Saint-Jean-Baptiste, parfois appelé « faubourg Saint-Jean », est l'un des 35 quartiers de la ville de Québec. Il est situé dans l'arrondissement de La Cité-Limoilou.

Il est le quartier le moins vaste mais aussi le plus dense de la ville. Il figure parmi les plus anciens quartiers de Québec, la partie la plus ancienne correspondant à l'ancien quartier populaire organisé autour de l'église Saint-Jean-Baptiste alors que la partie plus récente est occupée principalement par le gouvernement du Québec et de grands hôtels modernes comme le Centre des congrès de Québec et l'Édifice de la Haute-Ville.

Géographie

Le quartier de Saint-Jean-Baptiste se trouve du côté nord de la colline de Québec, au sommet du coteau Sainte-Geneviève. Il est situé à l'ouest du Vieux-Québec, au nord de la Colline parlementaire de Québec, à l'est de Montcalm et au sud de Saint-Roch. Suivant le découpage officiel de la Ville de Québec, il est délimité par le coteau Sainte-Geneviève, l'avenue Honoré-Mercier, le boulevard René-Lévesque, la rue De la Chevrotière, la rue Jacques-Parizeau., la rue de Claire-Fontaine, la Grande Allée et l'avenue De SalaberryVille de Québec - Carte mobile.

Il couvre sur les que compte l’arrondissement, ce qui en fait un tout petit quartier, situé en plein-cœur de la Ville..

Histoire Naissance du faubourg Saint-Jean Historiquement, le quartier Saint-Jean-Baptiste couvre l'ancien faubourg Saint-Jean et l'ancien faubourg Saint-Louis, rasé pour faire place à la Colline parlementaire et à l'actuel boulevard René-Lévesque Est.

Le faubourg Saint-Jean existe depuis le Régime français, constituant historiquement la banlieue de la haute-ville de Québec vers l'ouest. L'actuelle rue Saint-Jean est tracée sous forme de chemin en 1667.. Elle porte ce nom du fait de l'arpenteur Jean Bourdon.. La porte Saint-Jean est alors un étroit passage dans la fortification et est fermée le soir et la nuit. Pâturage et lieu de passage au , le faubourg connaît un début d'occupation chaotique au . À l'époque de la Nouvelle-France, le territoire est occupé par des terres agricoles concédées à des colons ou gérées par les communautés religieuses: les Ursulines et les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu possèdent la majeure partie du territoire correspondant à l'actuel quartier Saint-Jean-Baptiste.

vignette|gauche|Le faubourg Saint-Jean, peint en juillet 1830.

Un hameau se développe alors le long du chemin Saint-Jean, qui devient un axe commercial. Il commence à être loti en 1722, lorsque Joachim Girard, cordonnier, y lotit des arpents. Vers 1740, le faubourg compte une trentaine de maisons et accueille des artisans de la construction, des tanneurs, des charretiers et des journaliers.

La côte d'Abraham porte le nom d'Abraham Martin, premier résident du coteau Sainte-Geneviève, qui avait là son chemin menant de ses pâturages, Les Plaines d'Abraham aujourd'hui, vers la rivière Saint-Charles.. En 1645, il possède 32 arpents entre le coteau et la rue Saint-Patrick et y fait construire une maison et une grange. À côté de sa maison jaillit une fontaine qui donnera par la suite son nom à la rue de Claire-Fontaine. A son décès en 1664, ses héritiers vendent la terre aux Ursulines. Après la Conquête, les religieuses concèdent l'emplacement à Jean-Marie Deguise, qui y installe à partir de 1762 une tannerie alimentée par l'eau de la fontaine.

L'invasion du Québec en 1775 amène l'armée britannique à démolir le bourg pour dégager les fortifications de la ville. En effet, la ville ayant été assiégée par les Américains, le Conseil de guerre britannique fait raser les maisons pour qu'elles ne puissent plus servir d'abri à l'ennemi.

Plan orthogonal et densification vignette|gauche|La rue Saint-Patrick en 1872. Une grande partie des maisons du quartier ont été détruites lors de l'incendie de 1881. vignette|L'église Saint-Jean-Baptiste vers 1858.

