Simone Berriau, est une comédienne, chanteuse, productrice et directrice de théâtre française, née Bossis à Touques le et morte dans le le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
Biographie
Née dans le Calvados, Simone Blanche Eugénie Bossis passe son enfance à Machecoul (où une salle de théâtre porte aujourd'hui son nom)Regards, bulletin municipal d'information de la ville de Machecoul., en Loire-Atlantique. À quinze ans, elle part au Maroc, emmenée par le fils d'un châtelain., mais épouse finalement le colonel Henri Berriau, bras droit du maréchal Lyautey et créateur du service des Affaires indigènes et des renseignements. Celui-ci meurt en 1918. De ce mariage naît quelques mois plus tard une fille, Henriette Berriau, qui deviendra comédienne sous le nom d'Héléna Bossis (le nom de sa mère étant ainsi son pseudonyme), avant de prendre la direction du théâtre de sa mère, après la mort de cette dernière.
Après la naissance de sa fille, Simone Berriau quitte le Maroc pour retourner en France. Grâce à la famille Lyautey, elle fait la connaissance de Rose Caron, chanteuse et grande amie de Georges Clemenceau. Cette dernière, découvrant la qualité de sa voix de soprano, lui donne les leçons de chant nécessaires à son entrée à l'Opéra-Comique. Après avoir débuté le sous le nom de « Simone Berry » dans Carmen de Georges Bizet, elle y interprète entre autres La Bohème de Giacomo Puccini aux côtés de Lauri Volpi, Le Roi d'Ys d’Édouard Lalo et surtout Pelléas et Mélisande de Claude DebussyStéphane Wolff, Un demi-siècle d'Opéra-Comique (1900-1950), éd. André Bonne, Paris, 1953..
En 1934, Simone Berriau achète le domaine viticole de Mauvanne à Hyères, où elle reçoit de nombreuses personnalités, hommes d'État comme le pacha de Marrakech Thami El Glaoui (avec lequel elle entretient une liaisonChristian Destrumeau et Jean Moncelon, Louis Massignon, le cheikh admirable, éd. du Capucin, 2005 .), ou artistes comme Charlie Chaplin, Louis Jouvet, Colette et Cécile Sorel. Elle fonde par la suite un complexe immobilier, à l'origine réservé aux acteurs, sur la commune d’Hyères, au quartier des Salins d'Hyères : Simone Berriau-Plage.
En 1935, un problème de cordes vocales lui fait abandonner le chant : "Un soir de fête chez Maxim's, un grain de poivre lui resta au travers de la gorge. Ses précieuses cordes vocales s'enflammèrent et sa voix se cassa définitivement. Plus question de chanter l'opéra". Déjà lancée dans le cinéma, elle tourne une quinzaine de films avec les réalisateurs du moment, dont Max Ophuls qui lui offre ses deux meilleurs rôles dans Divine (1935) et La Tendre ennemie (1936). Elle fonde parallèlement une maison de production, dont Pierre Lazareff est le directeur général.
À partir de 1943, elle prend la direction du théâtre AntoineRebaptisé en son honneur Théâtre Antoine-Simone Berriau après sa mort par sa fille., boulevard de Strasbourg dans le de Paris. Dans sa lettre à Nelson Algren du Simone de Beauvoir écrit qu'elle aurait été inquiétée à la libération pour sa proximité avec des officiers Allemands. Elle y crée la quasi-totalité de l’œuvre dramatique de Jean-Paul Sartre (dont les deux premières pièces, Les Mouches et Huis clos avaient été représentées respectivement en 1943 au théâtre de la Cité et en 1944 au théâtre du Vieux-Colombier). Elle produit aussi des pièces d'Albert Camus, Luigi Pirandello, Jean Cocteau, Harold Pinter, Arthur Miller, etc. et donne leur chance à de jeunes metteurs en scène comme Peter Brook, qui signe son premier spectacle en France en 1956 avec La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams.
Dans les années 1960, elle ouvre aussi le répertoire au théâtre de boulevard avec Marcel Achard, André Roussin, Robert Lamoureux ou encore Françoise Dorin, genre dans lequel triomphent Jacqueline Maillan, Paul Meurisse, Jean Le Poulain ou encore Maria Pacôme.
Elle meurt le dans son théâtre, la veille de la générale du spectacle Nos premiers adieux de et avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre (, ).
Mariée deux fois, elle a été la compagne du chef d'orchestre Albert Wolff, du dramaturge et scénariste Yves Mirande et de l'écrivain Maurice Guénot.
