Le Capitan est un film franco-italien réalisé par André Hunebelle et sorti en 1960, d’après le roman éponyme de Michel Zévaco (1907).
Le début Louis XIII vient d'atteindre l'âge de la majorité. Sa mère, Marie de Médicis, continue de gouverner le royaume avec Concino Concini, son favori et premier ministre, qui conspire pour éliminer le souverain et sème la terreur dans le pays. Une conjuration de grands seigneurs vise à chasser Concini et à remplacer le roi défaillant par le duc Charles d'Angoulême. Le chevalier François de Capestang, qui a été sauvé dans un combat par Gisèle d'Angoulême, veut faire triompher la justice et sauver la couronne de son roi, ainsi que la vie de Gisèle. Il part pour présenter à Paris, capitale du Royaume, les remontrances de la noblesse de sa province.
Contexte Au palais du LouvreLe palais du Louvre, à Paris, est la résidence royale depuis la Renaissance (), sous le règne de , jusqu’à et le transfert de la Cour à Versailles. à Paris, en 1616, a 15 ans, sa mère Marie de Médicis est régente du royaume depuis l'assassinat d'. Elle a confié le pouvoir à son favori Concino Concini, comme elle d’origine italienne, nommé premier ministre. Celui-ci contrôle les finances, la police et, encouragé par son ambitieuse épouse Leonora Galigaï, cherche à s'emparer du pouvoir, ne reculant devant rien. Il favorise l'insécurité, notamment dans les provinces du Sud-Ouest. Elles sont pillées et attaquées par des bandes armées, qui s'en prennent à la noblesse provinciale. Ces nobles ignorant que Concini est responsable de cette situation.
Contre ces ambitions, de grands seigneurs du royaume se sont unis. Les conjurés veulent placer sur le trône le duc Charles d’Angoulême. Il est le fils de , mais illégitime, donc, exclu de la succession royale régulière.
Synopsis En Gascogne, le château de Teynac est en flammes. Le chevalier François de Tremazenc de Capestang, gentilhomme de petite noblesse mais brave, se porte au secours de son ami le marquis de Teynac. Pendant la bataille, le marquis est assassiné, d'un coup de dague dans le dos, par le chef des bandits, Rinaldo, l'homme de confiance de Concini. François de Capestang jure à l'assassin qu'il vengera son ami, mais il est blessé d'un coup de pistolet. Un brigand s'apprête à le tuer, une belle jeune femme brune abat le bandit et le sauve. Elle le soigne et il perd connaissance sans avoir eu de réponse à sa question : « Qui êtes-vous ? ». A son réveil, une femme blonde le soigne, Béatrice de Beaufort, cousine du marquis de Teynac. Guéri, François se rend au conseil de la province. Les nobles sont rassemblés autour du gouverneur pour envisager de juguler l'insécurité grandissante. François se propose pour porter les doléances de la province au roi. Le parlement vient de le déclarer majeur et la régence de la reine-mèreMarie de Médicis était reine de France en tant qu’épouse du roi . À la suite de l’assassinat d’, en 1610, elle était devenue reine-mère, douairière en tant que veuve du roi. Son fils étant héritier prématuré du trône à l’âge de 8 ans et demi, c’est Marie de Médicis qui fut nommé régente, jusqu’à la majorité du roi à 15 ans, en 1616. a pris fin. Mais le gouverneur ne peut le recommander qu'auprès de Concini.
François part pour Paris. En chemin, dans une petite ville, il assiste au spectacle d'un baladin, Cogolin. Celui-ci s'aperçoit qu'un voleur déleste François de sa bourse et s'arrange pour la lui rendre. Les brigands, furieux que Cogolin ait fait échouer leur coup, l'attaquent dans la campagne et le dépouillent. Il est sauvé par François. Cogolin devient son ami et confident, les deux hommes continuent ensemble leur route pour Paris.
Dans une auberge, François reconnait celle qui lui a sauvé la vie au château de Teynac ; il l'aborde, elle l'éconduit froidement. Le lendemain, elle a quitté l'auberge ; François et Cogolin la suivent. Son carrosse est attaqué dans la forêt par les hommes de Rinaldo, François les met en fuite. Lorsque le combat cesse, le carrosse est reparti, emportant la belle inconnue.
