La collection des peintures françaises du musée des Beaux-Arts de Lyon représente un des plus vastes ensembles de peintures d'artistes français de France. Il constitue la collection la plus importante du palais Saint-Pierre hébergeant le musée des Beaux-Arts de Lyon, constamment enrichie au cours de ses deux siècles d'existence. Le point fort de cette collection est constitué par les œuvres du . Histoire de la collection Première collection sous le Premier Empire vignette|Charles Le Brun, La Résurrection du Christ, 1674/1676. Dès sa naissance, le musée dispose d'une collection de grande qualité de peintres français. Il reçoit durant la période impériale un grand nombre de toiles de maîtres, surtout des « grandes machines » venues pour la plupart des églises parisiennes ; notamment Eustache Le Sueur (Le Martyre de saint Gervais et de saint Protais), Philippe de Champaigne (L'Invention des reliques de saint Gervais et Protais), Jean Jouvenet (Les Marchands chassés du Temple et Le Repas chez Simon)ou Charles Le Brun (La Résurrection du Christ), durant les trois envois de l'État de 1803, 1805 et 1811. Ces tableaux complètent les toiles françaises issues des confiscations révolutionnaires locales, représentés par les artistes suivants : Jean II Restout, Jean-Charles Frontier, Pierre Charles Trémolières, Jacques Stella ou Louis Cretey.

Le premier : 1815-1850 En 1816, le cardinal Fesch fait un don important avec La Cricifixion de Simon Vouet et Allégorie de la Terre d'Antoine Coypel ; mais il n'a pas comme d'autres musée français de donateurs fondamental qui à lui seul constitue une bonne part des collections.

Le second Les liens étroits vivants entre l'École des beaux-arts et le musée sur cette épriode entrainent une politique d'acquisitions tournées en grande partie vers les artistes contemporains lyonnais. Sous la Troisième république, sous la direction de Édouard Aynard, le musée se tourne également largement vers les primitifs, dont la Sainte Catherine d'Alexandrie.

Quelques tableaux plus anciens sont achetés pour rejoindre les collections de peintres français tels des Hyacinthe Rigaud, Nicolas de Largillière ; mais aussi le Portrait de Jacques Stella ou l'Autoportrait de Simon Vouet. Pour le , seul La Dame de charité de Greuze enrichit à cette époque le musée lyonnais.

La collection de Jacques Bernard conservée par le musée comprend quelques tableaux de peintres français peu connus dont un rare Carle van Loo, La messe de Saint Grégoire.

Le premier Cette période n'est pas très riche pour la peinture française au musée, peu d'œuvres notables y entrent.

1945 - 1980 C'est à partir de cette époque que le musée entreprend de s'enrichir par l'acquisition de toiles de maîtres moins connus et surtout en dehors de la peinture d'histoire. Au cours des Trente Glorieuses, le musée voit entrer la Vanité alors attribué à Simon Renard de Saint-André, la Jeune femme à sa toilette de Nicolas Régnier, le Christ au jardin des oliviers de Louis Cretey et le Songe de Jacob d'Adrien Dassier. En ce qui concerne la peinture d'histoire, dont l'importance est toujours primordiale au sein des collections, le musée s'enrichit de maîtres moins connus tels Jean Tassel avec la Vierge à l'enfant ou Sébastien Bourdon avec Le sacrifice de la fille de Jephté. Pour la peinture française plus ancienne, l'institution acquiert La Lumière du monde de François Boucher.

1990 - 2010 Depuis la rénovation complète du musée des années 1990, la politique d'acquisition a repris un nouveau souffle, couplée à une volonté de publication systématique des collections. Ces trente dernières années ont ainsi vu de nombreux tableaux majeurs des collections de peinture française entrer dans les salles avec comme double axe le renforcement d'ensembles constitués et une attention particulière sur la peinture lyonnaise.

Cet enrichissement de la collection des peintres rhodaniens a compris Horace Le Blanc avec la Transverbération de Sainte Thérèse, Adrien Dassier avec Achille parmi les filles de Lycomède, Jacques Stella avec Salomon recevant la reine de Saba et Salomon refusant de sacrifier aux idoles, Thomas Blanchet avec La Fortune et le bon génie de Rome, Jacques Blanchard avec Danaé ou Joseph Vivien avec son Autoportrait.

