José de la Cruz Porfirio Díaz Mori, plus connu sous le nom de Porfirio Díaz, né le à Oaxaca et mort le à Paris, est un homme d’État et militaire mexicain.

Il dirige le Mexique de 1876 à 1911, période appelée « » ou encore « Porfiriat », ne cédant le pouvoir par intérim qu'à ses fidèles Juan N. Méndez puis Manuel González.

La révolution mexicaine de 1910 le contraint à l'exil l'année suivante. Il meurt à Paris en 1915.

Jeunesse Origines et études Porfirio Diaz est né le Selon le livre numéro 77 de la paroisse de la ville d'Oaxaca. Selon certains historiens, Diaz serait né en 1828 et il aurait falsifié sa date de naissance pour la faire coïncider avec le début du mouvement indépendantiste. Porfirio Diaz y su tiempo - page 9 - Fernando Orozco Linares - Panorama Editorial - México juin 1986. dans la ville d'Oaxaca, fils de José Faustino Díaz, un employé de commerce criollo (créole ou Espagnol né au Mexique) reconverti tanneur, et décédé alors que Porfirio n'avait que trois ans, et de María Petrona Mori, une aubergiste d'ascendance espagnole et mixtèqueMemorias de Porfirio Diaz - page 14 - Madrid - mars 1980..

En 1843 à l'âge de treize ans Porfirio Díaz entre au séminaire d'Oaxaca, pour y étudier les arts, la physique, les mathématiques, la rhétorique et le latin. Il donna des classes de latin pour pouvoir aider sa famille. Il étudia également le droit romain dont il fut le meilleur élève de sa génération, en 1850 il en devint professeur. De 1852 à 1853 il eut pour professeur de droit civil Benito Juárez .

Carrière militaire gauche|vignette|207x207px|Portrait du général Porfirio Díaz.Porfirio Díaz a eu dans sa jeunesse pour mentor Marcos Pérez.. il fit également la connaissance de Benito Juárez (Pérez était l'un des proches) et dont il instaura le culte officiel qui perdure jusqu'à aujourd'hui..

En 1854, il prend part à l'élaboration du plan d'Ayutla, puis dès à la révolution d'Ayutla menés par les libéraux de Juan Álvarez contre le gouvernement conservateur d'Antonio López de Santa Anna qui, vaincu part en exil en 1855.

Il participe, dans le camp libéral, à la guerre de Réforme puis — Juárez est alors président — il lutte contre l'intervention française. Il participe notamment à la bataille de Puebla sous les ordres du général Ignacio Zaragoza, au siège de Puebla (du au ), puis à la bataille de Miahuatlán et à la bataille de La Carbonera.

Il reprend la ville de Puebla le aux partisans de Maximilien le PLANA M., Pancho Villa et la révolution mexicaine, trad. de GAUDENZI B., Casterman, s.l., 1993, . et celle de Mexico le de la même année.

Président du Mexique

Premier mandat présidentiel Adversaire de Benito Juárez, il est battu deux fois par celui-ci aux élections présidentielles de 1867 et de 1871, où malgré des soupçons de fraude, Juárez est élu avec en sa faveur.

Il se soulève contre lui en 1871 () un an avant la disparition de Juárez, mais échoue. Le nouveau président Sebastián Lerdo de Tejada lui offre alors l'amnistie. Mais Porfirio Díaz organise une rébellion qu'il déclenche contre Lerdo quand celui-ci cherche sa réélection en 1876. La capitale est conquise le suivant..

Il accède à la présidence le à la suite de la et devient ainsi le vingt-neuvième président du Mexique, mais cède le pouvoir dès le à son compagnon d'armes, Juan N. Méndez, qui assure la présidence par intérim jusqu'au , date à partir de laquelle il reprend la direction du pays. Les élections du mois d'avril suivant le confirment dans ses fonctions présidentielles jusqu'en 1880. Il épouse en secondes noces Carmen Romero Rubio en 1881.

