Sœur Pauline, née Anne-Marie Guiomar le à Plouëc (Côtes-du-Nord) et morte le à Guilvinec (Finistère), est une religieuse et enseignante française.

À son entrée dans la congrégation des Filles du Saint-Esprit, elle prend le nom de Sœur Pauline. Elle est connue dans le pays bigouden pour avoir popularisé la pratique de la dentelle dite "picot" au début du dans les ports de pêche du littoral bigouden, afin de faire face à la grave crise de la sardine que traversaient ces endroits.

Biographie Jeunesse

Anne-Marie Guiomar est née le dans le village de Plouëc, dans les Côtes-du-Nord, dans une famille de 17 enfants. Elle décide de se consacrer à la vie religieuse en intégrant la congrégation des Filles du Saint-Esprit, à Saint-Brieuc. Elle prononce donc le vœu de vivre au sein du peuple, pour le service de Dieu, des pauvres, des malades et des enfants, dans les campagnes. Elle passe et obtient avec succès le brevet élémentaire à Rennes en 1897, fait rare à l'époque.

Arrivée à Guilvinec et développement d'un artisanat local La congrégation des Filles du Saint-Esprit est appelée à Guilvinec par le recteur de la récente paroisse, l'abbé Jean-Baptiste Coataudon, ainsi que par le préfet du Finistère Victor Proudhon dès 1894 pour soigner les malades du choléra, épidémie faisant 32 morts cette même année. Sœur Pauline y arrive le , et y fonde une école religieuse de filles, Sainte-Anne, du nom de la toute jeune église paroissiale, et que l'on appelle alors fréquemment un asile, ancien nom donné aux écoles maternelles. À la première rentrée de , l'école primaire accueille 130 élèves, et l'école maternelle, 150Robert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, ..

La loi sur les congrégations religieuses du contraint Sœur Pauline à l'exil en Belgique pour quelques moissite officiel des Filles du Saint-Esprit, mais elle revient vite à Guilvinec et y reste pour faire face à la grave crise de la sardine que connait le port en 1902-1903.

Aux dires d'Annick Fleitour, Sœur Pauline est aidée en cela par Mesdames Delécluze, d'Audierne, et Chauvel, de Quimper, épouse du futur maire de Combrit Fernand Chauvel. C'est cette dernière qui ouvre un magasin rue de Vaugirard à ParisHistoire du pays Bigouden avec Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Annick Fleitour, Éditions Palantines, 2002, ..

En parallèle, une autre religieuse, sœur Suzanne Vidélo, dirige un autre atelier de broderie à l'Île Tudy, entre 1905 et 1966site de la mairie. L'ouvrage Bigoudenned, un siècle de bigoudènes, de Corentin Daniel et Michel Le Roy, présente en page 12 une photographie ainsi légendée :

La loi sur les congrégations du gouvernement Emile Combes Cette crise économique se double des tensions non éteintes liées à l'application par le gouvernement d'Émile Combes de la loi sur les congrégations.

Son enseignement

Conformément aux vœux de sa congrégation, l'enseignement fait partie des missions de Sœur Pauline, tâche à laquelle elle s'attache avec force humilité et dévouement, à l'école maternelle Saint-Anne, construite dans la première décennie du . Aux dires de Georges Tanneau, un de ses élèves, Sœur Pauline avait

La reconnaissance En 1956, l'ancien ministre de la Santé publique et de la Population du gouvernement Pierre Mendès France et maire de Quimper, André Monteil, lui remet les insignes de chevalier dans l'Ordre de la Santé publique, en présence de Jean Lautrédou, maire de Pont-l'Abbé, à la suite du décret du .

En 1964, à 85 ans, elle enseigne toujours en maternelle, à sa quatrième génération d'élèves.

Retraite De 1968 à 1971, elle est en retraite à Auray, dans la maison des filles du Saint-Esprit de Ker-Anna. Elle décide en 1971 de revenir à Guilvinec pour y finir sa vie, et décède le de cette même année, dans sa quatre-vingt-dix-septième année. Elle est inhumée au cimetière de Guilvinec, face au mur des Péris en mer.

Distinctions et hommages

Chevalier dans Ordre de la Santé publique, en 1956 (France) Une rue de la ville de Guilvinec porte son nom, à proximité de l'école Sainte-Anne dans laquelle elle œuvra longtemps.

Bibliographie Jean-Louis Grognet, Sœur Pauline sauve Le Guilvinec, éditions Lulu, 2012, 88 p. Collectif, De la crise de la sardine à l'âge d'or de la dentelle, collection Mémoires, éditions Ouest-France, 2003, p. 111. Françoise Boiteux-Colin, Françoise Le Bris-Aubé, Michel Thersiquel, le Monde des Bigoudènes, éditions Le Télégramme, 1999, p. 25 26. Pierre-Jean Berrou, BM n° 14, 120 ans d’Histoire du Guilvinec, 1999. Roland Chatain, La pêche bigoudène, histoire et évolution, collection Mémoires, éditions Roland Chatain, 1994, p. 103 et 104. Corentin Daniel, Michel Le Roy, Bigoudenned, un siècle de bigoudènes, éditions Centre des loisirs et de la culture, Guilvinec, 1990, p. 12. Collectif, Centenaire de la paroisse du Guilvinec, éditions imprimerie du Marin, 1982, 64 p. Jakez Cornou, Pierre-Roland Giot, Origine et histoire des Bigoudens, Guilvinec, Éditions Le Signor, 1977, p. 377.

Notes

Références

Liens externes Site consacré à Sœur Pauline Biographie de Sœur Pauline sur le site de l'institut culturel de Bretagne

Catégorie:Personnalité liée au secteur de l'aide humanitaire Catégorie:Religieuse catholique française Catégorie:Naissance en mars 1875 Catégorie:Naissance dans les Côtes-du-Nord Catégorie:Décès en juillet 1971 Catégorie:Décès dans le Finistère Pauline, sœur Catégorie:Décès à 96 ans Catégorie:Guilvinec Catégorie:Chevalier de l'ordre de la Santé publique