Le collège de la ville de Cany-Barville porte le nom de Louis Bouilhet.
Musique Georges Bizet, Chanson d'avril, sur une poésie de Louis Bouilhet
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie Albert Angot, Un ami de Gustave Flaubert : Louis Bouilhet, sa vie, ses œuvres, Paris, Dentu, 1885. Étienne Frère, Louis Bouilhet ; son milieu, ses hérédités, l'amitié de Flaubert, Paris, Société française d’imprimerie et de librairie, 1908. Léon Letellier, Louis Bouilhet, 1821-1869 : sa vie et ses œuvres, d'après des documents inédits, Paris, Hachette, 1919. Paul-Louis Robert, Trois portraits normands : Gustave Flaubert, Louis Bouilhet, Guy de Maupassant, Rouen, Cagniard, 1924. Henri Raczymow, Pauvre Bouilhet, Gallimard, 1989, coll. "L'un et l'autre". . Correspondance de Gustave Flaubert, Bibliothèque de la Pléiade. Lettres à Gustave Flaubert,'' édition de Maria Luisa Cappello, Paris, CNRS, 1996.
Liens externes
Catégorie:Poète français du XIXe siècle Catégorie:Dramaturge français du XIXe siècle Catégorie:Critique littéraire français Catégorie:Bibliothécaire français Catégorie:Poète normand Catégorie:Dramaturge normand Catégorie:Personnalité liée à Gustave Flaubert Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1859 Catégorie:Naissance en mai 1821 Catégorie:Naissance dans la Seine-Inférieure Catégorie:Décès en juillet 1869 Catégorie:Décès à Rouen Catégorie:Décès dans la Seine-Inférieure Catégorie:Décès à 47 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière monumental de Rouen