Autres mandats présidentiels Ne pouvant se représenter en vertu d'un amendement à la Constitution de 1857, il laisse son ami le général Manuel González être élu président et lui transmet le pouvoir le . Quatre ans plus tard, Díaz obtient facilement d'être élu de nouveau et en 1887, un deuxième amendement constitutionnel autorise Díaz à briguer un second mandat consécutif, puis en 1890, un troisième supprime la limite du nombre de mandats.

Díaz arrive à la tête d'un pays exsangue à la suite de la Guerre d'Indépendance et à l'instabilité politique qui la suivit, puis de la perte du Texas en 1836, à la perte de la moitié de son territoire (guerre américano-mexicaine 1847-1848), à la guerre de Réforme, puis à l'intervention française, mais durant sa présidence, la s'améliore (augmentation des investissements étrangers, réduction de la dette).

L'absence de politique de redistribution des richesses, notion pratiquement inexistante au Walter Scheidel : Une histoire des inégalités de l'âge de la pierre au - Actes Sud Editions, janvier 2021. ne permet pas de juguler la pauvreté héritée des périodes préhispaniques et coloniales d'une part importante de la population .HUMBERT M., Le Mexique, Que sais-je, PUF, Paris, 1976, .. Le problème de la pauvreté persiste jusqu'en 2023, selon les chiffres publiés par la CEPAL 88 % des habitants des zones rurales vivent dans la pauvreté (62 % dans la pauvreté extrême) .Pour ce qui est de villes 68 % des habitants vit dans la pauvreté (37 % dans la pauvreté extrême) .

Il serait l'auteur de la phrase .

Le Porfiriat gauche|vignette|Portrait du président Díaz. Son régime est connu au Mexique sous le nom de Porfiriato. Pendant cette période l'application des lois de Réforme et en particulier la ont favorisé la concentration de la propriété foncière au profit d'une minorité d'investisseurs et de propriétaires terriens, les seuls qui avaient les moyens financiers d'acquérir les terres nationalisées en vertu de ces lois par l'État mexicain et qui appartenaient précédemment à l'Église et aux collectivités villageoises depuis la période coloniale.

De nombreux habitants des campagnes continuent d'être contraints à un travail pénible et mal rémunéré dans les haciendas, et quelques groupes indigènes se montrent particulièrement rebelles et imperméables aux changements économiques et à la spoliation de leurs terres par l'État et sa revente aux grands propriétaires, , qui étaient pour la plupart peu intégrés à la nation mexicaine ou ignorant même la notion d'un Mexique indépendantFernando Orozco Linares - Porfirio Díaz y su tiempo - page 136 - panorama editorial - juin 1986 - Mexico.. Leurs meneurs les plus actifs sont contraints aux travaux forcés dans des lieux comme Valle Nacional, la vallée du río Yaqui ou le Yucatán.

En 1891 et 1892 a lieu révolte de villageois principalement métis. Huit cents soldats de l'armée fédérale y affrontent une centaine de révoltés. Les causes exactes de ces événements restent floues, elles seraient dues à des discordes entre la population et des caciques locaux. À la fin de la rébellion il ne reste plus que dans le village.

Son gouvernement combat les rebelles mayas, qui d'une manière sporadique continuent la guerre des castes et maintiennent une agitation sécessionniste en faveur d'une république du Yucatán ; les meneurs sont déportés dans l'île de Cuba où ils sont obligés de travailler dans des conditions difficiles proches de l'esclavage (l'esclavage a été officiellement aboli à Cuba le alors que l'île était encore une colonie espagnole). en 1901 des troupes y sont envoyées rétablir l'ordre sous le commandement de Victoriano Huerta qui est lui-même un indigène huichol.

Porfirio Díaz est franc-maçon. Entre 1890 et 1901, il réussit à unifier différentes obédiences, . Il est le grand maître de la loge La Gran Dieta Simbólica jusqu'en 1901, date de sa dissolutionJosé Luis Trueta Lara - Masones en México - edit. Grijalbo - Mexico - 2007..

Sous son régime, la presse dite « jaune », sensationnaliste et complaisante, tire ses origines. Les journaux loyalistes reçoivent des financements de l’État, et des journalistes d'opposition sont incarcérés.. Son impact reste limité : en 1895, le pays comptait 82,5 % d'analphabètes..