François et son fidèle Cogolin arrivent à Paris, et arrivent à l'hôtel particulier de Concini.
Concini est en train de promettre à Béatrice de Beaufort de gracier son père et de le libérer, si elle lui apporte d’autres renseignements. Il reçoit François, lui dit qu’il connait les activités des bandes armées qui s'attaquent à toutes les familles du royaume, et lui reproche d’avoir empêché l’arrestation de Gisèle d’Angoulême, finalement arrêtée peu après. Concini lui propose, pour racheter sa faute, d’entrer à son service comme espion. François refuse cette basse proposition faite à un Capestang, que le premier ministre appelle alors ironiquement « CapitanLe « Capitan » est un personnage type de la commedia dell’arte du : personnage fanfaron, faux brave, hâbleur, vantard à la manière de Matamore, de Scaramouche. C’est la même attitude bravache que l’on retrouve dans la littérature française avec le Capitaine Fracasse et Cyrano de Bergerac. Marie de Médicis invita à Paris de nombreuses troupes d’artistes italiens représentants de cette forme de théâtre. » ; François le traite de « PolichinellePolichinelle est aussi un personnage de la commedia dell’arte comparable à une marionnette. » et Concini le met en garde contre ses insolences ; à la sortie de l’audience, François se trouve face à la bande de Rinaldo, et le reconnaît ; il s'échappe, après un combat à dix contre un, en sautant à travers le vitrail d’une fenêtre du premier étage, sur son cheval, amené par Cogolin.
François met au point une ruse pour faire entrer Cogolin au service de Concini, en tant que bouffon du roi. Il pourra y récolter des informations utiles, notamment, où est détenue Gisèle. Cogolin distrait la cour, charme une servante de la reine-mère, Giuseppa, et apprend que Gisèle est enfermée dans le château de Clairefont.
François et Cogolin partent délivrer Gisèle d'Angoulême ; François escalade la muraille, Cogolin mine le pont-levis du château pour empêcher les poursuites. François atteint les geôles, délivre Gisèle. Ils la ramènent dans une maison forestière. François sauve le roi dont le cheval s'est emballé (drogué par un agent de Concini) et s'est jeté dans une rivière. Mis en garde contre son premier ministre, reprend confiance, soutenu par son sauveur devenu son fidèle ami. François revient à la maison forestière, Gisèle est partie, mais lui a laissé un signe de reconnaissance pour qu'il puisse la rejoindre.
François se rend au rendez-vous, tombe dans une réunion des conjurés, refuse de participer à une action contre le roi. Gisèle se porte garant qu'il ne les trahira pas, et François quitte la réunion librement.
Concini passe de nouveau à l'attaque. Le roi échappe à un empoisonnement. Cogolin est menacé par Concini, qui l'a percé à jour, et le fait torturer. Giuseppina fait intervenir . Cogolin et elle partent rejoindre François.
Le prochain rendez-vous des partisans d'Angoulême au château de Saint-Leu est dévoilé par Béatrice de Beaufort, mais celle-ci apprend que son père est mort sous la torture, et se précipite pour avertir Capestang du danger.
À Saint-Leu, Capestang arrive à temps, il prévient les conjurés de l'arrivée des sbires de Concini. La bataille s'engage. Pour protéger Gisèle, Béatrice est blessée mortellement ; Rinaldo est tué par Capestang après un duel à rebondissements. Les conjurés sont sur le point de succomber, quand le roi arrive à la tête de ses soldats, prévenu par Cogolin. Le roi annonce la mort de Concini. Gisèle lui sauve la vie, menacée par un des hommes de Rinaldo. Cet acte prouve au roi la loyauté de la fille du duc d’Angoulême. Celui-ci reconnaît alors que, malgré sa jeunesse, le roi vient de se révéler un grand roi, et déclare : « Messieurs Concini est mort, vive le roi ! » La réconciliation entre les ValoisLa Maison de Valois est une branche de la dynastie capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589, avant les Bourbons, autre branche des capétiens. et les Bourbons devient possible pour assurer l’unité du royaume, tandis que Capestang alias « Le Capitan » épousera Gisèle et Cogolin aura enfin le temps de parler d’amour à sa bien-aimée.
