L (hébreu : מִבְצָע חוֹמַת מָגֵן ; Mivtsa chomat magen), est un épisode de la seconde intifada au cours duquel l'armée israélienne se redéploie dans les territoires palestiniens autonomes de Cisjordanie en .

L'armée israélienne et Ariel Sharon justifient cette opération ayant pour but de faire cesser les attentats palestiniens sur la population israélienne, depuis les territoires concernésTime, 18 March 2002, Streets Red With Blood. Cette présentation est largement contestée par les Palestiniens qui, dans le rapport des Nations unies sur cette opération affirment que l'armée de l'État israélien a au contraire principalement visé les structures administratives et civiles des territoires concernés..

Contexte

En 2002, le conflit israélo-palestinien est beaucoup plus meurtrier que l’année précédente. Depuis , le soulèvement palestinien, la répression israélienne et les attentats-suicides palestiniens ont fait plus de , pour trois quarts palestiniennes. En outre, plus de quarante attentats suicides ont eu lieu depuis début contre la population israélienne, ayant provoqué et des centaines de blessés.

À la suite de l'attentat du 27 mars 2002 à l'hôtel Park de Netanya, qui tue 30 civils et en blesse 143 alors qu'ils fêtaient en famille la Pâque juive, lequel attentat est revendiqué par le Hamas, le gouvernement d'Ariel Sharon lance le une vaste opération militaire, appelée Site officiel de l'Armée israélienne. L’objectif principal de cette opération est de frapper les infrastructures terroristes palestiniennes pour mettre fin à la vague d’attentats terroristes dirigée contre les citoyens israéliens. L’opération se concentre sur les villes de Naplouse, Ramallah, Jénine et Bethléem.

Incursion à Jénine

Motivations L'assaut contre le camp de réfugiés de Jénine, considéré alors par les Israéliens comme une pépinière de kamikazes (ayant fait plus de israéliennes et autres depuis ), dura du 3 au , dans le cadre de l'opération Rempart. Selon Israël, cette opération avait pour objet de rechercher des membres d'organisations terroristes, particulièrement après l'attentat du 27 mars 2002 à l'hôtel Park de Netanya (ayant fait juives et ) lors d'une fête religieuse, qui avait choqué l'opinion, et de détruire les infrastructures criminelles pour faire cesser l'escalade meurtrière.

Belligérants La bataille opposa des soldats israéliens appuyés par des chars et des hélicoptères à une centaine de combattants de trois organisations palestiniennes armées de kalashnikov et d'explosifsIsrael, the Occupied West Bank and Gaza Strip, and the Palestinian Authority Territories. Jenin: IDF Military Operations. Human Rights Watch, 2 mai 2002, Vol. 14, No. 3 (E) : le Hamas, le Jihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, retranchés dans le centre du camp de réfugiés auxquels ils se mêlaient.

Polémique Une polémique est née pendant l'assaut du camp de Jénine du fait de la violence de l'attaque, notamment à la suite de la destruction totale d'un quartier du camp, aplani au bulldozer par Tsahal, sur le nombre des victimes. Les premiers chiffres publiés sont contradictoires, reflétant l'état d'ignorance où se trouvaient même des hommes proches du terrain. Des sources palestiniennes indiquent un nombre allant de 400 à palestiniens et le dirigeant travailliste Shimon Pérès qualifie l'opération de selon le quotidien Haaretz dans son édition du . Le porte-parole de l'armée signale quant à lui « des dizaines de morts, pas des centaines ». Le docteur Mohamed Abou Ghali, directeur de l'hôpital de Jénine, est convaincu que le bilan est bien plus élevé : « Pendant les combats, nous avons reçu beaucoup d'appels téléphoniques nous signalant des blessés graves, bien plus importants que le nombre de corps que nous avons pu recueillir. Quand nous avons pu entrer dans le camp, à partir du , les corps ne s'y trouvaient pas ». Selon le médecin, un camion frigorifique aurait pu servir à sortir des cadavres du campDes violences mais pas de massacre. Par Christophe Ayad. Libération, 30 avril 2002.. Le porte-parole signale quant à lui que « corps n'a été évacué hors du camp, bien que [nous] ayons le droit de le faire ». vignette|Vue aérienne du camp de réfugiés de Jénine, deux jours après l'attaque israélienne d'avril 2002. L'organisation humanitaire internationale Human Rights Watch publie un communiqué le dans lequel elle annonce avoir pu identifier palestiniennes, dont 22 civils, et estime que les lors de cette opération Human Rights Watch, Israël/Territoires occupés: nécessité d'une enquête sur les crimes de guerre commis à Jénine. Par Peter Bouckaert, chercheur à Human Rights Watch et membre de l'équipe d'enquêt. Communiqué de presse (Jénine, 3 mai 2002).. Le spécialiste des questions de défense au quotidien Haaretz, Zeev Schiff, écrit dans l'édition du que : . Le colonel Ron Kitri, porte-parole de l’armée israélienne, reprend ce chiffre dans le quotidien Yediot Aharonot du . Le journaliste du quotidien français l'Humanité, Pierre Barbancey (qui a réussi à pénétrer dans le camp lors des derniers jours de l'offensive avec le photographe indépendant Jérôme Sessini), seul reporter présent, a publié un reportage, décrivant les destructions, les cadavres et la terreur de la population qui témoigne des exactions dans le camp de Jénine.