Théâtre Opéra-Comique 1923 : Carmen de Georges Bizet : Micaëla La Bohème de Giacomo Puccini : Mimi L'Heure espagnole de Maurice Ravel : Concepción Le Roi d'Ys d’Édouard Lalo : Rozenn Madame Butterfly : Cio-Cio San 1931 : La Rôtisserie de la reine Pédauque de Charles Lévadé : Catherine 1933 : Pelléas et Mélisande de Claude Debussy : Mélisande
Directrice du théâtre Antoine (1943-1984)
1943 : À la gloire d'André Antoine de Sacha Guitry 1944 : Tess d'Urberville de Roger-Ferdinand d'après Thomas Hardy 1946 : Dix petits nègres d'Agatha Christie, adaptation française de Pierre Brive et Meg Villars 1946 : Morts sans sépulture de Jean-Paul Sartre (création) 1946 : La Putain respectueuse de Jean-Paul Sartre (création) 1948 : Les Mains sales de Jean-Paul Sartre (création) 1949 : Le Petit Café de Tristan Bernard 1950 : Fric-Frac d'Édouard Bourdet 1950 : Harvey (pièce de théâtre), avec Fernand Gravey 1951 : Oncle Harry de Thomas Job, adaptation de Marcel Dubois et Jacques Feyder 1951 : Le Diable et le Bon Dieu de Jean-Paul Sartre (création) 1952 : Les Compagnons de la marjolaine de Marcel Achard 1953 : L'Heure éblouissante d'Ana Bonacci, adaptation d'Henri Jeanson 1954 : La main passe de Georges Feydeau 1955 : Nekrassov de Jean-Paul Sartre (création) 1955 : Anastasia 1956 : La Famille Arlequin de Claude Santelli 1956 : L'Ombre de Julien Green 1956 : La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams 1957 : La Famille Hernandez de Geneviève Baïlac 1958 : Vu du pont d'Arthur Miller, adaptation de Marcel Aymé 1959 : Les Possédés de Fiodor Dostoïevski, adaptation d'Albert Camus 1960 : Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler 1960 : Gigi de Colette 1961 : L'Idiote de Marcel Achard 1962 : Turlututu de Marcel Achard 1963 : Six hommes en question de Frédéric Dard 1963 : Mary-Mary 1964 : Machin-Chouette de Marcel Achard 1965 : Comme un oiseau 1965 : Andorre de Max Frisch (coproduction avec le théâtre de la Commune d'Aubervilliers) 1965 : Le Boy-friend, comédie musicale de Sandy Wilson adaptée par Jean-Loup Dabadie 1966 : La prochaine fois, je vous le chanterai de James Saunders 1966 : Se trouver de Luigi Pirandello 1967 : Rosencrantz et Guildenstern sont morts de Tom Stoppard 1967 : L'Anniversaire de Harold Pinter 1967 : Arlequin, serviteur de deux maîtres de Carlo Goldoni par le Piccolo Teatro di Milano 1968 : Un amour qui ne finit pas d'André Roussin 1968 : La Moitié du plaisir 1968 : Trois hommes sur un cheval 1968 : Le Jardin des délices de Fernando Arrabal 1970 : Un sale égoïste de Françoise Dorin 1972 : Tu étais si gentil quand tu étais petit de Jean Anouilh 1972 : Alpha Bêta, adaptation de Marcel Moussy 1972 : La Soupière de et avec Robert Lamoureux 1972 : Le noir te va si bien de O'Hara, adaptation de Jean Marsan 1973 : Vol au-dessus d'un nid de coucou de Dale Wassermann, adaptation de Jacques Sigurd 1974 : Le Mari, la Femme et la Mort d'André Roussin 1974 : Le Tube de Françoise Dorin 1976 : Les Frères Jacques 1976 : Les Parents terribles de Jean Cocteau 1977 : Je roule pour vous de et avec Raymond Devos 1978 : Le Pont japonais de Leonard Spigelgass, adaptation de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy 1980 : Une drôle de vie de Brian Clark, adaptation d'Éric Kahane 1980 : Une case de vide de et avec Jacques Martin 1980 : Ta bouche, opérette d'Yves Mirande, lyrics d'Albert Willemetz, musique de Maurice Yvain 1980 : Potiche de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy 1982 : Coup de soleil de Marcel Mithois 1984 : Rire à pleurer de et avec Rufus 1984 : Hamlet de Jules Laforgue, adaptation, mise en scène de et avec Francis Huster 1984 : Nos premiers adieux de et avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault
Source : Collection des programmes de l'Association de la régie théâtrale à la Bibliothèque historique de la ville de Paris
Filmographie 1933 : Ciboulette de Claude Autant-Lara : Ciboulette 1934 : Itto de Jean Benoît-Lévy et Marie Epstein : Itto 1935 : Divine de Max Ophuls : Divine 1936 : À nous deux, madame la vie d'Yves Mirande et René Guissart : Lucie 1936 : La Tendre Ennemie de Max Ophuls : Annette Dupont, l’« ennemie » 1938 : Café de Paris d'Yves Mirande et Georges Lacombe : Odette 1939 : Derrière la façade d'Yves Mirande et Georges Lacombe : Lydia 1940 : Elles étaient douze femmes de Georges Lacombe : Madame Bernier 1940 : Paris-New York d'Yves Mirande : Lydia de Saintonge 1941 : Moulin rouge d'André Hugon : Simone 1941 : L'An 40 de Fernand Rivers : Madame Garnier 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay : la veuve 1942 : Les Petits Riens de Raymond Leboursier : Madame Brignolles 1942 : Soyez les bienvenus de Jacques de Baroncelli : l’actrice 1951 : Les Mains sales de Fernand Rivers (en tant que productrice et coréalisatrice)
Distinctions Mérite agricole pour son action dans le Midi avec son domaine viticole Chevalier de la Légion d'honneur
Notes et références
Annexes Bibliographie Simone Berriau, Simone est comme ça, autobiographie, éditions Robert Laffont, 1973. Maurice Guénot, La Chance apprivoisée, éditions Robert Laffont, 1991. Jean-Luc Pouliquen, La Plage des comédiens - En souvenir de Simone Berriau, CIPP, 2017.
Liens externes
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