Paul Collomb né le à Oyonnax (Ain) et mort le à , est un peintre, graveur et lithographe français.

Biographie

Après sa scolarité dans sa ville natale d'Oyonnax où son père dirige une entreprise de bijouterie, Paul Collomb étudie le dessin à Paris à l'École des arts appliqués. Sa vocation pour la peinture qui s'y affirme est compromise par la Seconde Guerre mondiale où il revient à Oyonnax afin de suppléer son père mobilisé. Appelé alors au Service du travail obligatoire, un long périple le mène en Allemagne, en Russie et en PologneÉric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, : L'alternative figurative, ArtAcatos, 2010, « Paul Collomb », ..

Après la Libération, il est de retour à Paris en et possède son atelier à la Ruche (celui qu'occupa Marc ChagallCharles Sorlier (préface de Pierre Provoyeur), Chagall, le patron, Librairie Séguier, 1989.) et entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts dans l'atelier de Jean Souverbie (1891-1981) avec Jacques Berland. Il y rencontre Joseph Archepel, Mickaël Compagnion, Geoffroy Dauvergne et Jacques Reverchon, de l'atelier de Jean Dupas (1882-1964).

Il concourt en 1950 pour le prix de Rome de peinture, et n'obtient que le premier second grand prixAtelier de la Grande Masse.. Il obtient le prix Fénéon et celui de la Casa de Velázquez en 1951, soit au sein de la artistiqueAvec Paul Guimezanes, Jean Joyet, Josette Raynal, Pierre-Yves Trémois, Jean-Louis Viard, Louis Vuillermoz.. Il fait la connaissance du graveur dessinateur Jean-Marie Granier, alors résident pour la seconde fois, et qui sera plus tard membre de l'InstitutAlain Valtat, .. En 1953, il est pensionnaire de l'Institut français à la Maison Descartes d'Amsterdam et sa peinture sera saluée aux Pays-Bas par une exposition personnelle en au Centraal Museum d'Utrecht qui offre au critique d'art de remarquer pour l’ : Jan Juffermans, « Paul Collomb au Centraal Museum », Utrechts Nieuwsblad, ..

C'est sous la présidence de Pierre Descargues, avec pour vice-présidents Paul Rebeyrolle et Gaëtan de Rosnay, qu'il est membre du comité (aux côtés de Paul Aïzpiri, Bernard Buffet, Simone Dat, Michel de Gallard, Pierre Garcia-Fons, Daniel du Janerand, Jean Jansem, Mireille Miailhe, Michel Patrix, Raoul Pradier et Michel Thompson) qui, le , fonde l'Association de la Jeune PeintureFrancis Parent et Raymond Perrot, Le Salon de la Jeune Peinture. Une histoire, 1950-1983, Éditions Jeune Peinture, 1983..

Son fils unique, Pierre, naît en 1955.

Il est inhumé le au cimetière de Chevrier (Haute-Savoie), village où il résidait et peignait plusieurs mois de chaque année et où un square porte aujourd'hui son nomCommune de Chevrier, patrimoine culturel..

Œuvre Paul Collomb est reconnu internationalement, comme l'attestent les expositions qui lui ont été consacrées aux États-Unis ou au Japon. Il a beaucoup voyagé et a été inspiré par l'Espagne. Il expose dans la plupart des salons parisiens, en particulier au Salon Comparaisons dans le groupe de Maurice Boitel. Il s'est impliqué dans la conservation du patrimoine culturel pictural et sculptural, issu du 1 % artistique, notamment pour les peintures monumentales.

Voulant mettre en évidence les différentes étapes de la création de Paul Collomb, l'analyse formelle des œuvres clés permet une mise en lumière des choix de l'artiste dont chaque toile est une étape. Des tâtonnements de l'extrême jeunesse à l'élaboration de son langage, l'art de Collomb réside en une succession de créations s'enchaînant les unes à la suite des autres. Paul Collomb explique lui-même qu'il peint tout comme l'explicite le thème des jardins et des natures mortes entraînant pour lui l'impérative nécessité de passer subitement à de toutes autres études telles que les plages et mer de Normandie, opposant ainsi la différence de leur thème de même que les réponses d'harmonies et de composition bien différentes.

