Le Patroller est un drone tactique (Tactical Unmanned Air Vehicle) de renseignement conçu par la société Safran Electronics & Defense (anciennement Sagem). Il est fabriqué en France, la cellule étant fournie par le constructeur allemand Stemme.

Historique Origines Sagem commence l'étude d'un drone en associant de manière pragmatique une plate-forme existante et éprouvée avec des capteurs et un système de transmission.. Cette démarche permet de réduire le temps de développement. Il s'adresse pour cela à Stemme AG, un spécialiste allemand des motoplaneurs, qui dispose du Stemme S15.

Le est dérivé du modèle S6, dont le premier vol a lieu le .. Il s'agit d'un motoplaneur d'entraînement, biplace côte à côte. Le S6 est équipé d'un train tricycle rétractable, d'une hélice tripale et d'un moteur dont la puissance varie selon les types de 100 à 115 ch.

La version S15 est un drone optionnellement pilotable certifié AESA CS22EASA Certification Specifications (CSs). CS-22 Sailplanes and Powered Sailplanes., destiné à l'observation et la surveillance. Il est doté d'un moteur de et d'un point d'emport sous chaque aile.

Développement vignette|La boule optronique gyrostabilisée Sagem Euroflir 410 (au fond) est l'équipement d'observation du prototype du drone Patroller Le Patroller effectua son premier vol le à Kemijärvi en Finlande.

Sur la base du Stemme S15, en Août 2010 cet aéronef participe à une campagne d'essais en espaces non ségrégués pour le compte de la Sécurité Civile avec un pilote assurant la sécurité à bord. Il démontre à la fois ses qualités et ses limites operationnelles

Plus tard, piloté à distance il est adapté au fur et à mesure pour recevoir différentes charges utiles, un système optronique, l'Euroflir 410, des équipements d'écoute Comint/Sigint ou un radar (fabriqué par Finmeccanica). Les essais en vol de l'Euroflir 410 ont lieu en 2014, de même que l'emport de charges de 100 kg sous voilure...

Le drone profite de la certification AESA du S15, qui lui permet de s'insérer dans la circulation civile. Cette capacité est testée fin 2014 dans le cadre du programme européen Odrea, une démonstration opérationnelle d'un système de drone dans un espace aérien.. Le Patroller est capable d'éviter automatiquement un autre aéronef et d'effectuer l'approche d'un aéroport civil.

Il démontre par ailleurs une autonomie de plus de 20 h, une vitesse de croisière évoluant entre et la possibilité d'être transporté dans un conteneur standard. Sa capacité d’emport de 250 kg lui permet l’intégration de plusieurs capteurs et à terme d’armement tel que les roquettes guidées laser et le missile antichar MMP..

En , en raison des retards techniques successifs et du retour d'expérience de la guerre en Ukraine (forte attrition de ce type de matériel devenu en conséquence trop onéreux lors d'une guerre conventionnelle symétrique), le programme est abandonné.

En lieu et place, l'armée française lance dans la foulée l'appel d'offre « Acquisition D’une cAPaciTé initiale de drone d’appui dans la profondeur » (ADAPT) pour au moins dix drones équivalents destinés à la formation des primo-opérateurs enseignants (40 drones tactiques prévus par le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-30). Cent cinquante millions d'euros sont débloqués pour acquérir cette première tranche qui doit être livrable en trois mois, ainsi que pour des appareils supplémentaires potentiellement commandés entre 2026 et 2028. Il doit être complété « en urgence opérationnelle » ce même mois par 30 à 70 « Systèmes de Drones Légers de Renseignement d’Appui Tactique » [SDLRAT].

Pays utilisateurs

Un appel à candidature est émis par la direction générale de l'Armement en , pour réaliser le système de drone tactique (SDT), en remplacement du système de drone tactique intérimaire (SDTI)., c’est-à-dire le Sperwer déjà produit par Sagem.

