Un réseau de téléphonie mobile est un réseau téléphonique qui permet l'utilisation simultanée de millions de téléphones sans fil, immobiles ou en mouvement, y compris lors de déplacements à grande vitesse et sur une grande distance.
Pour atteindre cet objectif, toutes les technologies d'accès radio doivent résoudre un même problème : partager et répartir aussi efficacement que possible une bande de fréquences hertzienne unique entre de très nombreux utilisateurs. Pour cela, diverses techniques de multiplexage sont utilisées pour la cohabitation et la séparation des utilisateurs et des cellules radio : le multiplexage temporel, le multiplexage en fréquence et le multiplexage par codes, ou le plus souvent une combinaison de ces techniques.
Un réseau de téléphonie mobile a une structure « cellulaire » qui permet de réutiliser de nombreuses fois les mêmes fréquences ; il permet aussi à ses utilisateurs en mouvement de changer de cellule () sans coupure des communications en cours. Dans un même pays, aux heures d'affluence, plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d'appareils sont en service répartis (dans le cas du GSM) sur seulement 500 canaux disponibles.
Réseaux GSM
Les réseaux de téléphonie mobile utilisent des ondes électromagnétiques, tout comme les réseaux pour la radio, la télévision, les satellites et les autres réseaux de communication privés tels que ceux réservés aux gendarmes, ambulanciers et autres. Pour transmettre une information (binaire ou analogique) on utilise un canal. Dans les réseaux GSM, ce canal est porté par une fréquence spécifique autour de laquelle l'onde est modulée. On préfère garder un certain espace entre les canaux car si leurs fréquences sont trop proches, ils empiètent les uns sur les autres en produisant des interférences.
On a attribué à chaque application (radio, télévision, téléphoneie mobile, etc.) des groupes de fréquences qui varient selon les continents, voire parfois de pays à pays. En Europe, la téléphonie mobile GSM a reçu (de l'organisme CEPT) deux groupes de fréquences : autour de et autour de 1800 mégahertz (MHz).
Il a d'abord fallu scinder chacun de ces groupes en deux : une bande de fréquences pour envoyer les signaux de l'antenne-relais vers les téléphones mobiles, l'autre pour les émissions des téléphones vers le réseau. L'une donc pour être appelé et entendre, l'autre pour appeler et parler.
Fréquences historiques affectées aux premiers opérateurs GSM en France au début des années 2000 (depuis lors Bouygues Telecom et Free mobile ont reçu des bandes de fréquence supplémentaires) :
Émission (en MHz) Réception (en MHz) Groupe 1 890-915 935-960 Groupe 2 1710-1785 1805-1880
Vient ensuite la subdivision en canaux. En GSM (pour Global System for Mobiles), l'écart de fréquence entre deux canaux adjacents a été fixé à , soit . Le groupe 1 défini ci-dessus peut donc contenir 125 canaux (/) et le groupe 2 en contient 375, ce qui fait 500 au total. S'il n'y avait qu'un émetteur pour toute l'Europe, on ne pourrait effectuer que 500 communications à la fois.
Premier contact Un grand nombre d'émetteurs à courte portée sont installés, chacun ne couvrant qu'une zone géographique bien délimitée appelée une « cellule » (zone couverte par une antenne). De là, le terme « téléphonie cellulaire ». La portée moyenne varie de 1 à . Ainsi, les téléphones reçoivent les ondes radio d'une station de base (BTS) et lui répondent pour indiquer s'ils souhaitent s'y attacher. Si celle-ci accepte, elle retient le numéro d'identité de l'appareil mobile (n° IMSI stocké dans la carte SIM), lui affecte des ressources radio et reprend le contact si un appel pour ce téléphone lui parvient ou si le téléphone en effectue un. Ceci permet de réutiliser des milliers de fois les mêmes fréquences hertziennes dans un seul pays.
Cette solution pose néanmoins un problème si toutes les antennes adjacentes utilisent les mêmes fréquences pour leurs utilisateurs. Si l'un d'eux se situe à la frontière entre les deux zones de portée, il reçoit deux signaux qui se perturbent mutuellement.
