La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), avec la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), sont les deux fédérations de parents d'élèves des écoles publiques de France.
En 2023, la FCPE est la plus représentative de par son nombre d'adhérents et la première quant au nombre de voix obtenues aux élections des représentants des parents d'élèves.
Historique Fondation en 1947 Peu après la Libération, sont apparus des « conseils de parents d'élèves » auprès des écoles primaires. Ces associations réunissaient en fait enseignants et parents adhérents en partant du principe que le but poursuivi par les uns et les autres était le même : l'épanouissement des élèves et la défense de l'école laïque malmenée par le régime de Vichy.
Sous l'influence d'Henri Aigueperse, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs et d'Albert Bayet, président de la Ligue française de l'enseignement a ensuite été créée la « Fédération des conseils départementaux de parents d'élèves »., datée officiellement du puis reconnue d'utilité publique en 1951 Décret du 5 août 1951 et mouvement d'éducation populaire en 1982.
Implantation dans le second degré après 1959 Après le vote de la loi Debré en 1959, qui accordait d'importants moyens financiers publics aux écoles privées, la fédération décide de s'implanter aussi dans le second degré où existaient déjà quatre ou cinq fédérations dont la Fédération des lycées et collèges qui deviendra par la suite la PEEP. . Mais jusqu’à la fin des années 1960, les parents étaient peu associés aux activités scolaires. Représentation des parents après 1968 Dès 1968, les fédérations de parents d’élèves sont admises pour les représenter aux conseils d’administration des lycées et collèges et à partir de 1975, elles sont également représentées dans des conseils d’école, à l'assise et la représentation élargie. Après l'instauration de ces nouveaux conseils d'école, une génération d'adhérents de la FCPE a très vite prôné le participationnisme et la pédagogie différenciée mais ses représentants issus des classes populaires n'ont pas suivi cette évolution et se sont fait plus rares. De en 1951, la FCPE passe en 1960 à avant d’atteindre un million d'adhérents à la fin des années 1960, puis son apogée en 1971 avec d’adhérents, chiffre qui reste à peu près stable sur les années 1970 mais avec un début de tassement sur leur fin.
Parallèlement, la FCPE, bien qu'issue d'un syndicat d'enseignants et liée à la galaxie d'organisations apparentées, tente de s'en détacher, au moins sur le plan formel. À partir de 1971, la Fédération de l'Éducation nationale et ses syndicats ainsi que les organisations comme le Comité national d'action laïque, dont elle est membre, n'ont plus voix délibérative au conseil d'administration: la FCPE décide de supprimer leur statut de "membres de droit", mais reste proche de ces deux syndicats étudiants au cours des années 1970, attitude qui lui sera reprochée en interne en 1980, au point d'être l'une des raisons d'une succession anticipée à la présidence de la FCPE. En 1980, ces syndicats n'en sont plus membres..
Au cours des années 1970, une partie des représentants de parents d’élèves a en effet jugé problématiques les liens entre la FCPE et les syndicats enseignants comme le Syndicat national des instituteurs (SNI), qui est particulièrement visé, mais c'est seulement à partir de 1980 que les syndicalistes ne sont plus systématiquement invités aux conseils d’administration de la FCPE en tant qu'invités sans voix. Cette évolution va de pair avec celle des positions sur la laïcité.
En , la FCPE signe encore un texte commun avec le Syndicat national des instituteurs (SNI), déclarant que les associations représentant les parents s'interdisent mais dès 1977 son dirigeant Jean Cornec est critiqué au sein des modérés du Parti socialiste lorsqu'il lance des diatribes contre l'école privée catholique à Albi.
Jean Andrieu succède à Jean Cornec en 1980 Alors que la loi a voulu favoriser la participation des parents d'élèves au milieu des années 1980, la FCPE l'a précédée en prenant son autonomie dès le début de la décennie. En 1980, la FCPE est confrontée à une baisse de la participation électorale dans le secondaire, et effectue sa première déclaration commune avec la CFDT. C'est dans ce contexte qu'au printemps 1980, Jean Andrieu succède à Jean Cornec à la tête de la FCPE, en tant que vice-président et dauphin indiscuté tandis qu'à la fédération concurrente, Jean-Marie Schleret succède exactement au même moment à Antoine Lagarde. Responsable du Lot-et-Garonne, arrivé à la direction nationale en 1972, Jean Andrieu était vice-président depuis 1977.
Plusieurs membres de la direction nationale ont insisté pour convaincre Jean Cornec, le "président historique", de partir un an avant la fin de son mandat, sur fond de critiques reprochant à la FCPE une complicité excessive envers la Fédération de l'Éducation nationale syndicat proche du Parti socialiste, mais aussi son anticléricalisme virulent, et un recrutement social peu important en milieu ouvrier car trop centré sur les classes moyennes. On observe ainsi seulement 5 % d'ouvriers parmi les délégués, beaucoup moins que les cadres moyens (13,05 %), ou encore les enseignants et autres fonctionnaires (20 %). Lors du congrès, les relations se tendent entre socialistes et communistes. Une trentaine de départements se prononcent pour l'abrogation des stages en entreprise, prônée par la minorité communiste, et obtiennent 42,45 % des mandats.
Malgré la présence d'encore en 1982 leur nombre s'effondre lors de la décennie des années 1980. Il revient à environ en 1991 et seulement en 1994 . Ce déclin du « modèle militant » s'effectue, au plan qualitatif, avec une évolution vers le modèle des parents « consommateurs d’école » et plus interventionnistes sur le contenu enseigné. Il s'accélère en particulier avec le « tournant idéologique » de 1984. Le retrait du projet de loi Savary consécutif aux grandes manifestations en faveur de l’enseignement privé, qui culminent avec le rassemblement du à Paris sont perçues comme . Un sondage réalisé au même moment montre que 55 % des Français voient dans la loi Savary une atteinte aux libertés individuelles et que 85 % d’entre eux se disent favorables à la possibilité de choisir l’école de leurs enfants, privée ou publique. En 1985, Jean Andrieu prend acte de l'échec des organisations laïques : il exhorte ses adhérents à faire preuve d’ouverture et de dialogue après « l’électrochoc de 1984 ». Quatre ans après, la loi de 1989 précise pour les parents élus que .
