Le () est une espèce de grands cervidés des milieux tempérés d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie occidentale. Son nom est un pléonasme, car « » signifie déjà « cerf » en grec.
Ce cerf est l'un des représentants les plus connus de cette famille de mammifères. L'espèce comprend plusieurs sous-espèces, dont le cerf élaphe européen.
La femelle est la biche, le petit est le faon. Ensuite, de six mois à un an, on l'appelle « hère » s'il s'agit d'un mâle, la femelle conserve le nom de « faon » jusqu'à un an. De un an à deux ans, le jeune mâle est appelé « daguet » avec deux grands bois secs et la femelle « bichette ». Les biches ne portent pas de bois.
Dénominations Nom scientifique valide : Cervus elaphus Linnaeus, 1758 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Cerf élaphe, Cerf rouge, Cerf, Cerf noble, Wapiti, Cerf commun, Cerf d'Europe, Élaphe, Gros cerf, Élan d'Amérique, Élaphe d'Europe, Élaphe ordinaire, Élaphe vulgaire Noms vernaculaires (langage courant) : biche, bichette, cérvol (catalan), cérvol comú (catalan), chérfe (picard), cier (wallon), daguet, dix-cors, faon, faonne, hère, karv ruz (breton), orein arrunt (basque), routhirsch (luxembourgeois)
Origine, histoire, nomenclature et systématique vignette|gauche|Un cerf au repos. alt=Jeune cerf avec sa première ramure.|vignette|gauche|Daguet. Les cerfs sont de grands herbivores ruminants présents dans l'hémisphère nord. Originellement adaptés aux milieux ouverts enherbés ou à des zones de type savanes tempérées (broutage de feuilles et bourgeons à différentes hauteurs), ils ont formé des populations et sous-populations qui ont évolué, sous la contrainte des dernières glaciations, et plus rapidement ensuite sous la contrainte de la chasse par l'homme et de l’anthropisation des paysages .. À la différence du cerf megaloceros, ils ont, sur une grande partie de leur aire potentielle de répartition survécu aux chasseurs du Paléolithique et du Néolithique en se réfugiant dans les zones de forêt dense. Les grands cervidés doivent cependant affronter localement des phénomènes d'insularisation écologique notamment dus à la fragmentation des forêts où ils se sont réfugiés, ou au fait que certaines populations sont issues d'un petit nombre d'individus réintroduits (risques liés à la consanguinité). Des sous-populations ont pu évoluer de manière assez divergente, notamment dans le contexte d'insularisation écologique des îles méditerranéennes au Pléistocène, avec des variations de taille, mais aussi fonctionnelles (par exemple de l'appareil masticateur ou des os du pied, qui sont probablement des adaptations aux modifications des niches écologiques occupées). Le « mégacérin de la Sardaigne » et le « cerf de Sicile » devaient être des herbivores agiles et rapides. Le mégacérin de Sicile, semble quant à lui avoir été plus adapté à des milieux plus fermés et boisés. En Crète, les petits mégacérins, même peu agiles, devaient être adaptés à des terrains difficiles et accidentés, sans qu'on sache exactement quelle pouvait être leur alimentation..
