André Mocquereau, né à La Tessoualle le et mort à Solesmes le , est un moine français de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, musicologue grégorien. Du fait de son influence sur la restauration du chant grégorien, il est considéré comme le ..
Ses études scientifiques contribuèrent notamment à l'abandon de l'édition néo-médicéenne comme édition exclusive au Vatican en 1901.
Biographie Naissance et formation thumb|upright=0.6|La formation musicale de bonne qualité d'André Mocquereau fut effectuée par Charles Dancla, célèbre violoniste. André Mocquereau naquit à la Tessoualle le . Son père était médecinMarie-Emmanuelle Pierre, Cantabo Domino, Cours de chant grégorien, p. 122..
Après sa naissance, la famille Mocquereau partit vivre à Cholet où André passa la majeure partie de son enfance. On connaît cependant peu de détail à ce sujet.
Violoncelliste Le jeune André s'intéresse à la musique classique. En tant que Violoncelliste, il joue surtout la musique de chambre de Mozart, de Haydn, de Beethoven. La musique d'Hector Berlioz passionne également ce jeune musicien.
Son professeur est Charles Dancla. À Cholet, André Mocquereau joue régulièrement dans l'orchestre local sous la direction de Dancla. Ce dernier souhaite que son élève vienne étudier au Conservatoire de Paris où lui-même enseigne.
Arrivée à Solesmes Toutefois, le jeune André choisit la vie monastique. En effet, une de ses sœurs était devenue moniale de l'abbaye Sainte-Cécile de Solesmes en 1873. Elle continuait de pratiquer la musique en tant qu'organiste du monastère. La première abbesse Cécile Bruyère y réalisait une liturgie soignée, en collaboration avec Dom Prosper Guérangerhttps://books.google.fr/books?id=AS7ESmy6CCsC&pg=53.
thumb|upright=1.4| À partir de 1875, André Mocquereau, moine bénédictin de Solesmes, donne sa vie comme serviteur de Dieu. Après y avoir fréquenté, André Mocquereau aussi frappa la porte de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes le , à l'âge de 26 ans.
Selon plusieurs documents, l'ancien violoncelliste aurait reçu son ordination sacerdotale en 1879, seulement quatre ans après son arrivéepar exemple, Larousse.. La date de l'ordination n'est cependant pas établie sûrement.
Dès l'ordination, Dom Mocquereau est chargé de soutenir Dom Joseph Pothier dans ses travaux de restauration du chant grégorien qu'il mène depuis 1860. Le jeune musicologue contribuera surtout à réviser son Liber gradualis, initialement publié en 1883, menant à une deuxième édition en 1895.
Dom Louis-Charles Couturier, élu abbé juste avant l'arrivée d'André Mocquereau en 1875, appréciait le talent musical de ce jeune musicien. Il décida de créer formellement la schola en 1889Selon Pierre Combe. Certains considèrent que la création avait été plus tôt., et nomma Dom Mocquereau maître de chœur. Depuis la fondation de la Paléographie musicale, le directeur de cette dernière et le maître de choeur sont traditionnellement une même personne à Solesmes. À Solesmes, étude du chant grégorien et pratique liturgique de celui-ci sont ainsi étroitement liées.
Création de la revue Paléographie musicale
Fondation Fils de médecin, André Mocquereau possédait également une caractéristique scientifique. Soutenu par l'abbé Dom Couturier, le jeune musicologue songeait un projet, catalogue de principaux manuscrits d'anciens chants liturgiques en fac-similé. Cette publication assurera des études plus systématiques. Il est possible, d'après Jules Combarieu, que Dom Mocquereau eût été inspiré par l'Album Paléographique (1887) de la Sociéte de l'École des chartes ainsi que son titre.
