Michel Barnier, né le à La Tronche (Isère), est un homme d'État français. Plusieurs fois ministre et commissaire européen, il joue, à partir de 2016, un rôle de premier plan dans la politique française et européenne en étant le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne (UE), puis le Premier ministre français du au .

Membre des principaux partis gaullistes successifs (UDR, RPR, UMP et LR), il s'engage en politique en 1973 en Savoie. Il est élu député dans ce département pour la première fois en 1978. Localement, il s'implique en particulier dans l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville.

Il est ensuite ministre à plusieurs reprises sous la deuxième cohabitation (dans le gouvernement Balladur) puis sous Chirac et Sarkozy (Environnement de 1993 à 1995, Affaires européennes de 1995 à 1997, Affaires étrangères en 2004-2005, Agriculture et Pêche de 2007 à 2009). Il est également deux fois commissaire européen (Politique régionale de 1999 à 2004 ; Marché intérieur et Services financiers de 2010 à 2014) et vice-président de la Commission européenne de 2010 à 2014. En 2016, l'UE le charge de mener les négociations liées au Brexit, puis de négocier les relations ultérieures avec le Royaume-Uni.

Candidat au congrès des Républicains (LR) de 2021 pour l'élection présidentielle de 2022, il est éliminé de justesse à l'issue du premier tour de cette primaire interne, arrivant en troisième position avec 23,9 % des voix avant de rallier Valérie Pécresse.

En , en pleine crise politique, il est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. Il forme un gouvernement minoritaire soutenu par le « socle commun » (EPR-LR), qui est renversé en suivant à la suite de son recours à l'article 49.3 de la Constitution pour la loi de financement de la Sécurité sociale. Avec trois mois et huit jours passés à Matignon, il est le Premier ministre le plus éphémère de la République.

À l'occasion d'une élection législative partielle organisée en 2025 dans la deuxième circonscription de Paris, il retrouve les bancs de l'Assemblée nationale après trente-deux ans d'absence.

Famille et études Vie familiale Michel Jean Barnier naît le Who's Who in France, édition 2020, . à La Tronche (département de l'Isère), benjamin d'une fratrie de trois garçons...

Son père est Jean Barnier, patron d'une petite entreprise industrielle de gainerie, et sa mère Denise Durand, militante d'associations sociales. Son ascendance agnatique est dauphinoise et fixée, de la quatrième à la onzième génération (début des registres au ), à Saint-Étienne-de-Crossey, aujourd’hui dans le département de l’Isère.

Le , il épouse Isabelle Altmayer, avocate, avec qui il a trois enfants : Nicolas, Laetitia et Benjamin.

Parcours scolaire Après des études secondaires au lycée Jean-Moulin d'Albertville, puis au lycée du Parc à Lyon, Michel Barnier fait ses études supérieures à l’ESCP (École supérieure de commerce de Paris), dont il sort diplômé en 1972 (dans la même promotion que Jean-Pierre Raffarin).. Il étudie également à l'Institut d'études politiques de Paris.. Durant ses études à Paris, Michel Barnier est membre de la Conférence Olivaint.David Colon, « Les jeunes de la Conférence Olivaint et l’Europe de 1919 à 1992 » in revue du Centre d’histoire de Sciences Po, 2010, 10, , ..

Parcours politique Débuts et ascension Michel Barnier se consacre ensuite à la politique, après avoir adhéré dès l'adolescence à l'Union des démocrates pour la République (UDR), le parti gaulliste. Il est cadre de l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), mouvement officiel des jeunes gaullistes.

Il est successivement chargé de mission au cabinet de Robert Poujade, ministre de l'Environnement (1973-1974), conseiller général de la Savoie pour le canton de Bourg-Saint-Maurice (1973-1999) , chargé de mission au cabinet de Pierre Mazeaud, secrétaire d'État chargé de la Jeunesse et des Sports (1974-1976), conseiller technique au cabinet d'Antoine Rufenacht, secrétaire d'État auprès du Premier ministre (1976-1977), puis secrétaire d'État au Commerce et à l'Artisanat (1977-1978).

À l’issue des élections législatives de 1978, il est élu député de la Savoie. À , il est le plus jeune député de l'Assemblée nationale. Il est réélu aux élections législatives de 1981, marquées par une « vague rose » après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République..

Le , il compte parmi les députés de droite qui rompent la discipline de groupe et votent en faveur de l'abolition de la peine de mort.. Le suivant, il fait partie des (la quasi-totalité de son groupe parlementaire) qui votent contre l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal réprimant toute relation homosexuelle avec un mineur de plus de quinze ans (par exception à la disposition générale qui n'interdit les relations sexuelles qu'avec mineur de moins de )... Le , il vote d'autre part contre le projet de loi prévoyant le remboursement de l'IVG par la Sécurité sociale..

En 1982, afin de reprendre le conseil général de la Savoie à la gauche, une entente politique prenant le nom d'Union pour la Savoie entre la droite et le centre est passée, sous l'égide, entre autres, de Michel Barnier, et procède à la distribution des investitures aux élections cantonales. Il devient alors le plus jeune président de conseil général de l'histoire de la Savoie. Dès son élection à la présidence de cette collectivité locale, il s'associe au triple champion olympique Jean-Claude Killy pour porter la candidature et organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1992, co-présidant avec lui le comité d'organisation des Jeux d'Albertville.

En 1995, alors qu’il est au gouvernement, il est élu sénateur de la Savoie. Il n'exerce pas son mandat du fait de ses fonctions gouvernementales et est réélu en 1997. Il quitte le Sénat après sa nomination comme commissaire européen en 1999..

