320px|vignette|L'arrière-pays bruxellois.
Bruxelles (prononcé .), aussi appelé aire urbaine de Bruxelles ou Grand Bruxelles. ou aire métropolitaine de Bruxelles, est une agglomération de Belgique. Celle-ci s'étend au-delà des limites administratives de la Région de Bruxelles-Capitale pour englober des parties du Brabant flamand et du Brabant wallon. En son centre se trouve la commune de Bruxelles proprement dite, dont le nom utilisé par la constitution belge est ville de BruxellesNom utilisé dans l'article 194 la constitution belge..
La plupart des institutions de l'Union européenne. (UE), ainsi que de nombreuses organisations internationales, dont l'OTAN., ont leur siège en Région de Bruxelles-Capitale. Par métonymie, on dit ainsi souvent pour désigner les institutions européennes et plus spécifiquement la Commission européenne.
L'initiative de la Brussels Metropolitan ou zone métropolitaine de Bruxelles, lancée en 2008, vise à mieux coordonner la ville et son arrière-pays pour valoriser le Grand Bruxelles en tant que métropole économique attrayante au cœur de l'Europe., lui donner plus de poids sur le plan mondial et y stimuler la croissance et la création d'emplois.. Cette plateforme de coopération implique la participation de quatre organisations patronales : la FEB, BECI, le Voka et l'UWE.
Au , la communauté métropolitaine de Bruxelles, qui devait être la contrepartie offerte aux Bruxellois dans le cadre de la sixième réforme de l'État., .
Toponymie
Prononciation du mot français « Bruxelles »
Son nom se prononce (le « x » se prononce (« ss »), comme dans soixante). En effet, si le x graphique notait bien à l'origine le groupe /ks/ (voir formes anciennes ci-dessous) et ce, jusqu'au , par la suite le s'est amuï et assimilé au suivant, d'où le ss dans la forme néerlandaise, alors que dans la forme française plus conservatrice, le x graphique s'est maintenu. La prononciation du français ne date que du , sans que cette modification n'affecte l'usage bruxellois traditionnelJean d'Osta Dictionnaire historique des faubourgs de Bruxelles édition Le Livre .. Il existe d'autres exemples dans lesquels x note , tels que soixante ou Auxerre (prononcé Ausserre en Bourgogne-Franche-Comté), bien que les causes en soient différentes. En France, on entend souvent la prononciation ou , ce qui est plutôt rare en Belgique et considéré par le dictionnaire Larousse comme Alain Lerond, Dictionnaire de la prononciation, Larousse, page 477, 1980..
Attestations anciennes vignette|Description de Bruxelles dans un ouvrage paru vers 1610.
Il existe 79 attestations connues du nom de la localité, sous diverses formes, jusqu'en 1219, dont : Bruocsella en 966 (copie du , Maastricht) ; Bruocesll[a] au , Brucselle (génitif) en 1047 ; Brvsela en 1062 ; Brosele en 1088 ; Brucsellam (accusatif) en 1095, Brucsella en 1117 / 1129 / 1130 ; Bruxellę (génitif) en 1125 ; Brussella vers 1125, en 1146 / 1179 / 1183 / 1194 / 1195 / 1198 / 1216 ; Brucselle (gén.) en 1134 / 1138 / 1156 ; Brucsella en 1175 et 1208 ; Brusellia en 1213 ; Bruxelle en 1219..
