La basilique Notre-Dame d'Avesnières est une basilique située à Laval, dans le département français de la Mayenne. Elle se trouve dans le quartier d'Avesnières, sur la rive droite de la Mayenne et au sud du centre-ville.
Elle fait partie de la paroisse « La Trinité - Avesnières - Cordeliers », qui regroupe notamment la cathédrale de Laval et l'église des Cordeliers.
L'église existe au moins depuis le , mais elle a obtenu son aspect actuel au , lorsque des bénédictines y ont installé un prieuré. Les religieuses ont quitté Avesnières pendant la guerre de Cent Ans et l'église est alors redevenue simple église paroissiale. Elle a été élevée au rang de basilique mineure en 1898, par le pape Léon XIII.
L'édifice, de style roman, possède aussi un clocher mêlant les architectures gothique et Renaissance. Son chevet, étagé et ponctué de chapelles voûtées en cul-de-four, est son élément le plus remarquable. La basilique possède enfin un certain nombre de statues anciennes.
L'église figure sur la liste des premiers monuments historiques français classés en 1840.
Histoire Moyen Âge et époque moderne Légende locale thumb|left|Bas-relief du illustrant la légende de la fondation de l'église. Une légende locale tente d'expliquer la fondation de l'église. Guy Ier de Laval, seigneur de la fin du , aurait chuté dans la Mayenne avec son cheval alors qu'il descendait du château. Emporté par le courant, il aurait été ramené sur la rive à Avesnières. Ainsi sauvé de la noyade, il aurait fait la promesse à la Vierge de faire construire une église à cet endroit. Cette légende a été écrite pour la première fois par Perrette de Montbron, prieure d'Avesnières morte en 1516.
Mentions Cependant, l'église d'Avesnières est bien antérieure à Guy Ier. En effet, elle est mentionnée pour la première fois au début du . Elle est alors décrite comme ancienne, et elle existait donc déjà vraisemblablement au . L'édifice est restauré vers 1040 et 1050 par Yves de Saint-Berthevin, vassal du comte de Laval. Celui-ci consacre l'église à la Vierge Marie, puis son fils Garin l'offre à des bénédictines en 1073.
Richilde, qui était abbesse du Ronceray d'Angers, accepte la donation et envoie à Avesnières une petite colonie de ses sœurs, dont elle établit prieure Agnès de Laval en 1040. Elles font de l'église le siège d'un prieuré. L'édifice conserve en même temps sa vocation paroissiale.
Le nombre des religieuses s'étant bientôt augmenté, Guy Ier leur donne ses dîmes d'Avesnières, de Bonchamps et de Saint-Pierre-le-Pottier, et, la maison d'Avesnières ne pouvant les contenir toutes, on en établit des colonies dans les deux autres lieux, à chacun desquels fut attaché un chapelainIl y en avait deux à Avesnières, l'un pour la communauté et l'autre « pour dire la messe à l'heure de la commodité de la dame prieure..
L'église est presque totalement reconstruite par les bénédictines au cours de la seconde moitié du .
