Le Parti du travail de Belgique (, abrégé en PTB ou PVDA) est un parti politique belge national et unitaire, c'est-à-dire non divisé selon le clivage linguistique, fondé en 1979. Le PTB s'identifie comme un parti marxiste, anticapitaliste. Il est généralement décrit comme de gauche radicale ou d'extrême gauche.

Le PTB a été, au départ, surtout présent dans les universités et quelques bassins ouvriers comme le port d'Anvers. D'inspiration maoiste au moment de sa fondation dans les années 1970, il change d'orientation lors de son congrès de 2008, devenant plus modéré et réformiste. Aujourd'hui très présent sur les réseaux sociaux, il est engagé dans le monde associatif et sur l'écologie. Sa présence continue dans les conflits sociaux et son réseau Médecine pour le peuple, au sein duquel officient des praticiens payés comme des ouvriers, ont favorisé dans les années 2010 sa percée dans les bassins ouvriers de Wallonie et, dans une moindre mesure, à Bruxelles.

Il a connu une forte croissance au début du , passant de en fin 2007 à près de en . Il a ses premiers élus au Parlement fédéral belge en 2014 avec Raoul Hedebouw et Marco Van Hees. Aux élections fédérales de 2024, il obtient 15 élus, dont son président de l'époque l'anversois Peter Mertens, et devient le premier parti de gauche à la Chambre.

Histoire Origine

Dans les années soixante, la Belgique sert de terreau fertile à une scission « pro-chinoise » du mouvement communiste européen. En 1970, le mouvement AMADA est créé par des étudiants de la KU Leuven (KUL). En 1979, le mouvement d'inspiration maoïste change de nom en parti du travail de Belgique (PTB) et en Partij van de arbeid (PVDA) coté flamand, ce dernier plus importantJulien Versteegh, D’un mouvement étudiant à un parti, Amada, 1970-1979 (mémoire de licence en histoire contemporaine), ULB, Bruxelles, 2000 et Damien Robert, Analyse de l’évolution idéologique et politique du Parti du travail de Belgique (PTB) entre 1979 et 1990 (mémoire de licence en histoire), UCLouvain, Louvain-la-Neuve, 2000..

Après avoir rompu progressivement avec une idéologie nationaliste flamande, ces militants, dirigés par Ludo Martens, se sont tournés vers le communisme dans sa version marxiste-léniniste. L'idéologie est également décrite comme maoïste et stalinienne pour caractériser le choix effectué par les étudiants qui fondèrent plus tard le PTB-PVDA. Ces contestataires considéraient le Parti communiste de Belgique comme « révisionniste », c'est-à-dire trop favorable à une politique social-démocrate (représentée en Belgique par le Parti socialiste). Ils étaient influencés par les Parti communiste chinois, les mouvements de guérilla en Amérique latine, les protestations contre la guerre du Viêt Nam. Ils ont également tenté de dégager du mouvement pour la flamandisation de l'université catholique de Louvain une aile de gauche. Celle-ci était caractérisée par sa transformation du slogan « Walen buiten » (« Wallons dehors ») en « Bourgeois buiten » (bourgeois dehors).

Le PTB affirme avoir soutenu différents groupes armés comme le Front sandiniste de libération nationale au Nicaragua et le Front Farabundo Martí de libération nationale au Salvador.

Leur soutien et leur participation à une importante grève dans les mines de charbon leur permirent de jeter les bases d'une organisation qui neuf ans plus tard deviendra un parti politique. Ils fondèrent une publication, AMADA ( : « Tout le pouvoir aux ouvriers »), qui donna son nom au « parti en construction ». En 1974, furent fondées des sections à Liège et à Charleroi et le parti adopta un nom bilingue : le TPO/AMADA. En 1976, il absorba une partie des militants d'une organisation marxiste-léniniste rivale, l'UC(ML)B. En 1979 se tint son premier congrès, qui adopta un programme marxiste-léniniste et donna le nom final du Parti : PTB-PVDA. Ludo Martens devint le président entre 1979 et 1999. Laurent-Désiré Kabila, futur président de la république démocratique du Congo, assista comme observateur à ce premier congrès.

