Alcyone (ou Alcione) est un opéra du compositeur français Marin Marais. Il prend la forme d'une tragédie en musique en un prologue et cinq actes. Le livret d'Antoine Houdar de La Motte, est basé sur le mythe grec de Ceix et Alcyone tel que le raconte Ovide dans ses Métamorphoses.
La première représentation est donnée le par l'Académie royale de musique, au Théâtre du Palais-Royal rue Saint-Honoré, à Paris. La partition est particulièrement célèbre pour la scène de tempête de l'acte quatre. La Marche pour les Matelots, qui fait également partie de ce mouvement, est popularisée comme air de danse et est la base d'un chant de Noël paru vers 1860 dans les pays anglo-saxons, sur un texte de William Morris, Masters in This Hall..
L'opéra est considéré comme son chef-d'œuvre. Il est repris cinq fois jusqu'en 1771 et seulement en 1990 au concert et au disque. Alcyone a de nouveau été produit pour la scène en 2017, à l'Opéra-comique, par Jordi Savall et dans la mise en scène de Louise Moaty 5 choses à savoir sur Alcione sur opera-comique.com.Alcione de Marin Marais par Jordi Savall à l’Opéra Comique (mai 2017) sur culturebox..
Rôles + Rôles d’AlcyoneRôleVoixCréateurs .Céïx, Roi de TrachinesHaute-contre (Ténor léger)Marin Boutelou-filsAlcyone, Fille d'ÉoleDessus (Soprano)Marie-Louise DesmatinsPélée, Ami de CéïxBasse-taille (Basse)Gabriel-Vincent Thévenard Phorbas, MagicienBasse-taille Jean Dun-pèreIsmène, MagicienneDessusMlle DupeyréDoris, Confidente d'AlcyoneDessusMarie-Catherine PoussinCéphise, Confidente d'AlcyoneDessusMlle LoignonLe Grand Prêtre de l'Hymen/Chef des Matelots/Neptune/TmoleBasse-taille Charles HardouïnUn MatelotTaille (Baryténor)Jean-Louis MantienneUne MatelotteDessusJeanne-Marguerite AubertLa Prêtresse de JunonDessusFrançoise DesjardinsLe SommeilHaute-contrePierre ChopeletPhosphore, Père de CéïxHaute-contreRobert LebelUn Suivant de CéïxHaute-contreJean BoutelouÀ ne pas confondre avec son fils Antoine Boutelou, qui rentre à la Chapelle royale comme Haute-contre en 1707ApollonHaute-contreJacques CochereauUne BergèreDessusMarie-Catherine Poussin
Synopsis thumb|alt=Partition : ouverture|Début de l'ouverture de l'opéra. Prologue Le dieu de la montagne Tmolus décide un concours musical entre Pan et Apollon, en faveur de ce dernier. Apollon souhaite un retour au règne de la paix dans le monde, symbolisé par les Alcyons.
Acte un Palais de Céïx – Céïx, Roi de Trachis et Alcyone, fille d'Éole, sont destinés au mariage. Pélée, le meilleur ami de Céïx, est aussi amoureux d'Alcyone. La cérémonie de mariage est perturbée par la magie de Phorbas (avec la magicienne Ismène), dont les ancêtres ont autrefois jugé Trachis et qui est contraint de se venger contre Céïx.
Acte deux Céïx se rend à la grotte de Phorbas pour le supplier d'arrêter ses maléfices. Mais Phorbas dit à Céïx qu'il doit se rendre à l'oracle d'Apollon sur l'île de Claros pour entendre le verdict du dieu. En réalité, ces conseils sont destinés à : le plan de Phorbas est de faire mourir Céïx.
Acte trois Céïx s'embarque au port de Trachines (Ô mer, dont le calme infidèle ; Marches pour les matelots). Phorbas dit à Pélée qu'il a arrangé le voyage pour que Pélée puisse être libre de se faire connaître à Alcyone. Mais la conscience de Pélée est troublée, quand il voit Alcyone s'effondrer au départ de Céïx.
Acte quatre thumb|alt=partition : La Symphonie du sommeil|« La Symphonie » du Sommeil à l'acte IV d’Alcyone. Le compositeur ménage un climat de douceur, juste avant la « Tempête », ce qui en renforce le contraste. Alcyone se rend au temple de Junon pour prier le retour de Céïx en toute sécurité. Elle s'endort et dans un rêve évoqué par Sommeil (Air & Symphonie du Sommeil), elle voit un navire en difficulté sur une mer orageuse (Tempête).
Acte cinq Alcyone est pleine d'appréhension. Pélée avoue son amour pour elle et a tellement honte qu'il offre de se suicider. Alcyone voit un corps échoué sur la plage. Croyant qu'il s'agit de Céïx, elle s'exécute elle-même, avec l'aide d'une épée. Mais Neptune rend la vie aux amoureux et les rend responsables de l'apaisement des mers (Chaconne pour les Tritons).
