Vieux-Fort (en anglais : ou, plus rarement, ) est un village situé dans le territoire de la municipalité de Bonne-Espérance dans Le Golfe-du-Saint-Laurent, au Québec (Canada).
Toponymie Le lieu est nommé Vieux-Fort en raison de son utilisation ancienne comme poste stratégique par les pêcheurs français au . Sa forme actuelle est courante depuis la seconde moitié du , alors que Jean-Baptiste Ferland atteste du nom Vieux-Fort dans son ouvrage Le Labrador.
Au , le lieu est connu en tant que « Brest », comme le rapporte Jacques Cartier, ainsi que le notent Nicolas Desliens, Nicolas Vallard et Gérard Mercator. Au début du , le poste de pêche est déplacé à Brador et continue d'être appelé « Brest ». La forme « Ancien établissement » désignant l'actuel Vieux-Fort est attestée par les travaux de Nicolas Bellin au milieu du .
Le bureau de poste est nommé « » en 1906; c'est la dénomination préférée par la population résidente.
Géographie Situation Vieux-Fort est situé dans la municipalité de Bonne-Espérance, en Basse-Côte-Nord au Québec (Canada). Le village est sis à environ de l'extrémité orientale du Québec et à au sud-ouest de Rivière-Saint-Paul. À l'ouest, le village le plus près est Saint-Augustin, à .
Topographie
Hydrographie Le village est implanté aux abords de la baie du Vieux-Fort.
Climat Le climat à Vieux-Fort est de type continental subpolaire. Selon la classification Köppen-Geiger, le village est situé dans une zone climatique continentale humide avec des étés courts et froids (Dfc).
Démographie
Aménagement du territoire Un périmètre d'urbanisationAu Québec, un périmètre d'urbanisation comprend les secteurs d'une municipalité régionale de comté (ou d'un territoire équivalent) qui sont déjà urbanisés et ceux dans lesquels elle entend implanter les nouveaux secteurs d’expansion urbaine. Voir . a été identifié au schéma d'aménagement et de développement de la de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent et correspondant aux limites du noyau villageois. Le schéma d'aménagement identifie par ailleurs plusieurs risques : inondations par embâcle de glace, érosion côtière et avalanche.
Économie La pêche est une activité économique structurante. En 2012, 15 permis de pêche commerciale et 22 navires de pêche y sont recensés. Une usine transforme la ressource à même le village. Le port est administré par l'. L'administration portuaire s'occupe de l'entretien des quais flottants destinés aux pêcheurs et aux plaisanciers.
Si autrefois, la morue était la ressource la plus capturée, le crabe des neiges, le turbot, le flétan, le hareng constituent aujourd'hui les principales prises débarquées au quai.
En , le taux de chômage est de 36%, dont 50% chez les hommes.
Histoire Époque précolombienne L'occupation des environs remonte à avant aujourd'hui. Les populations de l'Archaïque ancien et de l'Archaïque qui vivent de la chasse et de la cueillette doivent migrer lors de l'époque néo-glaciaire.
Les Paléoesquimaux de la culture de Dorset s'établissent vers avant aujourd'hui. Ils s'alimentent en chassant (le phoque et le caribou, entre autres) et se déplacent notamment en traîneau à chien. Vers l'an 1150, l'arrivée des Thuléens et le déplacement du gibier entraîne la disparition des Dorsétiens de la Basse-Côte-Nord.
Contact avec les Européens Au , des Bretons fréquentent les environs pour y pêcher la morue tandis que des Basques chassent la baleine. Les Bretons viennent l'été pêcher la morue, puis la font sécher avant de repartir vers la France. Quelques membres d'équipage passent l'hiver à Vieux-Fort : ils surveillent l'équipement de pêche, font des provisions de bois de chauffage, traitent les fourrures avec les Innus et chassent le loup-marin.
Les baleiniers délaissent la Basse-Côte-Nord vers 1620 tandis que les Inuits quittent au .
