Vichy s'est construite à un des points de franchissement historique de la rivière Allier où devait exister un gué. Les premiers ponts dont on a la trace datent de l'Antiquité avec les ponts provisoires en bois construits par Jules César pour son retour de la bataille de Gergovie puis un pont, également en bois, pendant la période gallo-romaine, probablement vers l'actuel quartier thermal. Au Moyen Âge et aux siècles suivants un pont, toujours en bois, existera mais au pied de la nouvelle cité, bâtie sur la butte des Célestins. Il sera régulièrement emporté par les violentes crues de l'Allier et reconstruit avec plus ou moins de délai. La ville connaitra ainsi de longues périodes sans pont où seul le bac permettait la traversée de la rivière. En 1832, un pont suspendu sera construit mais au cours des décennies suivantes, il sera lui aussi plusieurs fois endommagé et partiellement emporté par les différentes crues centennales de l'Allier qui marquèrent le et il faut attendre 1870 et la construction d'un pont en fonte pour voir la construction d'un pont durable. Il sera remplacé en 1932, au même endroit, par un pont plus large en poutres métalliques, l'actuel pont de Bellerive. Excepté la passerelle piétonne menant à l'hippodrome qui exista pendant une grande partie du siècle, ce n'est qu'en 1963 avec la construction du pont de l'Europe que Vichy sera dotée de deux ponts pour la traversée de l'Allier.
Un point de traversée sous l'Antiquité Dans l'Antiquité, le lieu qui allait devenir Vichy se trouve à l'extrémité septentrionale du territoire arverneLe territoire des Arvernes correspond grossièrement à l'Auvergne historique, couvrant les départements actuels du Puy-de-Dôme, du Cantal, d'un gros quart sud-est de l'Allier (dont la région actuelle de Vichy) et une partie de la Haute-Loire. Mais il est principalement centré sur la dépression de la Limagne et l'Allier, grenier agricole et axe de communication., proche des territoires de deux autres peuples puissants de la Gaule, les Éduens (au nord et à l'est) et les Bituriges (au nord-ouest). Il existait probablement une voie y passant reliant deux « capitales » gauloises, Gergovie, cité arverne à quelques kilomètres au sud de l'actuelle Clermont-Ferrand, et Bibracte, cité éduenne sur le mont Beuvray dans le Morvan. D'ailleurs Bellerive-sur-Allier, en face de Vichy, se nommait jusqu'en 1903 Vesse, nom qui vient peut-être du latin vadum signifiant « gué » (page accessible par "Archive.is")..
S'il a probablement existé des ponts gaulois sur l'Allier, la première mention d'un pont à ou près de l'actuelle Vichy est faite par Jules César. Ses troupes, de retour de la bataille de GergovieJules César, après avoir pris la cité d'Avaricum (actuelle Bourges), s'était rendu chez ses Alliés Éduens pour régler un litige interne, s'assurer de leur fidélité et placer un chef jugé sur à leur tête. Les Éduens occupaient alors un territoire équivalent aux départements actuels de la Nièvre, de la Saône-et-Loire, du sud de la Côte-d'Or et de l'est de l'Allier avec pour capitale Bibracte. César prit ensuite la direction du sud pour aller affronter les Arvernes. Il remonta la rive droite de l'Allier mais suivi par les troupes de Vercingétorix sur la rive gauche, qui les empêchaient de traverser la rivière et probablement détruisaient les ponts en bois existants. Par un subterfuge, César réussit à faire construire un pont pour traverser mais sans que l'on ait de précisions sur son emplacement, sans doute entre les villes actuelles de Moulins et Vichy (voir ). en 52 ont construit un pont provisoire en boisLes légions romaines étaient réputées pour leur capacité de génie dont la construction de ponts. Les plus célèbres sont les deux ponts que Jules César fit construire au-dessus du Rhin en 55 et 53 pour traverser l'Allier, probablement à cet endroit. Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, César reste imprécis : Mais la durée indiquée de son trajet entre Gergovie et le franchissement de l'Allier, la vitesse estimée pour le déplacement d'une telle armée, la nature du terrain et le fait que César indique la construction de deux ponts (, « César refit les ponts ») donc probablement le passage par une île, laisse penser que ces ponts devaient se trouver vers ce qui allait devenir Vichy. Napoléon III dans son Histoire de Jules César est un peu plus affirmatif : (Livre , chapitre 10Napoléon III, à la suite des difficultés que connait l'Empire à ce moment-là, n'a pas achevé son Histoire de Jules César et le tome , bien que crédité à son nom, a été en fait rédigé par Eugène Stoffel.). vignette|alt=Vue aérienne de Vichy avec points de repère désignant l'emplacement du pont romain|Emplacement sur l'Allier du probable pont romain dont des poteaux de bois ont été découverts en 2007. Pendant la Gaule romaine, la route reliant les villes de Lugdunum (actuelle Lyon) à Augustonemetum (actuelle Clermont-Ferrand) passe à cet endroit, connu sous le nom d'Aquis Calidis (« eaux chaudes » en latin). La petite cité gallo-romaine est alors située près des sources (l'actuel quartier thermal). La rivière est franchie à gué, par bac ou par un pont. En 2007, des restes de pieux fichés dans le lit de la rivière et correspondant aux fondations d'un probable pont en bois ont été découverts à hauteur du golf (rive gauche) et du quai de l'Allier (rive droite), un peu en amont de la Rotonde actuelle (rive droite). La datation par le carbone 14 indique la période gallo-romaine mais sans que l'on ait plus d'informations sur sa durée d'utilisation. Côté rive droite, le pont aboutissait où se trouvait alors la cité.
Les premiers ponts, emportés par les crues Les temps troublés du début du Moyen Âge voient le déplacement de la cité vers la butte des Célestins, lieu plus propice à la défense et où la châtellenie de Vichy s'est installée. C'est donc au pied de cette butte, que les futurs ponts vont être bâtis, un emplacement répondant plus aux besoins propres des habitants de la ville que l'ancien lieu de franchissement de la rivière, situé sur les axes historiques de traversées de la région et désormais plus éloigné de la cité. Mais ce nouveau lieu, situé à un coude de la rivière, est plus exposé lors des crues violentes qu'a toujours connues l'Allier, la butte resserrant le lit de la rivière et augmentant la force du flux d'eau. Ces crues, combinées aux modifications incessantes du cours de la rivière, ne rendent pas aisés l'édification et le maintien de ponts. On ne peut dire s'il a existé un pont dans les siècles ayant suivi le pont romain. La première mention d'un pont à Vichy au Moyen Âge est datée d'avril 1305 avec le testament d'un habitant de Gannat qui fait un don pour l'entretien d'un pont à VichyLe testament de Pierre Granier, habitant de Gannat, date du . Il y est mentionné divers dons dont l'un concerne l'entretien d'un pont à Vichy. Ce document est conservé aux Archives départementales de l'Allier (voir ).. Près de plus tard, un autre document évoque la construction d'une chapelle in capite pontis ()Le texte datant de 1373 est l'acte de fondation, par Guillaume de Hames et par son épouse Marguerite de Rochedagoux, d'une chapelle dédiée à la Vierge et à saint Nicolas, patron des bateliers et située près de la tête d'un pont (voir ).. . Mais aucun élément ne permet de connaitre la position de ce pont même s'il est probable qu'il devait se situer non loin d'une porte de la ville fortifiée sur la butte des Célestins. vignette|alt=Carte de Vichy au XVe siècle|Carte de Vichy au ; le pont est erronément représenté en pierre. Contrairement à certaines représentations fantaisistes, aucun pont en pierre n'a existé (aucun document écrit et surtout aucune trace des fondations que laissent ce type de pont n'étaye cette hypothèse). L'erreur vient peut-être de textes évoquant un pont fortifié, interprété alors par les illustrateurs comme un pont en pierre.
