Enrique Peña Nieto, né le à Atlacomulco au Mexique, est un homme d'État mexicain. Membre du Parti révolutionnaire institutionnel, il est président de la République de à .
Biographie Député au Congrès de l'État de Mexico En 2003, Enrique Peña Nieto est élu député du district XIII, à Atlacomulco, au Congrès de l'État de Mexico pour la LV législature. Entre et , il est coordinateur du groupe parlementaire du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et préside l'Assemblée de coordination politique.
Gouverneur de l'État de Mexico Le , le PRI lance le processus pour la désignation du candidat au poste de gouverneur de l'État de Mexico. Les candidats déclarés sont, outre Peña Nieto, Guillermo González Martínez, Oscar Gustavo Cárdenas Monroy, Jaime Vázquez Castillo, Eduardo Bernal Martínez, Ferdinand Alberto García Cuevas, Cuauhtémoc García Ortega, Isidro Pastor Medrano, Enrique Jacob Rocha, Héctor Luna de la Vega et Carlos Hank Rhon. En , Enrique Peña Nieto est désigné comme le candidat unique du PRI et de son partenaire de coalition, le Parti vert écologiste du Mexique.
Le , il est élu gouverneur de l'État de Mexico en obtenant 49,2 % des voix, largement devant ses adversaires du PAN et du PRD. Il exerce cette fonction entre le et le ..
Candidat à la présidence de la République Le , Enrique Peña Nieto reçoit l'investiture comme candidat unique du PRI pour l'élection présidentielle du , à l'issue de laquelle il est élu en obtenant 38,21 % des voix devant son principal adversaire Andrés Manuel López Obrador. Il est officiellement proclamé président élu le , après un rejet du recours en annulation de l'élection présidentielle. « Mexico's Pena Nieto declared president, rival calls rally », AFP, 31 août 2012..
Président de la République Enrique Peña Nieto prend ses fonctions de président de la République le et forme immédiatement son gouvernement.
Politique étrangère En , le président américain Barack Obama renouvelle son engagement à aider militairement l'État mexicain dans sa lutte contre les cartels de la drogue. En , le président mexicain invite Donald Trump, alors candidat à la présidence des États-Unis, dans son pays. Le candidat républicain étant opposé à un rapprochement États-Unis-Mexique, sa visite est vue comme une humiliation et suscite la polémique dans le pays. Le , Enrique Peña Nieto se dit par rapport à la nouvelle relation qui liera les États-Unis du président Trump récemment élu au Mexique, affirmant qu' entre les deux pays permettra la prospérité de leurs deux sociétés.
Enrique Pena Nieto entreprend un rapprochement avec le gouvernement israélien, rencontrant Benyamin Netanyahou en et signant avec lui plusieurs accords renforçant les liens et la coopération entre les deux pays. Il prend position en faveur d’Israël dans le cadre du conflit israélo-palestinien, s'engageant à soutenir ce pays à l'ONU et dans d’autres organismes internationaux. Quelques tensions étaient cependant apparues à la suite du soutien du Premier ministre israélien au projet du président américain de faire construire un mur à la frontière avec le Mexique.
Ses relations sont bonnes avec le président français François Hollande. Il reçoit de celui-ci la grand'croix de la Légion d'honneur en 2014.
Politique économique Dans le domaine économique, Enrique Peña Nieto fait modifier la Constitution mexicaine de façon à introduire une privatisation du secteur pétrolier, nationalisé depuis 1938 par le président Lázaro Cárdenas.
En , alors que le taux d'obésité chez les adultes mexicains est plus élevé au Mexique qu'aux États-Unis, il impose une nouvelle taxe sur les produits sucrés..
Le Mexique est confronté sous sa présidence à une hausse de la pauvreté (53,2 % de la population en 2014 contre 51,6 % en 2012 selon la Cepal) et des inégalités (baisse de 3,5 % des revenus des ménages entre 2012 et 2014 tandis que les quatre plus grandes fortunes détiennent désormais 9,5 % du PIB).
Augmentation de la criminalité En 2014, Enrique Peña Nieto lance l'initiative de former une gendarmerie nationale.
La banche française d'Amnesty International souligne en 2014, à l'occasion de la visite à Paris d'Enrique Peña Nieto, les nombreuses exactions imputables à la police et à l'armée au Mexique. Les disparitions forcées, la torture et les détentions arbitraires sont des pratiques répandues.
Le massacre d'Iguala en 2014 (assassinat de 43 étudiants de gauche de l'école normale d'Ayotzinapa par une organisation criminelle avec la collaboration probable de la police) est devenu emblématique de l’insécurité, de l’impunité et de la collusion des pouvoirs au Mexique. Des enquêteurs internationaux ont suggéré que des membres haut placés de l'administration du président Peña Nieto étaient impliqués. Une enquête dirigée par le Groupe interdisciplinaire d'experts indépendants (GIEI) a révélé l'existence à Iguala d'un centre d'opérations stratégiques à travers lequel la police, l'armée et le ministère public général surveillaient les étudiants d'Ayotzinapa bien avant les meurtres. L'école figurait sur une liste confidentielle des organisations constituant une « menace pour la sécurité nationale » remise au chef de l’État par ses conseiller.. Après la fin de l'administration Peña Nieto, l’ex-procureur général Jesus Murillo Karam et le juge chargé de l’enquête Tomas Zeron, tous deux proches du gouvernement, sont recherchés pour « disparition forcée, torture et délits contre l’administration de la justice » à la suite de la publication d’un rapport d’une commission officielle qui a qualifié cette affaire de « crime d’État », des preuves ayant été falsifiées.