Marqué originellement par les influences de Georges Braque et Pablo Picasso, c'est à la fin des années 1940 que le langage pictural de l'artiste évolue très sensiblement, prenant conscience que ses créations dérivaient en avec une perte du sentiment initial. En 1950, Paul Collomb décide de faire table rase et de renouer avec la nature en l'étudiant tout particulièrement ; il s'ensuit ses études d'êtres humains, d'arbres, d'eau, de nuages. Il se soucie peu des formules, mais approfondit sa compréhension de la manière des Vieux Maîtres. Il accorde ainsi une grande importance à la composition picturale en vue d'exprimer le plus intensément une sensation : il privilégie néanmoins l'instinct à la réflexion et l'intelligence pour obtenir une inflexion, un rythme, une pulsation intérieure. Collomb affirme que l'art se situe en une subtile conjonction entre le sentiment intérieur puis sa re-création ; un aller retour du personnage au signe, va et vient incessant perceptible dans des œuvres telles que La Fiancée juive de Rembrandt ou l'émotion et le trouble se mêlent dans le fait de ne plus savoir si l'on regarde un homme posant la main tendrement sur la poitrine d'une jeune femme ou bien l'enchantement d'un certain ton ivoire posé sur un vieux rouge, délicatement. Ton ivoire qui redevient la main et le vieux rouge la robe, c'est ici que commence le mystère de l'émotion. Pour Paul Collomb il ne faut pas tuer le rêve par la réalisation, l'aboutissement final se matérialisant par l'écriture d'. Pour Paul Collomb, . Collomb déteste ce qu'il nomme la peinture , il recherche inversement et fondamentalement une incantation propre motivée par les questions intérieures de l'artiste et du spectateur. Son objectif est de réaliser une œuvre qui résiste à l'usure de l'habitude, c'est en cela que s'exprime l'art de Paul Collomb..

Gravure Collomb a produit des eaux-fortes dès 1946, puis de nombreux dessins lithographiques et quelques sérigraphies. En 1978, il publie un essai, À propos de Lithographie (Éditions Alphonse Marré)Janine Bailly-Herzberg, « Paul Collomb », Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, AMG-Flammarion, 1985, ..

Tapisserie Paul Collomb est l'auteur en 1953 du carton de la tapisserie Feria de Séville tissée par l'atelier Tabard.

Illustrations Philippe Cara Costea (dir.), Sujet . Autoportraits, portefeuille de sérigraphies originales, contient dix autoportraits sérigraphiés par Philippe Cara Costea, Nicolas Carrega, Paul Collomb, Daniel du Janerand, Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Orlando Pelayo, Claude Roederer, Gaëtan de Rosnay, Claude Schurr, tirage limité à , La Jeune Peinture, 1951. Illustration des Contes de Guy de Maupassant, Club de l'Honnête Homme, huit aquarelles, 1987-1988. Pierre Osenat, Il n'y a que la mer, Éditions Jean Grassin, 1999. La Semaine Sainte, Séville, Éditions Nanga, 1952, aquarelles et une gravure originale vingt exemplaires de tête et numérotés et signés, 2002.

Œuvres exposées dans des salons Le Nu au Fauteuil, 1949, huile sur toile, exposée à Clermont-Ferrand en 2007. Paysage de Tolède, 1951, exposé au Salon d'automne. Le Passager du Gois, acquis par la Ville d'Angers en 1987. Les Grands Champs de Blé, Salon Comparaisons de 1992. La Tricoteuse, figure à l'exposition de La Ruche au musée du Montparnasse à Paris en 2003. Déjeuner de vacances, Françoise au panier, Salon de Le Poiré-sur-Vie (Vendée) en 2003, parmi douze de ses toiles. Homme dans l'Arbre, Le Grand Parapluie, Salon de Bourges en 2003, avec treize autres œuvres. La Cueillette de pommes, Compotiers au paysage, Compotier de cerises, Fleuriste devant la mer, Salon de Cannes de 2007.

Collections publiques

Corée du Sud Gwangju.

Espagne Madrid, Casa de Velázquez, Domingo, 1952, huile sur toile, .

États-Unis New-York, Museum of Modern Art.

France

Indonésie Djakarta, musée de Djakarta.

Israël Tel Aviv, musée d'Art de Tel Aviv.

Pays-Bas Utrecht, Centraal Museum, Les deux Gitanes, 1952, huile sur toile, .

Pologne Gdansk.

Collections particulières référencées Collection Georges Renand - Jeannine et Édouard ChapetPierre Bergé et Associés, Catalogue de la collection Renand-Chapet, Drouot-Richelieu, 15 et ..

