droite|290px|vignette|Giotto di Bondone, La Procession de mariage de la Vierge.

Dans le catholicisme, le mariage est un sacrement depuis le Concile de Vérone en 1184. Les formes du mariage catholique ont été codifiées au fil des siècles, en particulier par le quatrième concile du Latran en 1215. Dans le catéchisme catholique actuel, le mariage est , laquelle ( du Catéchisme de l'Église catholique).

De fait, l'élément constitutif du mariage est le consentement des époux (réf. : code de droit canonique - can 1057 ). Tout mariage forcé est considéré comme nul.

Dans la doctrine catholique, la sexualité est une création de Dieu, comme tout ce qui relève de la sphère biologique. La sexualité est donc essentiellement quelque chose de bon par nature : elle est la voie naturelle pour la procréation, et toutes les composantes de plaisir associées à la sexualité, notamment le plaisir sexuel associé à l'acte proprement dit, forment en principe une chose légitime et souhaitable. En parallèle, la sexualité implique des pulsions et des passions qui figurent parmi les plus fortes de celles auxquelles l'Homme est exposé : il court le danger d'y perdre sa liberté spirituelle, et d'être tenté par des choix et des attitudes que sa conscience aurait dû refuser.

Le mariage catholique est l'approche catholique pour articuler et faire s'épanouir simultanément vie sexuelle et vie spirituelle. Pour le catholicisme, le mariage se fonde sur la sexualité, mais dans le sens où une cathédrale se fonde sur ses fondations, ce n'est pas la fondation qui donne son sens à une cathédrale mais la spiritualité ; cependant, si la fondation n'est pas en cohérence avec le reste, tout s'effondre.

Par ailleurs, pour l'Église catholique, le mariage est une réalité qui a été élevée à la dignité de sacrement : il existe donc un mariage naturel, institution reconnue comme telle.

Le sacrement de mariage et ses effets Le sacrement du mariage

Les protagonistes du mariage sont un homme et une femme baptisés (au moins l'un des deux), libres de contracter, et qui expriment librement leur consentement sans subir de contrainte, en sorte que si la liberté manquait, le mariage serait invalide, autrement dit, il n'y a pas eu de mariage. Les époux scellent sacramentellement leur consentement en l'unissant à l'offrande du Christ pour son Église réactualisée lors de la messe au cours de laquelle un mariage a lieu habituellement. Dans l'Église latine les époux sont les ministres de la grâce conférée lors du sacrement du mariage, c'est-à-dire que le mariage est, pour l'Église catholique, un sacrement que les époux se donnent mutuellement ; le prêtre n'est que témoin..

Indissolubilité du mariage Le code de droit canon précise que (canon 1134). Le consentement par lequel les époux se donnent mutuellement est scellé par Dieu lui-même, en sorte que le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissous..

La grâce du sacrement Lors du sacrement de mariage qu'ils se donnent mutuellement, les conjoints reçoivent du Christ une grâce qui leur donne la force de le suivre, de se relever après leurs chutes, de se pardonner mutuellement, de porter les uns, les autres leurs fardeaux et de s'aimer d'un amour surnaturel délicat et fécond..

Unité du mariage La constitution pastorale Gaudium et Spes du concile enseigne que . C'est pourquoi, l'exhortation apostolique de en déduit que ..

Fidélité dans le mariage L'amour conjugal exige des époux une fidélité inviolable qui est la conséquence du don réciproque des conjoints lors de leur mariage. Le motif plus profond se trouve dans la fidélité inviolable de Dieu à son alliance et du Christ à son Église, en sorte que les époux sont habilités à représenter cette fidélité et à en témoigner1646-1647. Le remariage des divorcés du vivant du conjoint légitime contrevient au dessein et à la loi de Dieu enseignée par le Christ..

Ouverture à la fécondité Fécondité biologique et spirituelle La constitution Gaudium et Spes précise que : . (, 1) S'appuyant sur l'injonction divine à Adam et Eve : , elle explique que , les époux veillent à Cette fécondité de l'amour conjugal implique que les parents transmettent à leurs enfants la vie morale, spirituelle et surnaturelle. En outre les époux auxquels Dieu n'a pas donné d'avoir des enfants peuvent avoir une vie conjugale humaine et chrétienne pleine de sens, rayonnant de charité..

Refus de la stérilisation La stérilisation est à rejeter. En outre, l'instruction Donum Vitae de la congrégation pour la doctrine de la foi datant de 1987, rédigée par le cardinal Ratzinger, et promulguée par , enseigne que les techniques d'insémination et de fécondation artificielles qui impliquent une dissociation des parentés (don de sperme ou d'ovocytes, prêts d'utérus) sont gravement déshonnêtes et moralement irrecevables, même si elles le sont moins quand elles sont pratiquées au sein d'un couple marié. En effet, ..

Contraception et régulation des naissances Dans l'Histoire, la contraception a été condamnée à plusieurs reprises par les papes, depuis pape de 1800 à 1823 condamnant l'onanisme., en passant par , pape de 1831 à 1846, par. , pape de 1846 à 1878, à ., pape de 1878 à 1903, à ., pape de 1914 à 1922, à pape de 1922 à 1939, en 1930., et enfin , pape de 1939 à 1958 concernant l'éreinte réservée, puis la contraception par stérilet.. La contraception est retirée par de l'ordre du jour du concile , au vu du travail restant à faire par la commission de théologiens spécialisée sur cette question créée par . La commission continue ses travaux et, en 1966, les théologiens de cette commission déclarent à une large majorité que la contraception artificielle n’est pas intrinsèquement mauvaise..

