Azzana est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Cruzini. Géographie Géologie et relief Azzana est un petit village d'origine agro-pastorale, dans la microrégion de l'ouest Corse, situé sur un ancien passage de la transhumanceJanine Renucci, L'élevage en Corse, un archaïsme menacé, Revue de géographie de Lyon, numéro 4, 1970.L'ancien passage de la transhumance pastorale est localisé à Azzana et Salice, entre les zones d'hivernage de Cinarca et les zones d'estive des montagnes au nord-est.. Les habitations s'étagent entre 460 et 600 mètres d'altitude à mi-chemin entre la crête du mont Tretorre au nord et la rivière le Cruzzini au sud, là où le maquis bénéficie du recul de la forêtJ. Battesti, Un village corse de l'intérieur : Azzana, L'information géographique, Volume 2, 1937..

Le village se compose de plusieurs quartiers à l'habitat groupé. Il se développe d'abord dans le sens nord-sud, le long du sentier muletier qui coupe transversalement la vallée, puis s'étire dans le sens est-ouest de manière linéaire à partir du début du le long de la route départementale nouvellement aménagée. Aux deux écarts de Soriani et Vignamajo s'ajoutent des habitats isolés au cours du : Campovasalo, Giradaja, Loreli et le Pont.

Jusqu’au , de la modeste casetta au casonu plus imposant, les habitations font appel aux mêmes matériaux : le granit pour les murs, la tuile canal en argile pour la toitureDaniel Istria et Mathieu Harnéquaux, Découvrir le patrimoine bâti : Sevi - Sorru - Cruzzini - Cinarca, Centre Régional de Documentation Pédagogique de Corse, 2010.. Les maisons sont caractérisées par leur hauteur ; elles comportent toutes au moins un étage au-dessus du rez-de-chaussée étant donné que la configuration du village – construit en pente comme beaucoup d’autres villages de la Corse montagneuse – ne permet pas les agrandissements en largeurAzzana sur le site August Marine..

La superficie de la commune est de 1 200 hectares. Le territoire, qui s'étire entre la crête limitrophe de Guagno au nord et celle limitrophe de Vero au sud, est creusé en son milieu par la vallée du Cruzzini qui le traverse d'est en ouest.

Risques majeurs La commune est soumise aux risques majeurs suivants : feu de forêt, mouvement de terrain, tempête, séisme, radon et transport de matières dangereusesDossier départemental des risques majeurs..

Hydrographie Cours d'eau traversant la commune : Rivière le Cruzzini, Ruisseau d'Azzana, affluent du Cruzzini.

Voies routières RD 4 vers Vero et Salice, RD 104 vers Rezza, RD 125 vers Lopigna.

Azzana se trouve à 51 km d’Ajaccio, à 55 km de Cargèse et à 81 km de Corte.

Communes limitrophes

Urbanisme Typologie Au , Azzana est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Ajaccio, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (97,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (88,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,1 %), zones agricoles hétérogènes (2,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Au , Azzana s'appelle Asana ; c'est l'un des quatre lieux habités de la piève de CruziniCORSE : Éléments pour un dictionnaire des noms propres..

En dialecte cruzzinais, a zenna sert à désigner une falaise., ce qui peut faire référence à la proximité de la falaise sud du mont TretorreLa partie haute du village ne se trouve qu'à deux kilomètres des falaises sud du mont Tretorre..

Les habitants d'Azzana sont appelés les Azzanais (Azzaninchi).

Histoire La présence de l’homme préhistorique est attestée sur le territoire avec le site de Castellu d'AzzanaDominique Martinetti, Cantons de Cruzzini-Cinarca et de Deux-Sorru, Notice archéologique, Archéologie de la France, 24 avril 2017.. Plusieurs objets du néolithique ont été trouvés sur la commune, dont une hache polie en serpentine et plusieurs pointes de flècheM. Caziot, Découvertes d'objets préhistoriques et protohistoriques, faites dans l'île de Corse, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Tome 8, 1877.Notice historique sur l'île Corse, Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de la Corse, Numéro 325, 1911..

Azzana, comme l'ensemble de la piève de Cruzini dont elle dépendait au Moyen Âge, est profondément touchée par les guerres dites des Cinarchesi menées au cours de la deuxième moitié du par l'Office de Saint Georges contre les derniers seigneurs féodaux de la maison de Leca. Le territoire ayant été dévasté, la population doit le déserter pour ne s'y réinstaller qu'au début du . Agostino Giustiniani, dans son ouvrage "Dialogo nominato Corsica" paru en 1531, mentionne Azzana comme l'un des quatre lieux habités de la piève de CruziniAgostino Giustiniani, Description de la Corse, 1531. Introduction, traduction et notes par Antoine-Marie Graziani, Ajaccio, 1993..

