La Fraternité de 1845, « organe des intérêts du peuple, journal de réorganisation sociale et de politique générale »La Fraternité, n°1, janvier 1845, lire en ligne. puis « organe du communisme ».Jean Wallon, La presse de 1848, ou Revue critique des journaux publiés à Paris depuis la Révolution de février jusqu'à la fin de décembre, Pillet fils aîné, Paris, 1849, page 119., est une publication ouvrière mensuelle éditée en France de à .
Le journal défend tout à la fois la liberté, l’égalité et la fraternité. « Communiste » anti-autoritaire pré-marxiste, il affirme l’espoir politique de « tout ce qui travaille et souffre », l’horizon des manœuvriers, des terrassiers, des agriculteurs, des couturières et des petits commerçants qui peinent tandis que les banquiers et les agioteurs réalisent « des gains énormes »..
Pour le journal, le communisme est « la voix du peuple revendiquant pour tous des droits et des devoirs égaux », « une protestation des déshérités, une négation d'un ordre social mauvais »La Fraternité, n°9, septembre 1845, page 77..
Éléments historiques Après L'Humanitaire, en , c'est le second titre de presse, en France, à se réclamer explicitement du « communisme ».
Dans son ouvrage, Le mouvement littéraire socialiste depuis 1830, J.-M. Gros, le décrit comme l' « organe du communisme athée et absolu »J.-M. Gros, Le mouvement littéraire socialiste depuis 1830, A. Michel, Paris, page 4, lire en ligne..
Dans le deuxième numéro (en ), il est annoncé que le premier numéro a été tiré à 1200 exemplaires et qu'il est déjà épuisé. Comme on le réclame et que les formes ont été détruites, il est demandé aux lecteurs de le ramener au bureau du journal afin de le remettre en circulationAlain Maillard, La communauté des égaux : le communisme néo-babouviste dans la France des années 1840, Kimé, 1999, page 264.. Par ailleurs dans ce même deuxième numéro, il y a une publicité pour un artiste qui effectue des (Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti sont des pères fondateurs du communisme). En , un rédacteur du journal La Réforme a évoqué la renaissance de La Fraternité en qualifiant le journal d' et de .
Dans le troisième numéro (en ), les ouvriers dénoncent l'expulsion de « plusieurs littérateurs socialistes allemands, qui n’avaient pas cessé de prêcher dans le journal le Vorwartz (En avant) la sainte alliance des deux peuples. Parmi eux se trouve le philosophe communiste M. Charles Marx, de Trèves ».
En , ils dénoncent l'enfumade commise par les troupes du lieutenant-colonel Pélissier dans des grottes de Dahra :
Dans son neuvième numéro (), La Fraternité affirme qu'avec elle « c'est l'intelligence populaire qui fait son avènement dans le domaine social et s'élève à la conception des principes de liberté, d'égalité et de fraternité véritables »Marcel David, Le Printemps de la fraternité : genèse et vicissitudes 1830-1851, Éditions Aubier, 1992, page 118.Jacques Rancière, La parole ouvrière : 1830-1851, Union générale d'éditions, 1976, page 11..
En (numéro 24, page 202), le journal fustige les avocats de La réforme, les du journal Le National qui se servent des ouvriers comme d'un à des et qui .
En , le journal critique le premier départ des disciples d’Étienne Cabet au Texas car un communiste ne devrait pas .
Jacques Grandjonc estime que le journal « pouvait subsister avec 300 exemplaires ». Les tirages sont en moyenne de 1500.
Fondateurs et collaborateurs Pierre VinçartCollectif, Pour une généalogie du communisme français, Éditions L'Âge d'Homme, 1991, page 67, note 24.
Louis Allard.
CastagnéDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : Castagné.
Denis
Pierre LerouxDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : Pierre Leroux.
PouvretDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : Pouvret.
Joseph BenoîtDictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : Joseph Benoît. André-Marie Savary (ex-cordonnier) Louis Adam (cambreur) Fontan (cordonnier) Narcy (serrurier) Pinault (commis en librairie) Stévenot (compositeur typographe) Voinier (teneur de livres)
Homonymie
Bien d'autres organes de presse portent ce titre.
En , Richard Lahautière fonde son propre journal, La Fraternité, journal moral et politique, dont il est rédacteur en chef<ref>Lancé en , le journal La Fraternité compte 23 numéros parus du au 5 de chaque mois, jusqu'en . Les six premiers numéros sont in-folio. À partir du n° 7, il est sous-titré : « Journal mensuel », modifié au n° 17 en : « Journal mensuel, exposant la doctrine de la communauté ». Le siège du journal était au 60 rue du Four-Saint-Germain, à Paris.</ref>. Après L'Égalitaire, cette publication est pendant quelques mois l'organe du courant le plus révolutionnaire du communisme français néo-babouviste, le courant plus pacifique et spiritualiste s'exprimant dans Le Populaire d'Étienne Cabet.
Bibliographie et sources
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Référence bibliographique appartenant à la bibliothèque de Flaubert : La Fraternité.
Bibliothèque nationale d'Australie : La Fraternité de 1845.
Alain Maillard, Égalité et communauté, la presse communiste. L’Intelligence, Le Moniteur républicain, L'Homme libre, L’Égalitaire, La Fraternité de 1841, Le Travail, L'Humanitaire et La Fraternité de 1845, in Collectif, Quand les socialistes inventaient l'avenir, 1825-1860, La Découverte, 2016, page 309, cairn.info.
Ian McKeane, Bibliographie sélective de la presse française (1825-1848), Université de Liverpool, lire en ligne.
Notes et références
Articles connexes Histoire de l'anarchisme
Liens externes
La fraternité, 1845, Volume 1, n°1 à 12, Imp. d'Ed. Proux, extraits en ligne. La fraternité, 1846, Volume 2, n°13 à 24, Imp. d'Ed. Proux, extraits en ligne. La fraternité, 1847, Volume 3, n°25 à 36, Imp. d'Ed. Proux, extraits en ligne. La fraternité'', 1848, Volume 4, n°1 à 4, Imp. d'Ed. Proux, extraits en ligne.
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