En , le PTB et des organisations d'extrême gauche sont les cibles de l' « opération mammouth », lancée par le gouvernement belge à la suite des attentats de l'organisation terroriste Cellules communistes combattantes. Cette opération contre ces cercles d'extrême gauche ne sera pas concluante, alors que ceux-ci ne défendent pas l'organisation CCC..

vignette|Kris Merckx, un des fondateurs du PTB, distribuant le journal Solidaire en 1985.

En 1994, le président du parti, Ludo Martens écrit Un autre regard sur Staline dans lequel il défend Joseph Staline, nie le caractère intentionnel de la famine de l'Holodomor et décrit la politique de Goulag comme justifiée.. Depuis, le PTB/PVDA peine à se défaire de son étiquette stalinienne. Peter Mertens tente de sortir le parti de ce paradigme..

Aux élections législatives belges de juin 2003, le PTB s'est associé en Flandre avec la Ligue arabe européenne de Dyab Abou Jahjah sous le nom RESIST. Le parti reconnaît avoir perdu 71 % de ses voix en Flandre après cette association.

Dans le début des années 2000, des membres et des cadres quittent le parti et d'autres sont exclus comme la secrétaire générale Nadine Rosa-Rosso. Dans les années 2003/2004, les nouveaux exclus portent contradiction au parti. L'interdiction est faite à tout membre d'entretenir des liens avec les anciens membres qui sont réprouvés. Nadine Rosa-Rosso, Luk Vervaet avec d'autres exclus, forment la liste Égalité qui suscite une polémique sur ses liens avec l'Islam dans la société et sur son soutien aux organisations islamistes Hezbollah et Hamas. Nordine Saïdi dirige par la suite la liste Égalité malgré des accusations d'antisémitisme contre lui, pour lesquels il avait été exclu du MRAX..

En vue des élections législatives belges de juin 2007, le journal Solidaire et le site du parti ont été refondus pour pouvoir toucher un plus large public. Les structures ont même été ouvertes à une couche plus large de militants.

À cette époque, le PTB prenait également le contrôle de indymedia.be durant plusieurs années : cet épisode est à présent clos puisque le site a été fermé par l'équipe du parti qui redirige systématiquement les visiteurs sur dewereldmorgen.beVan Leeckwyck Robin, Maeseele Pieter, Peeters Maud, Domingo David, 2020. Indymedia in Belgium: the delicate balance between media activism and political activism. Media, culture and society, Vol. 42(6) - https://doi.org/10.1177/0163443720926047.

Le Parti de la révolution de Ludo Martens En 1996 Ludo Martens considéré comme le père-fondateur du PTB, écrit Le Parti de la révolution qui sert de « manuel de référence ». Raoul Hedebouw affirme en 2012 que « face au matraquage idéologique, le PTB s'est enfermé dans le dogmatisme, pour maintenir l'existence de l'organisation »..

Le parti base son activité sur des modèles : Karl Marx, Friedrich Engels, Vladimir Ilitch Lénine, Joseph Staline et Mao Zedong et il affirmait concernant ses objectifs, que « la lutte de classes révolutionnaire, l'insurrection, la guerre civile prolongée sont trois chaînons dans un même combat pour la libération ».. Il se base également sur les écrits du dirigeant stalinien albanais Enver Hoxha.

Le manuel est critiqué pour certaines expressions utilisées comme « rectifier et épurer » ou « combattre le déviationnisme petit-bourgeois ». Des expressions décrites comme du « jargon stalinien » et comprend de la « rectification et épuration des cadres », notamment ceux qui se sont opposés aux Khmers rouges ou à « la suppression de l’émeute contre-révolutionnaire de Tiananmen ».

En 2014, le PTB fait encore référence au Parti de la révolution..

