Michel BrunetVoir : Jean Lamarre. Le Devenir de la nation québécoise selon Maurice Séguin, Guy Frégault et Michel Brunet 1944-1969, Sillery : Éditions du Septentrion, 1993, 561 p. (né le à Montréal et décédé le à Montréal) est un historien et essayiste québécois. Il a fait ses études à l'Université de Montréal et à l'université Clark de Worcester (Massachusetts).
Il a été directeur du département d'histoire de l'Université de Montréal de 1959 à 1968.
Président de l'Institut d'histoire de l'Amérique française (1970-1971).
Biographie
Michel Brunet est né le à Montréal dans le quartier Côte-des-Neiges. Il est issu d'un milieu aisé puisque son père y possédait une entreprise de monuments funéraires. Il a fait ses études primaires à l'école Saint-Pierre Claver puis il a poursuivi des études classiques au collège Saint-Laurent pour obtenir son diplôme de Bachelier ès Arts de l'Université de Montréal en . Il opte alors pour une carrière d'enseignant et s'inscrit, en tant qu'externe, à l'École normale supérieure Jacques-Cartier de Montréal d'où il recevra, en , un diplôme supérieur d'enseignement bilingue décerné par le département de l'Instruction publique de la province de Québec suivi, en , d'un baccalauréat en pédagogie de l'Université de Montréal.
Dès l'automne de 1941, il commence à enseigner au niveau primaire, d'abord dans un collège anglais à Montebello puis, à partir de novembre, il travaillera pour la Commission des écoles catholiques de Montréal. À compter de 1943, il décide d'entreprendre de nouvelles études à l'Université de Montréal qu'il mène de front avec son enseignement. Il obtiendra sa licence en . Mais, au cours de sa dernière année d'études, il s'est aussi inscrit aux cours du soir donné à la Faculté des lettres en histoire contemporaine. Après deux ans d'études à la Faculté des lettres, il obtient, en , une maîtrise ès arts en histoire contemporaine en complétant un mémoire sur Les Relations entre le Canada et les États-Unis.
En , il obtiendra une bourse d'études de la Fondation Rockefeller pour aller faire un doctorat à l'université Clark au Massachusetts. En , soit moins de deux ans après son arrivée à l'université Clark, il rédigera une thèse de doctorat intitulée The Massachusetts Constitutional Convention of 1853. Un mois plus tôt, il avait reçu la confirmation qu'il serait engagé comme assistant-professeur à l'Institut d'histoire de l'Université de Montréal où il entreprendra son enseignement à l'automne 1949. Il deviendra professeur agrégé à l'automne 1950.
Son enseignement porte sur l'histoire des États-Unis ainsi que sur l'histoire moderne et contemporaine du monde occidental et il n'assumera un enseignement en histoire du Canada qu'au début des années soixante. Dès l'automne de 1950, il est nommé professeur agrégé. Toujours en 1950, il devient membre-correspondant de l'Institut d'histoire de l'Amérique française. De 1954 à 1970, il fera partie du comité de direction avant d'accéder au poste de président pour les années 1970-1971.
En 1952, il publie, en collaboration avec Marcel Trudel et Guy Frégault, une Histoire du Canada par les textes, puis en 1954 et en 1958 il fera paraître deux volumes qui vont rassembler les principaux articles et conférences qu'il a publiés ou prononcés au cours de cette période : Canadians et Canadiens - Études sur l'histoire et la pensée des deux Canadas (1954) et La Présence anglaise et les Canadiens - Études sur l'histoire et la pensée des deux Canadas (1958).
De 1957 à 1964, il est membre du Conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. De 1960 à 1965, il en sera aussi le secrétaire général puis, en 1965, il en deviendra, pour un an, le .
En 1959, il est nommé professeur titulaire en même temps qu'il devient directeur du département d'histoire et membre du conseil de la Faculté des lettres, dont il sera le secrétaire de 1962 à 1966 puis vice-doyen de 1966 à 1967. Au cours de la même période, il sera admis, en 1961, à l'Académie canadienne-française dont il occupera le poste de secrétaire de 1962 à 1972. En 1965-1966, il sera aussi président de l'Association des professeurs de l'Université de Montréal, dont il a été, avec Guy Frégault, l'un des fondateurs en 1955.
