Le Cochevis huppé (Galerida cristata) est une espèce de grosse alouette, de silhouette ronde et trapue. Sa livrée aux teintes terreuses lui offre une bonne homochromie avec son milieu environnant.

Description Le dessus de l'oiseau paraît uniformément gris brun, le dessous du corps est gris blanchâtre, partiellement strié. Le dessous des ailes est roux, ce qui est visible en vol. Sa queue est assez courte. Une large huppe sur le crâne, tantôt dressée, tantôt rabattue, est caractéristique. Les ailes sont assez larges et une bordure jaunâtre sur la queue est visible à l'envol. Il possède également une bande latérale sur la gorge et une bande sombre derrière l'oeil, typique du genre Galerida. Il mesure entre de long, avec une envergure de 29 à 38 cm. Il pèse entre .

La femelle présente un plumage similaire au mâle mais est légèrement plus petite.

Il peut être différencié de l'Alouette des champs par sa crête assez pointue, sa queue sans bords blancs et son bec pointu, incliné vers le bas. Il est assez proche du Cochevis de Thékla, que l'on trouve dans des zones plus arides ou rocailleuses et à plus haute altitude, et dont le bec est plus court ; l'identification n'est cependant pas simple.

Écologie et comportement

Alimentation Le cochevis huppé est très majoritairement granivore, avec une préférence pour les graminées et les amaranthacées. Il est plus adapté aux petites graines qu'aux grandes. Il peut également se nourrir de quelques insectes si besoin, notamment de fourmis.

Reproduction

Le nid n'est pas structuré, il est fait d'herbe et de racines, et est situé au sol. La femelle effectue généralement deux pontes annuelles avec généralement œufs bruns (plus rarement 3). Les deux pontes ont lieu entre le début avril et la mi-juillet en Pologne, mais peuvent avoir lieu à différents moments de l'année, notamment en Afrique. La femelle est la seule à couver, pour une durée de . Les petits quittent le nid entre après l'éclosion, en fonction de l'environnement.

Prédation Le cochevis huppé peut être la proie de plusieurs rapaces, incluant l'aigle royal.

Les nids de cochevis sont victimes de corvidés, incluant la Pie bavarde et le Choucas des tours, ainsi que de mammifères comme la belette d'Europe et de rapaces comme le faucon crécerelle.

Répartition et habitat

Répartition Cet oiseau niche en Afrique du Nord, dans une grande partie de l'Europe du sud de l'Espagne au sud de la Scandinavie et en Russie. Il se reproduit également en Asie occidentale, centrale et méridionale.

Il est très majoritairement sédentaire, à l'exception de quelques mouvements de dispersion en Europe et de certaines populations partiellement migratrices en Asie.

Habitat Cette espèce fréquente principalement des environnements secs, notamment des plaines, des biotopes sub-désertiques, les dunes ou les steppes. On le trouve majoritairement dans les espaces ouverts, incluant notamment les prairies et les zones cultivées. Il est capable de s'adapter aux habitats suburbains, vivant à proximité des maisons, et occasionnellement dans les friches industrielles ou à proximité des voies de chemin de fer. Il évite cependant les espaces trop urbanisés où il ne peut pas trouver d'espace pour nicher au sol.

Systématique L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758, sous le nom initial d'Alauda cristataLinnaeus, C. 1758: Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp.

