Le Jugement de Midas est une comédie mêlée d'ariettes française, en trois actes d'André Grétry sur un livret de Thomas Hales et Louis Anseaume, créée le sur le théâtre de Madame de Montesson au Palais-Royal.
Rôles RôleType de voixPremière distributionD'après le livret de 1779 (voir ci-dessous)., Apollonhaute-contreClairvalMercurebasse-tailleMidas, bailli de villagetailleJean-René Lecoupay de la Rosière, dit RosièrePalémon, fermierbasse-tailleM NainvilleMopsa, femme de Palémonsoprano, dite MoulinghenLise, fille de Palémon et de MopsasopranoCatherine-Ursule Billion, née Bussa(rt), dite BillioniChloé, fille de Palémon et de MopsasopranoLouise-Rosalie DugazonPan, bucheronbasse-taillePierre-Marie NarbonneMarsias, bergerhaute-contreAntoine Trial
Résumé Le théâtre représente une plaine terminée par des montagnes.
Acte I Lors d’un orage, la foudre tombe avec le plus grand fracas et précipite Apollon du ciel. Puni par Jupiter de s’être moqué de lui, Apollon se déguise en berger sous le nom d'« Alexis » et se met à chanter. Bien lui en prend, il inspire de l’intérêt au fermier Palémon, qui lui apprend qu’il est au pays de la musique, le bailli Midas, étant fou de musique. Ce dernier a arrangé le mariage des deux filles de Palémon, qui passent pour être les meilleures chanteuses du village, avec les deux meilleurs chanteurs, Pan le bucheron et Marsias le berger. Les qualités vocales de ce dernier sont affligeantes. De plus, Mopsa, l’épouse de Palémon, lui reproche d’avoir accueilli un étranger, sans daigner la consulter, et veut que le bailli le chasse.
Acte 2 vignette|Mademoiselle Regnault, dans le rôle de Lise. Le théâtre représente une chambre de la maison de Palémon. D’un côté, Lise file au rouet. de l'autre Cloé arrange des guirlandes.
La comparaison, par Lise et Chloé, des charmes d'Apollon, avec ceux de Pan et de Marsias n'est pas à l'avantage de ces derniers. Charmé par les deux sœurs, Apollon dit à Jupiter que s’il les connaissait, il quitterait l'Olympe pour être à sa place, avant de gagner Mopsa à sa cause, en lui faisant part de ses doutes sur le choix de Pan et de Marsias comme maris pour ses filles. , dit-elle. Palémon et Mopsa disent à Apollon avoir grand besoin dans leur maison. S’il pouvait les délivrer de et de . « Alexis », ainsi dit-il s’appeler, commence à courtiser les deux filles, et Chloé a tôt fait de s’ouvrir à sa mère sur ses sentiments pour « Alexis ». Palémon et Mopsa mettent fin aux projets de mariage de Pan et de Marsias.
Acte 3 Courroucé de voir , Midas se laisse persuader d’auditionner le faux Alexis, mais n’est nullement convaincu par le manque des ports de voix, des cadences perlées de sa jeunesse, car il estime que Satisfait par la performance dans le style de la tragédie lyrique de Marsias, et celle dans le style des vaudevilles populaires de Pan, Apollon réplique avec une ariette allégorique décrivant une compétition entre un rossignol, un hibou et un coucou jugés par un âne. , Midas adjuge le prix du chant et de l’amour à Marsias et Pan. Invité par Midas à quitter le territoire, Apollon découvre sa véritable identité et des oreilles d’âne poussent au bailli, sanction approuvée par le chœur. Mercure venu entretemps annoncer la fin de sa disgrâce à Apollon, celui-ci lui annonce qu’il va emmener Lise et Chloé avec lui au Parnasse, avec droit de visite aux parents, non sans avoir préalablement refusé de rendre son apparence première à Midas, parce que .