Plusieurs ponts en bois successifs sont construits aux mais sont emportés par les plus fortes crues, comme en 1586, et sans doute mal reconstruits. Il est ainsi écrit que le roi Charles IX sort de Vichy le , une des dernières étapes de son grand tour de France, par un . Un pont est détruit au moins une fois lors des guerres de Religion. Le , en pleine Deuxième guerre de Religion, une troupe huguenote commandée par le capitaine Poncenat coupe le pont après avoir pillé les édifices catholiques de Vichy et détruit le couvent des Célestins (elle affrontera des troupes catholiques le jour même à Cognat, entre Vichy et Gannat). Au cours du , le pont devait se trouver à environ en amont de l'actuel pont de Bellerive. Aujourd'hui lors de très basses eaux sur le lac d'Allier, presque en face du pavillon Sévigné, on peut apercevoir une série de pieux émergés de la rivière qui ont pu être datés du En 1990, une étude sur les pieux en bois situés en amont du pont de Belleville ont permis de préciser par dendrochronologie que leur bois datait du (voir ..
En 1591, le pont est volontairement coupé et remplacé par un pont sur pontons, escamotable. En 1658, il est de nouveau emporté par une crue.
À la fin du , la présence ou non d'un pont est plus incertaine. En 1669, un écrit signale l'absence de pont à Vichy mais dix ans plus tard, en 1679, la propriété d'un pont par la ville semble attestée et en 1684 une transaction entre la hiérarchie catholique locale et les habitants de Vichy porte sur la jouissance du pont.
Par contre, de 1669 à 1833, la présence continue d'un bac est attestée et au moins de la fin du ou tout début du jusqu'à 1832 ou 1833 aucun pont n'est en service. Donc sur une durée de 150 à , la traversée de l'Allier se fait uniquement par un bac. Celui est confié en fermage à un particulierListe des personnes à qui fut accordé le fermage du bac, de la fin du à la fin du : Philippe Guillemain (1696), Jean Quin (1702), Michel Paletant (1705), Antoine Branchier (1711), Jacques Colas (1729), Louis Givois (1732), Jean Givois (1756), Joseph Durantet (1762), François Givois (1768), Vincent Givois (1774), Charles Perret (1780), Claude Givois (1786), Antoine La Brosse (1792). qui assure avec un bateau le passage d'une rive à l'autre. Ce type de bac, d'environ de long et cinq de large et appelé charrière, peut transporter une centaine de personnes, huit voitures à cheval ou quatre chars à bœufs.
Les lieux d'appontage varient souvent, quelquefois plusieurs fois dans l'année, à cause des fréquents changements du cours de l'Allier et de l'apparition de bancs de sable. Pour la rive droite, il se déplace entre la porte Verrier (où se situe aujourd'hui la rue homonyme, à côté de la maison du Bailliage) en amont à la confluence du Sichon en aval.
Les ponts de 1832 et 1836, aussi détruits par les crues vignette|alt=Lithographie représentant le pont de Vichy|Lithographie d'Hubert Clerget, réalisée juste avant 1860, représentant le pont de Vichy vue depuis la rive gauche, avec le vieux Vichy en arrière-plan. L'absence de pont nuit au développement économique de la cité et les édiles demandent sa construction. L'ingénieur des ponts et chaussées Boucaumont rédige un rapport en proposant deux emplacements, l'emplacement de l'actuel pont de Bellerive et un autre plus en aval au débouché de la rue Lucas qui a sa préférence comme celle de son supérieur hiérarchique car offrant un plus grand passage des eaux donc une plus grande résistance aux crues. Mais à la suite de la protestation de la population et de leur pétition, le préfet se prononça pour le premier emplacement.