Urville-Nacqueville est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitants. Elle est issue de la fusion d'Urville-Hague et de Nacqueville, le .
Depuis le , elle fait partie de la nouvelle commune de La Hague et a le statut de commune déléguée.
Géographie Localisation La commune est située dans la Hague, au nord-ouest de la presqu'île du Cotentin.
Toponymie Le toponyme est composé de deux noms en -ville au sens ancien de « domaine rural » (villa), précédé du nom du propriétaire selon le cas le plus fréquent.
Urville (Urvilla vers 1160 - 1163) : homonymie avec Urville-Bocage et les autres qui contiennent un nom de personne germanique, Uro est cité par FörstemannFrançois de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986. p. 166 - 227 - 228.. Nacqueville (Nakevilla, Nachevilla, 1148) du nom de personne norrois Hnakki rapporté par Jean Adigard des Gautries entre autres. Le surnom scandinave Hnakki signifie probablement « celui qui a un long ou large cou »Origine du nom Hnakki (anglais)..
Par ailleurs, il existe un nom de personne vieux norrois Ýr(r)Ýrr sur Nordic Names (lire en anglais), prononcé « ur » [yr]
Micro-toponymie Les noms en Hameau sont des francisations de la forme normande Hamel et sont généralement suivis d'un nom de famille.
Plusieurs micro-toponymes de type scandinave subsistent sur le territoire environnant : Landemer, formation homonyme de Landemer dans le Val de Saire : de l'ancien scandinave Landamerki semblable au (vieil) islandais landamerki et anglais landmark « repère, jalon, amer »René Lepelley, « L'héritage maritime viking dans les noms de lieux du Nord-Cotentin » in L'Héritage maritime des Vikings en Europe de l'ouest, Colloque international de la Hague, sous la direction d’Élisabeth Ridel, Presses Universitaires de Caen, 2002 . ; Christo, graphie fantaisiste pour Cristot, homonyme des Cristot, Critot, Crestot et Crétot de Normandie, toponyme en -tot d'origine norroise ; Eudal (le Haut et le Bas) anciennement Usdal (1256), nom formé avec l'ancien scandinave dalr, accusatif dal « val, vallée » ; Les Houllegattes, nom d'un champ. Homonymie avec les nombreux Houlgate, Houllegate, Houlgatte de Normandie.. De l'ancien scandinave holr « creux » et gata « voie ». Il a désigné plus spécifiquement des chemins en cavée, creux, dans la région.
Histoire Protohistoire Durant la Protohistoire, Urville-Nacqueville abritait un port en relation avec le sud de l'Angleterre. Des découvertes et des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour de nombreux éléments témoignant de ces premières relations transmanchesAnthony Lefort et Cyril Marcigny, 2009 – La probable agglomération portuaire du second âge du Fer d’Urville-Nacqueville : un état de la documentation, bulletin de l’Association Manche Atlantique pour la Recherche Archéologique dans les Iles (AMARAI), n° 22, p. 39-82., au pied du fort d'Urville et notamment, sous le sable de la plage de Nacqueville une trentaine de sépultures de La Tène, datées des années Sépultures gauloises.
Moyen Âge Les , il se tenait à Nacqueville une foire annuelle, dite foire de la Saint-Clair..
Temps modernes En 1520, descente anglaise aux Rases-Bannes, à Urville..
En 1522, des troupes anglaises débarquent à Landemer..
En 1567, Jehan Heuzey, sieur d'Urville, Gréville, du Val-Ferrant à Gréville et Durescu à Urville, est taxé pour ces fiefs de dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief d'Urville, qui valait un quart de fief de haubert, relevait de la baronnie d'Orglandes, et, le fief de Durescu à Urville, qui valait un huitième de fief de haubert, était tenu du fief de Durescu à Gatteville..
Le , dans le cadre de la guerre de Sept Ans opposant la France à l'Angleterre et ses alliés, c'est à Urville que débarquent avec avant de dévaster Cherbourg.