Le cerf élaphe comme toute la grande et petite faune des zones tempérées a récemment (aux échelles géologiques du terme) dû s'adapter à trois glaciations. De premiers échantillons d'ADN bien conservé ont été trouvés sur des os de trois cerfs (Cervus elaphus) datés de la fin du Pléistocène, trouvés dans la grotte Emine-Bair-Khosar (EBK) à la lisière nord du plateau inférieur du Massif montagneux de Tchatyr-Dah en Crimée. En les comparant à l'arbre phylogéographique connu basé sur l'analyse de séquences d'ADN mitochondrial de cerfs vivant aujourd'hui dans l'hémisphère Nord, les chercheurs ont pu confirmer que la péninsule de Crimée semble avoir servi de refuge à une grande part des cerfs élaphes du nord-Est de l'Europe, et qu'elle a ensuite (Pléistocène supérieur) joué un dans la recolonisation et la dispersion des espèces tempérées pour tout le continent eurasien Anna Stankovic, Karolina Doan, Paweł Mackiewicz, Bogdan Ridush, Mateusz Baca, Robert Gromadka, Paweł Socha, Piotr Weglenski, h, Adam Nadachowski et Krzysztof Stefaniak, ; ; , mis en ligne le .. thumb|left|Forme proéminente de l'œil, pupille horizontale, et fente dite « larmière » ou « larmier » où coule la « larme de cerf », décrite comme Larmière ou larmier, Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne. sont caractéristiques des cerfs. alt=|vignette|Femelle, biche. vignette|Un cerf élaphe en Autriche, région d'Altenfelden. vignette|Un cerf élaphe vers en Suisse. Pour éclairer la phylogénie, la phylogéographie du cerf élaphe, une étude publiée en 2004 a comparé la séquence d'ADN mitochondrial du cytochrome b d'échantillons prélevés parmi cinquante et une populations de cerfs réparties dans le monde, mais essentiellement en Asie et Europe. Plusieurs méthodes ont été combinées (dont le maximum de parcimonie, le maximum de vraisemblance, et l'analyse cladistique imbriquée), qui ont conduit les chercheurs à conclure que les populations de cerf élaphe actuellement présentes seraient originaires de la région située entre le Kirghizistan et l'Inde du Nord, avec deux groupes génétiquement bien distincts, l'un vivant à l'ouest (composé de quatre sous-groupes) et un autre vivant à l'est (composée de trois sous-groupes). Ces données ADNmt ne confirment pas la classification traditionnelle considérant que tous les cerfs élaphes constituent une seule espèce, ni sa division en nombreuses sous-espèces.
Systématique Dans la littérature antérieure aux nouvelles données génomiques, l'espèce Cervus elaphus compte plusieurs sous-espèces : le cerf de Barbarie (Cervus elaphus barbarus), qui n'existe plus que dans une aire très limitée de l'Atlas ; le cerf élaphe de Corse et Sardaigne (Cervus elaphus corsicanus) ; le maral (Cervus elaphus maral) d'Europe Centrale et de Sibérie ; le cerf de Bactriane ou cerf de Boukhara d'Asie centrale (Cervus elaphus yarkandensis, anciennement Cervus elaphus bactrianus) ; le hangul (Cervus elaphus hanglu) du Cachemire ; le cerf de Roosevelt (Cervus elaphus roosevelti) d'Amérique du Nord et de Sibérie ; le cerf blanc du Danemark.
Ces espèces peuvent comprendre plusieurs génotypes ayant permis des adaptations aux caractéristiques biogéographiques et écologiques des zones où elles ont vécu, et leur classification pourrait devoir être revue.
Cette classification est actuellement remise en cause par certains taxonomistes. Après analyse génétique, le wapiti (anciennement Cervus elaphus wapiti) est considéré comme une espèce à part entière sous le nom de Cervus canadensis.
Description et caractéristiques
Données biométriques
Les cerfs élaphe contemporains sont élancés, ils atteignent une longueur totale de , pour de hauteur au garrot et un poids de , variant selon la sous-espèce. Le poids des animaux est variable selon l'âge, le sexe et la région. Le poids des cerfs augmente de l'ouest vers l'est de l'Europe : de en Écosse à en Europe de l'Est. Le poids des animaux se stabilise vers l'âge de chez la femelle (biche) et chez le mâle.
En France, les cerfs mâles pèsent entre ( en moyenne) pour une taille de ( en moyenne) au garrot et environ à la hauteur de la tête, les biches, pèsent entre ( en moyenne) pour une taille qui varie selon les individus de ( en moyenne) au garrot et environ à la hauteur de la tête.
Ce poids varie selon la qualité du milieu de vie (abondance de la nourriture) mais aussi selon la saison. Un hiver rude peut entraîner une perte de poids de 10 à 15 % chez les deux sexes, le mâle peut perdre jusqu'à 20 % de son poids pendant le brame et la femelle jusqu'à 15 % de son poids pendant la période d'allaitement. Les activités physiques également, notamment la course et les bonds, montrent qu'en l'absence de prédateurs, les cerfs se déplacent moins et peuvent prendre plus de poids.
