Le Vexin français est une ancienne province et une région naturelle de France, qui se situe dans le nord-ouest de l'Île-de-France et pour une petite partie dans les Hauts-de-France, étendue sur les départements du Val-d'Oise, des Yvelines et de l'Oise. Pontoise forme désormais, avec la ville de Cergy, une agglomération, qui contraste avec le caractère rural du Vexin français, dont elle est pourtant la capitale historique.

Géographie vignette|gauche|redresse=1.3|Chaussy, village typique situé dans l'un des vallons du Vexin, entouré de champs et de bois.

Le Vexin français, comme son homologue le Vexin normand, se présente pour l'essentiel comme un plateau calcaire couvert de limons, aux espaces bien dégagés, à l'altitude variant de environ, surmonté de buttes boisées, et à vocation agricole (grande culture céréalière). Il est clairement délimité au sud par les méandres de la Seine, qui l'ont creusé en formant par endroits des vallées abruptes. Le territoire de forme grossièrement rectangulaire, d'environ , est délimité géographiquement par des cours d'eau relativement encaissés : au sud par la Seine ; à l'est par l'Oise ; à l'ouest par l'Epte ; au nord par les vallées de l'Esches (rivière), de la Troesne ou plus simplement par la cuesta du Vexin. vignette|Carte topographique du Vexin français.

Dans l'Oise, les limites du Vexin français sont théoriquement marquées par la cuesta du Vexin qui sépare le plateau du Vexin de celui du pays de Thelle voisin. Cependant, certains villages situés au-delà de cette limite (sur les coteaux de la cuesta, dans la vallée de la Troesne ou de l'Esches voire au-delà) sont souvent considérés comme vexinois, ils le portent parfois dans leur nom mêmeNouveau Guide du Vexin français. Parmi ces villages hors des strictes limites géographiques du territoire, certains, rares, ne présentent que peu des caractéristiques paysagères et architecturales du VexinVoir section Inventaire puis Atlas des paysages et sélectionner Atlas des Paysages de l'Oise, voir les sections consacrées aux territoires paysagers, notamment pays de Thelle et plateau du Vexin. Ils sont néanmoins comptabilisés dans la nomenclature de la section organisation administrative, ci-après. Les limites picardes nord et est du Vexin français sont les plus floues de la région naturelle, les autres étant clairement délimitées par des cours d'eau d'importance (Seine, Oise et Epte), ce qui occasionne des incertitudes s'agissant de la classification de certaines communes dans une entité ou une autre, comme souvent lorsqu'il s'agit de délimiter des régions naturelles.

L'intérieur du plateau est dominé par une série de buttes et irrigué par plusieurs cours d'eau, affluents des précédents : le Sausseron et la Viosne, affluents de l'Oise ; la Montcient et l'Aubette de Meulan, affluents directs de la Seine ; l'Aubette de Magny et la Troesne, affluents de l'Epte.

Les vallées présentent des aspects très variés, tantôt se constituant en véritables plaines alluviales telle l'Aubette de Magny, tantôt en vallée longue et relativement encaissée telle la Viosne.

Sept des quatorze buttes constituent une ligne de crête séparant le plateau au nord de la vallée de la Seine au sud, cette ligne débute dans le massif de l'Hautil à l'est et se termine dans l'ancienne forêt d'Arthies à l'ouest. Les autres buttes sont plus ou moins éparpillées et isolées sur le plateau. La plupart sont constituées de gypse et d'une couverture en meulière très dure et inculte, elles sont pour cette raison le plus souvent boisées. Certaines buttes découronnées ont vu s'établir des villages à leur sommet (Cléry-en-Vexin, Grisy-les-Plâtres) ou sur leurs flancs (Bréançon).

Le gypse fut exploité dès le haut Moyen Âge, en particulier à Grisy-les-Plâtres.

Les buttes de Rosne, au nord, constituent le point culminant du Vexin et le deuxième de la région Île-de-France tout entière avec .