Il existe de nombreuses sous-espèces du cochevis huppé ; le COI reconnaît actuellement 33 sous-espèces (version 12.2, 2022). mais plus de 60 ont été suggérées. Cette large quantité de sous-espèces est difficile à caractériser à cause de la forte variabilité du plumage, dont la couleur tend à être corrélée avec celle du sol. Les sous-espèces actuellement reconnues par le COI sont : +Sous-espècesNomDécouvreurRépartitionCommentaireG. c. pallidaBrehm, 1858Péninsule IbériqueProche de cristata mais plus clair, avec un ventre légèrement plus blanchâtreG. c. cristataLinnaeus, 1758Centre de l'Europe, de la France à l'Ukraine et la Hongrie, Scandinavie au nordSous-espèce nominale, relativement sombre avec une teinte ocre ou cannelle, poitrine striéeG. c. neumanniHilgert, 1907Centre-ouest de l'ItalieProche de cristata mais plus sombreG. c. apuliaevon Jordans, 1935Sud de l'Italie et SicileTrès proche de cristataG. c. meridionalisBrehm, 1841Balkans, de la Croatie à l'ouest de la TurquieProche de cristata mais plus sombreG. c. cypriacaBianchi, 1907Chypre, Rhodes et KárpathosTrès proche de subtaurica.G. c. tenuirostrisBrehm, 1858Hongrie et Roumanie jusqu'au sud de la Russie, KazakhstanTrès proche de cristataG. c. caucasicaTaczanowski, 1888Nord de la Turquie, sud du Caucase, îles ÉgéennesBec longG. c. kleinschmidtiErlanger, 1899Nord-ouest du MarocPlus sombre que pallida, stries noires sur la crête et la couronne, et stries marquées sur le dos et la poitrine.G. c. riggenbachiHartert, 1902Ouest du MarocTrès légèrement plus clair que kleinschmidti, teinte cannelle ou rousse marquée, bec relativement longG. c. carthaginisKleinschmidt & Hilgert, 1905Nord-est du Maroc jusqu'au nord de la TunisieLégèrement plus grand et pâle que kleinschmidti, moins roux que riggenbachi. Couleur plus proche du sable sur le dessus et moins de marques.G. c. arenicolaTristram, 1859Nord-est de l'Algérie, sud de la Tunisie et nord-ouest de la LibyeSensiblement plus pâle que carthaginis (il y a une gradation) ; couleur proche du sable. Poitrine claire.G. c. festaeHartert, 1922Côte nord-est de la LibyeTrès proche de maculata.G. c. brachyuraTristram, 1865Nord-est de la Libye jusqu'au sud de l'Irak et le nord de l'Arabie SaouditeTrès proche de maculata.G. c. helenaeLavauden, 1926Sud-est de l'Algérie et sud-ouest de la LibyeTrès proche de arenicola.G. c. jordansiNiethammer, 1955Massif de l'AïrPâle, roux (presque rougeâtre), stries peu marquées.G. c. nigricansBrehm, 1855Delta du NilLa sous-espèce la plus sombre, avec des rayures sombres marquées et un dos sombre gris-olive. Plus petit et à plus longue queue que cristata.G. c. maculataBrehm, 1858Centre de l'ÉgyptePlus petit et sombre et avec des stries plus marquées que cristata et carthaginis. Souvent avec une teinte rousse.G. c. halfaeNicoll, 1921Sud de l'Égypte et nord du SoudanTrès proche de maculata.G. c. altirostrisBrehm, 1855Est du Soudan et ÉrythréeTeinte cannelle marquée, dessus presque sans striesG. c. somaliensisReichenow, 1907Sud de l'Éthiopie, nord de la Somalie et nord du KenyaG. c. balsaciDekeyser & Villiers, 1950Côte de la MauritanieG. c. senegallensisMüller 1776Mauritanie, Sénégal et Gambie jusqu'au NigerG. c. alexanderiNeumann, 1908Nord du Nigeria à l'ouest du Soudan et nord-est de la République centrafricainePâle et plutôt cannelle que rousse.G. c. isabellinaBonaparte, 1850Centre du SoudanG. c. cinnamominaHartert, 1904Ouest du Liban et nord-ouest d'IsraëlTrès proche de maculata.G. c. zionMeinertzhagen, 1920Sud de la Turquie et nord-est d'IsraëlTrès proche de maculata.G. c. subtauricaKollibay, 1912Centre de la Turquie jusqu'au sud-ouest du Turkménistan et nord de l'IranProche de cristata mais légèrement plus pâle et avec des stries plus distinctes.G. c. magnaHume, 1871Centre de l'Iran et du Turkménistan jusqu'au nord-ouest du Pakistan, Kazakhstan, sud de la Mongolie et nord-ouest de la ChinePlus clair que cristata and brunes, stries peu marquées. Dessous plus brun-blanc et stries assez petites sur la poitrine.G. c. leautungensisSwinhoe, 1861Nord-est et est de la ChineG. c. coreensisTaczanowski, 1888CoréeG. c. lynesiWhistler, 1928Nord du PakistanG. c. chendoolaFranklin, 1831Centre et est du Pakistan, nord et ouest de l'Inde, sud du Népal Les sous-espèces peuvent souvent être confondues entre elles, d'autant plus qu'il existe généralement une zone de gradation entre les différentes sous-espèces.

Une étude basée sur l'étude de l'ADN mitochondrial montre que le cochevis huppé s'est séparé de son proche cousin le Cochevis de Thékla il y a . Elle identifie également deux groupes dans les populations marocaines, ayant divergé il y a , séparant les sous-espèces au bec court (groupe cristata) et les espèces au bec long (groupe randonii, d'après une sous-espèce non reconnue par le COI vivant dans le centre du Maghreb). Une étude plus approfondie identifie un troisième groupe, senegallensis, regroupant des populations tunisiennes et du Sahel, et plus proche de cristata que de randonii. Elle suggère également que le groupe cristata est issu de populations européennes (peut-être récemment, en lien avec la modification des paysages par les humains), tandis que randonii est endémique de longue date des hauts-plateaux du Maroc et de l'Algérie ; l'histoire évolutive de senegallensis est moins claire.

Synonyme Alauda cristata Linné, 1758 protonyme

Le cochevis huppé et l'humain

Conservation Le cochevis huppé est classé comme « préoccupation mineure » par l'Union internationale pour la conservation de la nature, en raison de sa très large aire de répartition et une population dépassant probablement la centaine de millions d'individus dans le monde. Il peut cependant être en déclin localement, notamment à cause de la modification de son habitat par l'humain.

En Wallonie, l’espèce est classée en catégorie EX (éteinte) dans la liste rouge des espèces menacées depuis 1982.

Notes et références

Liens externes

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