Genèse Dans sa première entrevue avec Grétry, d’Hèle lui a lu le poème du Jugement de Midas et celui de l'Amant jaloux. Les morceaux destinés à être mis en musique, dans ces deux pièces, étaient écrits en prose, si bien tournés qu'il n'y manquait que la rime. D’Hèle incapable de versifier en français, Grétry et D'Hèle ont confié d'un commun accord cette tâche à Louis Anseaume, secrétaire de la Comédie-Italienne et auteur lui-même d'une quarantaine de pièces avec succès. Cet ouvrage terminé, le Jugement de Midas est resté deux ans dans le portefeuille de Grétry, personne ne voulant croire qu'un Anglais puisse composer une bonne pièce française.
Grétry sort de l’impasse en entreprenant des démarches pour obtenir la représentation du Jugement de Midas à la CourGrétry déjà eu recours à ce procédé pour Zémire et Azor, Le Magnifique, la Rosière de Salency, Céphale et Procris.. Les pièces ainsi sélectionnées devaient être montées immédiatement à Paris, au lieu d’attendre de passer à leur tour fixé par la date de la réception. La première condition était l’accueil favorable de l'ouvrage par un comité de lecture constitué des gentilshommes de la chambre, mais le Jugement ayant échoué dans cette épreuve, le manuscrit à été renvoyé aux auteursCe refus a inspiré à Voltaire ce quatrain adressé à Grétry : Les gentilshommes de la chambre n'avaient pourtant eu à juger que le livret. La musique de Grétry n'avait été pour rien dans leur refus..
Madame de Montesson, l’épouse secrète du duc d'Orléans, ayant voulu l'entendre, le chevalier de Boufflers en fait une lecture si inspirée que, le , son hôtesse la fait représenter, au Palais-Royal, sur un théâtre où étaient représentées des comédies de sa façon dans lesquelles elle remplissait les principaux rôles, souvent secondée par le duc d'Orléans dans les emplois secondaires.. Si Madame de Montesson tient le de rôle de de Chloé avec grâce et naturel, plusieurs rôles joués et chantés se ressentent de l'amateurisme des autres acteurs. Invités à cette répétition, les acteurs de la Comédie-Italienne donnent, dès le suivant, le Jugement de Midas sur la scène de la Comédie-Italienne, et obtiennent un succès complet..
Analyse Inspirée du Midas (1760) de Kane O'Hara., le Jugement de Midas est une pastorale mise au gout du . Sedaine actualise plaisamment le vieux conte mythologique, à la façon d’une sorte de paysannerie Louis XVI, où les dieux Pan et Marsyas sont respectivement un berger et un bucheron célèbres pour leurs chants dans le village, face à Apollon, culbuté du ciel, qui rivalise avec eux comme amoureux, mais surtout comme artiste. Le Jugement parodie tout à la fois la routine et l’emphase traditionnelle de l’Opéra, et la grossièreté de la chanson populaire des forains de l’époque.. Cette réécriture parodique lui permet de satiriser le contexte musical français de 1778.. Le juge de la dispute, Midas, revisité en bailli de village, préfère l’art vocal des opéras de Lully et de Rameau, et les vieilles chansons au lyrisme moderne. L’ouvrage devient ainsi une manière de pamphlet musical, une intervention de Grétry dans la querelle ouverte entre Gluck et la musique française classique. Il développe également une critique et une satire de la société., mais, ce qui est plus grave, le roi est moqué, puisque la pièce conclut que ce qui est en question est moins la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, que le fait que le roi-juge a des oreilles d’âne. Il importait donc pour Louis XVI de mettre Grétry de son côté, ce qu’il fera par l’octroi de diverses faveurs, dont le doublement, et avec d’autant plus de facilité que Grétry venait de rompre son contrat avec le théâtre de la Monnaie, dont il était insatisfait..
Médiagraphie Enregistrements Le Jugement de Midas : John Elwes, Mieke van der Sluis, Jules Bastin, La Petite Bande, dirigé par Gustav Leonhardt (Ricercar, 1989) Le Jugement de Midas (extraits) : , Jean-Jacques Schreurs, Bernadette Degelin, Loretta Clini, Chris de Moor, La Formation de chambre du Nouvel Orchestre symphonique de la RTBF, dirigé par Ronald Zollman (Koch Schwann 3-1090-2)
Éditions .
Notes et références Notes
Références
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