La région est à dominante très rurale, et à faible densité de population, à l'exception des vallées de la Seine et de l'Oise, aujourd'hui largement urbanisées, qui forment ses limites sud et qui subit l'attraction des grands centres urbains situés à sa périphérie. Ce sont principalement Rouen à l'ouest et Paris à l'est, et, plus proches, Vernon et Mantes-la-Jolie au sud, et surtout la ville nouvelle de Cergy-Pontoise au sud-est qui compte et plus de et comprend la capitale historique du Vexin français, Pontoise.

La principale ville du Vexin normand voisin, Gisors, compte environ ; elle exerce une certaine influence économique sur le nord du Vexin français. Cependant sa situation dans le département voisin de l'Eure et la région voisine Normandie diminuent ce pouvoir d'attraction relatif. Les seules agglomérations notables du Vexin français se trouvent en général en périphérie du plateau agricole : la petite ville de Chaumont-en-Vexin au nord-est, l'agglomération de Cergy-Pontoise à l'est, Meulan-en-Yvelines et Limay au sud. Magny-en-Vexin, compte tenu de sa situation relativement centrale, tend à devenir la petite capitale du plateau agricole du Vexin français, avec une vocation commerciale marquée.

Le paysage se caractérise par un groupement important de la population en villages, qui s'est accentué au fil des siècles, les rares écarts et fermes isolées ne représentant que 5 % de la population totale.

Le principal axe de communication est la route nationale 14 qui relie Paris à Rouen via Pontoise. Son tracé, qui est le plus direct entre les deux villes, est assez rectiligne et suit celui d'une ancienne voie romaine, la chaussée Jules César. vignette|center|redresse=2.5|Paysage de La Roche-Guyon et vallée de la Seine.

Géologie La géologie du Vexin français, constitutif du Bassin parisien, est caractérisée par sa nature sédimentaire.

Le sous-sol comprend plusieurs types de roches superposées. La première est la craie blanche campanienne, la plus ancienne, datant d'environ 80 millions d'années et d'environ quatre-vingts mètres d'épaisseur, qui affleure dans les fonds de vallées. Elle est surmontée par une couche calcaire du Montien ( d'années), pierre à bâtir vexinoise par excellence, puis par les couches d'argile et de sable de l'Yprésien, dont les argiles du Sparnacien, épaisses de cinq à quinze mètres, leur caractère imperméable provoque l'apparition de lignes de sources et rend les fonds de vallées marécageuses. Cette couche est surmontée par le sable du Cuisien, de dix à trente mètres d'épaisseur.

On trouve ensuite l'importante masse calcaire du Lutétien, d'une épaisseur de vingt à quarante mètres, et qui constitue l'assise du plateau du Vexin. Sa présence explique l'existence de phénomènes karstiques. Les couches du Bartonien qui lui succèdent (40 millions d'années) voient s'alterner le grès et le sable de l'Auversien, puis le calcaire de Saint-Ouen, et enfin les sables du Marinésien, épais de cinq à trente mètres.

Réseau de communication À l'exception de la vallée de la Seine au sud parcourue de plusieurs grandes voies de communication, et de la vallée de l'Oise dans une moindre mesure, le Vexin français n'est parcouru que par des axes relativement secondaires qui expliquent en partie son long isolement. Seule la route nationale 14 le traverse, récemment mise à deux fois deux voies jusqu'à la sortie de Magny-en-Vexin. La seule voie ferrée traversant le plateau est la ligne de Saint-Denis à Dieppe, ligne secondaire de grande couronne, essentiellement utilisée pour un trafic voyageurs pendulaire de grande couronne et des départs/retours de week-ends.

Histoire

Le mot Vexin vient de celui des Véliocasses, peuple gaulois dont le territoire a formé le diocèse de Rouen qui était leur chef-lieu et un pagus avec un comte attesté en 750. Le comté de Vexin fut également une « avoués » de l'abbaye de Saint-Denis.

