Bellou-sur-Huisne est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie. Le , elle a fusionné au sein de Rémalard en Perche, regroupant les trois communes voisines : Bellou-sur-Huisne, Rémalard et Dorceau.
Ses habitants sont appelés les Belluviens.
Elle fait partie de la communauté de communes Cœur du Perche et est membre depuis l'origine du parc naturel régional du Perche. Géographie Localisation et communes limitrophes
Paysages naturels L'utilisation du territoire de la commune de Bellou-sur-Huisne est essentiellement agricole.
De petits bois parsèment la commune, contribuant au maintien d'une « vie sauvage » : chevreuils, sangliers, petit gibier.
Hydrographie La rivière Huisne constitue la limite nord de la commune : elle attire les pêcheurs en saison, et la pratique du canoë-kayak se fait en hautes eaux. De nombreux affluents en amont, descendant les collines du Perche lui assurent un régime abondant.
Voies de communication et transport L'ancienne voie ferrée Condé-sur-Huisne - Alençon, à l'abandon depuis 30 ans environ, suit le cours de l'Huisne. Elle est transformée en voie verte depuis 2010, axe de développement touristique pour les marcheurs, les vététistes, cavaliers, etc.
Les routes principales qui traversent la commune sont des routes départementales, entretenues par le conseil départemental. L'entretien de la voirie communale dépend de la communauté de communes Cœur du Perche .
Les bus départementaux (Cap'Orne) s'arrêtent à Rémalard-en-Perche, pour desservir Mortagne-au-Perche ou les gares SNCF de Condé-sur-Huisne (Sablons sur Huisne) (61) et Nogent-le-Rotrou (28).
Les gares SNCF les plus proches sont Condé-sur-Huisne (61) et Nogent-le-Rotrou (28). Ces stations et la ligne dépendent de la Région Centre. Une halte SNCF subsiste à Bretoncelles (61).
Plusieurs sociétés de taxi-ambulance existent à Rémalard-en-Perche, Bretoncelles, Mortagne-au-Perche ou Nogent-le-Rotrou. Elles permettent d'accéder aux principaux centres de soins des environs (Chartres, Le Mans, Caen).
Urbanisme La commune était couverte par un plan d'occupation des sols (POS) qui a été révisé et transformé en plan local d'urbanisme (PLU), ce qui a rendu à l'urbanisation quelques parcelles du bourg (3 pavillons). Une partie du PLU concerne la protection des paysages et celle du bourg . Le document est consultable en mairie de Rémalard-en-Perche.
Logement Les résidences principales représentaient 68,5 % des logements à Bellou-sur-Huisne, taux stable depuis 2006 ; elles sont occupées dans 80,9 % des cas par leurs propriétaires. On dénombre 9,2 % de logements vacants et 22,3 % de résidences secondaires..
Sur les 207 résidences secondaires recensées à Bellou-sur-Huisne en 2011, 144 avaient été construites avant 1946, 54 entre 1946 et 1990 et seulement 10 entre 1990 et 2008.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Belou en 1195..
Le toponyme pourrait être issu du gaulois/bas latin berula, « berle, cresson ».. Suffixé d'-avum, il indiquerait la présence de ces plantes en ce lieu..
Histoire
Le siège de Rémalard Lors du siège de Rémalard en 1077, Guillaume le Conquérant fit élever plusieurs mottes défensives sur le territoire actuel de la commune de Bellou-sur-Huisne : l'une sur le site de la Butte (sud-est), et l'autre probablement à la Coudorière (sortie Ouest de Bellou), coupée en deux vers 1870 par la nouvelle route de Bellême. D'autres mottes ont dû exister au Chatelier (Rémalard) et à Beauregard (Dorceau).
Politique et administration
Liste des maires
Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et deux adjoints, réduit à seul adjoint depuis l'été 2014. Le conseil municipal a fusionné avec ceux de Dorceau et de Rémalard le , au sein de Rémalard-en-Perche.
Commune nouvelle de Rémalard-en-Perche La commune de Bellou-sur-Huisne a fusionné au 2016 avec les communes de Rémalard et Dorceau au sein de la commune nouvelle de Rémalard-en-Perche..
