Les élections législatives françaises de 2007 se déroulent sur deux tours de scrutin les et Le 2 juin en Polynésie française (voir aussi Élections législatives de 2007 en Polynésie française) et le 9 en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon.Le 16 juin en Polynésie française, Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon.. dans le but de renouveler pour cinq ans les de députés de l'Assemblée nationale et d'élire la législature de la Cinquième République.
Sans surprise, la majorité sortante de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) est reconduite, quelques semaines après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, avec toutefois un nombre de sièges réduit par rapport aux précédentes élections. En 2000, à la suite du référendum sur le quinquennat présidentiel, ainsi que l'inversion, en 2001, des calendriers de façon à placer les élections législatives après l'élection présidentielle, ces deux scrutins font partie depuis 2002 de la même séquence électorale. Le scrutin connaît alors un record d'abstention depuis 1958, battant le précédent record de 2002.
Contexte
Les élections se tiennent cinq semaines après l'élection présidentielle, les dimanches 10 et (pour la métropole).
Une forte abstention avait caractérisé les législatives de 2002, le scrutin ne se déroulant que cinq semaines après la présidentielle. L'Union pour un mouvement populaire, soutenant le nouveau gouvernement nommé par Jacques Chirac, nouvellement réélu, avait alors gagné à une large majorité.
L'obtention par l'UMP d'une majorité des sièges a marqué une rupture avec les alternances systématiques : pour la première fois depuis 1978, la majorité sortante était reconduite.
Mode d'élection Les députés sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de (article 24 de la constitution de la République de 1958).
Lors du premier tour de scrutin, les électeurs votent pour l'un des candidats de leur circonscription électorale le . Si l'un des candidats obtient alors la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins 25 % des suffrages des inscrits sur les listesCode électoral français, article L126, il est élu dès le premier tour.
Le découpage des circonscriptions utilisé est issu du redécoupage des circonscriptions législatives françaises de 1986, lors du retour à un mode de scrutin majoritaire. Le Conseil Constitutionnel avait demandé, le , de réviser le découpage en fonction de l'évolution démographique, comme le prévoit la Constitution après chaque recensement quinquennal, ce qui n'aura finalement pas été fait avant les élections..
Dans les circonscriptions où aucun candidat n'a pu recueillir simultanément la majorité absolue des voix et 25 % des inscrits, un deuxième tour a été organisé le . Seuls les candidats ayant obtenu au premier tour au moins 12,5 % des électeurs inscrits dans la circonscription (plus de deux candidats pouvaient donc être présents au second tour) pouvaient se maintenir pour le second. Le candidat recevant la majorité simple des suffrages exprimés a alors été élu. Si un seul ou aucun candidat n'avait pas réalisé ces 12,5 %, le deuxième tour s'effectuait entre les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour. En cas d'égalité, le candidat le plus âgé a été élu.
Dates anticipées pour les territoires d'outre-mer Reconduisant le système mis en place lors de l'élection présidentielle de 2007, l'élection des députés pour les DOM, et autres territoires, ayant un décalage horaire négatif par rapport à la métropole a été avancé d'un jour, de façon que les électeurs n'y votent pas en connaissant déjà le résultat global. En Polynésie française, le premier tour a été avancé d'une semaine pour des raisons techniques (acheminement du matériel électoral, voir aussi Élections législatives de 2007 en Polynésie française). Ainsi les élections ont en fait eu lieu le 2 juin en Polynésie française et le 9 pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon pour le premier tour et le 16 juin pour la Polynésie française, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon pour le second tour.
De cette manière l'ensemble des deux scrutins ont été clos sur l'ensemble du territoire français au plus tard à les 10 et 17 juin, heure locale en métropole.
Campagne Le dépôt des candidatures, ouvert le 14 mai, est clos le 18 mai à 18 h (le 11 mai en Polynésie française). La campagne électorale officielle s'ouvre le 21 mai..
La presse et les médias avançaient généralement qu'il était très peu probable qu'un président élu soit désavoué un mois après son élection lors des législatives. Tous les sondages et projections avaient tendance à aller dans ce sens, une projection BVA pour Orange, la presse régionale et Le Nouvel Observateur du prévoyaient ainsi une nette majorité pour l'UMP, avec entre sur 577, contre 151 à 200 élus pour le PS, 14 à 21 communistes, 4 à 11 divers droite, 0 à 4 du MoDem et 1 ou 2 Verts..
D'après un autre sondage effectué par BVA-orange auprès de les 21 et 22 mai, l'UMP bénéficiait d'un « effet Fillon » puisqu'il obtenait 42 % des intentions de vote soit . Le mouvement démocrate obtenait , les écologistes , le PS et le PC . Ainsi, l'UMP grimpait encore dans les sondages au détriment du Mouvement démocrate et du Front national. Par ailleurs, le PS et ses alliés restaient stables.
Partis politiques en présence
Il y avait pour les 577 circonscriptions françaises. Et plus d'une douzaine de partis politiques présentaient des candidats.