Quatre firmes se mettent alors sur les rangs, Thales avec le Watchkeeper, Sagem avec le Patroller. , Airbus Defence and Space en adaptant le Shadow 200 de Textron et IAI, associé à l’équipementier français Latécoère. Le Watchkeeper part initialement favori, l'achat de cet équipement ayant été évoqué lors des accords franco-britanniques de Lancaster House de 2010. . Seuls Sagem et Thales remettent leur candidature..

Le , le Patroller est sélectionné pour équiper l’Armée de terre. Le contrat porte sur quatorze appareils... Il embarquera le radar et le comint de Thales ainsi que le système optronique de nouvelle génération Euroflir 410 de Safran Electronics & Defense.. Les livraisons étaient prévues, en date de 2015, pour 2019-2020 pour une mise en service en 2020. au sein du d'artillerie. La loi de programmation militaire française prévoit la livraison de 5 drones en 2019, 14 autres en 2020, et 2 systèmes supplémentaires en 2024..

Le , un drone Patroller s’est écrasé près de la Base aérienne 125 Istres-Le Tubé, lors d’un « vol de réception industrielle » réalisé dans le cadre du programme de Système de Drone Tactique..

Ce crash entraîne un report de livraison du Patroller à l'Armée de terre pour fin 2022.. Les premiers vols de formation dans l'armée française commencent au début de 2024.

Fixée à 28 appareils à l’origine, la commande est réduite à 14 en 2025 « suite à une réévaluation des besoins sur cette capacité » selon le ministère des Armées. Huit sont attendus en 2025 et cinq autres en 2026.

En raison des retards techniques et du retour d'expérience de la guerre en Ukraine, le programme et les prévisions d'achats sont abandonnés en et en restera au seul appareil livré au d’artillerie de Chaumont.

En , l'Armée de Terre grecque commande quatre drones Patroller (non armés) avec trois stations sol dans l'objectif de remplacer les systèmes Sperwer utilisés depuis les . Les livraisons sont prévues pour 2025 mais en 2026, après le retard pris et l'annulation d'achat par la France, l’état-major grec réévalue la décision d’acquérir ces dronesLa Grèce reconsidère son achat de drones tactiques Patroller auprès du français Safran. thumb|Drone Safran Patroller lors du salon du Bourget 2017

Prospections

Safran Electronics & Defense et la firme aéronautique égyptienne AOI-Aircraft Factory signent en un accord d'assemblage des Patroller en Égypte, pour répondre aux besoins des Forces armées égyptiennes. .. AOI-Aircraft Factory créera en Égypte un centre de formation pour les opérateurs et les équipes de maintenance des drones.

Safran Electronics & Defense cherche à vendre le drone Patroller au Vietnam en installant un site de production dans le pays qui cherche à obtenir des drones de renseignement. Il a ainsi pu présenter ses produits à l'état-major des Forces aériennes populaires vietnamiennes.

Notes et références

Liens externes Première campagne d'essais en vol pour le drone Patroller, 2 août 2009, www.meretmarine.com Clansman, Stemme S6, 17 septembre 2014, ©AviationsMilitaires Gabrielle Carpel Le drone Patroller intègre une nouvelle chaîne image multi-capteurs, 16 juin 2014, www.air-cosmos.com SAFRAN. Sagem. Système Patroller, www.sagem.com Vidéo - Le drone Patroller choisi par l’Armée de terre française, 25 janvier 2016 (Mise à jour le 13 février 2016), aeronewstv.com Le marquis de Seignelay, SDT/SDAM : un drone tactique commun à l'Armée de terre et la Marine ? 2 mars 2016, lefauteuildecolbert.blogspot.fr Le marquis de Seignelay, Une composante dronique dans AVSIMAR ? 1 mars 2016, lefauteuildecolbert.blogspot.fr Helen Chachaty, Officialisation du contrat Patroller, 29 mars 2016, www.journal-aviation.com

Catégorie:Drone militaire français Catégorie:Groupe Safran Catégorie:Premier vol en 2009