Le registre des tailles dressé en 1537 précise que la population est de cinq feux. Pourtant, ce lieu disparaît des registres des tailles suivants, y compris ceux du début du . Les actions militaires des génois contre Sampiero Corso dans la deuxième moitié du semblent à nouveau avoir éprouvé la population du Cruzini. Le repeuplement d'Azzana ne reprend qu'au début du avec l'implantation d'habitants venus notamment de Guagno comme le rapporte la tradition orale. Le rapport de la visite pastorale effectuée en 1733 ne mentionne en effet que "quelques maisons" aux lieux-dits Azzana et Soriani. A cette époque Azzana dépend de la vaste communauté du Haut-Cruzini, elle-même divisée en deux communautés distinctes en 1779 : d'une part Azzana, avec sous sa dépendance les hameaux de Soriani, Rezza et Scanafaghiaccia, et d'autre part Pastricciola. Erigée en commune en 1790 et en paroisse en 1823, les hameaux de Scanafaghiaccia, Gabbia, Scala, Muraccia, Rezza et Piane lui sont distraits la même année pour former la commune de Scanafaghiaccia (devenue Rezza en 1921).

Au début du , la chapelle Sainte-Lucie est agrandie et devient l’église actuelle. L'ancienne église Saint-Nicolas-de-Bari, trop éloignée du village, est alors abandonnée. À la même période, une brigade de gendarmerie est installée dans le village et elle y fonctionne jusqu'en 1949La brigade territoriale d’Azzana sur le site du Service historique de la Défense.L’ancienne gendarmerie d’Azzana sur le site du ministère de la Culture..

Trente-sept Azzanais sont morts pour la France entre 1914 et 1950 : trente-et-un lors de la Première Guerre mondiale, trois lors de la Seconde Guerre mondiale, deux lors de la guerre d'Indochine et un hors conflitMonument aux morts d'Azzana sur le site de MémorialGenWeb..

Politique et administration Liste des maires

Intercommunalité Azzana est membre de la communauté de communes Spelunca-Liamone et adhère au parc naturel régional de Corse (parcu di Corsica).

Démographie

Agropastoralisme vignette|Porcu nustrale près d'Azzana. Depuis plusieurs siècles, le territoire est tourné vers le pastoralisme (36 bergers pour 39 cultivateurs en 1818), comme en témoignent encore les bergeries de Salincaccia. Les activités d'élevage sont intégrées au système agraire de subsistance qui prévaut dans la Corse ruraleFrançois Casabianca, L'élevage pastoral en Corse, les enseignements à tirer d'une trajectoire d'évolution, Revue Pour, numéro 231, 2016..

Les productions agricoles traditionnelles sont également bien représentées : céréales, oliviers (8,5 hectares en 1852) mais surtout châtaigniers (73 hectares en 1852). Deux moulins à farine, un moulin à foulon et une forge sont mentionnés sur le cadastre de 1852. Au début du , deux moulins à farine sont encore en activité ainsi que deux moulins à huile (2 135 litres d'huile produits en 1918Guillaume Bernard et Marie-Antoinette Fideli, Présentation de la commune d'Azzana, Inventaire général de l'aire Cruzini-Cinara, Collectivité territoriale de Corse, Direction du patrimoine, Service de l'inventaire du patrimoine, 2010..

Au , l'élevage de porcu nustrale et de chèvres est toujours pratiqué à AzzanaIsabelle Don Ignazi, Circuits Courts : Jean-Luc Battesti, agriculteur multi-tâches dans le Cruzzini, France Bleu RCFM, 17 juin 2020.L'exploitation Di l'Umbriccia sur le site Villages Corses..

Patrimoine Patrimoine civil Les grandes maisons anciennes du village. Le pont qui enjambe le CruzziniLe pont d'Azzana dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. L'abri troglodytique de VignamajoL'abri troglodytique de Vignamajo dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Le moulin à farine et à huile de CampovasaloLe moulin à farine et à huile dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Le moulin à farine de GiargolaLe moulin à farine de Giargola dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Les fours à painLe four à pain numéro 1 dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.Le four à pain numéro 2 dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Les séchoirs à châtaignes de Collo Gualdo, de Latora, de Cavacciole et de MilleliLe séchoir à châtaignes de Collo Gualdo dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.Le séchoir à châtaignes de Latora dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.Le séchoir à châtaignes de Cavacciole dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.Le séchoir à châtaignes de Milleli dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Le mont Tretorre.

Patrimoine religieux L'église paroissiale Sainte-LucieL'ancienne chapelle Sainte-Lucie, actuellement église paroissiale, dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. L'ancienne église Saint-Nicolas-de-BariL'ancienne église Saint-Nicolas de Bari dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara.. Les chapelles funérairesChapelle funéraire sur le site du ministère de la Culture.Chapelle funéraire Marcangeli sur le site du ministère de la Culture.. Le calvaire de Notre-Dame-des-Marsouins avec haut relief en porphyre, œuvre du sculpteur Noël BonardiLe calvaire d’Azzana sur le site du ministère de la Culture.Le calvaire d’Azzana sur le site de Noel Bonardi..

Patrimoine mémoriel Le monument aux morts des guerres de 1914-1918, de 1939-1945 et des expéditions d'Outre-merMonument aux morts des guerres de 1914-1918, de 1939-1945 et des expéditions d'Outre-mer dans l'inventaire du patrimoine de l'aire Cruzini-Cinara..

Personnalités liées à la commune Santu Casanova (1850-1936), poète, est né à Azzana. François Battesti (1890-1977), as de la Première Guerre mondiale, est né, décédé et inhumé à Azzana.