Le musée a reconstitué des ensembles pour Jacquelin de Montluçon, L'Adoration de l'Enfant venant aux côtés du panneau double face avec La résurrection de Lazare et L'Annonciation, mais aussi pour Simon Vouet, le musée rapprochant deux œuvres réalisées pour la chapelle du chancellier Séguier en achetant en 1998 L'Incrédulité de Saint Thomas qui retrouve La Crucifixion.

Les tableaux de peintres français les plus importants acquis durant les dernières années sont Sémiramis appelée aux armes et La Sainte famille visitée par sainte Élisabeth, Zacharie et saint Jean-Baptiste de Jacques Stella, La Fuite en Égypte de Nicolas Poussin, L'Abreuvoir et Le Rocher de Jean-Honoré Fragonard et l'Homme au béret noir tenant une paire de gants de Corneille de Lyon.

Situation actuelle Le musée des Beaux-Arts de Lyon possède dans les années 2010 une collection de tableaux de peintres français présentant l'ensemble des courants et des écoles ayant existé. Son point fort est l'immense série de tableaux du .

Sylvie Ramond analyse en 2014 les axes de progression de cette collection via deux axes. Pour la peinture lyonnaise, elle estime utile d'. Pour les autres parties, elle estime utile d'amoindrir l'écart de qualité entre les collections du et celles du , notamment en faisant entrer des toiles de Jean-Siméon Chardin, de Pierre Subleyras ou de Jean-Antoine Watteau.

La Renaissance, les « peintres primitifs » Malgré le désamour des élites artistiques françaises des années 1800-1840 pour les peintres français de la Renaissance, pas encore considérés comme étant de l'« École française », quelques œuvres de cette époque arrivent au musée dont Le portement de la Croix en 1803 et quelques peintures du legs Jean Pollet de 1839 alors attribuées à l'« École flamande » et à l'« École allemande ».

Puis, les exégètes redécouvrent durant le second les talents de cette période, le climat nationaliste poussant à rechercher les origines de l'art français vierge de toute influence extérieure, notamment italienne. L'apogée de ce mouvement se situe à l'« Exposition des primitifs français » organisée par Henri Bouchot en 1904Catalogue d'exposition sur Gallica ; pour laquelle le musée des Beaux-Arts de Lyon prête trois œuvres, Sainte Catherine, le Portait de Guillaume de Montmorency et le portrait du Dauphin François. Ce revirement intellectuel conduit le musée durant la fin du à rechercher ardemment des pièces de cette époque, il acquiert alors plusieurs tableaux dont certains pour de fortes sommes, qui semblent être des imitations.

L'impact de l'exposition pouse un grand nombre d'expert à s'intéresser aux artistes de cette période, et pour le musée à réviser certaines attributions, telles celles des volets du Couronnement de la Vierge et de la Mort de la Vierge, entrés sous l'étiquette Van Scorel, catalogués comme anonyme français , rattaché à l'école du Rhône puis finalement attribués en 1963 par Michel Laclotte comme une œuvre d'un peintre Castillan, le Maître de Santa Clara de Palencia.

Si le musée possède à présent plusieurs tableaux de la fin du , le dernier acquis étant le Corneille Homme au béret noir tenant une paire de gants, il n'a dans ses collections en revanche qu'une œuvre du second : Le Sac des églises de Lyon.