Guerre de Cent Ans Lors de la guerre de Cent Ans, les Anglais prennent Avesnières en 1429. Ils pillent et incendient l'église et le prieuré. Les sœurs se réfugient définitivement à Angers. L'église reste endommagée pendant plusieurs décennies et les premières travées de la nef ne sont refaites qu'en 1478. Guy XV de Laval désire y rétablir les religieuses et à cet effet obtient du pape une bulle, datée de l'an 1488. La charge de prieure d'Avesnières avait continué à avoir une titulaire à l'abbaye du RoncerayAprès Sybille de Mylon et Ysabeau de Brée, ce titre avait passé à Perrette de Montbron.. Les conditions de retour des religieuses ne peuvent être satisfaitesDans une requête adressée à Guy XV, Perrette de Montbron détaillent les difficultés qui s'opposent au retouur des religieuse : L'église est en partie ruinée; le traitement des 4 anciens chapelains est passé aux mains de deux curés, l'un de Bonchamps, l'autre d'Avesnières, et ceux-ci ont usurpé plusieurs droits appartenant aux religieuses. Un accord passé entre le curé et les paroissiens avait porté préjudice au prieuré, en changeant l'état ancien des choses, en vertu duquel les habitants de la rive droite de la Mayenne étaient administrés à Avesnières et ceux de la rive gauche à Saint-Pierre-de-la-Poterie. Il fallait pour le comte de Laval réparer tous les dommages, rétablir l'église et le cloître, et rendre les anciens revenus ou d'autres d'égale valeur. et les religieuses ne reviendront pas dans le prieuré. La dignité de prieure d'Avesnières subsista néanmoins au Ronceray. Avesnières demeura simple paroisse. Pèlerinage C'est à la suite de la guerre de Cent Ans que l'église est devenue une destination de pèlerinage. Le pape Innocent III avait accordé des indulgences très étendues à ceux qui visiteraient Notre-Dame et contribueraient à la reconstruction du couvent.
L'afflux de pèlerins permettait en effet de réunir les fonds nécessaires aux travaux de restauration. L'objet du pèlerinage d'Avesnières est une statue du illustrant la « Madone d'Avesnières », qui aurait sauvé Guy II de la noyade, d'après la légende locale. Selon Guillaume Le Doyen, chroniqueur du , cette Madone guérissait les maladies.
Des ressources considérables étaient donc à la disposition de la paroisse et il est résolu qu'on les consacrerait à d'importantes constructions. La nef fut réparée et l'on commença à élever le clocher. Le clocher est élevé de 1534 à 1538 sur des plans de Jamet Nepveu. La croix et le coq dont il est surmonté y sont placés le .
En 1708, François Vignier élève dans l'église d'Avesnières un autel dédié à la sainte ViergeSur le désir des habitants, le curé, Joseph Pouteau, avait fait démolir un autel qui , le lundi de la Quinquagésime 20 février 1708, on posa la première pierre du nouvel autel .. Cette œuvre a disparu lors de la restauration de 1859.
Époque contemporaine thumb|La flèche, reconstruite dans les années 1870. L'église d'Avesnières est épargnée par la Révolution et c'est la première église lavalloise rendue au culte, le M. Leveau, ancien curé de la Gravelle, y reprend les fonctions ecclésiastiques et se voit bientôt secondé par un clergé nombreux..
L'église reçoit par ailleurs les corps des 14 martyrs de Laval.
La seconde moitié du est marquée par de grands événements. Le premier a lieu le , l'année de la création du diocèse de Laval. Casimir Wicart, premier évêque de Laval, se rend à l'église d'Avesnières pour y proclamer la bulle de Pie IX promulguant le dogme de l’Immaculée Conception. Plus de assistent à l'événement. Le pape place par ailleurs l'église sous le patronage de l'Immaculée. En 1859, il la fait finalement consacrer à Notre-Dame de Lorette. Cette même année, la statue de la Vierge d'Avesnières est couronnée, entraînant une grande procession.
Pendant la guerre franco-allemande de 1870, l'évêque de Laval promet de faire reconstruire le clocher, en mauvais état, en remerciement de la protection de la Vierge sur la ville. Les travaux ont lieu de 1874 à 1876, et la flèche est refaite à l'identique. D'autres travaux sont ensuite entrepris : les premières travées ainsi que la façade ouest sont refaites de 1883 à 1887.
L'église est élevée au rang de basilique mineure le , par un bref du pape Léon XIII. D'importantes processions saluent cette élévation, et d'autres grandes fêtes religieuses ont lieu en 1910, pour le cinquantenaire du couronnement de la Vierge d'Avesnières, puis en 1944, lors de la Libération de la ville, et enfin en 1988, pendant l'année mariale.
Le est marqué par l'accident d'un avion allemand qui heurte la basilique d'Avesnières et s'écrase au Sacré-CœurFélix Desille indique dans son Journal : .
