Moulins ou « Moulins-Lille », officiellement Lille-MoulinsConseil Municipal du 2 octobre 2015 - Délibération 15/464 - Décision de préciser le nom et l'orthographe de plusieurs quartiers, est un quartier populaire du sud de Lille, classé zone franche urbaine, qui compte environ .

Il porte le nom de l'ancienne commune de Moulins-Lille, absorbée par Lille en 1858.

En 1840, des industriels y construisirent les premières filatures, le logement ouvrier étant pour l'essentiel laissé à l'initiative privée. De nombreuses maisons de briques typiques de cette époque sont toujours visibles aujourd'hui.

Ce quartier compte un nombre important d'habitants d'origine étrangère et souffre d'un taux de chômage élevé, de l'ordre de 30 %. Le quartier compte cependant 21 % d'étudiants et abrite la faculté de droit de l'Université de Lille, inaugurée en 1995 et l'institut régional d'administration.

La mairie de quartier tente de relancer l'activité économique et culturelle avec la reconversion des anciennes filatures Le Blan et Wallaert et l'ouverture d'une Maison folie dans l'ancienne brasserie des Trois Moulins

L’accès Le quartier de Moulins possède une image et une identité propres au sein de la ville de Lille.

Il s’est développé de manière à en rendre l’accès facile. Il est ainsi proche du centre ville. Il est aussi un lieu de passage de l’autoroute A25/E42, ce qui permet un accès rapide.

De plus, il est bien desservi par les transports en commun puisqu'il accueille quatre stations de la ligne 2 du métro lillois (Porte de Valenciennes, Porte de Douai - Jardin des Plantes, Porte d'Arras et Porte des Postes) et une station de la ligne 1 (Porte des Postes). Ces lignes permettent l’accès à de nombreuses villes de la métropole lilloise et aux gares SNCF de Lille en moins de dix minutes.

Enfin, de nombreuses lignes de bus sont centralisées sous la porte de Douai et permettent de rejoindre de nombreux arrêts dans Lille et sa métropole avec le réseau Ilévia et dans le département du Nord grâce au réseau Arc-en-Ciel.

Lille-Moulins est donc un quartier bien desservi, lieu de passage Nord-Sud, avec un accès facile aux autres quartiers lillois, d’autant qu'il est encadré par des boulevards et des rues dont le trafic est important (Boulevard Victor-Hugo, Boulevard de Strasbourg et rue de Cambrai).

Histoire vignette|Moulins-Lille en 1860.

Le territoire du quartier correspond très approximativement à celui de l'ancienne commune de Moulins-Lille, faubourg de Paris détaché le de la commune de Wazemmes, devenu vers 1830 un quartier industriel à la suite de l'implantation des premières filatures de lin remplaçant progressivement les vieux moulins.

À côté de l'industrie textile prédominante, filatures Le Blan et Wallaert, des usines métallurgiques se développent notamment la fabrication de machines à vapeur Paul Le Gavrian créée en 1837 reprise par la famille Crépelle en 1882 s'orientant ensuite vers les moteurs diesels et compresseurs (actuellement entreprise du groupe suédois Atlas Copco), robinetterie industrielle Cocard rachetée en 1960 par la SA Crane et transférée à Armentières en 1969. Des usines chimiques de fabrication de céruse se créent à la même époque. L'usine de fabrication de produits pharmaceutiques LFB implantée dans les locaux de la société Théodore Lefebvre fondée en 1825 à laquelle avait succédé la société Théolaur, est un des rares établissements industriels en activité en 2024.

Urbanisation Sa superficie de le place au des quartiers lillois.

Avec de voirie, Moulins occupe 9,4 % de la voirie lilloise.

Le premier réseau urbain comprend les anciennes rues d'Arras, de Valenciennes, de Douai et la rue Dupetit-Thouars à proximité. Ces tronçons de routes au départ de Lille étaient quasiment les seuls bordés d'habitations avant 1830. Des maisons basses rue de Douai et rue d'Arras sont de rares vestiges de cette époque.