Révolution socialiste En 1999 le PTB supporte l'idée de la révolution pour renverser le système économique capitaliste : « nous devons avoir une conviction profonde, vécue, que seul le Parti Communiste peut diriger les masses vers leur libération et que seule la révolution socialiste offre une solution aux problèmes du capitalisme ». Le chef de parti Peter Mertens réaffirme en 2005 son soutien à la révolution et son allégeance au programme du parti de 1979;.

En 2002 le PTB réaffirme son projet « salvateur de l'humanité » : « la première tâche consiste à assimiler profondément et à propager largement et de manière offensive le bilan communiste du vingtième siècle. Notre thèse fondamentale est que seul le socialisme peut sauver l’humanité [...] ».

En 2012, d'après le politologue Pascal Delwit, « Le PTB plaide toujours formellement pour l’avènement d’une révolution socialiste et conteste la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne aujourd’hui »..

En 2014, le politologue Pascal Delwit affirme que « derrière cette image sympa, le parti n’explique pas à tout un chacun ses vrais desseins, qui restent l’instauration d’un État socialiste. Il y a une double ligne. Une ligne extérieure, sympa, ouverte, qui a des propositions ponctuelles attractives, sur les médicaments, sur la fiscalité… Mais on a aussi une ligne interne tenue par les fondateurs ou leurs enfants pour qui la révolution socialiste reste un objectif, un aspect dont les électeurs seraient surpris de connaître l’importance aujourd’hui. ».

En 2016, lors de la rencontre internationale des partis communistes et ouvriers le représentant du PTB affirme que son parti essaie de développer une lutte des classes en Belgique..

En 2018, face à la crise fiscale que dénonce le PTB, Raoul Hedebouw affirme qu'il faudrait « développer une opposition sociale »..

En , le PTB publie un programme pour une « révolution climatique et sociale »..

Congrès du renouveau de 2008 Lors de son congrès, le congrès du renouveau, le parti réaffirme des principes marxistes fermes mais une approche souple vers l'électeur avec le slogan « Faire de la politique avec les gens et pas pour les gens ! ».

À la suite de son relatif échec électoral de 2003, le PTB a modifié en profondeur ses méthodes de travail et de communication. D'une part, le PTB a déclaré qu'il allait se recentrer sur le travail auprès des ouvriers en usine ainsi que sur le travail de terrain dans les communes où il est présent. D'autre part, le PTB a déclaré rompre officiellement avec ce qu'il appelle son « sectarisme » afin de se rapprocher des demandes concrètes des citoyens. Cela se traduit notamment par la mise en avant de revendications de progrès extrêmement concrètes relatives à la baisse du prix des médicaments, la réduction de la TVA sur les produits énergétiques de 21 % à 6 %, une augmentation du montant minimal des pensions, un meilleur contrôle des loyers ou encore la baisse du coût des sacs poubelles.

En 2008, influencé par la percée du Parti socialiste aux Pays-Bas, le PTB vise à adopter une posture « radicale-populiste » au détriment d'une rhétorique dogmatique. Le PTB ne se définit plus comme représentant de la classe ouvrière mais dorénavant de l'ensemble des travailleurs ou « classe travailleuse ». Le parti favorise les personnalités reconnaissables et des porte-parole, il axe sa stratégie sur « des petites victoires », sur « des problèmes concrets des gens » et sur des « compromis ». Finalement le PTB et COMAC axent leur stratégie sur les réseaux sociaux..

Le , le PTB a clos son Congrès. Celui-ci fut placé sous le signe du renouveau, le parti adopte à présent une position réformiste afin d'asseoir son assise électorale, un pari réussi. Il a, entre autres, adopté de nouveaux statuts et élu un nouveau Comité central. Ce dernier a élu un nouveau président en la personne de Peter Mertens. Licencié en sociologie de l'université de Gand, ancien ouvrier aux usines Honda, il est entre autres auteur La classe ouvrière à l’ère des entreprises transnationalesÉtudes marxistes - www.marx.be ainsi que de l'essai Comment osent-ils ?..

Le parti affirme en 2015, que le congrès de 2008 était celui « qui mettra fin aux côtés sectaires et dogmatiques qui sévissaient dans le parti depuis vingt ans ».

De 2008 à 2015