Le titre de tafaʻifa était le plus haut titre de l'aristocratie samoane du .
Histoire Du début du environ jusqu'au début ou au milieu du , les Samoa sont sous domination tongienne. Après l'émancipation des Samoa au , le pouvoir principal y demeure un temps celui des Tui Manuʻa, dynastie de la partie orientale de l'archipel. Petit à petit toutefois, le pouvoir glisse vers l'ouest.
D'après la tradition orale, la « prêtresse-guerrière » Nāfanua à la fin du ou au début du aurait unifié en sa personne, et par une victoire militaire, les quatre plus hauts titres de chefs alors existants dans (la partie occidentale de) l'archipel, les quatre titres papa : Gatoaʻitele, Tamasoaliʻi, Tui Aʻana, et Tui Atua. Elle les lègue à sa 'mentor' Levalasi Soʻoaʻemalelagi, qui les refuse un temps puis les accepte. Par la suite, ces titres reviennent à la nièce de cette dernière, vers le début du : Salamasina, fille de Tamalelagi, le Tui Aʻana, et de Vaetoeifaga, princesse tongienne fille du Tuʻi Tonga Kauʻulufonua . Salamasina serait la première tafaʻifa reconnue formellement comme telle Morgan A. Tuimalealiʻifano, O Tama a ʻāiga: The Politics of Succession to Sāmoa's Paramount Titles, Suva : Institute of Pacific Studies (Université du Pacifique Sud), 2006, , pp.6-9.
L'histoire des siècles qui suivent est parcellaire. Le titre en soi n'est pas héréditaire : il repose sur l'obtention des quatre titres dont il dépend, et dont la succession peut être contestée par différents héritiers potentiels. Fonoti aurait été un tafaʻifa dans la première partie du . Iʻamafana est tafaʻifa à la fin du . Il choisit Malietoa Vainuʻupo pour lui succéder à sa mort en 1802, mais cette succession est contestée. Durant un quart de siècle, le titre est vacant, jusqu'à ce que Tamafaiga s'en empare par la guerre en 1827 ou 1828. En 1829, il est assassiné, et Malietoa Vainuʻupo s'en empare à l'issue d'une brève guerre brutale. Il se convertit au christianisme après l'arrivée du missionnaire John Williams en 1830. Sa conversion entraîne celle de la majeure partie de l'archipel. Il meurt en 1841, et lègue ses divers titres à trois chefs différents, de sorte qu'aucun ne soit tafaʻifa Malama Meleisea, Lagaga: A Short History of Western Samoa, Suva : Institute of Pacific Studies, 1987, , p.74 Albert Wendt, ‘Guardians and Wards’ : A study of the origins, causes, and the first two years of the Mau in Western Samoa, Université Victoria de Wellington, 1965, pp.8-9.
Il n'aura jamais de successeur. Le titre tombe en désuétude alors que les Allemands, les Américains et les Britanniques se disputent l'influence prépondérante sur l'archipel, et instrumentassent les rivalités entre chefs autochtones. Dans le même temps, d'autres titres de chefs ont pris de l'importance par rapport aux titres papa ; les quatre nouveaux titres les plus influents sont les titres tama ʻaiga. Une tentative de bâtir une monarchie samoane sur le modèle occidental, sans lien au titre tafaʻifa et soumise aux intérêts occidentaux, avorte. En 1899, un accord tripartite entre les trois puissances occidentales partage les Samoa en deux colonies : l'une allemande à l'ouest, l'autre américaine à l'est. L'indépendance des Samoa occidentales en 1962 voit l'établissement d'une forme de monarchie cérémonielle, mais ancrée dans les titres tama ʻaiga.
Spécificités Les visiteurs occidentaux aux qualifient volontiers le tafaʻifa de « roi », mais le titre n'est en fait institué d'aucune autorité inhérente. L'autorité d'un(e) tafaʻifa découle de chacun des titres distincts qu'il porte (Gatoaʻitele, Tamasoaliʻi, Tui Aʻana, et Tui Atua) ; les porter tous ne lui donne pas accès à des prérogatives supplémentaires. Il n'existe pas de concept autochtone de monarchie aux Samoa, où « le pouvoir réside au niveau du nuʻu (village) », les villages étant des « entités politiques autonomes » durant l'ère pré-coloniale Robert W. Williamson, The Social and Political Systems of Central Polynesia, vol. 1, Cambridge University Press, 2013 , , p.437 Morgan A. Tuimalealiʻifano, O Tama a ʻāiga, op.cit., p.4.
Voir aussi Histoire des Samoa matai tama ʻaiga
Références
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