La cathédrale d'Acqui Terme, ou cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, en italien , est une cathédrale catholique située à Acqui Terme, dans la province d'Alexandrie, en Piémont (Italie). Elle est l'église mère du diocèse d'Acqui.
Entreprise à la fin du par l'évêque Primo et consacrée le par l'évêque Guido, vénéré comme saint patron de la ville et du diocèse, elle a été bâtie par des équipes lombardes selon le plan en croix latine propre à l'architecture romane. De cette phase subsistent les absides, le transept et une crypte à colonnes qui occupe l'aire du transept et du chœur.
L'édifice a été remanié à plusieurs reprises : campanile gothique achevé en 1479, portail de marbre sculpté par Giovanni Antonio Pilacorte en 1481, cloître canonial terminé en 1495, tiburio et rosace du début du , pronaos élevé en 1614. Les trois nefs d'origine sont portées à cinq au , période durant laquelle le décor intérieur est entièrement renouvelé de stucs et de fresques.
La salle capitulaire conserve le triptyque de la Vierge de Montserrat, œuvre du peintre espagnol Bartolomé Bermejo réalisée en collaboration avec Roderic d'Osona et son fils Francisco, commandée par un marchand acquésien établi à Valence. Le panneau a figuré dans les rétrospectives consacrées à l'artiste par le musée du Prado en 2018-2019 puis par la National Gallery de Londres en 2019.
Histoire
Origines et construction
Le siège épiscopal d'Acqui est établi au moins depuis le .
La construction de l'édifice actuel est entreprise par l'évêque Primo, dont l'épiscopat couvre les années 989 à 1018. La cathédrale est consacrée le par l'évêque Guido, mort en 1070 et vénéré comme saint patron de la ville et du diocèse.
L'édifice est bâti par des équipes lombardes en forme de construction romane à plan en croix latine et transept saillant. Il comportait à l'origine trois nefs et trois absides, deux absidioles supplémentaires s'ouvrant sur les côtés orientaux du transept.
Campagnes des
Le campanile gothique est achevé en 1479 et le cloître canonial en 1495. Le portail majeur, sculpté dans le marbre par Giovanni Antonio Pilacorte, est daté de 1481.
La rosace de la façade et le octogonal remontent au début du , tandis que le pronaos est élevé en 1614.
Transformations modernes
Au , les trois nefs d'origine sont portées à cinq par l'adjonction de chapelles latérales. Entre le et le , le décor intérieur est entièrement renouvelé par des stucs et des fresques.
Les absides ont fait l'objet d'une restauration en 1971-1972.
Architecture
Extérieur
L'édifice est construit en moellons de grès local imparfaitement équarris, alternant blocs longs et moyens, disposés en assises horizontales assez régulières.
L'abside centrale porte une série continue d'arceaux surmontée d'une frise à dents de scie et à dents de loup. Les formes de l'édifice ont été rapprochées de celles des cathédrales germaniques du bas Rhin.
Portail de Pilacorte
La façade, précédée de l'atrium du , conserve le portail de marbre sculpté en 1481 par Giovanni Antonio Pilacorte, dont l'activité est documentée entre cette date et 1531.
La lunette en bas-relief représente l'Assomption et les Apôtres. L'ensemble figure la Vierge, plusieurs Pères de l'Église, des anges ainsi que des motifs animaliers et végétaux ; les piédroits portent les effigies de Maggiorino, premier évêque d'Acqui, et de l'évêque Guido, consécrateur de la cathédrale.
Crypte
Située sous le presbytère surélevé, la crypte remonte au . Elle se compose d'un corps longitudinal à trois absides et d'un corps transversal à abside unique, chacun divisé en trois nefs par un ensemble dense de colonnettes. Le bras droit abrite le sarcophage de l'évêque Guido.
Elle conserve des fresques du , dont une représentation de saint Antoine abbé.