Époque contemporaine
Urville fut une station balnéaire très prisée au début du ; la plage de Nacqueville devient la plage préférée des Cherbourgeois.. De cette époque date le « Village normand », conçu en 1911 par René Levavasseur, architecte de la gare maritime de Cherbourg. Il a été détruit par les bombardements de juin 1944, comme de nombreuses villas construites sur la côte au hameau de Landemer.
Une de ces villas, dans la vallée du Hubiland, accueillit dans les années 1920, la famille du jeune Boris Vian, qui écrira plus tard « Landemer, ça s'appelait. Dix-sept habitants. On avait des petites baraques là-bas. [...] Un chouette merveilleux pays ».
En , le bourg enregistre d'importants dégâts à la suite des bombardements. La commune est libérée le et le Hameau-Nicolle, le lendemain, par le d'infanterie US.
En 1963, Urville-Hague ( en 1962) fusionne avec Nacqueville (.), au sud-est de son territoire.
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Le conseil municipal était composé de dix-neuf membres dont le maire et cinq adjoints.
Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Urvillo-Nacquevillais..
Démographie
Manifestations culturelles et festivités
Sports et loisirs Le Stade d'Urville-Nacqueville fait évoluer deux équipes de football en divisions de district..
Économie
Tourisme Urville-Nacqueville est une destination balnéaire du Cotentin, appréciée pour sa plage et le parc du château de Nacqueville. La commune attire également les amateurs de planche à voile en raison de la qualité de ses vents.
Culture locale et patrimoine vignette|Blockhaus sur la plage graphé par Baby K en vaisseau Star War (2016). vignette|Le château de Nacqueville. vignette|Le manoir de Dur-Écu.
Lieux et monuments L'église d'Urville-Nacqueville La construction de l'église d'Urville-Nacqueville commence en 1958, après la pose de la première pierre le , en remplacement des deux églises détruites à l'occasion des opérations militaires de la Libération.
En 1944, chacune des deux communes possédait son église. Celle de Nacqueville, en haut de la colline, fut dynamitée par les Allemands dans les premiers jours du mois de , en représailles après de sévères bombardements anglais visant à détruire les installations de radars situées à deux pas de l'édifice. Très repérable, avec son clocher élancé, cette église de style néogothique avait été construite en 1904 par le châtelain de l'époque, Hildevert Hersent, qui en fit don à la commune.
La nef et le chœur de l'église d'Urville-Hague du (1812), dédiée à saint Martin, déjà très ébranlés par les bombardements, s'écroulèrent au passage des chars américains. Il n'en subsiste, en bordure du , en direction de Landermer, que le clocher-porche avec au-dessus un bas-relief la charité de saint Martin.
Si les deux communes comportent de nombreux villages excentrés, Urville-Hague et Nacqueville forment en pied de coteau une agglomération mitoyenne. Dès que la région fut libérée, un accord entre la préfecture et l'évêché décide de fusionner les deux paroisses et de ne reconstruire qu'une seule église pour les deux communes. Quelques années plus tard, ces deux collectivités fusionneront elles aussi.
L'édifice actuel est l'œuvre de François Champart (Romilly-sur-Seine, 1912 - Paris 6e, 1997). L'architecte a voulu reprendre avec les possibilités des techniques contemporaines, les formes trapues des vieilles églises de La Hague. Les matériaux, pierres apparentes, couvertures en schiste, concourent à rappeler les édifices traditionnels de la région. Sur le parvis, on remarque le baptistère en forme de pigeonnier, abritant les fonts baptismaux de l'ancienne église d'Urville (), placé comme un exonarthex avec un cheminement (la couverture en a été enlevée) prévu pour accueillir le nouveau baptisé directement dans la chapelle de la Vierge. Ce vaste parvis introduit le visiteur sous un porche généreux qui mène dans une nef ample, elle-même emportant le regard vers les piliers du clocher encadrant l'autel principal. Au-dessus du porche, on peut lire Ut omnes ununt sint, sicut tu Pater in me et ego in te : « Que tous soient uns, comme toi, Père tu es en moi et moi en toi » (Évangile de Jean 17, 21). Allusion à la devise de Guyot, évêque de Coutances à l'époque : Ut sint unum : « qu'ils soient un ». La première eucharistie y fut célébrée le . La consécration de l'autel et la bénédiction de l'église eurent lieu le . Elle est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Saint-Clair du doyenné de Cherbourg-HagueSite du diocèse..
