Le Territoire de BelfortJean-Pierre Lacroux (1947–2002), se prononce pour la graphie « Territoire-de-Belfort », cf. « Orthotypo » – « Orthographe et typographie françaises – Dictionnaire raisonné », Éditions Quintette, 2008, , : « sub verbo » Département () : « Pour d'évidentes raisons historiques et grammaticales (c'était un territoire), le Territoire-de-Belfort fut longtemps privé de trait d'union. C'est depuis longtemps (1922) un département à part entière : il doit être traité comme ses pairs. » est un département français créé en 1922 à partir de l'arrondissement de Belfort, seule partie du Haut-Rhin et de l'Alsace restée à la France après la défaite de 1871. Il était à l'origine nommé « Arrondissement subsistant du Haut-Rhin ». En 1919, il ne réintègre pas le Haut-Rhin, et devient officiellement un département français le création du département, le préfet Abel Jean Bertrand Maisonobe étant nommé et installé le . Il demeure le seul département français dépourvu de cour d'assises. La cour d'assises compétente est celle de Vesoul, dans le département voisin de la Haute-Saônepas de Cour d'Assises sur le Territoire de Belfort..

En 1956, il n'intègre pas la « région de programme d'Alsace », à l'inverse du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Par un décret de 1960, il est rattaché à la « circonscription d'action régionale de Franche-Comté », avant d'être finalement rattaché à la région Franche-Comté lors de sa création en 1982 à la suite des lois sur la décentralisation. Il demeure la seule partie de l'Alsace historique (post–1870) à ne pas être rattachée à la région administrative du Grand Est. Depuis 2016, il fait partie de la région administrative de la Bourgogne-Franche-Comté.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 90. La densité de population du département est de en , ce qui est nettement supérieur à celle de la région Bourgogne-Franche-Comté (). Le point culminant du département est le ballon d'Alsace avec une altitude de , ce sommet étant commun à trois départements (le Territoire de Belfort, le Haut-Rhin et les Vosges) et deux régions (la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est). Les habitants du Territoire de Belfort sont nommés par certains Terrifortains et TerrifortainesLe site « habitants.fr » fait référence en la matière : https://www.habitants.fr/territoire-de-belfort-90. Il est le seul département de France métropolitaine (hormis Paris) à ne pas avoir de sous-préfecture.

Géographie

Localisation

Le Territoire de Belfort fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il est limitrophe des départements du Doubs, de la Haute-Saône, des Vosges et du Haut-Rhin, ainsi que du canton suisse du Jura.

Gentilé et désignations usuelles Une consultation informelle a été organisée en 2011 par une radio locale, France Bleu Belfort Montbéliard, afin, d'une part, de confirmer le gentilé des habitants de la commune de Belfort : les « Belfortains », et d'autre part, de choisir celui des habitants du département (Territoire de Belfort). Sur Internet, ont voté le , dont 54 % ont choisi « Terrifortain(s) ».. Bien que cette consultation n'ait aucune valeur officielle et qu'il n'y ait eu aucun contrôle des personnes participant au vote (il était possible de voter plusieurs fois), ce nom est parfois utilisé, sans être entré dans l'usage courant.

En pratique, la population du Territoire utilise en général le mot « Belfortain » indifféremment pour les habitants de Belfort et ceux du Territoire. À l'égard des personnes étrangères au département, on précise habituellement qu'on est un « habitant du Territoire », lorsque la conversation a lieu dans le département ou à proximité, et qu'on n'habite pas Belfort même ; si la conversation a lieu plus loin, ou si l'on s'adresse à une personne ne connaissant pas le département, on précise que l'on est un « habitant du Territoire de Belfort ».

Géologie et relief Le département est implanté dans un seuil situé entre les deux massifs des Vosges et du Jura, appelé trouée de Belfort.

Le point culminant du département se situe au ballon d'Alsace à d'altitude, sur la limite avec les deux départements du Haut-Rhin et des Vosges.

Hydrographie

Climat

Voies de communication et transports

vignette|Un autobus du réseau Optymo.

Par sa situation géographique, la « trouée de Belfort » a toujours été un lieu de passage, une sorte de col à basse altitude entre deux reliefs (Vosges et Jura) qui relie deux bassins fluviaux : celui du Rhin et celui du Rhône. Ces deux fleuves sont d'ailleurs reliés depuis 1832 par le canal du Rhône au Rhin. Après 1871, le projet de canal de la Haute-Saône, bien qu'inachevé dans sa partie haut-saônoise, devait permettre d'amener aux portes de Belfort et de Montbéliard des péniches chargées de marchandises pondéreuses venues de la partie non annexée de la Lorraine. La voie d'eau ne connaît aujourd'hui pratiquement plus d'activité commerciale en raison de conditions de navigation difficiles (nombreuses écluses côté Alsace, navigation fluviale sur le Doubs aménagé côté Franche-Comté).

Le département est également desservi par l'autoroute A36, dont une partie importante du parcours est à deux fois trois voies. Un axe routier est en cours de développement : il s'agit de la liaison Berne-Paris via Delle, Vesoul et Langres. La liaison est complètement autoroutière en Suisse (Transjurane) et faite de tronçons de voies rapides plus ou moins aménagées en France, mais dont le niveau d'équipement progresse.

Berceau d'Alstom et du TGV, le Territoire de Belfort jouit d'une desserte ferroviaire particulièrement dense, qui gravite autour de la gare de Belfort-Ville pour le trafic régional et de la gare de Belfort - Montbéliard TGV pour le trafic grande vitesse via la LGV Rhin-Rhône. La gare de Belfort est le terminus de nombreuses lignes de Transport express régional (TER), à destination de Besançon, Mulhouse, Vesoul et Paris (via Troyes). Depuis fin 2018 et la réouverture de la ligne de Belfort à Delle, de nombreux services TER relient Belfort à Delle en passant par Belfort-Montbéliard TGV. Il existe également des trains RegioExpress des chemins de fer fédéraux suisses (CFF) reliant la gare TGV à Bienne via Delle, Porrentruy et Delémont.