Crise du début des années 1990 Moins de dix ans après, alors que la chute des effectifs pèse sur les finances de la FCPE, la question laïque revient avec la loi Bourg-Broc autorisant le financement des investissements de l'enseignement privé, une proposition de loi, effectuée fin 1993 pour réformer la loi Falloux, qui sera ensuite en partie annulée par le Conseil constitutionnel. La FCPE est ainsi aux premières loges dans la mobilisation laïque quand un "collectif du " 1994 émerge après une grande manifestation parisienne pour la laïcité. Ses dirigeants prennent la tête du Comité national d'action laïque (CNAL). Un peu plus tard en 1994, à la rentrée, pour la première fois de son histoire, la FCPE change de "patron" entre deux congrès, après que son président Jacques Dufresne ait été contraint de mener une . Jacques Dufresne avait succédé à Jean-Pierre Mailles en . Après sa démission " pour raisons familiales " en 1994, il est remplacé par Bernard Borecki. Les problèmes financiers viennent du lancement par la FCPE de sa propre assurance-élèves qui concurrence directement l'acteur existant sur ce marché, la MAE. Dans un mouvement qui avait commencé deux décennies plus tôt, le changement de direction à la tête de la FCPE la rapproche encore plus du syndicat enseignant SGEN-CFDT, qui a alors encore le vent en poupe, sur fond de difficultés de la FEN, confrontée à la création de la FSU. L'équipe dirigeante de la FCPE va ensuite rester rocardienne et proche de la CFDT.
L'assurance scolaire autonome avait été lancée par la FCPE en 1989, avec un accord préalable donné par la Ligue de l'enseignement, mais pose problème après seulement deux ans. Dès le congrès de Bourges, en 1991, la direction de la FCPE, menée par Jean-Pierre Mailles, avait reconnu un gouffre financier, causé aussi par la baisse du nombre d'adhérents, nécessitant d'emprunter de francs, ce qui avait obligé à nommer un contrôleur de gestion. Le prêt représentait près des trois quarts de son budget, afin de combler les de déficit cumulés en deux ans par l'association FCPE-solidarité, chargée de gérer l'assurance élève lancée en 1989. La concurrente de cette dernière, la Mutuelle accidents élèves (MAE), accepte de donner sa garantie pour le prêt renflouant la FCPE. Une souscription auprès des adhérents pour éponger partiellement les dettes, lancée en 1990, recueille moins de .
La FCPE n'a plus que , une fonte de plus des deux-tiers en une décennie, alors que la PEEP, sa grande rivale, affiche au contraire . La FCPE doit aussi faire face, à la fin des années 1980 au rôle grandissant des associations de parents d'élèves indépendantes. C'est l'époque où un courant, tente peu à peu de bouleverser, au sein de la FCPE le traditionnel équilibre interne entre la tendance socialiste (majoritaire) et la tendance communiste. Il dénonce la trop grande soumission au gouvernement Rocard . Résultat, les parents d'une quinzaine de départements mettent en avant leur droit à la différence au sein de la FCPE. Parallèlement, dans les écoles, la loi Jospin fait des déçus, car la représentation inégale des différentes catégories d'acteurs élus limite les possibilités d'action des parents. La légitimité des enseignants, de plus en plus remise en cause par les parents, souffre au cours des années suivantes de nostalgie du « maître d’école » de jadis, et de l'aspiration parfois jugée contradictoire entre « une grande et belle École pour la France » et « une petite école sur mesure » pour ses propres enfants.
Crise de 2015 En , fait exceptionnel depuis vingt ans, le rapport d'activité de la FCPE n'est pas adopté. Paul Raoult, le président sortant n'est pas réélu. Cette situation est analysée par la presse comme le résultat du soutien affiché de l'équipe dirigeante « à la controversée réforme du collège » portée par la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-BelkacemLe président de la FCPE victime de son soutien affiché à la réforme du collège, news.yahoo.com, 24 mai 2015.
En plein mouvement des "Gilets jaunes", des lycéens manifestent dans plusieurs villes de France et certains subissent des tirs de flashball, en particulier dans le Val de Marne. La FCPE révèle qu'une vingtaine de mineurs interpellés « rien qu'à Créteil sont allés faire constater aux urgences les coups » reçus, après avoir été interrogés par le juge des enfants . La fédération réclame dans la foulée une enquête de la Justice..
En , la campagne pour les élections des conseils de parents d’élèves d'octobre est marquée par une photo montrant une femme voilée participant à une sortie scolaire, accompagnée d'un slogan "Oui, je vais en sortie scolaire, et alors ?". Dès son lancement, , selon Le Monde. La campagne est vertement critiquée par le ministre Jean-Michel Blanquer, et contestée par de rares CDPE. En effet, la FCPE a toujours revendiqué son soutien à la loi : le Conseil d’Etat confirme que les parents accompagnateurs ne sont pas soumis au principe de neutralité. Ils n’exercent pas la mission de service public de l’éducation comme le font les enseignants. Cette polémique n'a pas modifié le score de la FCPE à ces élections, selon les résultats publiés le et l'opposition de certaines fédérations ne s'est pas étendue.
Santé, guide de la laïcité et tenues scolaires, au congrès 2020