Liste des œuvres 1480 - 1500 Antoine de Lonhy (et collaborateurs), Trois prophètes, vers 1480. Huile sur bois de peuplier, 61,2-61,7 x 138,5-139 x 1,5-2,1 cm. (Legs Jean-Baptiste Giraud en 1911, Inv. B 938). Gérard David, La Lignée de sainte Anne, vers 1490-1500. Jacquelin de Montluçon, L'annonciationJacquelin de Montluçon, L'annonciation Paul Dissard, Musées et collections de France : Le Musée de Lyon, les peintures, Paris, 1912 ; , pl. 34 Marguerite Roques, Les Apports néerlandais dans la peinture du sud-est de la France, , , Bordeaux, 1963 ; , pl. XXXXIX-LI Carlo Ludovico Ragghianti, "Pertinenze francesi nel Cinquecento", Critica d'Arte, XIX, 122, 1972, ; Charles Sterling, "Études Savoyardes : Le Maître de la Trinité", L'Œil, , novembre 1972, Charles Sterling, "Carnet Savoyard", La Revue du Louvre, La Revue des Musées de France, 1978, , ; , , Michel Gougain, "Les primitifs de Savoie", Echo des musées de Chambéry, , juin 1987, Chambéry, 1987 ; Jean-Yves Ribault, "Le Retable des Antonites de Chambéry et l'atelier de Jean et Jacquelin de Montluçon, peintres de Bourges", Actes du 116 congrès national des sociétés savantes, Chambéry, Savoie et Région alpine, Chambery, 1993, ; , François Avril et Nicole Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, Bibliothèque nationale, 1993 ; Jean Favière, Bourges, l'Histoire et l'Art, Paris, La Goélette, 1996 ; Claude Schaeffer, Remarques sur un livre d'heures de la Bibliothèque municipale de Grenoble (ms. 1011), dans En Berry, du Moyen Âge à la Renaissance : pages d'Histoire et d'Histoire de l'Art offertes à Jean-Yves Ribault (sous la dir. de Philippe Goldman et de Christian Roth), Bourges, 1996, "Dons et legs", Bulletin des Musées et Monuments lyonnais, 1997, , Lyon, 1997 ; [Acquisitions], Jacques Stella "L'adoration des anges", Inv. A 156/ Adrien Dassier "Achille parmi les filles de Lycomède", Inv. 1995-12/ Jacquelin de Montluçon "L'adoration de l'enfant", "L'annonciation", Inv. 1996-120 et B 805, La Revue du Louvre, La Revue des musées de France, 1997, , juin, notice de Valérie Durey, et ; , La Renaissance en Savoie : Les Arts au temps du Duc Charles II, 1504-1553 (sous la dir. de Mauro Natale, Frédéric Elsig), Genève, Musée d'Art et d'Histoire, 15 mars - 25 août 2002, Genève, 2002 ; , fig. 1 Frédéric Elsig, "La peinture en Savoie et en Franche-Comté durant la première moitié du ", La Renaissance en Savoie : les arts au temps du duc Charles II (1504-1553), ; , fig. 1 Jean-Yves Ribault, Le peintre Jacquelin de Montluçon et le polyptyque de la Vie de la Vierge (église Notre-Dame de Montluçon), Cahiers d'archéologie et d'histoire du Berry, 152, 2002, ; ; Frédéric Elsig, La Peinture en France au , Milan, 2004 ; Frédéric Elsig, "La signature dans la peinture du ", Dossiers de l'Art, 132, 2006, Frédéric Elsig, "Il regno di Francia e il ducato di Savoia. Una pluralità di modelli artistici", La Storia dell'Arte. 6. Il Quattrocento, Milan, 2006, ; Frédéric Elsig, "Les courants d'influence dans la peinture savoyarde du ", dans Entre l'empire et la mer : Traditions locales et échanges artistiques (Moyen Âge-Renaissance), Actes de colloque du cycle romand, Lausanne, Genève, 22-23 mars, 19-20 avril, 24-25 mai 2002, Rome (éd. M. Natale et S. Romano), 2007, ; Des saints et des hommes : L'image des saints dans les Alpes occidentales à la fin du Moyen Âge (sous la dir. de Simone Baiocco et Marie-Claude Morand), Chambéry, Château des Ducs de Savoie, 3 mai - 31 décembre 2013 ; Sion, Centre d'exposition de l'Ancien Pénitencier, 17 mai - 22 septembre 2013 ; Genève, Maison Tavel, 31 mai - 22 septembre 2013 ; Annecy, Musée-Château, 7 juin - 22 septembre 2013 ; Aoste, Musée du Trésor de la Cathédrale, 28 juin - 22 septembre 2013 ; Suse, Musée diocésain, 29 juin - 22 septembre 2013, Milan, 2013 ; , fig. 7 Catalogue raisonné des peintures françaises du , musée des Beaux-Arts de Lyon (sous la dir. de Frédéric Elsig), musée des Beaux-Arts de Lyon/Paris, Somogy, 2014 ; , cat. 2 (notice de Frédéric Elsig) et La résurrection de Lazare, vers 1496-1497. Hule sur bois de noyer, . (Acheté à J. Blanchon en 1907, Inv. B 805). Jacquelin de Montluçon, L'adoration de l'enfant, vers 1496-1497Jacquelin de Montluçon, L'adoration de l'enfant Charles Sterling, "Carnet Savoyard", La Revue du Louvre, La Revue des Musées de France, 1978, , ; , note 35