François Just Marie Raynouard, né le Acte de baptême de François Just Marie Raynouard en 1761. à Brignoles et mort le à Passy, est un historien, philologue romaniste et dramaturge français.
Ses travaux de publication et de traduction des œuvres des troubadours, qui prolongent ceux de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye, ont été essentiels pour la diffusion du style troubadour, et constituent un prélude à la renaissance occitane incarnée plus tard par le Félibrige.
Biographie
Élève du petit séminaire d'Aix-en-Provence puis de la faculté de droit de cette ville, François Just Marie RaynouardPour le prénom "Just" qui doit remplacer le prénom "Juste", voir : Acte de baptême de François Just Marie Raynouard en 1761 et Fiche biographique de l'Assemblée nationale.Conformément à un usage répandu à son époque, il signait tous ses ouvrages "M. Raynouard" sans prénom usuel. devient avocat au barreau de Draguignan. En 1791, il est élu député suppléant à l'Assemblée législativeJoseph Savarelli, Les administrateurs du département du Var, 1790-1897 : notices biographiques, Éditions Olivier-Joulian, 1897.. Emprisonné sous la Terreur à la prison de l'Abbaye pour ses sympathies girondines, il tire de cette expérience sa tragédie Caton d'Utique (1794). Il est libéré après le 9 thermidor et retourne dans sa ville natale, où il reprend avec succès la profession d'avocat.
En 1803, il remporte le prix de poésie de l'Institut de France et monte à Paris. En 1805, sa tragédie Les Templiers plaît à Napoléon et remporte un vif succèsRené Merle, Raynouard de Brignoles, Chroniques varoises, La Marseillaise, 1995. à la Comédie-Française ainsi qu'en librairie et cela malgré les critiques de Geoffroy. Il est député au Corps législatif de 1806 à 1814 et représentant aux Cent-Jours. Il est élu à l'Académie française en 1807Discours de réception à l'Académie française le 24 novembre 1807. et à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1816. Il est nommé secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1817Tyrtée Taster, Histoire des quarante fauteuils de l'Académie française, Éditions Lacroix, 1855..
En 1809, la pièce Les états de Blois ou la mort du duc de Guise déplaît à Napoléon et est interdite. À la fin de l'Empire, Raynouard abandonne le théâtre pour se consacrer à la philologie et à l'étude des langues du Moyen Âge, et notamment du vieux provençalÉmile Ripert, La Renaissance Provençale (1800-1860), Éditions Laffitte, 1882.Louis Bergeron et Guy Chaussinand-Nogaret, Grands notables du Premier Empire : notices de biographie sociale, Volume 18, Centre national de la recherche scientifique, 1988.. C'est dans ce domaine qu'il acquiert la renommée la plus durable par ses recherches sur les troubadours et les cours d'amour. Robert Lafont le présente, avec Honnorat, comme un des deux grands précurseurs du Félibrige : « Il serait fastidieux d'énumérer ce que l'école félibréenne, en ses premières propositions théoriques, doit à Raynouard et Honnorat, aux deux savants qui ont posé de l'entreprise, les bases idéologiques. En un mot, elle leur doit les raisons de son existence ; le souvenir de l'ancienne splendeur et le sentiment de la dignité retrouvéeSimon Calamel et Dominique Javel, La langue d'oc pour étendard, les Félibres (1854-2002), Éditions Privat, 2002, citation de la page 34. ».
Postulant que les langues romanes ne descendaient pas directement du latin, mais d’une langue post-latine commune, à laquelle il donnait le nom de « roman », Raynouard n’accordait absolument aucune valeur littéraire à la langue d'oïl et à ses fabliaux.. Il en a résulté une vive polémique avec le philologue normand Gervais de La Rue, qui soutenait, au contraire à Raynouard, qui se disait révolté par l’obscénité des contes médiévaux que, pendant les six premiers siècles de l’ère vulgaire, la langue celtique a été parlée dans les Gaules, et que postérieurement, une littérature celtique a existé, dans laquelle la littérature d’oïl a puisé directement ses sources..