Après 1780, le faubourg commence à se redévelopper en dépendance du bourg de Québec.. En 1783, les religieuses de l'Hôtel-Dieu confient à l'arpenteur Vondenvelden la subdivision des terrains, qui opte pour un plan orthogonal (les rues se coupent à angle droit) et jette ainsi la base de la trame urbaine future du quartier. En 1795, le faubourg Saint-Jean compte 230 ménages et quelque 170 demeures. En 1795, on compte 1245 résidents dans le faubourg. Le quartier se développe principalement au . En 1840, il compte plus de 9000 résidents.

Le faubourg Saint-Louis se développe dans la première moitié du , au sud de la rue Saint-Patrick. La population qui s'y installe est modeste, et se compose de familles d’origine irlandaise, arrivées à Québec dans les années 1830 et qui s'installent dans les rues Scott, O’Connell (nommée en l'honneur du patriote irlandais Daniel O'Connell), Saint-Patrick et adjacentes..

Trois incendies importants détruisent la majeure partie des habitations en 1845, 1876 et en 1881. tant dans le faubourg Saint-Jean que le faubourg Saint-Louis. Le premier incendie, le plus important, se déclare le à 11 heures du soir rue d'Aiguillon. Deux églises, trois écoles et près de 1.300 maisons sont détruites; on évalue les pertes à six millions de dollars. Trois incendies moins dévastateurs se déroulent les , (tous deux aux environs de la rue Scott, et qui détruisent respectivement 57 et 95 maisons) et ; ils illustrent un problème récurrent dans le faubourg: le service d'aqueduc ne fonctionne pas, et les pompes ne peuvent pas amener suffisamment l'eau vers la haute-ville. Le deuxième incendie d'importance se déclare le , dans une écurie de la rue Scott. Près de 26 arpents sont rasés, 500 maisons disparaissent laissant 3 000 personnes sans abris. L'incendie du rase l'église Saint-Jean-BaptisteArticle sur GrandQuébec.com, détruit 1200 maisons et fait 5000 sinistrés.

Le marché Berthelot, implanté en 1825, permet aux faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis de devenir davantage autonomes par rapport à la cité à l'intérieur des fortifications, et davantage avec les agrandissements de ce marché en 1852 et 1866. À cette époque, l'Association des zouaves de Québec promeut les valeurs catholiques.

Transformation urbaine

vignette|Vue aérienne du quartier.

Au cours des années 1950 et 1960, le paysage urbain du faubourg Saint-Louis est complètement transformé avec la modernisation de la Cité parlementaire du gouvernement du Québec. Le mouvement communautaire marque les années 1970 et 1980 avec la fondation de dizaines de coopératives d’habitation et d’alimentation ainsi que de comités de citoyens dédiés à diverses causes progressistes.

Démographie

Évolution entre 1871 et 1941 Entre 1871 et 1941, la population du quartier passe de 15 658 à 25 463 habitants. Le taux moyen annuel de natalité oscille entre 35,8 pour mille (en 1871) et 42,1 pour mille (1911), pour finir à 21,2 pour mille entre 1931 et 1941.

Situation actuelle Lors du recensement de 2016, le portrait démographique du quartier était le suivantPortrait sociodémographique et économique du quartier Saint-Jean-Baptiste - Janvier 2019 : sa population représentait 8,6 % de celle de l'arrondissement et 1,7 % de celle de la ville ; le quartier compte , dont 64% sont constitués d'une seule personne, 25,7 % de deux personnes, 6,3 % de trois personnes, et 4 % de quatre personnes et plus ; les couples sans enfant représentent 61 % des familles du quartier ; les personnes âgées de moins de 25 ans représentent 17,6 % de la population du quartier (contre 25,5 % à l'échelle de la ville), et les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 23,2 % (contre 20,6 % à l'échelle de la ville) ; l'âge moyen des résidents est de tandis que celui à l'échelle de la ville était de ; la majorité des résidents sont locataires (77,1 %, contre 46,6 % à l'échelle de la ville). Le parc immobilier est relativement ancien: 61,4 % des logements du quartier datent de 1960 ou avant ; les résidents du quartier ont un taux de scolarisation plus élevé que la moyenne de la ville: 45,2 % des résidents possèdent un certificat, un diplôme ou un grade universitaire équivalent au baccalauréat ou supérieur, contre 25,7 % à l'échelle de la ville ; taux d'activité de 66,2 % et taux de chômage de 7,5 % ; revenu moyen brut des 15 ans et plus : .

