vignette|La synagogue Tiféret Israel de Caracas a été attaquée le 31 janvier 2009. L'antisémitisme ne s'est manifesté que de manière occasionnelle au Venezuela durant l'histoire des Juifs dans ce pays.
En 1827, un groupe de juifs partit de Curaçao pour s'installer à Coro. En 1855, des émeutes dans la région forcèrent finalement toute la population juive, soit 168 personnes, à retourner à Curaçao. L'intégration des juifs au Venezuela fut compliquée, bien qu'il y eût de petites communautés à Puerto Cabello, Carúpano, Villa de Cura, Rio Chico, Maracaibo ou encore Barquisimeto.
En , un autre épisode d'antisémitisme se produit à Coro pendant le gouvernement du général Cipriano Castro. Les Juifs ont demandé l'asile à Curaçao, qui a été accordé par le gouverneur de l'île, J. O. de Jong van Beek, qui a envoyé le navire de guerre « HNMLS Koningin Regentes » pour les protéger. Sur le chemin du retour vers Curaçao, le navire emmena à son bord quatre-vingts femmes et enfants. En juillet de la même année, le même navire fut envoyé à La Vela de Coro par le reste des Juifs, et seuls quelques-uns y restèrent pour protéger les biens des exilés.
Début 1903, des restrictions concernant l'immigration des Juifs sont mises en place avant d'être finalement abolies à la fin des années 1950. En 1950 environ juifs vivaient au VenezuelaDavid Krusch, The Virtual Jewish History Tour: Venezuela, Jewish Virtual Library, American-Israeli Cooperative Enterprise, 13 août 2006.. Les vagues d'immigrations les plus importantes eurent lieu après la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre des Six Jours en 1967Larry Luxner, A precarious democracy threatens Venezuelans — Jews and non-Jews, JTA, 14 juillet 2003Julie Drucker, Jews in Venezuela: A Vanishing Community?, JTA, 15 janvier 2003. La population juive du Venezuela était alors très largement concentrée à Caracas, avec quelques communautés à Maracaibo. À la fin du siècle, la plupart des juifs sont vénézuéliens de la première ou seconde générationDavid A. Harris, Letter from Caracas, American Jewish Committee, 20 octobre 2005. Le Venezuela se révéla alors être un lieu hospitalier pour les Juifs qui en retour « développèrent des liens profonds avec leur pays et un fort patriotisme ».
Émigration Sous les présidences de Hugo Chávez et de Nicolás Maduro les allégations d'antisémitisme par le biais d'actions ou de déclarations du gouvernement vénézuélien se sont multipliés tout comme les incidents publics en tout genre.The Chavez Regime: Fostering Anti-Semitism and Supporting Radical Islam, Anti-Defamation League, 6 novembre 2006.. La population juive du Venezuela a aussi considérablement décliné sous le gouvernement bolivarien selon l'Algemeiner Journal, avec une population passée de en 1999 à moins de en 2015. Une partie de la communauté juive vénézuelienne soutient cependant le gouvernement vénézuélienhttps://www.liberation.fr/planete/2006/01/14/des-juifs-venezueliens-defendent-chavez_26488/.
Selon le Congrès juif latino-américain, la communauté juive du Venezuela comptait autour de personnes au moment où Hugo Chávez arriva au pouvoir. Durant les premières années du , le nombre de juifs quittant le Venezuela pour s'installer en Israël augmenta fortementhttps://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/judaica/ejud_0002_0020_0_20362.html. Le journal juif conservateur Algemeiner affirme que l'émigration des juifs du Venezuela est due à et que .
En 2007, un rapport estima que ce n'est pas moins de 20 % de la population juive du pays qui avait émigré à cause de l'inquiétude venant de la montée des allégations d'antisémitisme. Le Congrès juif latino-américain estimait en 2007 qu'il n'y avait plus que à juifs résidant au Venezuela. En , le taux de Juifs ayant quitté le pays depuis la prise de pouvoir de Chávez atteint les 50 %, ceux qui restent se mettent même à dénoncer un « antisémitisme officiel ». Voir aussi : . En 2013, ils n'étaient plus que à être restés ; en 2015, seulement .
