Le Mouvement citoyen genevois (MCG) est un parti politique du canton de Genève fondé en 2005. Régionaliste et populiste, situé en pratique au centre droit, ce mouvement revendique comme ligne directrice la défense des citoyens et résidents genevois.

A Genève, il se classe en quatrième position en termes de représentation au Grand Conseil avec quatorze députés et a obtenu, lors des élections du Conseil national du , deux sièges.

Histoire Fondation Le MCG est fondé le par Georges Letellier, issu de l'Union démocratique du centre, et Éric Stauffer, issu du Parti libéral, en vue des élections cantonales. Il adopte pour slogan « Genève et les Genevois d'abord ». À l’origine baptisé « Mouvement blochérien genevois », il se revendique ni de gauche, ni de droite, considérant que ce clivage est une « pure illusion depuis la chute du mur de Berlin » et s'oppose ainsi à ce qu'il perçoit comme une « confortable et trompeuse dualité ».

Le , lors des élections cantonales genevoises, le MCG obtient 7,73 % des suffrages, ce qui lui permet d'obtenir neuf sièges au Grand Conseil.. Cette entrée au parlement est d'autant plus inattendue que le parti n'est âgé que de trois mois.

Bureau du Grand Conseil

La députée Sandra Borgeaud, précédemment assistante parlementaire d'un élu du Parti suisse du travail (communiste) au Conseil national, est élue au bureau du Grand Conseil contre la volonté de son parti. Elle en est exclue le .

Élections municipales de 2007 Le , lors des élections municipales, le MCG présente 91 candidats dans neuf communes et obtient des élus dans les communes de Lancy, de Vernier et d'Onex, qui comptent parmi les plus importantes du canton après la Ville de Genève. Le , le MCG lance deux candidats à l'exécutif communal de Onex et Vernier, forçant à un deuxième tour dans les deux communes. Le mouvement représenté par Éric Stauffer est battu à Onex, mais Thierry Cerutti l'emporte dans une triangulaire à Vernier avec sur le libéral Georges Zufferey.

Cependant, cette dernière élection est suspendue à la suite de trois plaintes — déposées par Zufferey, l'association libérale de Vernier et une citoyenne de la commune — Cerutti étant inculpé le de fraude électorale, de captation de suffrages et d'infraction à la loi sur les élections et votations. Finalement, le Tribunal administratif invalide le le scrutinÉric Budry, « Voici pourquoi l'élection de Cerutti a été annulée », Tribune de Genève, 8 février 2008 et condamne Cerutti et le MCG à payer francs d'émoluments, ainsi que francs d'indemnité de procédure aux requérants, décision que le candidat n'accepte pas. Il dépose donc un recours auprès du Tribunal fédéralFedele Mendicino, « Élection contestée à Vernier : le scrutin est annulé », Tribune de Genève, 8 février 2008 et met en place un « Conseil administratif populaire » et informelMarc Guéniat, « Le MCG crée une Mairie parallèle à Vernier », Tribune de Genève, 13 février 2008. Le MCG dénonce quant à lui l'implication de personnalités socialistes dans la procédure. Le , à l'occasion d'un nouveau scrutin, Cerrutti remporte l'élection partielle, devançant le libéral Pierre Ronget et le socialiste Alain Charbonnier...

Élection du Grand Conseil en 2009 Le , il obtient 14,74 % des suffrages et devient le deuxième parti du canton, avec sur 100 au Grand Conseil, à égalité avec les Verts, mais derrière le Parti libéral et ses .. Dans la foulée, il investit Éric Stauffer et Mauro Poggia comme candidats au Conseil d'État.

Élections municipales de 2011 Lors du renouvellement des législatifs communaux du , le parti sort vainqueur des élections communales genevoises. Ayant présenté des listes dans 19 communes, le MCG y place 73 élus« Le MCG grand vainqueur des élections », , 13 mars 2011 dans 16Élection des conseils municipaux du 13 mars 2011 - Résultats globaux, République et Canton de Genève, consulté le 15 mars 2011 communes contre 12 élus dans trois d'entre elles lors des élections de 2007.