Les partis présentant des candidats étaient de gauche à droite : extrême gauche Lutte ouvrière Ligue communiste révolutionnaire Gauche alternative 2007 avec le soutien de l'Alternative Midi-Pyrénées Communistes Pôle de renaissance communiste en France Parti humaniste gauche Parti communiste français Mouvement républicain et citoyen Parti socialiste Les Verts centre gauche Parti radical de gauche centre Mouvement démocrate centre droit Nouveau Centre droite Union pour un mouvement populaire Parti radical Mouvement pour la France Debout la République Chasse, pêche, nature et traditions extrême droite Alliance patriotique / Mouvement national républicain Front national partis régionalistes Parti de la nation occitane Partit occitan Alsace d'abord Abertzaleen Batasuna Mouvement Région Savoie Ligue savoisienne Union démocratique bretonne Parti breton Unione per una suluzione pulitica partis divers non alignés Parti des musulmans de France La France en action France bonapartiste Mouvement écologiste indépendant Le Trèfle - Les nouveaux écologistes Alternative libérale
UMP et divers droite
L'UMP, et les ex-UDF ralliés à la majorité présidentielle du Nouveau Centre, devaient ainsi emporter la victoire. Il s'agissait pour le parti présidentiel d'obtenir une majorité présidentielle pour mener à bien le programme de Nicolas Sarkozy. Dans cette alliance figuraient également le Forum des républicains sociaux (un à deux députés), et le Parti radical, affiliés à l'UMP.
Le nouveau Premier ministre, nommé le 17 mai, François Fillon, fut chargé de mener cette campagne, d'autant qu'il était depuis 2006 responsable de la coordination du projet législatif de l'UMP, avec pour slogan « Ensemble pour la majorité présidentielle ».
Il lança la campagne dès le , le lendemain de la clôture des dépôts de candidatures, dans son fief de la Sarthe où il était lui-même candidat. Son objectif était d'obtenir une légitimité à son gouvernement et à lui-même par le suffrage universel : « Ma légitimité dépend d'abord du président de la République qui m'a nommé mais elle dépend aussi du suffrage universel. Je dois défendre directement le projet gouvernemental. Le Premier ministre doit d'abord être un élu du peuple.. »
L'UMP investit officiellement 546 candidats, auxquels s'ajoutaient : trois candidats du CNI qui était librement associé à l'UMP (Christian Vanneste, du Nord ; Dominique Fachon, de la Somme ; Gilles Bourdouleix, de Maine-et-Loire). sortants de l'UDF qui s'étaient ralliés sous la bannière du Parti social libéral européen (Nouveau Centre) à la majorité présidentielle et qui sont en échange soutenus par l'UMP deux députés du MPF (les deux sortants des 4 et de la Vendée, dans le cadre des accords électoraux passés entre le MPF et l'UMP dans la région Pays de la Loire) 2 candidats non sortants de l'UDF, ralliée au Nouveau Centre (PSLE) et à la majorité présidentielle (dans la des Hauts-de-Seine et dans la d'Eure-et-Loir) Jean-Christophe Lagarde dans la de Seine-Saint-Denis qui ne s'était pas vu opposer de candidat de la majorité présidentielle et enfin Nicolas Dupont-Aignan, qui avait quitté l'UMP et dirigeait le parti souverainiste et gaulliste Debout la République, dans la de l'Essonne.
Sur les 546 investis par l'UMP, on comptait : (soit 30 %, l'UMP a justifié le fait qu'elle ne respectait pas la parité en mettant en avant le fait que le parti avait beaucoup de sortants, c'est toutefois une augmentation par rapport aux 19 % de femmes qui avaient été présentés par la formation de droite en 2002) ; dont 43 sortantes (dont les futures ministres Valérie Pécresse et Christine Boutin) ; et 2 ministres qui repartaient à la conquête de leur circonscription qu'elles avaient dû quitter pour cause d'incompatibilités prévues par la constitution (Roselyne Bachelot et Michèle Alliot-Marie).
À cela s'ajouta une députée sortante MPF de Vendée (Véronique Besse) et une du CNI dans la de la Somme (Dominique Fachon). Mouvement pour la France : Le MPF a présenté 500 candidats..
Parti socialiste et divers gauche thumb|François Hollande, Premier secrétaire du PS, et Ségolène Royal, le au Zénith de Paris Le Parti socialiste faisait campagne avec pour mot d'ordre de ne pas laisser les « pleins pouvoirs » à Nicolas Sarkozy, avec pour slogan « la gauche qui agit, la gauche qui protège », et espérait un score assez important aux législatives afin de résoudre la crise interne montrée du doigt par de nombreux dirigeants socialistes.
Ainsi, dès le soir de la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, la campagne menée par celle-ci a été critiquée par certains « poids lourds » dont Dominique Strauss-Kahn qui a notamment pointé du doigt la direction du PS et le Premier secrétaire François Hollande. De plus, plusieurs points du pacte présidentiel de Ségolène Royal ont été abandonnés dans le projet législatif, comme les « contrats premières chances » qui étaient prévus pour les jeunes sans qualification ou encore le projet de mettre en place des « jurys citoyens » cher à la candidate mais très critiqué à gauche.
La plupart des dirigeants socialistes appelaient à une profonde réforme du parti, mais étaient en désaccord sur la nature de cette réforme : certains appelaient, comme Dominique Strauss-Kahn, à accepter l'économie de marché et ainsi transformer le PS en un parti social-démocrate, d'autres au contraire souhaitaient un repositionnement plus déterminé à gauche (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon).
Enfin, Ségolène Royal souhaitait qu'un congrès soit organisé tout de suite après les législatives pour déjà désigner le candidat ou la candidate socialiste pour la présidentielle de 2012..
Face à ces divisions, François Hollande avait toutefois été réaffirmé comme le chef de la campagne socialiste pour les législatives, et avait dû faire face à l'« ouverture » voulue par Nicolas Sarkozy dans son gouvernement (des socialistes, dont le populaire Bernard Kouchner, rejoignant le gouvernement Fillon, à l'instar d'Éric Besson et Jean-Pierre Jouyet, Nicolas Sarkozy s'étant également entretenu avec d'autres anciens ministres socialistes tel que Claude Allègre).