La conférence de la paix de Paris en 1919 est une conférence internationale, organisée par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale afin de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus. La conférence débute le Jour anniversaire de la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces du château de Versailles le . Cf. Paul Hymans, Mémoires, , Bruxelles, Institut de sociologie Solvay, 1958, . et se termine en , après six mois de discussions et tenues par techniques avec entre-temps quelques interruptions. Elle prépare le traité de Versailles qui sera signé le et d'autres traités avec les alliés allemands qui sont signés à d'autres endroits dans la banlieue parisienne.

Elle consacre la disparition de trois empires, l'Empire allemand, l'Empire austro-hongrois et l'Empire ottoman, et la création de nouveaux États en Europe : renaissance de la Pologne, création de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie.

Les colonies allemandes sont partagées entre le Royaume-Uni, la France, la Belgique, l’Afrique du Sud, les États-Unis et le Japon, tandis que le Proche-Orient, anciennement possession turque, est divisé en mandats attribués par la Société des Nations à la France et au Royaume-Uni.

Des réparations de guerre sont exigées de l'Allemagne, qui voit son territoire à l'est amputé, entre autres, du couloir de Dantzig, administré par la Pologne, comme d'une partie de la Haute-Silésie, tandis que le redevient français, que le nord du redevient danois et que la région d'Eupen et de Malmédy est attribuée à la Belgique.

Différents conseils Le conseil supérieur des Alliés est créé dès le début de la conférence et se déroule à huis clos. Ce conseil est composé des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l'Italie et du Japon, ce conseil a été souvent désigné comme « les cinq grands » ( en anglais)Fernand Baudhuin (dir.), Histoire de la Belgique contemporaine 1914-1970, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1975, ..

Pour chacun de ces pays, le Premier ministre ainsi que celui des Affaires étrangères participent au Conseil des Dix. Ce dernier siège du au Colonel Edward Mandell House & Charles Seymour, Ce qui se passa réellement à Paris en 1918-1919 : histoire de la conférence de la paix par les délégués américains, Paris, Payot, 1923, .. Après une quinzaine de jours, le conseil reconnut qu'il était débordé et décida de créer des commissions spéciales, 52 au total. Peu après, le Conseil des Dix est supplanté à partir du par le Conseil des Quatre, où siégeaient Woodrow Wilson, David Lloyd George, Georges Clemenceau et Vittorio Emanuele OrlandoIbidem, ..

Remaniements territoriaux Une place importante dans les travaux de la conférence a été occupée par la question de la reconnaissance des États en voie de formation. Des délégations des États baltes, de la Transcaucasie et de l'Ukraine sont venues à Paris, espérant une solution d'après-guerre équitable à la question nationale lors de la conférence des États victorieux.

État allemand et devenir de ses territoires L'Allemagne, qui n'est pas représentée au cours de la conférence, est amputée de certains territoires, privée de ses colonies, astreinte à de lourdes réparations économiques et à d'importantes restrictions de sa capacité militaire. Les pourparlers de la conférence au sujet du devenir de l'Allemagne sont entérinés par le traité de Versailles le entre les Alliés et l'Allemagne qui sera signé par les délégués allemands Hermann Müller et .

Les Français ont cherché à réduire et à affaiblir l'Allemagne autant que possible afin d'éliminer la menace militaire allemande. L'adversaire d'une telle politique était le Royaume-Uni, qui craignait que la position de la France en Europe ne s'accroisse trop du fait de l'affaiblissement de l'AllemagneCzubiński A., Historia Powszechna wieku, Poznań: Wydawnictwo Poznańskie, 2003, s. 131..

Question de l’Alsace-Lorraine

90px|gauche|Carte du . 90px|gauche|Georges Clemenceau

Les Britanniques et les Américains étaient d'accord pour laisser l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne, territoire cédé par la France à l'Empire allemand en application du traité de Francfort, signé le après la défaite française, prétendant que ces territoires étaient des terres allemandes, à mentalité allemande et de langue allemande.