Pour les émigrants, les États-Unis furent la destination privilégiée, particulièrement Miami en Floride. D'autres partirent pour Israël mais aussi pour le Panama, la Colombie, le Costa Rica ou encore le GuatemalaPost-Chavez, Venezuelan Jews plant roots elswhere, The Times of Israel.
Médias Dans son rapport de 2002, l'Institut Stephen Roth rapporte qu'un journaliste vénézuélien résidant aux États-Unis, Ted Cordova-Claure a publié un article dans le magazine d'opposition TalCual où il compare Ariel Sharon à Adolf HitlerA Former Guerrilla Reinvents Himself as a Candidate, The New York Times, 1 juillet 2006.. L'Institut rapporte aussi que le journaliste Alfredo Hernandez Torres de la revue Frontera justifiait les "attaques terroristes" à l'encontre d'Israël, estimant que « Sharon fait preuve de plus de haine qu'Hitler en avait envers les Juifs ». Torres qualifie Sharon de et affirme qu'Israël est coupable « d'un génocide à Jénine... qui aurait gêné même l'impassible Hitler ». L'Institut Roth indique aussi dans son rapport que des journaux vénézuéliens d'opposition comme El Universal ou El Nacional ont accusé Israël de génocide, notamment dans un éditorial écrit par Maria de los Angeles Serrano dans El Nacional affirmant que les juifs israéliens « aujourd'hui étranglent, déportent, enferment et tuent les Palestiniens avec le même enthousiasme dont avaient fait preuve leurs propres persécuteurs, les Nazis ». Selon l'Institut Roth, quand Últimas Noticias interviewa le politicien libano-venézuelien Tarek William Saab chef de file du Mouvement Cinquième RépubliqueVenezuelan Pro-Chavez Deputy Says U.S. Refuses Visa, Excite News, 2 octobre 2002 et Franklin González, directeur de l'École Internationale de l'Université Centrale du Venezuela, tous deux ont déploré le fait que l'Organisation des Nations unies a déçu le peuple palestinien et que « les racines du conflit résident dans la création même de l'État d'Israël en 1947 ».
La Conférence mondiale contre l'antisémitisme de 2009 a révélé que les articles à caractère antisémite ayant été publiés dans des médias pro-Chávez atteignaient le nombre moyen de « 45 par mois » durant l'année 2008 et même d'environ « cinq par jour » durant l'opération Plomb Durci d'Israël contre la bande de Gaza en Claudio Lomnitz et Rafael Sanchez, United By Hate, Boston Review, juillet/août 2009.
Selon le rapport de la Confédération Vénézuélienne des Associations Israélites L'Antisémitisme au Venezuela 2013 des « informations biaisées, des omissions et de fausses accusations envers Israël provenant des médias iraniens Press TV et HispanTV sont relayées par le média russe RT News, l'agence de presse cubaine Prensa Latina et les médias vénézuéliens tels que AVN, TeleSUR, Venezolana de Televisión (VTV), Alba TV, La Radio del Sur, Radio Nacional de Venezuela), YVKE Mundial, Correo del Orinoco et Ciudad CCS ».
Accusations d'antisémitisme envers Hugo Chávez Le Centre Simon-Wiesenthal critiqua virulemment le président Hugo Chávez après qu'il eut comparé l'homme politique espagnol José María Aznar à HitlerMarc Perelman, Venezuela's Jews Defend Leftist President in Flap Over Remarks, Forward.com, 13 janvier 2006. Disponible sur U.S. Embassy in Venezuela., consulté le 5 mars 2018.. En 2005, le rabbin brésilien Henry Sobel, un des leadeurs du Congrès juif mondial accusa également Chávez d'antisémitisme.