Amélioration : le damier hexagonal thumb|upright=2|Réseau cellulaire de téléphonie (GSM/GPRS) thumb|upright=2|Structure d'un réseau GSM, à gauche : la partie radio (BSS ou GERAN) et à droite : le cœur de réseau (NSS et Core Network) Les fréquences utilisées par les émetteurs ont alors été divisées. Les antennes gérées par les BTS (pour Base Transceiver Station) sont souvent regroupées par trois sur un pylône ou suivant une configuration équivalente, chacune émet dans un angle de 120°, soit 360° au total (3X120°). Chacune de ces antennes supporte donc un tiers des communications. Sur le schéma (valable uniquement pour la norme GSM), chaque couleur (vert, bleu, jaune) figure un groupe de fréquences différentes. Elles créent ainsi un « damier hexagonal » de cellules. Ce damier est avant tout une vue de l'esprit, les zones se recouvrant les unes avec les autres et leur taille varie avec la météo, le nombre d'utilisateurs, etc. Chaque antenne utilise un groupe de fréquences hertziennes différentes de ses voisines ; les mêmes fréquences ne sont donc réutilisées qu'à une distance permettant de ne pas créer d'interférences. Cela permet aussi à un mobile en frontière de 2 ou 3 cellules d’écouter les cellules adjacentes pour permettre un changement de cellules « en douceur » (soft handover).
Mais cela pose un problème pour la localisation du destinataire d'un appel. Lorsque le téléphone (MS) décide de changer de cellule, il informe via la BTS et la BSC, le VLR (Visitor Location Register) dont dépend la nouvelle cellule. Si l'on a changé de MSC (Mobile service Switching Center), le HLR (Home Location Register) est contacté, ce dernier contactant le précédent MSC. L'utilisateur s'identifie soit avec l'IMSI () ou le TMSI () contenus dans la carte SIM du téléphone, le TMSI étant préféré pour des raisons de sécurité.
Pour augmenter le nombre d'utilisateurs dans une zone géographique, on peut augmenter le nombre de cellules en réduisant leur taille.
Solution complémentaire : le multiplexage temporel Le multiplexage temporel est assez simple à effectuer en numérique. Dans le téléphone, la voix est numérisée et donne donc un code binaire ; celui-ci peut être compressé, or sur une bande de fréquence de , on peut faire passer plusieurs flux de telles données compressées. Le téléphone numérise, puis compresse le son et l'envoie par « paquets » toutes les 20 millisecondes (GSM). Ainsi, on peut imbriquer huit émissions (7 paquets de voix ou donnée + 1 paquet de contrôle) par canal GSM.
Zones blanches Même si la couverture réseau est de nos jours très étendue, il demeure des espaces géographiques qui n'étaient pas ou ne sont pas encore couverts par les réseaux mobiles : les zones blanches. Dans tous les pays, les fournisseurs de service s'efforcent de couvrir ces zones lorsque la demande le justifie ou lorsque la législation l'impose. Cette couverture est souvent mutualisée, c'est-à-dire réalisée via des antennes financées et partagées par les différents opérateurs du pays ; par extension le terme « zone blanche » désigne alors ces zones partagées (environ 3000 communes en France).
Évolution du GSM vers le GPRS Les réseaux GSM ont évolué vers les normes GPRS et Edge, optimisées pour transférer des données (MMS, accès internet, etc.) qui nécessitent des débits plus élevés que la téléphonie (voix). Cela a été obtenu en améliorant les techniques de codage radio et par regroupement de plusieurs canaux pour permettre le transfert de données à une vitesse plus élevée. Mais les antennes et le réseau radio restent les mêmes : mêmes fréquences et mêmes damiers hexagonaux avec des cellules radio adjacentes utilisant des fréquences différentes pour éviter les interférences.