En 2017, les médias indiquent que le Mexique est le deuxième pays le plus dangereux du monde, après la Syrie. Selon les chiffres officiels, les journalistes sont plus souvent menacés par les forces de police que par les cartels de la drogue ou les petits délinquants. Le pays connait en outre une augmentation considérable de la criminalité, avec des meurtres en hausse de 58 % depuis l’arrivée au pouvoir de Peña Nieto.
Popularité et élections En , à la suite des élections de mi-mandat, Enrique Peña Nieto préserve une fine majorité de 33 % au Congrès de l'Union. D'après The New York Times, près de deux milliards de dollars ont été utilisés par son gouvernement en cinq ans pour acheter les médias – en partie en payant pour des publicités en échange d'une couverture favorable. La presse, en particulier celle proche des milieux d'affaires, a largement soutenu son action.
Il devient le président le plus impopulaire de l'histoire du Mexique en raison des scandales de corruption à répétition, des violations des droits de l’homme et des mauvais résultats économiques de son administration.. Personnellement mis en cause pour l'achat d'une propriété d'une valeur de sept millions de dollars, connue comme la « Maison Blanche », puis contesté par d'imposantes manifestations contre l'augmentation des prix du carburant décidée par son gouvernement (5 personnes sont tuées et arrêtées), sa popularité s'écroule à 12 % d'opinions favorables en 2017..
Après la présidence Enrique Peña Nieto quitte ses fonctions présidentielles le tandis qu'Andrés Manuel López Obrador (Morena, centre gauche), vainqueur de l'élection présidentielle du précédent avec 53 % des voix, lui succède. Le candidat du PRI et ancien ministre des Finances de Peña Nieto, José Antonio Meade Kuribreña, a pour sa part rassemblé 16 % des voix lors de ce scrutin.
Enrique Peña Nieto s’exile à Madrid à partir de 2020, étant mis en examen au Mexique pour enrichissement illicite, blanchiment d'argent et pour délits à caractère électoral et patrimonial. Selon El País, l'ancien président mexicain est titulaire d'un « passeport doré », un document accordé par le gouvernement espagnol aux personnes qui investissent au moins dans une propriété en Espagne, qu'il renouvelle en 2022 pour une durée de cinq ans. Il réside dans un quartier chic de la capitale espagnole où il se consacrerait au golf selon la presse.
Controverses Image et proximité avec les médias Enrique Peña Nieto est accusé d’utiliser à son avantage son image, notamment son physique, pour charmer les électeurs. Il souhaite renvoyer l’image d’un mari faisant partie d'une famille parfaite, apparaissant régulièrement avec sa femme, ancienne actrice de téléromans populaire au Mexique. En 2012, le magazine Le Temps fait état de contrats tenus secrets entre Enrique Peña Nieto et une chaine de télévision populaire du Mexique afin de contribuer à l’embellissement de son image publique. Azam Ahmed fait mention de sommes exorbitantes dépensées en publicité. Il aurait également eu recours à la censure de la presse et à la corruption entre son gouvernement et les journalistes locaux afin de faire taire tout commentaire négatif. Mais à la fin de sa présidence, son image n’évoque que la corruption et de l’inefficacité, et se voit écornée par l’assassinat des 43 étudiants d’Ayotzinapa. Une autre raison du déclin de son image est qu’il n’assistait qu’aux réunions politiques ayant lieu dans les grandes villes cosmopolites du Mexique au lieu d’aller rendre visite aux zones pauvres du pays.
Le , le quotidien britannique The Guardian publie des informations dénonçant l'existence d'un accord entre le conglomérat multimédia Televisa et Enrique Peña Nieto sur des informations relatives à lui-même et à López Obrador aux élections fédérales mexicaines de 2006 dans l'objectif de favoriser le premier et porter préjudice au second. Bien que les informations du Guardian correspondent à d'autres faits et informations antérieurs, les documents et leur degré d'exactitude ou de véracité sont difficiles à évaluer Investigación y declaraciones de the guardian y televisa, 6 juin 2012... En , l'institut électoral fédéral rejette la pertinence juridique de ces accusations, affirmant qu'aucun acte illégal n'a été commis. Le , à la suite de sa participation au forum de l'université ibéro-américaine, le mouvement Yo soy 132 est créé... Un de ses objectifs est (sauf pour les représentants de l'Institut technologique autonome de Mexico.) de s'opposer à l'« imposition médiatique » opérée par Enrique Peña Nieto ou de tout autre candidat....
Affaire Banca Monex Pendant la campagne électorale pour la présidence, le PRD et le PAN ont dénoncé l'achat de votes de la part du PRILa Jornada, 28/Julio/2012. L'unité de contrôle de l'Institut fédéral électoral (IFE) a confirmé qu'une personne morale à caractère marchand avait financé comptes bancaires électroniques, pour un montant total de pesos. Selon le PRD et le PAN, ces fonds auraient été destinés à payer la structure du PRI dans les bureaux de vote pour influencer illégitimement et illégalement le vote des électeurs. Cet avis a été garanti à la suite de la découverte de relations entre le PRI, Alkino et d'autres entreprises marchandes pour un montant de 66 millions de pesos distribués par l'intermédiaire de la banque Banca Monex. En , l'IFE valide l'avis de l'unité de contrôle et a avisé le PRI-PVEM qu'il recourait à des opérations illicites pour le financement de la campagne d'Enrique Peña Nieto.