Une fois le projet déclaré, la plupart de moines de Solesmes exprimèrent leur désaccord, car le financement de l'abbaye devint, à cette époque-là, plus grave. En cas d'échec, le monastère risquerait de disparaître. D'autre part, Dom Joseph Pothier n'hésitait pas à ajouter de nombreuses raisons contre ce projet. En fait, il craignait que son Liber gradualis (1883) ne soit ruiné avec un nombre considérable de fautes présumées, à la suite de la publication de cette revue. L'opposition était si forte que Dom Mocquereau et l'abbé avaient besoin de leur vœu : le premier exemplaire sera dédié à Notre Dame de Chartres s'ils réussissent.
Si la publication fut finalement tenue, c'était grâce à l'intervention de moines bénédictins en haut rang. Il s'agissait du cardinal Jean-Baptiste-François Pitra résidant à Rome ainsi que de Dom Fernand Cabrol, Dom Paul Cagin.
De surcroît, Alexandre Guilmant envoya son approbation pour le Recueil de Paléographie musicale, le , au directeur de Solesmes. Ce dernier lui avait en effet demandé d'examiner et d'évaluer la publication de celui-ci. Sans attendre sa réponse, Guilmant fit le souscrire auprès du Comité de la société des compositeurs de musique.
En profitant des circonstances favorables, le recueil trimestriel Paléographie musicale apparut en . Les huit premiers recueils en faveur de l'abonnement (jusqu'en ) furent intégrés en un seul tome de livre, déjà en 1889 (tome I).
L'année suivante de la première publication, l'abbé Couturier passa de vie à trépas. Le vœu de Dom Couturier fut achevé par le directeur et le nouvel abbé Dom Paul Delatte à Chartres.
Le premier succès de cette publication s'illustrait de l'appréciation de plusieurs académies européennes, grâce à sa caractéristique scientifique.
Premier objectif contre l'édition de Ratisbonne Dans la deuxième moitié du , la chapelle Sixtine du Vatican utilisait une édition de plain-chant, néo-médicéenne, issue de l'édition allemande publiée à Ratisbonne. Édition faussement attribuée à saint Grégoire ainsi qu'à Giovanni Pierluigi da Palestrina, le pape Léon XIII n'admettait que celle-ci à Rome. Il s'agissait d'une véritable obstacle pour l'abbaye bénédictine.
Le directeur de l'atelier avait une stratégie. Afin de comparer avec l'édition néo-médicéenne, il analysa la mélodie du répons graduel Justus ut palma dans 219 manuscrits anciens du chant grégorien. Les volumes II (1891) et III (1892) se consacraient principalement aux comparaisons de notations entre les deux éditions, selon lesquelles l'irrégularité de la version de Ratisbonne était indiscutable :
L'usage de l'édition de Solesmes était de plus en plus et effectivement établi, même auprès des religieux à Rome, à la suite de cette comparaison. En 1900, Jules Combarieu put conclure, avant que le privilège de Ratisbonne n'expire en 1901 : « Leur objectif initial (abandonné aujourd'hui, j'imagine, comme pleinement atteint) était montrer que les éditions de chant, généralement en usage et même recommandées par la Cour de Rome, n'était ni conformes à la tradition, ni gramaticalement correctesJules Combarieu, La musique qu Moyen-âge, dans la Revue de synthèse, tome I, I-1, p. 84 -100 (1900). »
Soutien par le Saint-Siège Dans son livre concernant l'histoire de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, Histoire de la restauration du chant grégorien d'après des documents inédits - Solesmes et l'Édition Vaticane (1969), Dom Pierre Combe de cette abbaye présentait une lettre de l'abbé Paul Delatte rédigée en 1901. Comme l'auteur de l'histoire ne mentionnait celle-ci que comme appendice à la fin du livre, il n'est pas certain qu'il s'agît d'une réponse destinée au Saint-Siège, ou d'un document à partir du monastère. Dom Combe ne citait en effet qu'un extrait court, sans préciser la caractéristique du document dans le texte. Cependant, il est évident que l'optique de la revue devint justification scientifique de l'édition de Solesmes par le manuscrit :
Le Vatican aurait formellement autorisé la Paléographie musicale en 1903, à la suite de l'élection du pape Pie XCette autorisation se trouve dans un livre de l'histoire de la musique sacrée écrit par un musicologue français dans les années 1960. Consulté le 29 octobre 2016, mais pas encore retrouvé. Il s'agit d'un livre dans la bibliothèque du prieuré Notre-Dame-des-Neiges situé à Laloubère. Malheureusement, l'utilisateur ne reçut pas de réponse du prieuré.. Il est probable que la lettre de l'abbé Paul Delatte avait contribué en faveur de cette autorisation.