Expositions 1947, 1948 : Salon des moins de trente ans, Paris. 1946 à 1989 : Salon de la Jeune Peinture et Salon d'automne. 1948 : La Ruche d'hier et d'aujourd'hui, Galerie de Berri, Paris. 1950 : Premier Salon des Jeunes Peintres, Galerie des Beaux-Arts, ParisPierre Descargues (préface), Premier Salon des Jeunes Peintres - Catalogue, Galerie des Beaux-Arts, . ; Salon de mai et Salon des indépendants, Paris. 1951 : Galerie Saint-Placide, Paris (première exposition personnelle) ; exposition à Madrid (Espagne) ; Salon d'automne (sociétaire en 1955) ; deuxième Salon de la Jeune Peinture, Galerie des Beaux-Arts, Paris. 1953 : Salon des peintres témoins de leur temps, Palais Galliera, Paris ; Galerie Pascaud-Suillerot, ParisPierre Descargues, « À travers les galeries », Les Lettres françaises, 5 mars 1953, . : Centraal Museum, UtrechtCentraal Museum, Paul Collomb, présentation de l'exposition, . 1954 à 1959 : Salon du dessin et de la peinture à l'eau, Paris. : Galerie Sain-Placide, ParisGeorge Besson, « Paul Collomb », Les Lettres françaises, , , . 1955 : Aspect de l'art d'aujourd'hui, Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon ; Art français contemporain, Sydney et Melbourne. 1956, 1957 : Salon Terres latines, ParisÉric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010, . 1957 : Galerie Saint-Placide, Paris ; Galerie Demenge, Besançon. Juillet- : Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Moscou. : Galerie Talleyrand, Reims. 1958 : Galerie La Boutique d'art, Nice. 1959 : Paul Collomb - Dessins et Pastels, Galerie Sagot-Le Garrec, Paris ; Galerie Au temps retrouvé, Paris ; L'art au village, Saint-Jeoire-en-Faucigny ; Paul Collomb - Cinquante peintures, vingt pastels, dix dessins, International Galleries, Chicago. 1959, 1960, 1961 : Contemporary French masters, Chicago. Février- : Galerie Lorenceau, ParisGeorge Besson, Paul Collomb, éditions Galerie Lorenceau, 1960.. 1960 : Salon Grands et Jeunes d'aujourd'hui, Paris. Février- : Paul Collomb - Danseuses et arbres, Galerie Lorenceau, Paris. 1961 : Salon Comparaisons, Salon d'Automne, Institut Néerlandais. mars- : Paul Collomb - Paintings, pastels and drawings, International Galeries, Chicago. : Exposition organisée à l'occasion des États généraux du désarmement, Cercle Volney, Paris. : Galerie Vendôme, Paris. 1964 : Salon des peintres témoins de leur temps, Palais Galliera, Paris ; participation au Groupe international d'art figuratif au Japon. 1965 : Salon des peintres témoins de leur temps, Palais Galliera, Paris ; Juillet- : Premier Salon Biarritz - San Sebastián - École de Paris : peinture, sculpture, casino Bellevue, Biarritz et Musée San Telmo, Saint-Sébastien (Espagne)Musée San Telmo, Premier Salon Biarritz - San Sebastián, présentation de l'événement, 1965 ; : Paul Collomb - Aquarelles, dessins, Galerie Sagot-Le Garrec, Paris ; 1965 : Collection George Besson, Musée des Beaux-Arts de Besançon ; Aspects de l'École de Paris - Paul Collomb, Jacques Petit, Albert Zavaro, œuvres récentes, International Galleries, Chicagp. 1966 : Le Groupe des Vingt à Souillac et au musée de Cahors. 1967 : Vingt peintres d'aujourd'hui, château de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) ; Juillet- : musée-château d'AnnecyGeorge Besson, Paul Collomb, Éditions du château d'Annecy, 1967.. Mars- : Galerie Vendôme, Paris. Avril- : Peintres de la vie quotidienne - René Aberlenc, Guy Bardone, André Brasilier, Jules Cavaillès, Paul Collomb, René Genis, Paul Guiramand, Pierre Lesieur, Blasco Mentor, André Minaux, Roger Montané, Robert Savary, Jean Vinay, Hôtel Cabu, Orléans. 1969 : Casa du Portugal, Paris ; exposition itinérante au Canada ; « La Peinture Contemporaine Française », Tokyo, Manchester.