Les vitraux Posés en 1960, les vitraux sont l'œuvre d'Henri Martin-Granel, maître verrier, ami de l'architecte François Champart. Une réalisation selon la technique de la dalle de verre alors très en vogue au milieu du .
L'architecte et le maître verrier ont cherché à donner de l'importance au chœur de l'église, par rapport à la nef, ce qui explique les coloris beaucoup plus chauds des verrières du chœur où dominent surtout le rouge et l'or.
Les vitraux de la nef, plus pâles pour laisser passer la lumière, ce qui ne les empêche pas cependant d'avoir l'élan de ceux du chœur. Leurs couleurs alternent : fonds jaunes et fonds verts. En plus de la signification expliquée plus loin, l'artiste a voulu figurer les pommiers de Normandie dans la succession des saisons.
Signification La verrière au-dessus du portail, les claustras, donnent tout son éclat au soleil couchant. Les trois vitraux du sanctuaire, derrière le maître autel, représentent les saints patrons de la paroisse : la Vierge Marie, assise sur son trône de gloire, présente son fils Jésus, représenté en noir, allusion possible aux liens qu'entretint le maître verrier avec l'Afrique. Mais aussi, pour signifier que le Christ est le sauveur de toute l'humanité. Notre-Dame est en effet la patronne principale de la nouvelle paroisse d'Urville-Nacqueville. Côté évangile, saint Laurent, patron de l'ancienne paroisse de Nacqueville, attaché à son gril. Sa tête exprime la douleur, tandis que ses mains en prière traduisent la confiance. Côté épître, saint Martin, patron de l'ancienne paroisse d'Urville-Hague, coupe avec son épée un pan de son manteau dont il couvrira le pauvre.
Dans la chapelle de la Vierge, à droite en entrant, on admire l'éclat, surtout au soleil du matin, du vitrail de la Sainte Vierge. Il représente Jessé couché, en songe, et la Vierge Marie issue de la descendance de David. C'est l'Arbre de Jessé dont parle Isaïe (11,1), thème souvent traité dans l'iconographie religieuse. Une illustration de la généalogie du Christ descendant par la Vierge de la royauté de David et donc de l'Ancien Testament. Comme dans les représentations du Moyen Âge, l'artiste a figuré l'arbre et les rameaux qui continuent dans les vitraux des redans de la nef et conduisent à la Vierge et à son Fils représentés là-haut dans le vitrail du sanctuaire.
Enfin un dernier petit vitrail, près de l'escalier de la tribune, représente un poisson au milieu des vagues. Allusion au mot grec « icthus » qui signifie « poisson ». Les lettres de ce mot sont les initiales en grec de « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ». Les premiers chrétiens se servaient de ce signe pour se reconnaître.
Deux vitraux, côté épître, sont au sud dans le sanctuaire. L'un, à gauche, représente les armoiries du pape de l'époque, . L'autre à droite, celles de , évêque du diocèse jusqu'en 1966. C'était une façon de situer dans le temps la construction de l'église pour les générations à venir.
Les visiteurs de l'église notent souvent l'intérêt des vitraux qui réchauffent et tempèrent la sévérité des matériaux de l'ensemble de l'édifice. Ils participent, un peu à la manière des vitraux des grandes cathédrales du Moyen Âge, à la formation du visiteur.
Également notables : la statue de la Vierge (1962), œuvre de Ferdinand Parpan (1902-2004) ;