L'ONU annonce la création d'une commission d'enquête — dont la venue n'a pas été autorisée au début par le gouvernement israélien. En effet, pendant leur offensive, les autorités israéliennes refusent l'accès du camp aux organisations humanitaires et aux médias, et continuent d'empêcher l'accès du camp de réfugiés aux humanitaires, plusieurs jours après la fin des opérations militaires, pour éviter les dérives médiatiques dont le conflit est coutumier.

Bilan Le rapport du secrétaire général des Nations unies, publié le , estime que le nombre total des morts palestiniens est bien de cinquante-deux, citant à la fois des sources israéliennes (Tsahal) et palestiniennes (l'hôpital de Jénine). Cette bataille fait en outre et parmi les soldats israéliens.

Plusieurs milliers d'habitants de Jénine ont dû fuir la ville au début de l'opération, ont disparu. Environ 160 habitations ont été totalement détruites dans le camp et de nombreuses autres ont été endommagées, plus de se sont retrouvées sans abri.

Dès la fin des opérations, l'office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), entreprend la reconstruction de nouvelles habitations à Jénine.

Selon l'armée, l'opération a permis de démanteler une dizaine d'ateliers de fabrication de bombes et de tuer ou d'arrêter 10 à 20 kamikazes prêts à agir, qui avaient déjà enregistré leur testament pour devenir « martyrs ».

Incursion à Bethléem vignette|Tireur d'élite israélien pendant le siège de la basilique de la Nativité à Bethléem, le . Dans le cadre de l' en Cisjordanie, Bethléem est occupé et les militants palestiniens poursuivis par Tsahal.

Le , environ 200 activistes palestiniens dont certains armés et considérés par Israël comme « très dangereux terroristes » appartenant au Fatah , au Hamas ou au Jihad Islamique palestinienUne partie de ces militants figurent sur la liste des personnes recherchées par le Département d'État des États-Unis, A. Cohen, op. cit., trouvent refuge dans la basilique de la Nativité, accompagnés de plusieurs dizaines de moines ou religieuses (en) Ariel Cohen, The Nativity Sin: War crimes in Bethleem [Le Péché de la Nativité : Crimes de guerre à Bethléem], 17 août 2011. Selon les sources, ces derniers se disent « otages volontaires ».

Après de siège, le , un accord est conclu entre les belligérants : l'armée israélienne lève le siège et les Palestiniens évacuent l'église. Ils s'exilent sans être poursuivis à Chypre, en Europe et dans la bande de Gaza où ils sont « accueillis en héros ».. À l'intérieur de l'église, les dégâts provoqués par plus d'un mois de siège sont nettoyés.

Références

Articles connexes Binyamin Ben-Eliezer, faucon travailliste et l'un des architectes de l' Zakaria Zubeidi, leader des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa à Jénine, qui a pris le combat après l', au cours de laquelle sa maison fut rasée à Jénine UN General Assembly. Report of the Secretary-General prepared pursuant to GA resolution ES-10/10 (Report on Jenin) (A/ES-10/186) 30 Jul 2002 Jenin, Jenin. Un film de Mohammad Bakri.

Rempart Catégorie:Violence politique dans le conflit israélo-palestinien Catégorie:Nom de code Catégorie:Bataille de 2002 Catégorie:2002 en Israël Catégorie:Mars 2002 Catégorie:Avril 2002 Catégorie:Mai 2002