Cet article présente l'organisation de l'Armée de terre française et ses évolutions de la fin de la guerre froide jusqu'au plan de réorganisation nommé « Armée de terre de combat », en vigueur depuis .
L'Armée de terre à la fin de la guerre froide (1989) En 1989, l'Armée de terre est composée de trois « piliers » : la armée et ses trois corps d'armée, la force d'action rapide et la défense opérationnelle du territoire. Ses effectifs atteignent .
La division blindée « modèle 1984 » est une unité interarmes d'un effectif d'environ , la division légère blindée « modèle 1984 » est une unité interarmes d'un effectif d'environ (malgré son nom, la division d'infanterie de marine est organisée comme une division légère blindée) et la division d'infanterie « modèle 1984 » est une unité de combat d'un effectif d'environ . Les divisions légères blindées « écoles » sont des unités qui n'existent que sur le papier en temps de paix, elles sont constituées en temps de guerre par les écoles, centres d'instructions et unités de réserve. L'Armée de terre comporte également deux divisions d'infanterie légères (parachutiste et de montagne) et une division aéromobile.
vignette|center|800px|Organisation de l'Armée de terre début 1989.
État-major de l’Armée de terre de Vincennes Forces françaises à Berlin commandement logistique de Montigny-lès-Metz Commandement de la Légion étrangère d'Aubagne Commandement de l'Aviation légère de l'Armée de terre de Vélizy-Villacoublay
armée de Strasbourg vignette|110px|Insigne de la armée. Division du Rhin de Strasbourg (réserve)
corps d'armée de Metz Commandement de l'artillerie du corps Brigade logistique du corps division blindée de Trèves (Allemagne) division blindée de Besançon division légère blindée « école » de Saumur division légère blindée « école » de Montpellier
corps d'armée de Baden-Baden (Allemagne) Commandement de l'artillerie du corps Brigade logistique du corps division blindée de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) division blindée de Landau (Allemagne) division d'infanterie de Limoges
corps d'armée de Lille Commandement de l'artillerie du corps Brigade logistique du corps division blindée de Versailles division d'infanterie d'Amiens division blindée de Châlons-en-Champagne
Force d'action rapide de Maisons-Laffitte vignette|110px|Insigne de la FAR. Brigade logistique de la force d'action rapide division aéromobile de Nancy division légère blindée de Nîmes division d'infanterie de marine de Nantes division parachutiste de Toulouse division alpine de Grenoble
Défense opérationnelle du territoire Forces de réserves et régions militaires. région militaire, Paris brigade de zone de Saint-Germain-en-Laye
région militaire, Lille brigade de zone d'Amiens
région militaire, Rennes brigade de zone de Saint-Malo
région militaire, Bordeaux brigade de zone de Limoges
région militaire, Lyon brigade de zone de Grenoble
région militaire, Metz brigade de zone de Besançon brigade de zone de Châlons-en-Champagne
De 1990 à 1999 Consécutivement à la chute du mur de Berlin, le corps d'armée est dissous en 1990 et ses divisions reversées vers les corps et corps.
Le corps d'armée, la division blindée, la division blindée, la division d'infanterie, la division légère blindée école, la division légère blindée école, la division d'infanterie et la division du Rhin sont dissous entre 1991 et 1994. La division du Rhin est remplacée par la brigade d'Alsace tandis que la brigade franco-allemande (créée en ) et la division blindée — anciennement subordonnées au corps — passent sous l'autorité du nouveau corps européen.
La force Hadès, chargée de la mise en œuvre du missile nucléaire du même nom, est créée en 1991. Elle dépend directement de l'état-major de l'Armée de terre.
L'Armée de terre est entièrement réorganisée entre 1993 et 1995. Plusieurs brigades spécialisées rattachées au corps sont formées : la brigade d'artillerie, la brigade de transmissions, la brigade du génie et la brigade aéromobile. Une brigade de renseignement et de guerre électronique est directement rattachée à l'état-major de l'Armée de terre.
Les forces françaises en Allemagne deviennent les forces françaises stationnées en Allemagne en 1993. Le nombre de militaires français présents en Allemagne passe de à .
En 1994, la division alpine devient la division d'infanterie de montagne et quitte la force d'action rapide pour rejoindre le corps d'armée. La brigade d'artillerie est créée la même année au sein de la force d'action rapide.
Le , le président Jacques Chirac annonce la professionnalisation des armées ce qui va entraîner une grande transformation de l'Armée de terre.
À cette date, l'Armée de terre se structure ainsi :
État-major de l'Armée de terre Corps européen de Strasbourg division blindée de Trèves en Allemagne Brigade franco-allemande de Müllheim en Allemagne Brigade de renseignement et de guerre électronique de Mercy-lès-Metz Brigade d'Alsace de Strasbourg (réserve) Force Hadès de Lunéville Commandement de la Légion étrangère d'Aubagne Commandement de l'Aviation légère de l'Armée de terre de Vélizy-Villacoublay
corps d'armée de Lille division blindée de Versailles division blindée de Besançon division blindée de Châlons-en-Champagne division d'infanterie de montagne de Grenoble Brigade de transmissions de Lille Brigade du génie du corps d'armée de Lille Brigade logistique du corps d'armée de Lille brigade d'artillerie de Lille brigade aéromobile de Lille
Force d'action rapide de Maisons-Laffitte division aéromobile de Nancy division légère blindée de Nîmes division d'infanterie de marine de Nantes division parachutiste de Toulouse brigade d'artillerie de Maisons-Laffite Brigade logistique de la force d'action rapide de Maisons-Laffite
La division blindée, la force Hadès et la brigade aéromobile sont dissoutes en 1997 suivis par le corps d'armée et la force d'action rapide en 1998.