Architecture La basilique possède un plan en croix latine, avec un chevet légèrement désaxé, qui évoque la tête penchée de Jésus Christ sur la croix. L'édifice fait environ 55 mètres de long pour 34 mètres de large. Dans son ensemble, il est caractéristique de l'art roman, à l'exception notable du clocher, qui mêle des éléments gothiques et Renaissance.
thumb|center|upright=2|Plan de la basilique, avec les différentes époques de construction.
Nef et portail thumb|La nef. L'église possède une nef large, bordée de bas-côtés. Ses voûtes font 17,5 mètres de haut. Elles sont voûtées d'ogives, tandis que celles des bas-côtés sont en arêtes. L'ensemble est éclairé par des fenêtres en plein-cintre. La nef a été endommagée pendant la guerre de Cent Ans, et la première travée fut refaite au . Les deux premières travées furent totalement reconstruites au , d'après des plans des architectes Lambert et Eugène-Joseph Hawke.
La nef s'ouvre sur un portail néoroman construit dans les années 1880, en même temps que les deux premières travées de la nef. Il est orné de trois bas-reliefs. Ils illustrent trois grands moments de l'histoire de l'édifice : la légende de Guy II de Laval, le couronnement de la Vierge d'Avesnières en 1859, et le vœu de l'évêque de Laval en 1871, qui annonce la reconstruction du clocher si la ville est épargnée par l'armée prussienne.
Chevet et transept thumb|Le chevet de la basilique et la Mayenne. Le chevet est l’élément le plus remarquable de l'église. C'est la partie la plus ancienne de l'édifice, et sa particularité réside dans sa silhouette étagée visible à l'extérieur. Le chevet possède un déambulatoire et cinq chapelles rayonnantes en cul-de-four. Ces chapelles sont contiguës. Le transept est saillant et il possède lui aussi des chapelles en cul-de-four. Les voûtes possèdent un schéma similaire à celui de la nef et de ses bas-côtés : celles du transept et du chœur sont en ogives, comme la nef, tandis que le déambulatoire est en arêtes, comme les bas-côtés.
Le chœur est formé par sept arcades reposant sur des colonnes monocylindriques. Ces arcades soutiennent un triforium de douze arcs en plein-cintre. Au-dessus, sept fenêtres, également en plein-cintre, permettent l'éclairage du chœur. Chaque fenêtre et chaque arc est encadré par des petites colonnes. Les chapiteaux qui ornent ces colonnes datent d'époques diverses, ce qui donne une grande variété de motifs, incluant des masques, des animaux imaginaires, des végétaux, des rinceaux, des entrelacs, des crossettes...
Clocher Le clocher est élevé sur la croisée du transept. Il date des années 1870, mais il s'agit d'une reconstruction du clocher élevé au . Il fait 57 mètres de haut. Sa flèche combine des éléments typiques de l'architecture de la Renaissance, à sa base, et de l'architecture gothique, à son sommet.
Mobilier Statuaire thumb|Le retable baroque. La basilique renferme un riche ensemble de statues. « Notre-Dame d'Avesnières », qui est l'objet d'un pèlerinage, est une statue en calcaire qui date probablement du . Elle fait 65 cm de haut et la tête, en bois, est une restitution moderne. Elle est placée dans le chœur, entre deux arcades. Elle surplombe une croix du . Celle-ci comprend un christ et ses extrémités sont ornées de quadrilobes peints qui illustrent les symboles des Évangélistes (Matthieu est représenté par un homme, Marc par un lion, Luc par un taureau et Jean par un aigle).
Dans une des chapelles se trouve la « Vierge au lait », en bois polychrome, et datée du ou du . La tête de la Vierge est disproportionnée par rapport au corps, une particularité qui se rencontre fréquemment sur les statues médiévales. Une autre chapelle contient une statue de Bonaventure de Bagnoregio, patron des tisserands, et une pietà bretonne en terre cuite du est visible dans une autre.