Il fait partie des sénateurs qui votent contre le projet de loi instituant le Pacte civil de solidarité (PACS), union civile ouverte aux couples de sexes différents ou de même sexe, lors des séances des et ...

Premières responsabilités ministérielles vignette|gauche|redresse|Portrait de Michel Barnier en tant que membre de la commission Prodi en 1999.

Ministre de l'Environnement Attentif aux questions écologiques, Michel Barnier engage dès 1986 une politique de protection de l'environnement en Savoie et publie, quatre ans plus tard, un rapport parlementaire intitulé Chacun pour tous et cent propositions pour l'environnement.

Il est nommé ministre de l'Environnement dans le gouvernement Balladur en et fait voter entre autres la loi Barnier, qui comprend notamment la création de la Commission nationale du débat public pour les grands projets d'infrastructures et instaure le début du principe de précaution. Cette loi institue également une fiscalité écologique, la taxe Barnier, afin de faire participer les passagers de transport maritime à la protection légale d'espaces naturels.. Il est à l'origine du plan Loire Grandeur Nature (PLGN), adopté par le comité interministériel du .

Ministre délégué aux Affaires européennes Michel Barnier soutient Édouard Balladur lors de la campagne présidentielle de 1995. Jacques Chirac, vainqueur de l'élection, accepte malgré tout sa nomination dans le gouvernement d'Alain Juppé.

La construction européenne, autre engagement fort de sa carrière, le conduit au ministère délégué aux Affaires européennes de 1995 à 1997. À ce titre, il est le chef de la délégation française pour la négociation du traité d'Amsterdam.. Au sein du gouvernement, il s'attache à deux priorités : la présence française dans tous les pays d'Europe centrale, orientale et baltes et l'explication de l’Europe aux citoyens..

Commissaire européen vignette|redresse|gauche|Michel Barnier en 2002. Nommé commissaire européen le , Michel Barnier a la responsabilité d’animer la politique régionale et de cohésion. Il est chargé, par ailleurs, de la réforme des institutions et de la Convention sur l'avenir de l'Europe : lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2001, il est désigné, avec son collègue António Vitorino, pour représenter la Commission européenne au sein du présidium de la Convention sur l’avenir de l’Europe, présidée par Valéry Giscard d'Estaing. Cette convention se fixe pour objectif d’élaborer une proposition de constitution pour l’Union européenne, , pour lui permettre de répondre aux enjeux de l’élargissement de l'UE tout en renforçant sa dimension politique. C’est dans ce cadre que Michel Barnier se voit confier la présidence du groupe de travail sur la défense européenne.

Le , alors qu'il est invité d'honneur des fêtes johanniques d'Orléans, il est entarté avec une assiette de mousse à raser par un militant de l'Action française à la sortie de l'hôtel Groslot.

En 2003, Michel Barnier fonde un club politique nommé « Nouvelle République », dont l'objectif est de faire dialoguer entre eux les décideurs politiques, les chefs d'entreprises et les membres de la société civile de tous bords, ainsi que d'ouvrir le débat français aux idées européennes et internationales..

Retour au gouvernement français Ministre des Affaires étrangères vignette|gauche|Michel Barnier et Colin Powell, secrétaire d'État des États-Unis, en 2004. Michel Barnier est nommé ministre des Affaires étrangères dans le troisième gouvernement Jean-Pierre Raffarin le , lors du remaniement après la défaite de la droite aux élections régionales.

L'enlèvement de deux journalistes, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, par l'Armée islamique en Irak, le conduit dans les pays du Proche-Orient en - , pour conduire, avec les services de l'État, les négociations afin d'obtenir leur libération, qui a lieu après de captivité, le . En tant que ministre des Affaires étrangères, il est également impliqué dans l'action diplomatique française visant la libération de Florence Aubenas. Celle-ci est libérée après de captivité.

Le , il signe l'accord à l'origine de la création du laboratoire P4 de Wuhan.., lieu d'origine contesté de la pandémie de Covid-19..

Non reconduit dans le gouvernement Villepin en , il est nommé au Conseil d'État à compter du , au tour extérieur par décret du ..

Conseiller politique gauche|vignette|Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, en 2008.

En , Michel Barnier est nommé vice-président du groupe Mérieux Alliance (holding regroupant un ensemble de sociétés dans le domaine de la biologie). Aux côtés d'Alain Mérieux, il est chargé d'animer les relations avec les grands organismes de santé internationaux, les instances économiques et financières, les acteurs du développement mondial. Il quitte ses fonctions en , lors de son retour au gouvernement.

En 2006, il est également conseiller spécial du président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso. Il présente au Conseil européen, le , un rapport proposant la création d’une force européenne de protection civile..

Il est membre du groupe Amato, qui permet de rédiger un projet modificatif du traité de Lisbonne jusqu'au .

Devenu conseiller politique de l'UMP le , il se rapproche de Nicolas Sarkozy et lui apporte son soutien lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007.. Entendu comme témoin dans l'affaire Clearstream en , il met en cause Dominique de Villepin, l'accusant de s'être livré à une sorte d'enquête parallèle dans ce dossier impliquant Nicolas Sarkozyhttps://www.leparisien.fr/faits-divers/barnier-met-en-cause-villepin-20-10-2006-2007433313.php.

Ministre de l'Agriculture Le , il est nommé, à la suite des élections législatives de 2007, ministre de l'Agriculture et de la Pêche du deuxième gouvernement de François Fillon. En , en pleine réforme de la PAC, la FDSEA du Loiret l'accueille avec des sifflets à Polytech Orléans et lui décerne la . Il reste en fonction jusqu'à son élection au Parlement européen en .