Optymo est le réseau de transports en commun desservant le Territoire de Belfort, articulant dans une même offre des lignes d'autobus, des services d'autopartage et de vélos en libre-service.

Urbanisme

Résidences secondaires

Selon le recensement général de la population du , le département comptait 1,7 % de résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du Territoire de Belfort dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Commune Population SDC Nombre de logements Rés. secondaires % Rés. secondaires Lepuix 633 67 10,59 %

Source : InseeInsee., chiffres au .

Toponymie

Le nom du Territoire de Belfort vient de celui de sa préfecture du même nom.

Le nom de la localité est attesté sous les formes « [In castro de] Belfort » (1226), « [Castrum meum] Bellofortem » (1228), « [Mag. Willelmus de] Belloforti [clericus] » (1284), « Biafort » (1303), « [Ad ecclesiam de] Belloforti / [ecclesie] Bellifortis » (1342), « [Sloss / Statt und herrschafft] Beffort » (1492), « Befurt » (1644), « Belfort » (1659).

Une des premières mentions écrites de la ville date de 1228, dans le traité de Grandvillars, sous la forme latinisée « Bellumfortum » ou française « Belfort » en 1226. Il s'agit d'un composé fréquent des éléments « Bel- », « beau » et « -fort », « forteresse », qui désigne généralement un « château fort » avec une construction similaire à Beaufort.

Histoire

vignette|Évolution des frontières départementales depuis 1871.

Le Territoire de Belfort est né en 1871 du traité de Francfort qui mettait fin à la guerre de 1870–1871. Il était alors appelé « arrondissement subsistant du Haut-Rhin ». L'Alsace et la Lorraine avaient la particularité d'être deux régions bilingues et leur démantèlement fut organisé selon des critères linguistiques. L'Empire allemand gagnait ainsi par ce traité la plus grande partie de l'Alsace et un quart de la Lorraine. L'extrême sud-ouest du Haut-Rhin, autour de Belfort, était laissé à la France et ainsi séparé du reste de l'Alsace. La principale raison est que la population des environs de Belfort était majoritairement francophone (tandis que le reste de l'Alsace était majoritairement germanophone, le principal dialecte alsacien faisant partie des langues germaniques). Ce n'était toutefois pas un critère absolu car on trouvait des francophones et des germanophones aussi bien à Belfort qu'ailleurs en Alsace, seule leur proportion différait. Plusieurs villages francophones des environs de Belfort ainsi que les vallées Welches, bien qu'exclusivement francophones, ont été annexés par l'Empire allemand et font aujourd'hui toujours partie du département du Haut-Rhin. L'autre raison de la non-annexion était que les troupes prussiennes n'avaient pas pu prendre Belfort en raison de la résistance menée par Pierre Philippe Denfert-Rochereau, ce qui a permis au gouvernement de Défense nationale de négocier la conservation de l'arrondissement au sein de la France. En échange, trois villages de Moselle appartenant à l'arrondissement de Briey où s'étaient déroulées les principales batailles et qui devaient rester français (et que le Kaiser surnommait « le tombeau de ma garde ») ont été cédés au nouvel Empire allemand.

Après avoir longtemps conservé un statut spécial dans l'attente du retour de l'intégralité de l'Alsace-Lorraine à la France, le Territoire de Belfort devient officiellement le département français le ... Le décret du portant harmonisation des circonscriptions administratives portant harmonisation des circonscriptions administratives. le rattache à la région Franche-Comté plutôt qu'à la région Alsace, décision confirmée en 1982 avec les lois sur la décentralisation qui donnent aux régions françaises le statut de collectivités territoriales.

Politique

vignette|220px|L'hôtel de département du Territoire de Belfort.

Conseil départemental du Territoire de Belfort Liste des conseillers départementaux du Territoire de Belfort Liste des députés du Territoire de Belfort Liste des sénateurs du Territoire de Belfort

Administration Liste des préfets du Territoire de Belfort

Le Territoire de Belfort n'a pas de sous-préfecture (comme les départements de Paris et de Mayotte).

Politique environnementale La Maison départementale de l'EnvironnementMaison départementale de l'environnement (site officiel)., au bord du lac du Malsaucy, propose des expositions et animations gratuites de sensibilisation à l'environnement.

Population et société Démographie

Communes les plus peuplées

Enseignement

Sport

Santé

Le principal établissement de santé du département était le centre hospitalier de Belfort entre 1899 et 2017, remplacé par l'hôpital Nord Franche-Comté situé à Trévenans, à mi-chemin avec Montbéliard, dont l'hôpital a également fermé en 2017..

Cette offre de soins est complétée par la clinique de la Miotte à Belfort.. La ville possède également l'une des plus grandes maisons de santé de France depuis 2020, composée de deux bâtiments de capables d'accueillir une cinquantaine de professionnels de santé, dont des médecins généralistes et spécialistes..

Un centre de soins de suite, de psychiatrie et d'imagerie médicale équipé d'une imagerie par résonance magnétique (IRM) ainsi qu'un hôpital de jour de gérontologie se situent à BavilliersPrésentation du site Pierre-Engel de l'HNFC à Bavilliers, Fédération hospitalière française.Présentation du Centre Hospitalier de Soins de Longue Durée du Territoire de Belfort (Bavilliers), Fédération hospitalière française...

Religion

Économie