Il use de l' de la loi publiée le par le gouvernement de Benito Juárez et cosignée par Manuel Doblado qui permet d'abattre un détenu en fuite... Cette loi sera rétablie le pour réprimer les instigateurs de la grève générale qui eut lieu du au à Mexico. par le gouvernement constitutionnaliste de Venustiano Carranza..

Durant le porfiriat l'usage de la loi du fait plus de , dont la majorité sont des délinquants de droit commun issus du monde ruralHenri B. Parkes, Histoire du Mexique, ..

Porfirio Díaz décrète le la fondation de l' devenue en 1929 l'université nationale autonome du Mexique.

Politique économique

vignette|Porfirio Díaz. À la fin du , Díaz s’entoure d’une véritable bureaucratie, les Científicos. Ce groupe est formé par les hommes d'affaires et les intellectuels de l'époque, inspiré par le positivisme d'Auguste Comte. L'un des chefs de ce groupe, José Yves Limantour, devient ministre des Finances. Les Científicos contrôlent la quasi-totalité de l'économie, des finances et de l'enseignement tandis que Díaz s’occupe des affaires politiques et militairesNUNES A., Les révolutions du Mexique, Flammarion, Paris, 1975; réédition augmentée, Ab irato, 2009.. Des divisions surviennent entre Científicos : Justo Sierra et Julio Guerrero critiquent notamment l'emprise grandissante du général Bernardo Reyes et de José Yves Limantour, et seront tous deux exilés en 1909..

Au cours du Porfiriat, pour pallier le manque de capitaux mexicains (nombre de capitalistes mexicains qui ne sont pas propriétaires terriens et qui vivent à l'étranger sans participer à la vie politique préfèrent investir leur argent en Europe ou aux États-Unis), l'investissement étranger est favorisé. La plus grande partie des investissements sont d'origine américaine, suivi par les Anglais (29 %) les Français (27 %) les Allemands et les Espagnols, le montant total de ces investissements selon les chercheurs de l'UNAM est de deux milliards de dollars.. Les investisseurs étrangers, en l'absence de capitaux nationaux, ont la prépondérance totale dans les infrastructures (chemins de fer, ports, télégraphes et téléphones), les mines, le pétrole, le textile, les plantations, l'industrie.. Les grèves apparaissent à partir de 1906.

La population mexicaine passa de en 1872 à (recensement de 1910), soit une augmentation annuelle de 1,3 %. En 1910, 12 % des Mexicains vivaient dans des villes de plus de . À la fin du régime de Díaz, le pays comptait de voies ferrées, alors qu'il n'en comptait que 638 en 1876 ; quant aux lignes télégraphiques, elles sont au nombre de ( en 1877)Enrique Krauze : Místico de la autoridad, Porfirio Díaz, et 106 | Fondo de cultura económica.() .. Durant cette période le pays fait aussi des .

Le système porfirien, s'il a modernisé le pays, n'a pas résolu le problème des inégalités de développement, ce qui provoque des tensions : inégalités de secteur (les exportations de produits miniers et de matières premières se développent considérablement. À la suite de sécheresses persistantes la production de maïs passe de en 1877 à en 1910 alors que la population a augmenté, pour pallier cela le pays doit importer du maïs au prix mondiaux, ce qui provoque une augmentation du prix de la tortilla, aliment de base de la plus grande partie de la population.

Dernières années

Chute vignette|Photographie officielle du président Porfirio Díaz. Peu avant la révolution, des compagnies américaines contrôlent les trois quarts des mines et plus de la moitié des gisements pétroliers., le manque de capitaux mexicains en est la principale cause.

L'application des lois de nationalisation des terres inexploitées et de celles de l'Église, promulguées par le gouvernement libéral de Benito Juárez et leur mise en vente par le gouvernement a accentué les inégalités et favorisé la concentration de la propriété. : près de contrôlent 57 % du territoire national, alors que 95 % des habitants des campagnes ne possèdent aucune terre..

En 1910, 62 % du territoire de l'État de Morelos, avant la qui suivit la révolution est en possession de propriétaires.