En 2004, après avoir remporté le référendum sur sa présidence, Chávez intima à l'opposition de ne pas se laisser . Le jour suivant il déclara à la télévision publique qu'. L'institut Roth affirma que la communauté juive du Venezuela explique que le terme est une métaphore dirigée envers les chefs de l'opposition et que c'est une expression répandue dans le monde catholique. Le lendemain, le vice-président José Vicente Rangel expliqua le sens de cette expression et assura les leadeurs de la communauté juive qu'elle avait été utilisée de manière inappropriée. Le département d'État des États-Unis mentionne aussi que . Dans The Weekly Standard, l'activiste humanitaire écrit que le rapport sur l'antisémitisme mondial du département d’État des États-Unis note que Marc Perelman, Venezuela's Jews Defend Leftist President in Flap Over Remarks, Forward.com, 13 janvier 2006.
Le Centre Wiesenthal a aussi qualifié d'antisémite une déclaration faite par Chávez à l'occasion de Noël 2005 dans un centre de réhabilitation. Se référant à ce discours de , le Miami Herald affirma que . En 2005, Chávez déclara que SWC condemns antisemitic statements by Venezuelan President Hugo Chavez – demands public apology, Centre Wiesenthal, 4 janvier 2006, consulté le 11 août 2006.. La Confederación de asociaciones israelitas de Venezuela (CAIV) a écrit au centre Simon-Wiesenthal pour protester contre son intervention et lever le soupçon d'antisémitisme, affirmant que le président vénézuélien ne parlait pas des juifs dans cette intervention.
Selon JTA, la source d'information gouvernementale, et l'organisation (), les leadeurs de la communauté juive du Venezuela ont précisé que la citation omettait la référence à Bolívar et qu'elle affirmait que Chávez faisait référence aux Juifs avec nulle autre preuve que son allusion à la richesse. Selon un article publié dans The Forward, les chefs de la communauté juive vénézuélienne ont accusé le Centre Simon-Wiesenthal d'un excès de zèle concernant les accusations d'antisémitisme, précisant que les déclarations de Chávez avaient été prises hors contexte, et qu'il faisait en réalité référence à et à . Cependant, selon l' American-Israeli Cooperative Enterprise, les communautés juives vénézuéliennes et autres organisations israélites du pays s'abstienne de toute critique envers les déclarations de Chávez afin d'éviter toute publicité négative ainsi que pour des raisons de sécurité.
Selon le site internet pro-Chávez , Chávez a nié les accusations affirmant à l'Assemblée nationale : . Chávez réfuta les accusations du Centre Simon-Wiesenthal qu'il qualifia de propagande, et affirma qu'il espérait que l'ex-premier ministre israélien Ariel Sharon se remettrait de son AVCChavez Summarizes Accomplishments of 2005 and Accuses U.S. of Interference in Venezuela, Venezuelaanalysis.com, 23 août 2006.. Dans un discours national télévisé, Chávez accusa le Centre Simon-Wiesenthal de travailler avec Washington. Les représentants du Centre Simon-Wiesenthal en Amérique latine répondirent que la mention faite par Chávez des était et que .
Les critiques pointent également du doigt les relations professionnelles entre Chávez et Norberto Ceresole. Ainsi Halvorssen explique que . Le négationniste Ceresole considère ainsi les juifs du Venezuela comme la plus grande menace au Bolivarisme et au Chavisme dans son Caudillo, Ejército, Pueblo (Un guide, une armée, un peuple). Cependant Chávez nie recevoir des conseils de Ceresole qui fut d'ailleurs expulsé du Venezuela quelques mois après la montée au pouvoir de Chávez. Plus tard le média Clarín indiqua que le vice-président José Vicente Rangel trouvait les livres de Ceresole dégoûtants et abjects Ludmila Vinogradoff, Venezuela: echan a un argentino, Clarin, 4 mars 1999..
Un article du Boston Globe brosse le portrait d'un cinéaste juif vénézuélien qui a en . Selon l'article, les animateurs d'un programme télévisé gouvernemental l'accusait d'avoir pris part à une ; le jour suivant Chávez avait d'ailleurs réclamé la légifération de lois visant à interdire la production de films qui Indira A.R. Lakshmanan, In Venezuela, critics pan an arts renaissance, The Boston Globe, 27 août 2006..