Moyen Âge vignette|100px|Vexin français : d'azur semé de fleurs de lys d'or au lambel d'hermine. Le Vexin s'est trouvé partagé en deux, à l'est le Vexin français et à l'ouest le Vexin normand, lors du traité de Saint-Clair-sur-Epte, le , par lequel le roi de France concède au chef normand Rollon tout le territoire situé entre l'Epte au nord, et l'Avre au sud, et la mer, pour former les prémices du futur duché de Normandie, comprenant une partie du Vexin, l'autre restant dans le possession du roi de France.

En 1031, le duc de Normandie, ayant aidé le roi contre une révolte de la reine douairière, Constance d'Arles, reçut en remerciement le Vexin français, entre Epte et Oise avec Pontoise..

Le comté du Vexin était tenu par un grand féodal, Raoul de Gouy, également possesseur des comtés d'Amiens et du Valois. En 1063, de Gouy meurt empoisonné, prisonnier de Guillaume le Bâtard. Son cousin lui succède et son unique fils Simon de Vexin entre au monastère en 1077. En 1082, le roi des Francs en profite pour reprendre le Vexin français donnée par son père au duc de Normandie.

Cette partition engendrera plusieurs siècles de conflits entre les deux voisins, surtout lorsque le duc de Normandie devint roi d'Angleterre en 1066 et que les ambitions des deux souverains ne cessèrent de grandir.

Cette annexion ne fut pas du goût des ducs de Normandie : . C'est d'ailleurs en 1087 que Guillaume le Conquérant, revenu en Normandie, pille au cours de l'été le Vexin français, doit faire face aux attaques du roi et sera mortellement blessé au cours de l'attaque de la ville de Mantes.

La vallée de l'Epte est alors puissamment fortifiée : de nombreux ouvrages militaires sont édifiés tant par le roi de France que par le duc de Normandie. On peut citer parmi ceux encore plus ou moins partiellement existants : Gisors, Neaufles-Saint-Martin et Château-sur-Epte côté normand, Trie-Château et La Roche-Guyon côté français. On peut y ajouter le château de Pontoise, capitale historique du Vexin français, où le roi réside fréquemment. Néanmoins, ces forteresses n'empêchent en rien de nombreux pillages et dévastations dans la région durant plus d'un siècle.

En 1193, Philippe Auguste se rend maître de Gisors : il met la main sur le duché de Normandie tout entier dix ans plus tard après la disparition de Richard Cœur de Lion et dépossède le dernier grand féodal du Vexin, le comte de Meulan, qui avait soutenu le roi d'Angleterre.

En 1195 le Vexin français est définitivement réuni au domaine royal par Philippe Auguste.

Le et la première moitié du sont une grande époque de paix et de prospérité dans le Vexin, qui se traduit par la construction de nombreuses églises, d'importants défrichements, et une augmentation notable de la population, Pontoise compte alors en 1332, ce qui hisse la ville parmi les plus importantes du royaume.

Durant la guerre de Cent Ans le Vexin français est l'enjeu de divers combats, dont en particulier lors de la chevauchée d'Édouard III en 1346 qui ruine tout le Vexin. La peste noire apparaît en 1348, tuant à Pontoise. La Grande Jacquerie, qui naît dans le Beauvaisis, gagne rapidement les campagnes du Vexin français.

Au début du , Pontoise et de nombreux villages sont ruinés, les cultures sont négligées faute d'hommes valides, et la forêt reprend ses droits sur les terres défrichées. Puis c'est la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, ces derniers tenant garnison à Pontoise en 1417. Toutefois, les Anglais reprennent la ville par surprise le . Le Vexin reste pendant dix-sept ans sous domination anglaise. En 1449, le château de Gisors est définitivement repris aux Anglais, c'est la fin de cette guerre pour le Vexin.

« J'ai vu de mes yeux les vastes plaines de la champagne, de la Brie, de la Beauce..., le Maine, le Perche, le Vexin normand et français, le Beauvaisis... déserts, en friche, dépeuplés couverts de ronces et de buissons... » décrit alors, dans sa chronique du roi , l'évêque de Lisieux, Thomas Basin.