Fiche technique
Titre original : Le Capitan Réalisation : André Hunebelle Assistants : Henri Toulout, Jean-Pierre Desagnat, Sigmund Graa Scénario : Jean Halain, André Hunebelle et Pierre Foucaud, d'après le roman éponyme de Michel Zévaco Dialogues : Jean Halain Décors : Georges Lévy, assisté de Pierre Guffroy et Jean Taillandier Création et directrice des costumes : Mireille Leydet Costumier : Frédéric Junker - exécutés par Marie Gromtseef Photographie : Marcel Grignon, assisté de Charles-Henri Montel (opérateur), André Delille et André Marquette Chef Électricien : Marcel Policard Son : René-Christian Forget, assisté de Maurice Dagonneau et Guy Salagnac Montage : Jean Feyte, assisté de Colette Lambert Musique : Jean Marion, (éditions : Hortensia) Chorégraphie : Jean Guelis Maquillage : Alexandre Marcus, assisté de Eliane Marcus et Blanche Picot Coiffeur : Charlotte Lefèvre Chef perruquier : Jules Chanteau Maître d'armes : Claude Carliez, assisté de Raoul Billerey Conseiller technique équestre : François Nadal, assisté de Rico Lopez Affiche : Yves Thos Production : André Hunebelle, Marcello Danon Production déléguée : Paul Cadéac, Pierre Cabaud, René Bézard Sociétés de production : Production Artistique et Cinématographique, Pathé Films DA. MA Cinematografica Société de distribution : Pathé Consortium Cinéma Tournage à Franstudio Laboratoire G.T.C de Joinville ; Enregistrement Poste Parisien Pays de production : , Langue originale : français Format : couleur (Eastmancolor) — — 2,35:1 (Dyaliscope) — son Mono Genre : film de cape et d'épée Durée : 101 minutes Date de sortie : France : Visa d'exploitation : 23.468
Distribution
Du fait historique à la fiction Le film est une pure fantaisie, mais le cadre de l’arrière-plan est fidèle à la réalité historique. Le récit associe la Grande Histoire, celle du règne débutant de Christian Bouyer, , la montée de l’absolutisme, Éditions Tallandier, 2006 , à la petite histoire, celle imaginée par les scénaristes de la fiction.
L’action se déroule six ans après l’assassinat d’, en 1616, quand Marie de Médicis, mère du futur , trahit la noblesse du royaume, après avoir nommé son conseiller Concini premier ministre pour mener une nouvelle politique qui se révèle néfaste au pays. De graves troubles éclatent dans le Royaume (religieux, nobiliaires, sociaux). , craignant que Concini ne le remplace, fait un coup d'État et ordonne au baron de Vitry de l'assassiner. Pour mettre fin à la régence, il exile sa mère à Blois. remerciant les meurtriers s’écrit : « Grand merci à vous, à cette heure, je suis roi ! »
Dans cette grande Histoire, vient s’incruster la petite, purement imaginaire : un noble, d’origine modeste, nommé François de Capestang, dit le Capitan, loyal au roi, se dresse contre l’infâme conspirateur Concini, tout en sauvant de l’emprisonnement la fière Gisèle d’Angoulême, fille (imaginaire) du duc Charles d’Angoulême. Ce personnage a réellement existé, ses partisans ont organisé une conjuration contre Concini, afin de mettre le duc sur le trône à la place du jeune et faible roi , âgé de 15 ans.
À propos de la séquence dite « du poignard cassé »
Au cours du récit, Capestang devait sauver la belle Gisèle d’Angoulême, emprisonnée dans le château fort de Clairefont (en réalité le château de Val à Lanobre, non loin de Mauriac dans le département du Cantal). Pour cela, le seul moyen de pénétrer à l’intérieur était d’escalader les hauts murs Gilles Durieux, Jean Marais - Biographie , Paris, Flammarion, 2005 Sandro Cassati, Jean Marais, une histoire vraie, City Éditions, 2013 .