. Le conseil municipal sera composé jusqu'en 2020 des trois conseils actuels, soit trente-quatre membres.. Il y a dix adjoints.
Lors des élections municipales de mars 2020, la composition du conseil municipal retournera au « droit commun » des communes de , soit 25 membres, dont 5 adjoints.
De ce fait, la commune de Bellou-sur-Huisne a disparu au (charte de ) : la totalité des actes administratifs, le patrimoine et le personnel communal sont gérés par la commune nouvelle.
Population et société Démographie Bellou-sur-Huisne a compté jusqu'à en 1841.
Enseignement Bellou-sur-Huisne est située dans l'académie de Caen.
Les élèves de Bellou sont rattachés au pôle scolaire de Rémalard.
L'enseignement en primaire et en secondaire est concentré jusqu'au collège Paul-Harel de Rémalard.
Santé Un médecin est installé à Bellou-sur-Huisne dans l'ancienne mairie.
Une pharmacie, un autre médecin, des ambulances, des cabinets d'infirmières, ainsi qu'un cabinet dentaire se trouvent à Rémalard en Perche.
Activités et manifestations Un comité des fêtes propose depuis plus de 30 ans des activités ludiques.
Une Association de défense du patrimoine « Bellou sur Huisne patrimoine » a été créée en 2005.
Un comité de jumelage entre le canton de Rémalard et Castle Cary et Ansford (Somerset), en Angleterre organise, depuis 20 ans, des échanges (scolaires, chorales, harmonies municipales, etc.).
Une bibliothèque municipale est située à Bellou.
Économie Agriculture L'élevage de bovins et la production laitière sont les principales activités dans ce secteur : les champs produisent du fourrage. Quelques vergers de pommiers à haute tige subsistent, pour un usage privé (cidre et calvados).
Industrie, artisanat, commerce L'activité commerciale et industrielle se concentre au pont de Rémalard : une importante usine de produits chimiques « Buhler Fontaine Conditionnement »(BFC), classée SEVESO IIÉtablissements "SEVESO II" Orne sur le site de la DRIRE de Basse-Normandie., qui conditionne des produits ménagers en bombes aérosols, ainsi qu'un garage et une entreprise de produits pour le bâtiment.
La commune ne possède qu'un autre commerce (un café-restaurant) en milieu de bourg. Quelques artisans ont leur siège à Bellou. Ce qui a pu faire surnommer Bellou « une banlieue de Rémalard ».
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments
L'église Saint-Paterne vignette|Le clocher de l'église Saint-Paterne vu du chemin de la Rosière.
Présentation C'est une égliseBulletin Sté Historique et archéologique de l'Orne-T.5- A. L'Héréteyre-1886 romane des . Ses ogives (chapelle Saint-Joseph) attestent un style en transition avec le gothique. Le plan est en croix latine inachevée : la chapelle de la Vierge a été rajoutée en 1854, pour la symétrie. Les matériaux utilisés viennent de Bellou ou des environs : tuffeau blanc, probablement de la carrière de la Mansonnière, très proche, et grison du pays, peut être de la carrière de Saint-Jean-de-la-Forêt ou du Heaume. La tour-clocher en pierre atteste de la richesse du pays.
L'église est située sur la route royale de Paris au Mans, Angers et Nantes avant le percement de la nouvelle route de Bellême vers 1870. Ses dimensions sont : longueur : , largeur nef : , largeur croisée : , hauteur à la voûte : .
Les transformations vignette|redresse|Christ en croix.
Au , les fenêtres de l’abside furent ouvertes, mais cachées en 1709 par l’installation du retable et du tabernacle tous deux baroques.
Le retable baroque est en bois peint (1709) à ailes à six colonnes, fronton cintré avec gloire, guirlandes et corbeilles de fleurs, orné de deux statues (saint Martin et saint Paterne) en bois taillé et peint. Le tabernacle est en bois, également de 1709.