Réception thumb|Projet de l'atelier de Jean Berain (1640–1711) pour la tempête d’Alcyone de Marin Marais. L'œuvre fut « très applaudie » dès sa créationAinsi que le rapportent les frères Parfaict (François et Claude Parfaict, Dictionnaire des théâtres de Paris, 7 vol. Paris, 1767) : . et reprise en 1719 et après la mort du compositeur en 1730, 1741Musique de la version de 1741 ., 1756 et 1771Jérôme de La Gorce, « Alcyone », dans .. Les éloges sont surtout destinés au musicien et son opéra considéré comme l'un des plus beaux du répertoire lyrique de l'Ancien Régime, au niveau de L'Europe galante (1697) d'André Campra. L'usage, pour la première fois à l'Opéra, de la contrebasse. dans la Tempête (acte IV, scène 4), contribua à la réputation de l'ouvrage, éclipsant celle figurant dans Thétis et Pélée (1689) de Pascal Collasse, mais repris en 1724.
Les airs célèbres, dans une grande variété de ton, surent influencer Rameau lorsqu'il se consacra à la tragédie lyrique.
En 1741, il y eut même une parodie du même nom, montée à la Comédie-italienne, livret de Jean-Antoine Romagnesi et musique d'Adolphe Blaise.
Évrard Titon du Tillet, dans Le Parnasse françoisCité dans . écrit : vignette| Sebastian Monti, dans le rôle d'Apollon, à l'Opéra Comique, en 2017 Cette tempête est si populaire qu'elle est insérée dans la reprise de Alceste de Lully en 1707 et citée dans Les fêtes vénitiennes par Campra en 1711, puis jouée pour Louis XIV à sa demande., dans sa résidence à Marly., et encore en 1715 dans une parodie de Télémaque de Destouches à la foire Saint-Germain pour un public populaire.
De nos jours également, la partition est considérée comme son chef-d'œuvre.
Remaniements Lors de chaque reprise, Alcyone fut l'objet de nombreux remaniements ; c'est ce dont témoignent les partitions manuscrites conservées à la bibliothèque de l'Opéra de Paris. Dès 1730, le prologue est écarté et supprimé définitivement en 1756 ; en contrepartie des ajouts viennent combler les manques. En 1771, la partition est considérablement transformée.
Représentation Reprise à l'Opéra-Comique le sous la direction de Jordi Savall dans une mise en scène de Louise Moaty.
Enregistrements Extraits Selon Jérôme de La Gorce, le premier disque consacré à Marin Marais se trouve être justement des extraits d'Alcyone, par Jean-François Paillard en 1956 (Erato)Symphonies pour les soupers du Roy ; cette suite instrumentale était réalisée par Alexandre Cellier. Suivent l'aria d'Alcyone du quatrième acte, et d'autres empruntées à l'opéra baroque dans un florilège, chanté par Ettel Sussman et dirigé par le chef d'orchestre Louis de Froment (L'Oiseau-Lyre)De Lully à Rameau .. En 1965 paraissent deux suites d'orchestre, respectivement par Jean-Louis Petit et par le Concentus Musicus de Nikolaus Harnoncourt (pour VanguardMusique à la cour de Louis XIV : , qui l'enregistre de nouveau en 1973 pour Telefunken).. En 1980, Jean-Claude Malgoire grave quelques airs de danses (chez CBS)L'Apothéose de la danse à Versailles .. Jordi Savall a réalisé pour sa part un disque des seules suites orchestrales, utilisant la version de 1741, toujours dans la restitution de Jérôme de La Gorce : Alcione, Suite des Airs à joüer (1706), Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall (, Astrée E8525 / SACD AliaVox AVSA99003)Lors de sa sortie, ce disque a été distingué par Xavier de Gaulle d'un « 10 » dans le magazine Répertoire .
Intégrales Alcione (intégrale) - Jennifer Smith (Alcyone) ; Gilles Ragon (Céïx) ; Philippe Huttenlocher (Pelée) ; Jean-Paul Fouchécourt (Apollon, Le Sommeil) ; Véronique Gens ( matelotte, la Prêtresse) ; Bernard Deletré (Tmole, le Grand Prêtre) ; Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (, 3 CD Erato « Musifrance » 2292-45522-2)Lors de sa sortie, ce disque a été distingué par Olivier Rouvière d'un « 9 » dans le magazine Répertoire : . Alcione (intégrale) - Lisandro Abadie (Pan, Phorbas), Marc Mauillon (Pelée), Cyril Auvity (Céïx), Lea Desandre (Alcione), Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall, 3 SACD Alia Vox, 2020
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Texte de la version originale de 1706 chez Christophe Ballard Musique de la version de 1756 Alcyone par Jean-Claude Brenac sur operabaroque.fr amadeusonline.net Alcione, salle Favart de l'Opéra-Comique, avec Jordi Savall sur France Musique
Catégorie:Œuvre de Marin Marais Catégorie:Opéra en français Catégorie:Opéra français Catégorie:Opéra s'inspirant de la mythologie gréco-romaine Catégorie:Opéra créé à Paris Catégorie:Opéra des années 1700 Catégorie:Œuvre musicale composée en 1706