Étymologie Les toponymistes attribuent tous une origine germanique au nom de Bruxelles, cependant des divergences s'expriment sur la nature exacte des éléments germaniques de base. Maurits Gysseling considère que l'élément Brus- (Bruc-) représente le germanique brōka- « marais ». Le second élément -sel (-selles) est l'appellatif germanique sali- « habitation d'une seule pièce » (cf. français salle, de même origine). Le x résulte d'une francisation de la graphie pour noter ks à l'origine, elle apparaît pour la première fois au . Jean-Jacques Jespers s'appuie sur les travaux d'Auguste Vincent et d'Albert Carnoy pour estimer que Bruxelles est issu du moyen néerlandais Bruksele, formé à partir du germanique *sali « habitation d'une seule pièce ». (devenu sale, sael en moyen néerlandais et sæl, sele en vieil anglais) et de « marais », Marianne Mulon évoque plutôt le moyen néerlandais et Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1994 .. Geert van Istendael pense que le toponyme initial a été formé plus précisément dans la langue thioise, ou ancien néerlandaisGeert van Istendael , , ., c'est-à-dire d'un type initial ou signifiant en ancien néerlandais « habitation, château » () « des marais » (). Le germanique *sali-Remarque sur le germanique *sali- : M. Gysseling et J-J Jespers entendent par « germanique », le germanique commun ou proto-germanique, langue hypothétique. *Sali- est noté par sali- par le premier auteur sans l'astérisque caractérisant la forme hypothétique (on note également *salaz, *saliz) et *sali par le second, sans le tiret indiquant l'absence de désinence, ce qui est plus ambigu. En effet, la forme *sali peut être aussi bien du germanique occidental (westique) que du vieux bas francique, ancêtre hypothétique du néerlandais. Si l'étymologie ultime de l'élément -sel (-selle) de Bruxelles remonte vraisemblablement au germanique commun, il est en revanche impossible de savoir précisément de quand date la formation du toponyme Bruxelles, puisqu'on ne connaît pas d'attestation avant 996 et qu'il est probable que la formation du toponyme soit antérieure à sa mention initiale. En raison de sa date d'attestation et de la forme -sele (car la mutation sale> sæle, sele semble attestée au stade du moyen néerlandais), la plupart des auteurs considèrent que le nom de Bruxelles est apparu au stade du moyen néerlandais, ce qui est plutôt paradoxal, puisqu'on appelle généralement moyen néerlandais l'état de la langue à partir de 1150. Il s'agit donc plutôt d'ancien néerlandais. Quant au fait que *sali- (*sāli-, avec a long) ait abouti à sele (sēle), elle ne donne guère plus d'indication car l'inflexion (Umlaut) s'est produite à une époque qui n'est pas déterminée avec certitude. On constate par exemple dès le stade du vieux haut allemand l'existence de la forme sali et de sa forme fléchie seli, bien que dans cette langue cette mutation ait surtout eu lieu au stade du moyen haut allemand (à partir de 1050). L'inflexion est le changement de timbre d'une voyelle provoqué par la présence, par exemple, d'un i ou d'un j dans la syllabe suivante. s'est perpétué sous la forme d'un appellatif toponymique commun dans les Flandres -zeele (Hauts-de-France : Herzeele ; Hersele 1195), -zele (Flandre orientale : Herzele) ou -selle(s) (Hauts-de-France : Audresselles francisation du flamand Oderzele).
Bruxelles a la même origine que les noms de la commune française de Broxeele (Hauts-de-France, Brocsela en 1072) appelée en flamand Broksele et de la ville allemande de Bruchsal (Bade-Wurtemberg, Bruhosella inter paludes en 976, cacographie probable pour *Bruohsella ; inter paludes signifie « dans les marais », puis Bruohsele, Bruohsela, Brochsale, Broxole, etc.). La plupart des spécialistes s'accordent donc pour voir dans Bruxelles « une habitation des marais » ou « un château des marais », sens conforté par la topographie. En effet, jusqu'au voûtement de la Senne en 1871, Bruxelles était marécageuse et sujette à des inondations périodiques accompagnées d'épidémies de choléra.