Cloître
Le cloître de la canonique, accessible depuis le côté droit du presbytère, est achevé en 1495 mais conserve des éléments romans. Il est ceint d'un portique sur trois côtés et d'une loggia sur deux.
Intérieur
L'intérieur, de style baroque, présente un plan en croix latine. La nef est couverte de voûtes d'arêtes qui ont remplacé la charpente de bois d'origine, richement ornées de stucs dorés et de fresques.
Les piliers portent des reliefs de la Renaissance. La chaire, réalisée dans la première moitié du , réemploie des plaques de marbre du ; le baptistère est de style rococo.
Œuvres d'art
Triptyque de la Vierge de Montserrat
La salle capitulaire conserve le triptyque de l'Annonciation, dit aussi de la Vierge de Montserrat, peint à l'huile sur bois.
Le panneau central est de la main de Bartolomé Bermejo, les volets latéraux ayant été exécutés par les peintres valenciens Rodrigo de Osona et son fils Francisco d'après les dessins de Bermejo. Le musée du Prado le résume comme un triptyque de format flamand, commandé par un marchand italien pour la chapelle d'une cathédrale italienne et exécuté par trois peintres espagnols dans le milieu cosmopolite de Valence.
Le commanditaire est Francesco Della Chiesa, marchand de textile piémontais originaire d'Acqui et établi à Valence durant plusieurs décennies ; son identité est connue par un acte notarié postérieur. Il est représenté agenouillé aux côtés de la Vierge. Une disposition testamentaire prévoyant l'envoi d'un retable pour l'autel de la chapelle Notre-Dame-de-Montserrat de l'église principale d'Acqui est datée des environs de 1515.
La Vierge de Montserrat était invoquée comme protectrice de ceux qui pratiquaient le commerce maritime, ce qu'évoque le navire visible à l'horizon. Elle est figurée assise sur une arête dentelée en forme de scie, allusion au massif de Montserrat ; le paysage comprend une végétation détaillée et des architectures imaginaires, tandis qu'un orage à l'horizon et un oiseau attaché introduisent des motifs plus sombres.
En l'absence de contrat conservé, la datation de l'œuvre a été discutée : l'exposition du Prado avançait une fourchette de 1483-1489, tandis que de nouvelles investigations techniques l'ont ramenée à 1470-1475.
Le triptyque a figuré dans la rétrospective organisée par le musée du Prado en 2018-2019, sous le commissariat de Joan Molina, de l'université de Gérone, puis dans l'exposition présentée par la National Gallery de Londres en 2019. La revue a relevé qu'il s'agissait de l'un des deux retables complets de l'exposition prêtés par les chapelles où ils demeurent objets de dévotion.
Autres œuvres
La salle capitulaire abrite en outre des stalles marquetées de Silvestro de Silvestri (1734), une Annonciation de Valerio Castello (1645) et un panneau représentant saint Guido et les quatre docteurs de l'Église, de facture lombarde, daté de 1496.
Le bras gauche du transept accueille la chapelle de saint Guido, dotée d'un autel baroque de 1730 et de la toile Saint Guido intercède pour la ville d'Acqui auprès de la Vierge du peintre génois David Corte. L'urne contenant les restes du saint patron y est conservée.
L'absidiole droite abrite la chapelle rococo de la Madone du Rosaire, dont les médaillons sont attribués à Giovanni Monevi (1662) et entourent une statue de bois du sculpteur Garzoni (1679). L'absidiole gauche, dédiée à l'Immaculée Conception, présente des voûtes rococo couvertes de stucs datées de 1766.
Parmi les chapelles figurent celle du baptistère (1769), celle de saint Charles Borromée, de style baroque tardif, et celle de la Madone des Grâces, élevée au début du dans un style néo-Renaissance.
Galerie
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
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Liens externes
La cathédrale sur le site de la communauté pastorale Saint-Guido Visite virtuelle de la cathédrale, I tesori di Acqui Terme
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