En , peu après les événements de , le pape publie l'encyclique Humanae Vitae , condamnant notamment les méthodes artificielles de régulation des naissances. Le document provoque une tempête dans le monde catholique.. Le Catéchisme de l'Église catholique promulgué par en 1992 fait référence () à Humanae vitae en indiquant qu'est intrinsèquement mauvaise 2369-2370.

Condamnation de l'avortement Aspects historiques S'appuyant sur un ouvrage de Sesboüé., le dictionnaire Encyclopédique du Christianisme Ancien montre que les chrétiens des premiers siècles condamnaient tous l'avortement provoqué: La Didachèe enseignait aux alentours du premier siècle : (2, 2). Vers la même époque, la lettre de Barnabé (130-190) commandait (19, 5). Athénagore d'Athènes (130-190) parle des chrétiens en disant qu'ils jugent homicides les femmes qui recourent à des moyens abortifs. Minucius Felix, mort vers 250, stigmatise les païens qui tuent dans leurs entrailles. Tertullien (150-220) accuse les païens de pratiquer l'avortement. Clément d'Alexandrie (150-215) voit dans l'avortement le meurtre d'un fœtus. Plus tard, Ambroise de Milan (339-397) jugera l'avortement un délit horrible, et Basile de Césarée (329-379) considèrera l'avortement comme un homicide. Bref, les Pères de l'Église condamnent tous l'avortement comme étant un homicide..

Condamnation Depuis les premiers siècles, les chrétiens ont affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement qui n'a pas changé depuis demeure invariable. En effet la constitution pastorale de Gaudium et Spes affirme que l'infanticide et l'avortement sont pour les chrétiens des crimes abominables (51, 3) Cela implique que la coopération à un avortement constitue une faute grave et même un crime contre la vie innocente mise à mort. C'est pourquoi, ceux des chrétiens qui y participent encourent une excommunication, qui n'exclut pas le pardon pour ceux qui s'en repentent..

Offenses à la dignité du mariage Les offenses à la dignité du mariage sont : L'adultère, compris comme une infidélité dans le mariage et condamné par Jésus (Matthieu 5, 32 et 19, 6) même au stade de simple désir (Matthieu 5, 27-28); le divorce défini comme la situation où l'un ou l'autre des conjoints, ou les deux, contractent de nouvelles unions sexuelles ; la polygamie ; l'union libre ; les relations intimes entre parents ou alliés à un degré interdisant le mariage..

Tous ces péchés sont pardonnés par Dieu à ceux qui s'en repentent dans le cadre du sacrement de pénitence et de réconciliation..

Effets purement civils du mariage

L'Église catholique reconnait au pouvoir civil sa compétence pour les du mariage chrétien (can. 1059).. Ces effets exclusivement civils sont essentiellement les rapports matériels entre époux (le droit canonique aborde cependant la communauté de vie) et les régimes matrimoniaux. En France, c'est le mariage civil qui matérialise les effets civils du mariage chrétien...

L'Église considère que les couples chrétiens vivant ensemble et mariés uniquement civilement ne sont pas mariés, même s'ils ont formel avec le mariage civil. Elle ne les admet en théorie pas aux sacrements (communion, confession) tant que le mariage religieux n'a pas eu lieu..

Approche spirituelle (l'Homme et sa femme étaient nus l'un devant l'autre et n'en avaient pas honte) () L'une des dimensions du mariage catholique est la sexualité : la conception d'une union purement spirituelle qui n'aurait pas de rapport avec la réalité corporelle et chrétienne de la relation conjugale est considéré comme une hérésie. Le catholicisme considère que le corps est sacré, et que la vie conjugale et humaine revêt en elle-même une dimension sacrée. Les pauliciens, les marcionites et les cathares ont rejeté le mariage catholique précisément parce qu'ils rejetaient l'aspect matériel du mariage (cf Évangile selon Thomas, évangile de Philippe). Toutefois, il peut exister des mariages dans lesquels il n'y a aucune dimension sexuelle : par exemple, chez des personnes qui se marient une fois parvenues à un âge avancé.

Mariage et engagement droite|200px|vignette|Alliances Ce qui fait la réalité du mariage catholique, c'est la manifestation de l'engagement des époux de se donner mutuellement l'un à l'autre. Le Code de droit canonique de 1983 dispose : Can. 1057 - . C'est le consentement des parties légitimement manifesté entre personnes juridiquement capables qui fait le mariage ; ce consentement ne peut être suppléé par aucune puissance humaine. . Le consentement matrimonial est l'acte de la volonté par lequel un homme et une femme se donnent et se reçoivent mutuellement en une alliance irrévocable pour constituer le mariage.

Ainsi le mariage (en tant que sacrement) est avant tout une affaire entre l'homme et la femme, qui sont les célébrants authentiques du sacrement ; mais depuis le décret Tametsi (1563), l'Église exige que (sauf cas exceptionnels) le consentement soit manifesté devant un dûment mandaté par l'Église pour cela, qui va exercer un rôle actif : demander et recevoir la manifestation du consentement ; c'est généralement un prêtre, ou un diacre (mais exceptionnellement cela pourrait être un laïc, par délégation de l'évêque avec autorisation du Saint-Siège : can. 1112). Can. 1108 . . Par assistant au mariage, on entend seulement la personne qui, étant présente, demande la manifestation du consentement des contractants, et la reçoit au nom de l’Église. Il est indispensable pour la validité du sacrement qu'il ait reçu la « faculté » (qui est autre chose que le pouvoir de juridiction), qui peut être générale ou pour un cas précis. Cependant, dans des cas très particuliers, un mariage peut validement être célébré devant les seuls témoins (Can. 1116).

( du Catéchisme de l'Église catholique).