Le concept de (dégoût/fatigue de la vie) est né de la pensée du philosophe stoïcien Sénèque le Jeune.
Taedium vitae est par ailleurs le titre d'un conte d'Hermann Hesse paru en 1908 et d'un poème d'Oscar Wilde.
Développement Cette expression latine est souvent traduite par ou . Ces traductions n’en expriment pas avec assez de justesse le sens, qui renvoie à un mal de vivre, à un ennui existentiel ou à un malaise fondamental, lequel n’est pas engendré par une affection précise, par exemple, une maladie, un état de pauvreté, un honneur blessé, mais qui se répand sur l’ensemble de l’existence. Ce sentiment généralisé de crise intérieure non identifiée, impression de mal habiter la terre ou de mal cohabiter avec soi, s’est répandu à Rome parmi l’élite à l’époque des guerres civiles.
Très significative à cet égard est la façon dont Lucrèce dépeint l’atmosphère de dépression collective qui a envahi la cité antique.
Sénèque Sénèque est l’auteur qui a le plus combattu cette désaffection profonde de la vie,
Léon Schwartzenberg
Jean Améry Le taedium vitae
Joseph Conrad Ennui de la « somnolence spirituelle », dans La Ligne d'ombre (Paris, Gallimard, Folio Classique, 2010, p. 59), le sentiment que « la vie n'est qu'un désert de jours perdus » qui donne le goût de « s'éloigner des hommes » et de fuir « la menace du vide ». Aussi, l'auteur écrit-il, « Il n'y avait rien de nouveau, d'étonnant, d'instructif à attendre du monde : aucune chance d'apprendre quelque chose sur soi-même, d'acquérir un peu de sagesse, de trouver de l'amusement. Tout n'était que stupidité surfaite... » (op. cit., p. 60). Heureusement pour Conrad, le second, ce sentiment du vide et du chaos précède une grande surprise : sa nomination comme capitaine au bord de l'Otago.
Victor Segalen « Ne pas sentir dans les reins ce poids incommensurable de cent lits parcourus avec entrain ! Ce n'est plus la fatigue achetée au jeu des muscles, mais l'illusion quotidienne, un accablement sans cause et sans vigueur, qui ne permet aucun espoir de sommeil et n'espère aucun réveil. » (Le syndrome de Diogène. Éloge des vieillesses, Actes Sud, 2007, p. 183)
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Philosophie du suicide Bibliographie Jacques Beaudry, Fatigue d'être : Saint-Denys Garneau, Claude Gauvreau, Hubert Aquin, Montréal, Hurtubise HMH, 2008 (Prix de l’essai Victor-Barbeau 2009).
Catégorie:Locution ou expression latine