De 1999 à 2016 La professionnalisation a pour conséquence une grande diminution des effectifs de l'Armée de terre. Son organisation est totalement remaniée à partir de 1998. Deux grands commandements sont créés : le commandement de la force d'action terrestre et le commandement de la force logistique terrestre. Le , le niveau divisionnaire est supprimé, les divisions qui existaient encore à cette date sont réduites et transformées en brigades. Néanmoins quatre états-majors de force opérationnelle permettent de constituer des divisions de type OTAN ( à ) en cas de besoin. La brigade d'Alsace, grande unité de réserve, est dissoute en 1999. La même année, les forces françaises stationnées en Allemagne deviennent les forces françaises et l'élément civil stationnés en Allemagne. Il ne reste alors plus que français répartis dans quatre garnisons en Allemagne. En 2002, le groupement spécial autonome (formé en 1997) devient la brigade des forces spéciales terre. En 2005, un cinquième état-major de force opérationnelle, de niveau corps d'armée, est créé.
État-major de l'Armée de terre Corps européen de Strasbourg Brigade franco-allemande de Müllheim en Allemagne États-majors de force opérationnelle , 2, 3 et 4 Brigade des forces spéciales terre de Pau Commandement de l'Aviation légère de l'Armée de terre de Villacoublay Commandement de la Légion étrangère d'Aubagne
Commandement de la force d'action terrestre de Lille brigade mécanisée de Châlons-en-Champagne brigade blindée d'Orléans brigade mécanisée de Limoges brigade aéromobile d'Essey-lès-Nancy brigade légère blindée de Nîmes brigade blindée de Besançon brigade légère blindée de marine de Nantes brigade parachutiste de Toulouse brigade d'infanterie de montagne de Grenoble Brigade de transmissions et d'appui au commandement de Lunéville Brigade de renseignement de Montigny-lès-Metz Brigade d'artillerie (remplaçante des et brigades d'artillerie) de Haguenau Brigade du génie de Strasbourg
Commandement de la force logistique terrestre de Montlhéry brigade logistique de Montlhéry brigade logistique de Souge
Directions des services et des soutiens Direction centrale du génie de Paris Direction centrale des télécommunications et de l'informatique du Kremlin-Bicêtre Direction du Commissariat de l'Armée de terre de Rambouillet Direction centrale du Matériel de l'Armée de terre de Versailles Direction des personnels militaires de l'Armée de terre Commandement de la formation de l'Armée de terre de Tours Commandement de la doctrine et de l’enseignement militaire supérieur de Paris
La plupart des services et directions de l'Armée de terre ont été intégrés à de nouvelles structures interarmées. Ainsi la Direction centrale du génie rejoint le Service d'infrastructure de la Défense en 2005, la Direction centrale des télécommunications et de l'informatique intègre la Direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information en 2006, la Direction du Commissariat de l'Armée de terre est remplacée par le Service du commissariat des armées en 2010.
En 2008, la Direction des personnels militaires de l'Armée de terre devient la Direction des ressources humaines de l'Armée de terre.
En 2009, il est décidé à nouveau de profondes modifications de la carte militaire avec une réduction du nombre d'unités et de garnisons Carte hors série sur la réorganisation de l'Armée.. Le commandement de la force logistique terrestre, l'État-major de force n° 2, l'État-major de force n° 4, la mécanisée, la aéromobile, la brigade d'artillerie, la brigade du génie et la logistique sont dissous entre 2009 et 2015 tandis que seuls 500 militaires français restent stationnés en Allemagne au sein de l'état-major et du bataillon de soutien de la brigade franco-allemande. La Direction du Matériel de l'Armée de terre se transforme en Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (disposant d'un Service de la maintenance industrielle terrestre) et les dépôts de munitions des régiments du matériel rejoignent le Service interarmées des munitions.
De 2016 à 2024 Le modèle « Au contact » marque le retour du niveau divisionnaire qui avait disparu en 1999 lors de la suspension du service militaire.
La nouvelle organisation compte deux grandes divisions intégrées au programme Scorpion et plusieurs commandements spécialisés du niveau divisionnaire (dont l'école du combat interarmes).
La division modèle « Scorpion » est une grande unité interarmes d'un effectif d'environ . Elle comporte trois régiments endivisionnés (un régiment du génie, un régiment d'artillerie et un régiment spécialisé) et encadre trois brigades (une brigade blindée, une brigade médiane et une brigade légère). Les deux divisions regroupent ainsi un total de six brigades et de six régiments endivisionnés ; les unités françaises de la brigade franco-allemande sont également rattachées à la division.
Les brigades interarmes sont densifiées. Chaque brigade est constituée de six à huit régiments (cavalerie, infanterie, artillerie, génie et train pour la brigade parachutiste) et d'un état-major auquel est rattachée une compagnie de commandement et de transmissions ainsi qu'un centre de formation initiale militaire.
La brigade d'aérocombat, regroupant trois des quatre régiments d'hélicoptères de l'Armée de terre et une compagnie de commandement et de transmissions, est placée sous la subordination du commandement de l'aviation légère de l'Armée de terre.
Les autres commandements du niveau divisionnaire regroupent les unités (régiments et écoles) d'une même spécialité. Ils sont d'une taille et d'une composition variable.
Enfin, les régiments stationnés en outre-mer sont placés sous la responsabilité de l'état-major spécialisé pour l’outre-mer et l’étranger.