En Ville de Genève, il dépasse le quorum requis de 7 % qu'il avait raté en 2007 « MCG siegt bei Gemeindewahlen in Genf », Schweizer Fernsehen, 13 mars 2011 et passe d'aucun à avec 13,12 %Élection des conseils municipaux du 13 mars 2011, République et Canton de Genève, consulté le 15 mars 2011, renversant ainsi la majorité absolue de gauche maintenue pendant « Le MCG sort vainqueur des municipales 2011 », Tribune de Genève, 13 mars 2011.

Élections fédérales de 2011

Lors des élections fédérales suisses de 2011, le mouvement gagne un siège par le biais de Mauro Poggia, au détriment du Parti libéral-radical.

Élections du Grand Conseil et du Conseil d'État en 2013 Le , le MCG, sous la présidence de Roger Golay, continue son ascension électorale et confirme sa position de deuxième parti du canton. Avec 19,23 % des suffrages« L'UDC et le MCG continuent leur marche en avant », Tribune de Genève, 6 octobre 2013, il passe de 17 à 20 sièges au Grand Conseil« Meyrin, Vernier, Onex..., communes bastions du MCG », Tribune de Genève, 7 octobre 2013, derrière le Parti libéral-radical (24), qui perd sept sièges, et devant le Parti socialiste (15) qui reste stable. Les Verts (10), qui étaient à égalité avec le MCG lors de la précédente législature, perdent presque la moitié de leur députation et passent à l'avant-dernière place juste devant l'extrême gauche (9) qui revient après huit ans d'absenceJean-François Mabut, « Le parlement genevois est divisé en trois blocs de même poids », Tribune de Genève, 6 octobre 2013.

À l'occasion du premier tour des élections pour le Conseil d'État, le MCG présente trois candidats : Mauro Poggia, Éric Stauffer et Delphine Perrella-Gabus. Ceux-ci se placent respectivement à la , et Jean-François Mabut, « Pierre Maudet manque la majorité absolue de », Tribune de Genève, 6 octobre 2013. L'alliance« Le MCG et l'UDC confirment une liste à trois ». , 7 octobre 2013 entre le MCG et l'Union démocratique du centre (UDC) est confirmée pour le second tour qui a lieu le . Leur liste commune, constituée de Mauro Poggia, Éric Stauffer et Céline Amaudruz (UDC, lors du premier tour) conduit à l’élection. de Poggia au Conseil d'État (), les deux autres se plaçant respectivement et (non élus).

Il est à noter que la durée des législatures est rallongée d'une année, passant de quatre à cinq ans, avec l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution genevoise Constitution de la République et canton de Genève du 14 octobre 2012 le .

Élections municipales de 2015

Élections du Grand Conseil et du Conseil d'État en 2018 Le , le MCG connaît un fort recul lors des élections au Grand Conseil en ne totalisant que 9,43 % des voix (en baisse de près de par rapport au scrutin de 2013) et obtient seulement , contre 20 dans le Conseil sortant. En revanche, Mauro Poggia termine lui à la deuxième place pour les élections au Conseil d'État, avant d'être réélu au second tour le suivant.

Élections municipales de 2020 Lors des élections municipales du , le MCG présente des listes dans neuf communes qui toutes sont en baisse par rapport au scrutin de 2015. Le parti perd même toute représentation dans les conseils municipaux de Carouge, Thônex et VersoixÉlection des conseils municipaux du 15 mars 2020, site de la République et canton de Genève. Dans la Ville de Genève, la liste du parti n'arrive qu'en septième position avec 7,73 % des voix, cependant qu'aucun des deux candidats au Conseil administratif n'est élu.

Modifications des statuts de 2024 Le , le MCG se réunit en assemblée générale extraordinaire afin de moderniser ses statuts pour la première fois depuis 2010. Le principal changement est l'abandon du système de cooptation de certains membres du bureau directeur. Les nouveaux statuts impliquent donc que tous les membres directeurs sont désormais élus. Le parti en profite également pour supprimer le « s » de « citoyens », optant ainsi pour un nom plus en accord avec les règles de la grammaire française.