L'implantation de filatures de coton et de lin dans les années 1830 et 1840 a transformé Moulins de village en faubourg ouvrier. Les frères Wallaert installèrent des filatures de lin qui furent avec les filatures Le Blan les plus importantes usines de Moulins. Ces industriels vendirent en 1836 à la commune des terrains où furent bâties l’église paroissiale Saint-Vincent-de-Paul, la mairie, des écoles et où furent tracées la place de Trévise (place Déliot) et les principales rues donnant accès à ces bâtiments publics (rues Racine, Fénelon, Massillon, Bossuet, Buffon)A. Bertrand Les rues de Lille origines, transformation, dénomination Lille 1880 Bibliothèque nationale LK7 31741 p. 114..

Les rues de Wattignies, des Postes, Courmont, furent bâties en 1837-1838. les rues Lamartine, Philippe-de-Comines, des Meuniers de 1845 à 1851La vie ouvrière à Lille sous le Second Empire Pierre Pierrard Bloud et Gay 1965 page 60..

Le réseau de voies haussmanniennes planifiées à la suite de l'agrandissement de 1858 et réalisées dans les années 1860 a assez peu concerné Moulins en comparaison avec le maillage dense et structuré établi sur l'espace des anciennes fortifications au sud de la ville ancienne ou avec l'ensemble tracé dans les quartiers ouest et à Esquermes.

À Moulins, à l'exception de l'axe nord-sud de la rue d'Artois, les nouvelles voies ont été ouvertes à la limite du quartier, boulevard Victor-Hugo et rue de Cambrai au nord, rocade sud en bordure des nouvelles fortifications.

Plus que le plan peu lisible, c'est l'imbrication des usines et de maisons basses, pour la plupart de construction médiocre, avec des îlots insalubres (courée) qui donnaient au quartier une image de triste faubourg industriel au milieu et encore à la fin du siècle dernier.

Cette situation est le résultat de l'échec de l'agrandissement de Lille dans lequel la ville accaparée par les travaux de voirie, la construction d'un réseau d'adduction d'eau et d'égouts (cependant le tout-à-l'égout ne s'est pas généralisé à Moulins avant les années 1970) et les équipements publics a totalement abandonné le logement ouvrier à l'initiative privée. Dans ce domaine le quartier fut la proie des spéculateurs. À l'énorme population ouvrière on n'eut à offrir que des taudis plus infects que ceux du vieux LilleA. Bertrand Les rues de Lille origines, transformation, dénomination Lille 1880 cité par Pierre Pierrard dans La vie ouvrière à Lille sous le Second Empire p. 102..

Le quartier fut touché par l'explosion du dépôt de munitions des dix-huit ponts de 1916 pendant l'occupation allemande qui endommagea , et fit et .

Les anciennes usines ont quasiment toutes fermé lors d'une désindustrialisation progressive des années 1950 à la fin des années 1980 ce qui a nécessité la reconversion des anciens locaux ou des friches.

Mis à part le grand parc du jardin des plantes et le jardin des Olieux, les espaces libres sont quasi inexistants, rendant le quartier très peu aéré. Quelques places ou squares, parmi laquelle la place Vanhoenacker, place historique du quartier, sont des espaces publics qui permettent à tout un chacun de se rencontrer, d'échanger et de profiter tranquillement de ce qu'offre le quartier.

L’histoire de l’urbanisation de Moulins en fait donc un lieu où de nombreuses maisons ouvrières et courées témoignent du passé ouvrier du quartier. Le , les abords de ce qui fut la Porte de Douai furent l'objet d'une erreur de l'armée américaine sous la forme d'un lâchage de bombes à ailettes. Les victimes de ce dernière furent déclarées « victimes civiles » et purent profiter de places gratuites au Cimetière du Sud offertes par la ville de Lille.

À partir des années 1950, avec les nouvelles vagues de reconstruction et les politiques du logement, le quartier de Lille-Moulins fut le témoin du développement du logement social, d’abord sur l'emplacement des anciens remparts au sud et au sud-est du quartier où se construisirent des grands ensembles HLM, notamment ceux des boulevards de Strasbourg et de Belfort, puis dans le vieux Moulins avec la réhabilitation d’anciens espaces industriels en logements collectifs et la construction de nouveaux, comme ceux de la rue de Trévise.