Les travaux de la philologie moderne ont, depuis, confirmé les théories de l’abbé de La Rue sur les origines et la formation de la langue française, montrant que la théorie « romaniste » de Raynouard était fausse. L’erreur fondamentale de sa Grammaire de la langue romane (Paris, 1816), postulant qu’une langue néo-latine commune aurait été parlée dans l’ensemble de l’aire romane, la « romanie », avant les idiomes romans existants, repose sur le fait qu’en n’étudiant qu’une seule langue romane, il n’a pas appliqué la méthode comparative inhérente à la philologie romane.. vignette|redresse|Monument à François Raynouard, œuvre de Victor Nicolas à Brignoles. Raynouard était officier de la Légion d'honneur. Dans le de Paris, une rue et un square portent son nomAuguste Doniol, Histoire du arrondissement de Paris, Éditions Hachette, 1902.. À Brignoles, un monumentLe Livre d'or du centenaire de Raynouard, Brignoles. Société Nouvelle des Imprimeries Toulonnaises, Toulon, 1939. lui rend hommage sur la place Saint-Pierre près de sa maison natale et le lycéeL'histoire du lycée Raynouard à Brignoles. de la ville, ainsi qu'un boulevard, portent son nom.
Il est inhumé au cimetière de Passy (Paris)Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième édition, 1963, (« L-Z »), « Rue des Réservoirs », ..
Œuvres
Théâtre Caton d'Utique, tragédie, 1794 Les Templiers, tragédie, représentée à la Comédie-Française le 24 floréal an XIII (). Consulter le texte en ligne Éléonore de Bavière, tragédie, 1805 Les États de Blois ou la Mort du duc de Guise, tragédie, 1809 Don Carlos, tragédie, non représentée Débora, tragédie, non représentée Charles , tragédie, non représentée Jeanne d'Arc à Orléans, tragédie, non représentée
Poésie Socrate dans le temple d'Aglaure, 1803 L'Immolation des templiers
Histoire
Monumens historiques, relatifs à la condamnation des Chevalier du Temple, et à l'abolition de leur ordre, 1813 (de l'Imprimerie d'Adrien Egron) Histoire du droit municipal en France, sous la domination romaine et sous les trois dynasties, 1829
Linguistique et littérature en occitan Recherches sur l'antiquité de la langue romane, 1816 Éléments de la grammaire de la langue romane, 1816 La Grammaire des troubadours, 1816 Des troubadours et les cours d'amour, 1817 Grammaire comparée des langues de l'Europe latine dans leurs rapports avec la langue des troubadours, 1821 Choix des poésies originales des troubadours, 6 vol., 1816-1821 Lexique de la langue des troubadours, 1824 Nouveau choix des poésies originales des troubadours, 1836-1844 Lexique roman, 6 vol., 1838-1844 Tome 1 Tome 2, A-C Tome 3, D-K Tome 4, L-P Tome 5, Q-Z Tome 6, Appendice, vocabulaire
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Philippe Josserand, « L'Ordre du Temple dans le débat public en France aux », Les religions dans la rue. 23 Université d'été du Carrefour d'histoire religieuse (Nantes, 9-12 juillet 2014), éd. Bruno Béthouart, Marcel Launay, Boulogne-sur-Mer, 2015, . René Merle, « Raynouard et la graphie du provençal, une rupture culturelle », Lengas, revue de sociolinguistique, , 1997. Frédéric Auguste Ferdinand Thomas de Reiffenberg, Notice sur François-Juste-Marie Raynouard, Bruxelles, M. Hayez, 1839. Joseph Salvat, « Discours sur Raynouard », Éditions du Centre international de l'écrit en langue d'oc, 1998. Docteur André Jaubert, « Un Provençal illustre - Just-François-Marie Raynouard (1761-1836) », Toulon, Société Nouvelle des Imprimeries Toulonnaises, 1936. .
Liens externes Sur Wikisource
Article dans le Grand dictionnaire universel du de Pierre Larousse Le Livre d'or du centenaire de Raynouard, Brignoles Notice de The Catholic Encyclopedia Lexique roman en ligne
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