Georges Clemenceau s'opposant énergiquement à cet accord, les alliés indiquèrent que l'affaire était close. Arthur Hugenschmidt communiqua au « Tigre » une lettre du roi de Prusse , datée du , dans laquelle le futur empereur d'Allemagne affirmait à l'impératrice déchue qu'il revendiquait l'Alsace et la Lorraine Claude Mercier : Clemenceau… tout simplement !.

À la lecture de cette lettre, Lloyd George et Woodrow Wilson s'inclinent et l'Alsace et la Lorraine redeviennent françaisesJournal de l'Union nationale des combattants ..

Clémenceau ne parvient cependant pas à récupérer le bassin de la Sarre et la ville alsacienne de Landau in der Pfalz, qu'il considère comme faisant partie intégrante de l'Alsace-Lorraine, à cause de la ferme opposition de Wilson.

Question belge

Le royaume de Belgique était représenté par trois délégués plénipotentiaires Paul Hymans, Jules Van den Heuvel et Emile Vandervelde

À l'issue du traité de Versailles, la Belgique se voit attribuer en guise de compensation pour les dommages subis lors de la première Guerre mondiale les cantons d'Eupen et de Malmedy, et la ligne de chemin de fer des Fagnes dont le parcours pénètre par endroits sur le territoire allemand. Selon le traité de Versailles, la voie ferrée ainsi que ses stations et installations se trouvent entièrement sous la souveraineté de la Belgique et font donc partie de son territoire, créant ainsi cinq enclaves allemandes du côté ouest de la ligne de chemin de fer Carte des exclaves : Vennbahn (German exclaves in Belgium)..

Question polonaise

90px|gauche|revendications territoriales polonaises 90px|gauche|Roman Dmowski

La Pologne était représenté par Roman Dmowski et Ignacy Paderewski, assistés de , , , .

Question de la ville de Dantzig

Dantzig et ses environs passèrent sous le contrôle de la Société des Nations en tant que ville libre de Dantzig ; ils furent inclus dans la zone douanière polonaise et représentés par la Pologne pour sa politique étrangère.

États de l'ex-empire des tsars et devenir de ses états Question russe Représentation des russes blancs

90px|gauche|Sergueï Sazonov.

Début pour représenter les intérêts de la République russe issus de la Révolution de Février, le est fondé à Paris. Ce comité de négociation a été fondé par Vassili Maklakov, (ambassadeur à Paris pour le gouvernement provisoire russe), Sergueï Sazonov, Gueorgui Lvov, Nikolaï Tchaïkovski (président du Gouvernement provisoire de la Région septentrionale à Arkhangelsk) et Boris Savinkov. Le conseil était en contact avec le général Anton Denikin (Commandant en chef des Forces Armées du Sud de la Russie) dans le sud de la Russie et l'amiral Alexandre Koltchak (Gouverneur suprême de la Russie)

En , le conseil consultatif politique russe a tenté de coopérer avec le gouvernement finlandais, mais a refusé de reconnaître l'indépendance de la Finlande, car selon lui, seule l'assemblée nationale, qui édicte la constitution, pouvait décider du partage de l'empire. le conseil consultatif était enclin à recommander la reconnaissance de l'indépendance de la Finlande afin d'amener la Finlande à soutenir l'attaque du général Nikolaï Ioudenitch contre Saint-Pétersbourg, mais l'amiral Koltchak, resta inflexible.

L'objectif principal du conseil consultatif politique russe était de représenter la Russie à la conférence de la paix de Paris, mais les puissances environnantes ne s'en souciaient pas.