Politique et administration Au conseil municipal de Québec, le quartier est inclus dans le District de Cap-aux-Diamants.. Aux élections municipales de 2021, Mélissa Coulombe-Leduc est élue pour Québec forte et fière.

Aux élections municipales de 2017, Jean Rousseau est élu conseiller municipal du district Cap-aux-Diamants avec 40,69 % des voix, et prend la succession d'Anne Guérette, pour le parti Démocratie Québec.

En matière de démocratie de proximité, les citoyens du quartier sont représentés par le conseil de quartier de Saint-Jean-Baptisteconseil de quartier de Saint-Jean-Baptiste. Au sein de la Ville de Québec, les conseils de quartier émettent des recommandations sur les projets de modification aux règlements d’urbanisme dans le quartier ou tout projet touchant le quartier qui leur est soumis par la Ville; tenir des séances de consultation publique; transmettre leur avis au conseil de la ville ou au conseil d’arrondissement sur toute matière concernant le quartier; bonifier l’offre de services et contribuer à la planification ou la mise en œuvre d’un projet municipal touchant le quartier. Le conseil de quartier de Saint-Jean-Baptiste promeut un développement selon les principes d'écoquartier urbain.. Des rues partagées sont apparues dans les années 2020, dans un but d'apaiser la circulation et de verdir le quartier.

Monuments et architecture

Patrimoine urbain L'hétérogénéité domine dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, et l'on distingue aisément l'architecture du secteur nord du quartier, témoignant encore des gabarits postérieurs à l'incendie de 1845, de celle du secteur sud, dont l'architecture publique et institutionnelle s'appuie sur une trame plus aérée. On trouve dans la partie sud quelques édifices datant de la seconde moitié du , principalement des maisons de deux, trois et quatre étages, construites en bordure du trottoir et dont le recouvrement est fait de briques. Bien que le Conseil municipal ait interdit d'employer le bois comme matériau de construction après l'incendie de 1845, cela ne fut pas respecté, et le patrimoine bâti de Saint-Jean-Baptiste est le reflet de trois incendies majeurs survenus au . L'incendie de 1881 a rasé la plupart des maisons du faubourg, à l'exception de quelques maisons à l'est de la côte Sainte-Geneviève. Il ne subsiste aujourd'hui plus de maisons de bois à un ou deux étages antérieures à 1845. vignette|Le 429, rue Saint-Jean (Château du faubourg).

L'immeuble à toit plat, apparu vers 1900, forme l'architecture dominante du quartier, et a remplacé progressivement les toits brisés ou à deux versants, afin de pouvoir aménager des logements au troisième étage. Ces immeubles à logements multiples répondent à la densification du quartier à l'aube du .

Parmi les édifices intéressants, on peut noter :

l'épicerie J. A. Moisan, construite en 1871 ; l'immeuble du Claridge. ; le château du faubourg.

Patrimoine religieux vignette|gauche|Église Saint-Jean-Baptiste Les principaux édifices religieux d'intérêt patrimonial comprennent :

Église Saint-Jean-Baptiste de Québec (1884), classée monument historique en 1991Répertoire du patrimoine culturel du Québec. ; l'église est fermée au public depuis 2015. Le Comité du patrimoine Saint-Jean-Baptiste, formé dans les années 1970, vise à assurer la protection, la conservation et la restauration des biens culturels du quartier. Il exerce des actions afin de faire reconnaître ou classer certains bâtiments et objets de la culture matérielle. Il organisait au sein de l'Église des expositions qui attiraient quelque chaque année..