À l'automne de 1967, il abandonne son poste de vice-doyen ainsi que la direction du département d'histoire dans le but de se préparer à prendre un congé d'études et de recherches au cours de l'année académique 1968-1969, congé qui devait mener à la publication, en 1969, d'un livre qu'il prépare depuis presque vingt ans: Les Canadiens après la Conquête - 1759-1775. À la suite de la parution de ce dernier ouvrage, Michel Brunet devait être le lauréat du prix littéraire du Gouverneur général (1969) et du prix France-Québec (1970). En 1970, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal rendait hommage à l'ensemble de son œuvre en lui décernant le prix Duvernay. Il publiera aussi deux autres volumes qui regroupent, une fois de plus, les principaux articles et conférences qu'il a entre-temps publiés ou prononcés : Québec - Canada anglais, deux itinéraires, un affrontement (1968) et Notre passé, le présent et nous (1976).
En 1969, il sera élu, en compagnie de Guy Frégault, comme membre associé étranger de l'Académie des sciences d'outre-mer de Paris, dont il obtiendra un fauteuil en 1984. À l'hiver de 1969, il sera professeur invité en Grande-Bretagne et donnera des conférences aux universités d'Édimbourg, de Birmingham, d'Oxford et de Londres. En 1972, il sera de nouveau professeur invité, en France au Centre de recherches d'histoire nord-américaine de la Sorbonne dans le cadre des programmes d'échanges France-Québec. L'Université de Sherbrooke l'invitera, à son tour, à donner un cours en 1973 tandis qu'il sera invité à l'université de Poitiers en 1976.
En 1978, Michel Brunet recevra la médaille de la Société historique de Montréal. En 1983, il prendra sa retraite mais il continuera à enseigner un cours d'histoire des États-Unis à titre de professeur invité. La même année, l'Université de Montréal le nommera professeur émérite et le gouvernement du Québec lui décernera le prix Léon-Gérin pour l'ensemble de son œuvre. Michel Brunet est décédé le .
Le fonds d’archives Michel Brunet est conservé au centre d’archives de Montréal de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Publications
1942
« Impression d'un débutant », L'École canadienne, 17, 7 (), 319-321.
1946
Les Relations entre le Canada et les États-Unis, M.A., Lettres, Université de Montréal, 1946, 110 p.
1949
The Massachusetts Constitutional Convention of 1853, Thèse de Ph.D., université Clark, Worcester (Massachusetts), 1949, XXII-472 p.
« The Massachusetts Constitutional Convention of 1853 », History and International Relations, 1949, 71-75.
1950
« L'enseignement de l'histoire, contribution à l'éveil du sens national », Pédagogie-Orientation, 4, 4 (), 179-185; 5, 1 (), 20-27. (Ce texte a aussi été publié dans une version abrégée et légèrement modifiée sous le titre «Pourquoi les Canadiens français manquent-ils de sens national», dans Canadians et Canadiens, Montréal et Paris, Fides, 1954, 83-93).
Compte rendu du livre de Robert Rumilly, Le Frère Marie-Victorin et son temps, Montréal, Les Frères des Écoles chrétiennes, 1949, 459 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 4, 3 (), 438-441.
1951
« Les idées politiques de la Gazette littéraire de Montréal (1778-1779) », Canadian Historical Association Report, 1951, 43-50.
Compte rendu du livre de Léon Lemonnier, Histoire du Canada français, Hachette, Coll. «L'histoire racontée à tous», Paris, 1949, 448 p., paru dans Revue d'histoire de l'Amérique française, 4, 4 (), 585-586.
« Avant de critiquer les dirigeants et les diplomates américains », L'Action universitaire, 17, 4 (, 3-14.
Compte rendu des Mémoires de la Société Royale du Canada, , 44, 1950, sections I et II, paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 5, 2 (), 290-294.