Direction Le premier président du parti est Georges Letellier. À la suite de divergences entre les élus du parti et ce dernier, il quitte le MCG en cours de mandat, officiellement pour se consacrer à ses obligations professionnelles, mais reste député indépendant. Le , Georges Jost, ancien député de Vigilance, est désigné à la présidence pour le remplacer. Un bureau directeur est constitué avec Éric Stauffer, Roger Golay et Claude Jeanneret.

Le , Stauffer est élu par l'assemblée générale du parti au poste de président. Roger Golay, Pascal Spuhler, Chantal Bauco et Henry Rappaz deviennent vice-présidents.

Golay remplace Stauffer à la présidence le « Roger Golay remplace Eric Stauffer à la tête du MCG », Tribune de Genève, 28 avril 2012 et Spuhler, Mauro Poggia et Carlos Medeiros sont réélus en tant que vice-présidents alors que Stauffer est élu président d'honneur pour le remercier de ses services.

Lors de l'Assemblée générale du , Ana Roch emporte d'une voix la présidence face à Éric Stauffer..

En 2022, le député François Baertschi emporte la présidence du mouvement.

Présidents

PériodeNom 2005-2006 Georges Letellier 2006-2008 Georges Jost 2008-2012 Éric Stauffer 2012-2016 Roger Golay 2016-2019 Ana Roch 2019-2022 Francisco Valentin depuis 2022 François Baertschi

Syndicat des employés genevois Le MCG a décidé de fonder un nouveau syndicat, le Syndicat des employés genevois (SEGE), dont le secrétaire général est Daniel Sormanni pour tenter de rassembler les Genevois qui s'estimeraient victimes de discriminations dues à la présence de travailleurs frontaliers. La Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) refuse de reconnaître ce nouveau syndicat car elle déclare qu'il poursuit un but illiciteChristophe Koessler, « Non à un syndicat xénophobe à Genève ! », L'événement syndical, /29, 15 juillet 2009, .

Positions politiques Le MCG se positionne comme un parti « ni de gauche, ni de droite », affirmant comme principe directeur : « le citoyen d'abord »... Certains détracteurs assimilent toutefois ses idées à l'extrême droite, puisque le MCG postule un lien direct entre la présence des travailleurs français frontaliers à Genève et le taux de chômage« À court terme, il [le Conseil d'État] nie les problèmes que pose l'accaparement de la main d'œuvre extérieure qui envahit les places de travail que pourraient fort bien prendre des résidents genevois » paru dans le blog de Stauffer (3 mai 2007)., notamment lors de la votation sur l'extension de la libre-circulation des personnes tenue le « Qui a peur du frontalier ? », Temps présent, TSR, 7 juin 2007. À l'inverse, d'anciens scissionnaires ayant rejoint Genève en marche considèrent que le MCG est « trop à gauche »..

Dans une analyse du positionnement des partis au Grand Conseil genevois de 2022 à 2025 réalisée par Le Temps, le MCG se place au centre droit, très proche du Centre et de Libertés et justice sociale, le parti de Pierre Maudet. Il se distingue par ailleurs par sa grande discipline de vote..

Au sein du Grand Conseil, il est placé au centreIl s'agit ici de l'emplacement des députés. Site officiel du Grand Conseil de Genève : https://ge.ch/grandconseil/gc/salle/

Grand Conseil du canton de Genève, tout comme au Conseil municipal d'Onex. Au sein des conseils municipaux de Vernier et de Lancy, il est placé à l'extrême gauche.

Soli Pardo (1955-2012), ancien président de l'Union démocratique du centre genevoise, avait adhéré au MCG en déclarant : « J'ai toujours été un politicien contestataire. L'UDC n'a plus rien d'un mouvement contestataire. Le MCG, si ».

Publication Le MCG publie le journal Le Citoyen.

Résultats électoraux Élections cantonales

Année Élections Pourcentage Sièges 2005 Grand Conseil 7,7 % 9 2009 Grand Conseil 14,74 % 17 2013 Grand Conseil 19,23 % 20 Conseil d'État - 1 2018 Grand Conseil 9,43 % 14 Conseil d'État - 1

Élections au Conseil national

+Année Pourcentage Siège20072.51 %020119.78 %120157.16 %120195.37 %020239.75 %2

Élections au Conseil des États