Ses deux peintures, de la même date, symbolisent le Sacré Cœur (culte de sainte Marguerite-Marie Alacoque), et le grand christ en croix, en bois taillé et peint , sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Un bel ensemble de bancs clos d’époque Louis XV est visible.
Des transformations eurent lieu dans les années 1850. Cette époque de renouveau religieux est marquée par le culte de l’Immaculée conception et les apparitions (Notre-Dame de la Salette en 1846, et Bernadette Soubirous en 1858)
La chapelle de la Vierge est construite en 1854 ; en 1853, des fenêtres de la nef sont élargies pour accueillir quatre vitraux de la nef, probablement en 1874. Les deux vitraux des chapelles (atelier du Carmel du Mans, Hucher père et fils) datent de la période entre 1880 et 1890. (Voir plus bas le ch. "Vitraux".)
Enfin, une sacristie est construite en 1853, en lieu et place d’une absidiole, dont on voit les traces à l’extérieur.
La dernière série de modifications a été effectuée dans les années 1875, soit après la guerre de 1870, qui a entraîné un renouveau du culte du Sacré Cœur). La fabrique (paroisse) décida de faire procéder à la « romanisation » de l’édifice, avec l’aide de l’archiviste de la cathédrale de Sées.
Des fonts baptismaux, datés de 1878, furent donnés par le Dr François Martin.
Les travaux mentionnés lors de la bénédiction de 1880Église de Bellou-sur-Huisne/ Travaux de Restauration/ Visite de l'évêque de Séez/ Dioc.de SEEZ éd.1883concernent : le Maître autel, le chevet, la façade occidentale, percée d’un large porche, et l’entrée nord, murée ; la mise en place des fonts baptismaux (1878) ; les modillons et autres sculptures, ainsi que le chemin de croix, cité dans cette bénédiction ; le cadran solaireVoir la page du cadran de l'église Saint-Paterne sur le site Cadrans solaires de Touraine et d'ailleurs..
Lors de la bénédiction de 1883, les travaux concernaient le transept sud, les deux côtés de la nef (les fenêtres sont entourées de colonnes), et deux statues de pierre blanche sont disposées dans la chapelle de la Vierge (sainte Anne et Notre-Dame des Champs, œuvres d'Achille de Beaumont).
Entre-temps, de nombreuses sculptures sur bois (autels) et peintures ont été réalisées. Une copie de la Vierge à la grappe, de Pierre Mignard (original au Louvre), exécutée par un artiste parisien, est installée dans la chapelle de la Vierge (toile restaurée en 2008). vignette|upright|alt=|Eglise St Paterne Bellou-sur-Huisne (Orne)autel de la Vierge (vers 1880)
Les trois cloches sont installées en 1896 (Voir section ci-dessous).
Les vitraux Les quatre vitraux de la nef datent de 1874 (l'un est daté). Ils ont été réalisés par l’atelier Ledien-Bazire, installé à Argentan de 1856 à 1915.
Les frères Ledien, instituteurs, décident vers la quarantaine, après une formation de dessin à Paris, de créer une fabrique de vitraux à Argentan. Après une formation technique dans un atelier parisien, ils produisent leur première verrière en 1856, puis divers vitraux pour des églises en Irlande. L’entreprise étend ses activités : vitraux à Autun, à nouveau en Irlande, à Pittsburgh, etc. L’atelier est transféré à Caen. L’affaire est cédée en 1885 à M. Bazire, qui cesse la production en 1915.
Les sujets des vitraux sont les saints « percherons ». Ces vitraux sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
Ils ont été restaurés en , par La maison du vitrail à Paris, à l'initiative et grâce à l'action financière de l'association Bellou-sur-Huisne Patrimoine.
Dans chaque chapelle, un vitrail reprend la thématique percheronne des frères Ledien. L'un est marqué « Fabrique du Carmel du Mans, Hucher ». Ils datent des années 1880-1890 et sont également inscrits à l'inventaire des Monuments historiques.
Les vitraux de l'église de Bellou ont été réalisés par le fils d'Eugène Hucher, Ferdinand, entre 1880 et 1890 (c'est la signature classique de cette époque). Ils portent la mention « Fabrique Carmel du Mans ».