Après la révolution d'Octobre et la chute de la République russe, l'Entente a reconnu le gouverneur suprême de la Russie Alexandre Koltchak comme le dirigeant du gouvernement russe anti-bolchevik à condition que l'indépendance de la Finlande, de la Pologne, de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la Lituanie, de la Lettonie et de l'Estonie soit reconnue, Koltchak a répondu qu'il s'agissait de parties de la Russie. Et la république socialiste fédérative soviétique de Russie ayant conclu une paix séparée avec l'Allemagne n'a pas participé à la conférence.

Représentation des Bolcheviks

Question finlandaise

Question estonienne

90px|gauche|Portrait de Jaan Poska par Paul Raud, 1929, huile sur toile.

La délégation estonienne, composée de Jaan Poska, , Jaan Tõnisson, , Kaarel Robert Pusta, , et , souhaitaient obtenir la reconnaissance internationale de l’indépendance estonienne ..

Si la Première Guerre mondiale avait pris fin, l’Estonie entrait dans sa propre lutte pour l’indépendance, combattant contre la Russie bolchévique et, en juin-, contre la Landeswehr.

Sans reconnaissance officielle, l’Estonie a assisté à la conférence de paix de Paris en tant qu’observateur, mais avec un mandat étendu de son gouvernement. Des décisions sur des sujets tels que la formation d’un État binational avec la Finlande, la création de la Ligue balte des nations, et même l’idée d’une Estonie égale au sein d’une Fédération de Russie issue de la révolution de février étaient toutes envisagées.

L’objectif principal de la délégation était d’obtenir la reconnaissance de jure de la république d’Estonie, mais il était également crucial d’obtenir un soutien militaire et financier. Sans reconnaissance officielle, l’Estonie ne pouvait pas établir de relations économiques et commerciales officielles. De grands efforts ont été faits par la délégation pour obtenir des armes et de la nourriture, et certains succès ont été obtenus sur le plan économique. L’aide étrangère a commencé à arriver en Estonie en 1919.

Les Estoniens n’ont pas obtenu la reconnaissance de jure qu’ils espéraient à Paris, ce qui a été une grande déception pour Poska et les autres membres de la délégation. Cependant, la conférence a permis une interaction intensive avec les politiciens occidentaux et a permis de créer des liens et des contacts avec divers milieux économiques et financiers. Cela a été réalisé à grande échelle et a jeté les bases d’un futur réseau de contacts.

Face à l’impossibilité d’obtenir une reconnaissance de jure durant la conférence à Paris, les Estoniens ont envisagé d’autres alternatives pour garantir leur indépendance et des négociations difficiles ont commencé avec la Russie bolchevique, aboutissant à la signature du traité de Tartu le ..

Question lettone

90px|gauche|Carte de la Lettonie en 1920. 90px|gauche|Jānis Čakste

La délégation de la République de Lettonie menée par Jānis Čakste avait pour objectif principal la reconnaissance internationale de l’indépendance proclamée en , dans le contexte de la guerre d’indépendance contre les armées rouge, blanche, , et allemande, les volontaires de l'Ouest russe, la Division de fer allemande et la Baltische Landeswehr. Les représentants lettons plaidèrent pour la consolidation des frontières de l’État, en particulier vis‑à‑vis de la Russie soviétique, et pour l’intégration de la Lettonie dans le système de sécurité collective envisagé par les puissances alliées.

Les discussions menées à Paris contribuèrent à la reconnaissance progressive de la République de Lettonie par les puissances occidentales. Les revendications territoriales furent confirmées par le traité de Riga (1920), qui fixa la frontière orientale avec la Russie soviétique. La Conférence permit également à la Lettonie de s’affirmer comme un État indépendant dans le cadre du nouvel ordre européen issu de la Première Guerre mondiale.

Question lituanienne

90px|gauche|Augustinas Voldemaras.

La Lituanie n'a pas été invitée à la conférence. Néanmoins, la Lituanie avait envoyé ses représentants à Paris, censés représenter les intérêts lituaniens sans participer directement à la conférence de la paix. La délégation de la république indépendante de Lituanie était composée de deux groupes :