Les autres hypothèses sur l'étymologie de Bruxelles sont trop anciennes ou mal étayées et n'ont pas été formulées par des toponymistes. Selon le sociolinguiste Michel de Coster, le nom de Bruxelles serait composé d'une part, du mot celte ou signifiant un endroit broussailleux et marécageux, et, d'autre part, du terme latin signifiant « temple »., l'existence d'un temple romain et de sanctuaires chrétiens étant attestée sur le site de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Cependant, si celtique il y a, il ne peut s'agir que de gaulois, langue mal connue ou de belge, langue encore moins bien attestée et confondue par la plupart des spécialistes avec le gaulois. Cette hypothèse repose uniquement sur l'archéologie, car il n'existe aucun mot gaulois, et plus généralement celtique *bruoc ou *bruco (non attestés), mais un mot gaulois tardif ou gallo-romain *brūca « bruyère », mot issu du gaulois *uroica, le français bruyère représentant d'ailleurs le dérivé *brūcāria > bruyère. Il ne se confond pas avec le gaulois *bracu « lieu humide » qui a donné l'ancien français bray « lieu humide, boueux » et le français brai « boue ».. Quant à son association avec le mot latin cella, c'est tout autant conjecturel. Certes, si l'élément -sele (avec un seul l) n'apparaît qu'à deux reprises avant le , en revanche aucune forme ancienne ne fait état de -cella ou -celle, contrairement aux nombreux la Selle qui comportent tous des attestations du type Cella avec un c. Quant à l'élément -selles ou -celle(s) des toponymes comme ou Maisoncelle, il représente en réalité le suffixe bas latin -icella. En fin de compte, si l'élément -selle de Brucselle possède deux l dans les attestations anciennes, c'est qu'il a été romanisé (comme Audresselles).
Pour des historiens anciens comme Henschenius ou Erycius Puteanus, ce mot pourrait, tout comme Bruges, être d'origine scandinave et désigner un petit pontÉtymologie donnée par Henschenius, Diatriba de tribus Dagobertis, , par Puteanus, cité par Gramaye, pour qui selon d'anciennes chroniques disparues la ville tirerait son nom d'un pont et d'un château construits par les Vikings. Passages mentionnés par Reiffenberg, Bulletin de l'Académie de Bruxelles, tome VIII, et Nouveaux Mémoires de l'Académie, tome XIV. ou un embarcadère (Brygsele), établi par les Vikings, ce qui expliquerait que la plus vieille monnaie sortie de l'atelier monétaire bruxellois () ait comme « blason » un pont. Cependant, on voit mal comment le scandinave bryggja « pont » aurait pu évoluer phonétiquement en Bruoc- attesté à la même époque, alors que Bruoc- reflète parfaitement la diphtongaison de brōk- cité par Maurits Gysseling et qui ne s'est que plus tardivement monophtonguée en Bruc-. Quant à -sele> -sel (-selle), il ne peut pas s'expliquer par l'ancien scandinave puisque cette langue ne connaît que salr (accusatif sal), forme non fléchie du germanique *sali-, la forme fléchie seli> sele étant typique du germanique occidental. En outre, il n'y a pas de toponyme scandinave formellement identifié à l'intérieur des terres en Belgique. Les Scandinaves se sont contentés du littoral et ont adapté pour leur usage personnel, les noms des comptoirs avec lesquels ils commerçaient ou encore ceux où ils s'étaient établis plus durablement, mais cela ne signifie nullement que l'étymologie est scandinave, comme en témoignent de nombreux toponymes en Irlande, en Grande-Bretagne et même en France, ainsi par exemple, les Vikings appelaient Dublin, Dyflinn, alors que l'étymologie est clairement gaélique de même qu'il nommait Rouen, Ruða ou Ruðuborg, adaptation de la forme médiévale Rothom, toponyme d'origine gallo-romane. Étant donné la proximité linguistique entre l'ancien néerlandais et l'ancien scandinave, les rapprochements analogiques ont davantage été favorisés.
Histoire
Antiquité gauche|vignette|237x237px|Charles de Basse-Lotharingie, fondateur légendaire de ce qui allait devenir Bruxelles, vers 979.
Bruxelles, dont l'histoire mouvementée participe à celle de l'Europe occidentale, a fêté son millénaire officiel en 1979. On relève cependant des vestiges et toponymes relatifs à la civilisation des mégalithes, dolmens et pierres levées (, place du Tomberg). Des vestiges de villas romaines sont mis au jour dans des communes bruxelloises jouxtant le centre de la ville (Anderlecht, Jette et Saint-Josse-ten-Noode), ainsi qu'une voie romaine. D'autres vestiges romains sont découverts à proximité du centre-ville durant l'été 2015, sur le site dit de Tour et Taxis, le long d'un ancien lit de la rivière Senne, sous la forme de quais révélant une activité portuaire (céramiques, tuiles)..