« Le métahistorien Arnold J. Toynbee et la minorité canadienne-française », Revue d'histoire de l'Amérique française, 5, 3 (), 362-272. (Ce texte a aussi paru sous le titre «Le métahistorien Arnold J. Toynbee et la nationalité canadienne-française», dans Canadians et Canadiens, Montréal et Paris, Fides 1954, 69-82.)
« Notice au sujet de Fleury Mesplet », Revue d'histoire de l'Amérique française, 5, 3 (), 401-403.
1952
(En coll. avec Guy Frégault), «La province de Québec - La plus grande province du Canada», Pays et nations - Le monde en couleurs, Vol. 6, Montréal-Québec, 1952, 1953, 1954, 65-80. (Une version augmentée a paru en 1962; 1965, 64-80).
(En coll. avec Guy Frégault et Marcel Trudel), Histoire du Canada par les textes, Montréal, Fides, 1952, 1956, 297 p.; Éd. revue et augmentée, 1963, 1966, 1979, 2 vol. 262 p. et 281 p.
« Le Rapport Massey: réflexions et observations », L'Action universitaire, 18, 2 (janvier 52), 39-47. (Ce texte a aussi paru sous le titre «Une autre manifestation du nationalisme Canadian: le rapport Massey», dans Canadians et Canadiens, Montréal et Paris, Fides, 1954, 47-58.
Compte rendu du livre de Robert Rumilly, Histoire du Canada, Paris, Éd. La Clef d'Or, 1951, 592 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 5, 4 (), 589-593.
Compte rendu du livre de Robert Hamilton, éd., Canadian Quotations and Phrases; Literary and Historical, Toronto, McClelland and Stewart Limited, 1952, 272 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 1 (), 142-143.
Compte rendu du livre de Herbert Butterfield, The Wig Interpretation of History, Londres, G. Bell and Sons Limited, 1950, 132 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 2 (), 291-293.
« Pax Romana - En marge d'un congrès récent », Notre Temps, , 1; 3.
« The secret Ballot issue in Massachusetts Politics from 1851 to 1853 », The New England Quartely, 25, 1952, 354-362.
«Le problème nègre aux États-Unis», L'Action universitaire, 19, 1 (), 6-28.
1953
« Premières réactions des vaincus de 1760 devant leurs vainqueurs », Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 4 (), 506-516. (Cet article a aussi paru dans La présence anglaise et les Canadiens, Montréal, Beauchemin, 1958, 37-48).
Compte rendu du Rapport de la Société canadienne d'Histoire de l'Église catholique pour l'année 1950-1951, paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 4 (), 575-577.
Compte rendu du livre de Shepard B. Clough, The Rise and Fall of Civilization: An Inquiry into the Relationship between Economic Development and Civilization, New-York, McGraw-Hill Book Company, 1951, 291 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 4 (), 577-578.
Compte rendu du livre de Donald Creighton, John A. Macdonald: The Young Politician, Toronto, Macmillan, 1952, 524 p., paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 6, 4 (), 579-582.
Compte rendu des livres de Robert Rumilly, Histoire de la Province de Québec – Succession de Laurier (vol. XXIV); Alexandre Taschereau (vol. XXV); Rayonnement du Québec (vol. XXVI), Montréal, Éd. Chanteclerc, 1953, 246, 255 et 287 p.; paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 7, 1 (), 121-128. (Ce texte a aussi été reproduit sous le titre de «Histoire contemporaine du Canada français» dans Canadians et Canadiens, Montréal et Paris, Fides, 1954, 95-106.)
Compte rendu de la revue The Canadian Journal of Economics and Political Science, 19, , paru dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, 7, 2 (), 300-305.
Compte rendu du livre d'Edmond Préclin, Le - I - La France et le monde de 1715 à 1789, avec la coll. de Victor-L. Tapié, II- Les Forces internationales, Paris, PUF, 1952, VIII-574 p; IV-VI 575-996 p., paru dans la Canadian Historical Review, 34, 3 (), 300-302.