Colonisation Les environs de Vieux-Fort sont peuplés de façon permanente à partir . La population s'adonne alors à la chasse au loup-marin. La pêche pratiquée en est une de subsistance ; les revenus qui en sont tirés sont substantiellement moins élevés que ceux des autres ports de pêche de la Basse-Côte-Nord.
Deux familles de pêcheurs anglophones originaires de Gaspé s'installent dans l'archipel qui ferme la baie du Vieux-Fort vers 1840 et en 1855. Ils sont rejoints par cinq autres familles d'ascendance britannique entre 1895 et 1903. À cette époque, la pratique de la chasse au loup-marin perd de son importance et est remplacée par la pêche à la morue.
Municipalisation En 1963, une loi crée la municipalité de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent, qui, à l'origine, comprend le village de Vieux-Fort. La municipalité de Bonne-Espérance est détachée de Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint-Laurent en 1990.
Effondrement des stocks de morue L'effondrement de la pêcherie de morue de Terre-Neuve et le moratoire qui s'est ensuivi en 1992 a porté un dur coup à l'activité économique du village, avec pour conséquences une hausse du chômage et un exode de la population. Les pêcheurs ont dû se réorienter vers d'autres ressources, comme le crabe des neiges, et l'usine de transformation a dû être modernisée en conséquence.
Services Transports Transport terrestre Le village constitue le point terminal d'un segment de la route 138 qui n'est pas relié directement au reste du réseau routier québécois. Cette section isolée longue de relie Vieux-Fort à Blanc-Sablon et la frontière du Labrador, où elle connecte avec la route 510.
La route blanche, un lien hivernal entretenu par le ministère des Transports, permet de se déplacer en motoneige entre les localités de la Basse-Côte-Nord. Aucune marchandise n'y est cependant transportée. Lorsque le Relais Nordik est hors service en raison des glaces, les denrées périssables sont acheminées par la route, via le Labrador.
Transport maritime Le port est administré par l'Eastern Lower North Shore Harbour Authority. L'administration portuaire s'occupe de l'entretien des quais flottants destinés aux pêcheurs et aux plaisanciers.
Les marchandises sont manutentionnées au port en eau profonde de Blanc-Sablon, desservi par le transporteur maritime Relais Nordik, affrété par la Société des traversiers du Québec. Le Relais Nordik effectue la desserte maritime des localités de la Basse-Côte-Nord, ainsi que celle de l’île d’Anticosti à partir de Rimouski et Sept-Îles. Cette desserte permet l'approvisionnement en marchandises et en pétrole sur une base hebdomadaire, de mai à janvier.
Transport aérien L'aéroport de Lourdes-de-Blanc-Sablon est situé à proximité.
Loisirs, culture et vie communautaire La bibliothèque de l'école Mountain Ridge est identifié comme un lieu culturel d'importance, ainsi que l'ancien cimetière et l'île aux Chiens.
Les sentiers de Vieux-Fort, sites récréatifs d'intérêt régional, parcourent les collines environnantes.
Éducation La localité compte une école primaire anglophone, l'école , qui accueille aussi les élèves de Rivière-Saint-Paul et de Middle Bay.
Santé Un centre local de services communautaires dispense des soins infirmiers aux habitants à Rivière-Saint-Paul. La médecine générale est pratiquée à l'hôpital de Blanc-Sablon tandis que les soins de spécialité sont offerts par des médecins itinérants.
Équipements publics Le village est desservi par son propre réseau d'aqueduc, pouvant fournir de l'eau potable jusqu'à . L'aqueduc. approvisionné à partir du lac Benny's Pond, alimente l'ensemble du village, y compris l'usine de transformation des pêches. Des travaux débuté en 2010 ont permis de moderniser le réseau et le traitement, tandis que des problèmes de contamination et de turbidité affectaient l'eau distribuée.
Un réseau d'égout est aussi présent.
Le village est alimenté en électricité grâce à la centrale du Lac-Robertson.
Commerces et services Un bureau de poste dessert le village.
En 2013, le village ne dispose d'aucun hébergement pour accueillir la clientèle touristique.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Brador (Québec)
Bibliographie
Liens externes
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