La queue mesure de de long. Les sous-espèces nord-américaines et du nord-est de l'Asie sont généralement plus grandes que les européennes. Les mâles sont également toujours plus massifs que les femelles. Le cerf élaphe est élancé, mais fortement constitué, avec un poitrail massif, et un cou assez élancé. Les yeux sont de taille moyenne, les oreilles effilées aussi longues que la moitié de la tête et des pattes très fines adaptées à la course rapide et aux bonds. Les pattes sont constituées de quatre doigts (les doigts 2, 3, 4, 5, le « pouce » étant atrophié), les doigts 2 et 5, plus petits que les deux autres et ramenés vers les côtés de la patte, ne marquent normalement pas le sol lors des déplacements, excepté lors de déplacements dans la neige ou la boue.
On trouvait en Gaule au moins jusqu'à l'époque gallo-romaine des cerfs de très grande taille, comme en témoigne par exemple le squelette entier d'un cerf retrouvé par les archéologues MM. Métayer et Gardin en 1856 dans un puits funéraire gallo-romain. Les mensurations du crâne de ce cerf sont de de long et de large (entre les deux arcades sourcilières) celles des omoplates : de long et de large. De nombreux squelettes de loups et d'autres animaux contemporains de ce cerf ont été trouvés dans ce même puits, avec quelques têtes de chiots.
Pelage
La coloration du pelage varie fortement selon les saisons, l'âge et le sexe : d'une teinte brun-roux en été et gris-brun en hiver ; le mâle a généralement un pelage plus sombre que la femelle.
La mue intervient deux fois par an, au printemps (avril-mai), alors les cerfs perdent leur pelage épais de l'hiver pour laisser apparaître une nouvelle peau plus fine et plus claire, puis à l'automne (octobre) apparaît un pelage plus épais et plus foncé pour supporter les froids d'hiver.
Une tache jaune clair, appelée « cimier », orne la croupe des deux sexes.
Le faon a, jusqu'à l'âge de quatre mois environ, un pelage brun clair tacheté de blanc que l'on appelle « livrée ».
Exceptionnellement, des cerfs ont un pelage blanc. On en a des exemples en captivité au parc de Dyrehaven (Danemark), au moulin de Poyaller (dans les Landes, en France)Moulin de Poyaller., ou à l'élevage de la belle charme en Haute-Marne (Champagne-Ardenne).
Bois
À partir de neuf mois, des bois commencent à pousser sur la tête du mâle sous forme de pivots. À un an, ils sont visibles, et le mâle est alors appelé « daguet ». Les bois vont alors tomber chaque année (fin de l'hiver chez les cerfs âgés, début du printemps chez les jeunes) pour repousser au cours de l'été. Une enveloppe nourricière, duveteuse et irriguée de sang, assure leur croissance à la manière d'un placenta pour un fœtus. Fin juillet, le velours tombe. Paradoxe de la nature, les bois ne sont opérationnels que lorsqu'ils sont morts. Pour les dépouiller totalement puis les aiguiser en vue des prochains combats, le cerf va « frayer » en les frottant de façon répétitive aux arbres. Il mange les lambeaux de peau qui pendent aux ramures.
Les dimensions et la forme des bois varient individuellement, mais aussi selon l'âge et la sous-espèceBois de cerf.. . Le premier cor se nomme andouiller de massacre, le second surandouiller.
Le bois de cerf râpé ou calciné était employé jusqu'à la fin du en tant qu'antidiarrhéique, les principes actifs étant la gélatine et le phosphate de calcium.
Répartition Le groupe des « cerfs élaphes » est répandu dans l’hémisphère nord en trois grandes populations séparées, aujourd'hui classées en deux espèces différentes depuis 2004. L'espèce Cervus elaphus, le cerf élaphe proprement dit, est désormais réduite à la population du Paléarctique occidental seulement. Il est présent dans l'essentiel de l'Europe, le nord-ouest de l'Afrique, dans le nord du Moyen-Orient et en Asie centrale jusqu'aux contreforts sud-est du Tian Shan à l'extrême ouest de la Chine. Tandis que Cervus canadensis, le wapiti, rassemble les populations du Paléarctique oriental (Asie tempérée, jusqu'à l'Altaï à l'ouest) et du Néarctique (Amérique du Nord).