Réseaux UMTS
Principales différences avec les réseaux GSM thumb|upright=2|Structure d'un réseau 3G UMTS En GSM, les cellules radio adjacentes utilisent des fréquences différentes (facteur de réutilisation variant de 1/3 à 1/7 selon les cas) ce qui implique de diviser et répartir les fréquences attribuées à un opérateur entre plusieurs cellules radio et donc d'avoir moins de bande passante (moins d'abonnés actifs simultanément) dans chaque cellule.
Une amélioration importante de l’UMTS par rapport au GSM consiste en la possibilité d’utiliser les mêmes fréquences hertziennes dans toutes les cellules radio, grâce à une nouvelle technique de codage (W-CDMA) et à un « scrambling code » (code d’embrouillage) permettant d’identifier chaque cellule. En conséquence, cela permet d’affecter une largeur spectrale plus grande à chaque cellule (la norme UMTS prévoit par cellule radio) et donc d'avoir au total une bande passante plus importante et plus de débit dans chaque cellule.
Une autre différence tient au fait que l'UMTS est optimisé pour transporter les données avec des débits variables (vidéos, internet). La bande passante n'est donc plus découpée en canaux de taille fixe (adaptés à la voix), mais une allocation dynamique de ressources permettant des débits variables et irréguliers (accès Internet).
Une troisième différence concerne la largeur spectrale affectée à chaque cellule radio, la norme UMTS dominante (FDD) prévoit, pour chaque cellule, une largeur spectrale fixe de (une bande pour l'émission, une autre pour la réception), plus élevée qu'en GSM (qui utilise au maximum dix à vingt canaux de par cellule). Une évolution de la norme appelée DC-HSPA+, ou DC-HSDPA, permet d'agréger deux bandes de fréquence de dans le sens descendant, pour augmenter le débit réception dans une cellule radio pour les terminaux compatibles.
Organisation des cellules radio UMTS Dans un réseau UMTS, dans les zones de couverture homogènes (macrocells), on retrouve le même type de damiers hexagonaux que celui décrit ci-dessus pour le GSM. Les mêmes fréquences hertziennes sont généralement utilisées dans toutes les cellules (c'est obligatoire pour les opérateurs ne disposant que d'une seule bande de fréquence duplex de ).
La contrepartie est que, malgré le codage WCDMA et les « » permettant d’identifier une cellule, il y a des interférences dans les zones en limite de 2 cellules mitoyennes et il en résulte un débit beaucoup plus faible qu'au centre des cellules radio ; le changement de cellules d'un terminal en déplacement (handover) est également plus complexe avec des risques de micro-coupures des communications en cours, spécialement dans les variantes « haut débit » (HSDPA et HSPA+) de l’UMTS.
Si l'opérateur mobile dispose de plusieurs bandes de 5 MHz Pour les opérateurs disposant de plusieurs sous-bandes de fréquences UMTS de , il y a trois types d'utilisation possibles : avoir plusieurs cellules radio (porteuses) indépendantes, superposées sur une même zone géographique. Cela permet d'augmenter la bande passante globale, mais un terminal mobile ne peut se connecter qu’à une seule cellule ; utiliser l’option Dual-Cell ou Dual-Carrier (DC) de la norme HSPA+ qui permet d’agréger deux porteuses de 5 MHz permettant ainsi à un smartphone compatible d’augmenter (jusqu'à 42 Mb/s) le débit pic de téléchargement. Cette option peut être utilisée conjointement avec la ; certains abonnés bénéficiant ainsi de la connexion à deux porteuses, d’autres (parce que leur terminal ou leur abonnement ne leur permet pas) ne se connectent qu’à l’une des deux porteuses ; réserver aux small cells ou femtocells, l'une des sous-bandes de 5 MHz appartenant à l’opérateur afin de diminuer la charge des cellules principales.
Réseaux LTE
Différences entre les réseaux UMTS et LTE thumb|upright=1.5|eUTRAN : architecture de l’accès radio d’un réseau LTE.
Les réseaux LTE (Long Term Evolution), appelés commercialement 4G, représentent une évolution importante par rapport aux réseaux GSM et UMTS. Les normes spécifiant les réseaux LTE sont issues du 3GPP comme les normes UMTS, mais elles introduisent de nombreuses modifications et améliorations.