On peut expliquer la centralisation de la liturgie de l'Église au début du , avec les études scientifiques de la Paléographie en faveur du chant grégorien. Sinon, le saint pape Pie X n'aurait pas été capable d'obliger l'usage de ce chant dans toutes les églises catholiques, pour la première fois dans son histoire.
Toujours revue scientifique Une fois l'édition de Ratisbonne convaincue, la revue restait en conséquence contribuer dans le domaine académique. Dom Mocquereau présentait continuellement ses études dans cette revue ainsi que la Revue grégorienne éditée par l'un de ses amis Norbert-Georges-Pierre Rousseau. En raison de son ancienne opposition, Dom Joseph Pothier profitant de la Revue du chant grégorien ne fut jamais accueilli auprès de la Paléographie.
Durant la fonction de ce directeur, la publication était tenue en deux formes, en tant que revue trimestrielle en faveur d'abonnement ainsi que comme version définitive. Plus précisément, ces deux formes coexistaient jusqu'en .
À partir du mois de , la revue commença à indiquer le nom de Dom Mocquereau en tant que directeur et auteur. En effet, il était vraiment difficile à mentionner et à citer les articles de la Paléographie dans l'optique académique, sans nom de l'auteur. Auparavant, en raison de la foi, aucun nom y était présenté.
Sa manière, publication des manuscrits en phototypies, affecte toujours celles de musicologues respectant l'édition critique. Ainsi, le prêtre espagnol Higinio Anglés sortit sa publication monumentale du codex Las Huelgas en 1931, avec de nombreuses pages en fac-similé.
Avant son décès, le musicologue sortit jusqu'au tome XIII. De nos jours, avec les Études grégoriennes, la Paléographie musicale demeure encore la principale publication scientifique de Solesmes.
Grand bouleversement à Rome en 1890 Découvert du chant vieux-romain
Au début de l'année 1890, Dom André Mocquereau partit de Solesmes, afin de chercher les manuscrits les plus sûrs dans les archives pontificales à Rome. Le directeur de l'atelier et son collègue Dom Cabrol y découvrirent trois livres de chant assez bizarres desquels leurs mélodies tantôt ressemblent à celles du chant grégorien tantôt sont loin d'être en grégorien . Il s'agissait d'un manuscrit au sein de la bibliothèque apostolique vaticane (latin 5319) ainsi que ceux des Archivio di San Pietro (B79 et F22). Tout de suite, le directeur de l'atelier renseigna cette découverte à son abbaye. Puis, il la publia dans la Paléographie musicale tome II, - 9, note (1891) :
Il faut que cette attitude scientifique de Dom Moquereau soit correctement appréciée. Car, à cette époque-là, celui-ci était en train de lutter contre l'édition de Ratisbonne commettant d'un grand nombre d'irrégularités, au contraire du chant grégorien conservant une uniformité exceptionnelle jusqu'à la Renaissance.
Difficulté, cela était que personne n'était capable d'expliquer pourquoi existent les deux versions desquelles le texte demeure parfaitement identique, jusqu'à ce qu'un musicologue allemand, Bruno Stäblein, établisse son hypothèse en 1950. Il s'agit de l'ancien chant papal avant que le chant grégorien ne soit composé. Certes, Dom Mocquereau nous quitta avant l'identification du chant. Cependant, s'il n'avait pas attentivement cherché les livres de chant en 1890, ces manuscrits seraient cachés encore au sein des archives pontificales ou auraient été perdus. En fait, même au début du , il n'en reste que cinq exemplaires.
Succès de la schola auprès du Séminaire français