Le passé industriel du quartier et la volonté de développer le logement collectif donnent ainsi à ce quartier un paysage urbain contrasté et en mutation constante. La ZAC de la Porte de Valenciennes, dont les constructions s'achèveront à la fin des années 2020, transforme le quartier et le relie à Euralille.

Population L’histoire du quartier et de son urbanisation en fait un lieu qui est devenu populaire et qui rentre aujourd’hui dans de vastes plan de réhabilitation.

Avec au recensement de 2009., Moulins se classe au des quartiers lillois, soit plus de 10 % de la population totale de la ville. Moulins possède par ailleurs une population très jeune. Selon les statistiques de 1990, certes anciennes, mais qui correspondent toujours à la tendance générale, les 0- représentent 42,4 % de la population totale du quartier et les 15-, 22,6 %.

De plus, Moulins est le deuxième quartier lillois pour son nombre d’étrangers.

Cette population se caractérise notamment par de grandes difficultés sociales. En effet, en 1998, 32,7 % des actifs sont au chômage, 12 % de la population de plus de est bénéficiaire du RMI et un tiers des enfants de CE1 est en retard scolaireANPE et Mission Locale de Moulins..

Environ sont en contact avec la permanence de la mission locale du quartier. Ils représentent 12,27 % de la population accueillie par la Mission Locale de Lille.

Enfin, il est intéressant d’observer que ce quartier est un lieu de vie pour plus de femmes que d’hommes avec 52,04 % de femmes et 47,06 % d’hommes. Ceux-ci sont regroupés dans , dont de deux à cinq personnes, de six personnes et plus et vivant seulesINSEE 1999.

Répartition de la population selon l'âge et la catégorie socioprofessionnelleINSEE 90.

CSPÂge 0/24 ans 25/29 ans 30/39 ans 40/49 ans 50/59 ans 60 ans et plus Total %Artisans commerçants41612410460363442,28Cadres52196176886485843,87Profession intermédiaire18038436814068811487,60Employés34540053625221212176011,65Ouvriers35632452464036444225214,91Militaires408 480,32Retraités 4856138014489,59Étudiants de et plus227616036 247216,37Sans activité professionnelle3708180448240276192504433,41Total 15100100

Ce tableau présente la répartition de la population selon l'activité professionnelle. Bien qu'il date un peu, il reste cependant d'actualité quant aux échelles de grandeur qu’il permet de faire ressortir. Une population jeune, peu qualifiée ou sans activité professionnelle reste ainsi un trait caractéristique de Moulins en 2005.

Le logement Le quartier de Lille-Moulins tire l’une de ses caractéristiques de la progression rapide de l’habitat collectif qui atteint 63,62 % des habitats en 1990 pour 15,26 % de maisons individuelles (22,2 % pour la ville de Lille).

L'habitat collectif est concentré au sud des boulevards de ceinture (boulevards de Belfort, d'Alsace, de Strasbourg, d'Alsace), les maisons individuelles au nord, rues de Cambrai, de Valenciennes, de Douai et voies adjacentes où se situent des maisons de cadres d'architecture soignée. Les HLM de mauvaise qualité construits boulevard de Belfort (porte de Valenciennes) en 1959 et 1960 ont été récemment détruits.

Les deux ensembles de maisons d'un ou plusieurs étages construits en accession à la propriété en 1868 par la Compagnie immobilière de Lille dans les rues de Rouen, du Havre et de Nantes entre le boulevard de Belfort et la rue Alain-de-Lille et dans les rues de Marseille et de Lyon près du boulevard de Strasbourg font partie des rares initiatives de logements sociaux de la deuxième moitié du à Lille.

Moulins compte environ la plupart réhabilitées.

En 1999, Moulins comptait en résidence principale, vacants et secondaires.

60 % de l’habitat est utilisé à titre locatif et 32 % du patrimoine appartient à des bailleurs sociaux tels que La SLE, ODN, CAL-PACT, OPAC LMH. Parmi les occupants de ce parc locatif, 33 % de familles sont en dessous de seuil de pauvreté.