Louis Jean Bonnerot est un homme de lettres français né le à Poitiers et décédé en 1964 à Alligny-en-MorvanMORT DE M. BONNEROT qui publia la correspondance de Sainte-Beuve, Journal « Le Monde », article signé J.P.(Jean Pommier?), 28 Janvier 1964, https://www.lemonde.fr/archives/article/1964/01/28/mort-de-m-bonnerot-qui-publia-la-correspondance-de-sainte-beuve_2113068_1819218.htmlMORT DE JEAN. BONNEROT ancien bibliothécaire en chef de la Sorbonne, Journal « Le Figaro », article signé André BILLY, de l’académie Goncourt, 27 Janvier 1964Les propos du samedi par André Billy, Journal « Le Figaro litteraire », article signé André BILLY, de l’académie Goncourt, Semaine du 30 Janvier au 5 Février 1964« Jean BONNEROT n’est plus », article signé Joseph Bruley, paru dans « Le Morvandiau de Paris », quarante et unième année, , Mars 1964« Jean BONNEROT » article signé de Jean-Pommier paru dans la « Revue d’Histoire Littéraire de la France », Juillet-Septembre, année, 1964, , pages 369 à 375.
Il a publié à partir de 1935 une monumentale Correspondance générale de Sainte-Beuve soigneusement annotée en 19 volumes, entreprise interrompue par sa mort et reprise par son fils Alain Bonnerot qui ajoutera en 2006 deux volumes supplémentaires de lettres retrouvées.
Biographie thumb|Jean Bonnerot à Alligny en Morvan, 1915 Vie personnelle Son père, Théophile Bonnerot est professeur de lettres classiques, sa mère est Alice Beaujard.
Il commence ses études à Lyon au lycée Ampère connu aujourd'hui sous le nom de collège-lycée Ampère (1889-1894), puis son père étant venu finir sa carrière au lycée Louis-le-Grand, à Paris, il y poursuit ses études de 1894 à 1900 avant d’aller suivre les cours de la faculté des lettres de Paris (1900-1903) puis ceux de l'École pratique des hautes études (Section historique jusqu’en 1908), renonçant à l'École nationale des chartes qui l'avait d'abord tenté. C'est auprès d'Auguste Longnon, qu'il prit le goût de la Géographie historique, auprès d'Émile Chatelain conservateur à la bibliothèque de la Sorbonne, qu'il s'initia à la paléographie.
Sa passion des imprimés et pour l’art en général, l’a mené à une carrière de bibliothécaire, mais cette passion s'est toujours partagée entre son métier et ses nombreuses activités dans le milieu littéraire..
Le , à Eaubonne (Val d’Oise), Jean Bonnerot épouse Hélène Amélie Forest (1884-1981). Avant la Première Guerre mondiale, elle avait obtenu une licence d’anglais puis soutenu un diplôme d’études supérieures, avant de partir enseigner aux États-Unis, à Wellesley College, université privée féminine spécialisée en sciences humaines, située à Wellesley (Massachusetts), près de Boston. Elle semble avoir renoncé ensuite à toute ambition intellectuelle personnelle, pour se vouer à la réussite de son mari et à l’éducation de leurs quatre enfants : Guy (1918-1998) Alain (1921-2013) Alise (1924-2006) Sylvie (1925-2006)
C’est du Morvan qu’il tirera un certain nombre des pseudonymes qu’il a utilisés tout au long de sa vie pour signer différents articles : Jean-Louis Morvand, Louis J. Morvan, Alain Morvan (au moment de la naissance de son second fils prénommé Alain), Jean Dalligny, et même Sophie Dalligny !
Il avait adopté la devise « servir », et pendant une période sa vie, il a porté à son poignet une gourmette avec cette même devise. La chose est résumée par les deux mots desquels il a signé un sonnet en 1913 : Jean Fidèle.
Jean Bonnerot repose au cimetière d’Alligny-en-Morvan, commune où ses arrière-grands-parents et leurs propres ancêtres étaient maître de poste.
Bibliothécaire et archiviste thumb|Jean Bonnerot à son bureau de bibliothécaire de la Sorbonne après la Seconde Guerre mondiale En 1903, à 21 ans, Jean Bonnerot entre à la bibliothèque de la Sorbonne comme attaché. Il y passera toute sa carrière de bibliothécaire, à l'exception de quelques années où il exercera la fonction de bibliothécaire en chef à la bibliothèque Sainte-Geneviève (1936-1938). En 1914, il devient bibliothécaire de la Sorbonne puis bibliothécaire en chef en 1931, et enfin conservateur en 1939, succédant à Charles Beaulieux, qui avait succédé lui-même à Louis Barrau-Dihigo. Le , il devient en outre Inspecteur chargé de la direction de l’ensemble des bibliothèques de l’Université de Paris, puis inspecteur général des bibliothèques le . Le premier , il est admis à prendre sa retraite et est nommé Conservateur en Chef Honoraire des Bibliothèques Universitaires de Paris.
Un article publié par Jean Bonnerot dans la Revue latine d’Émile Faguet en 1908, De l’éminente poésie des bibliothèques, démontre son attachement aux bibliothèques.
Il obtient deux missions scientifiques et archéologiques de la ville de Paris, l’une en 1908 à La Cava, l’autre en 1909 au Mont Cassin pour l’étude des miniatures et des manuscrits du .
Son état de santé ne lui permettant pas de faire la Première Guerre mondiale dans une unité combattante, il est mobilisé dans le service auxiliaire en , et affecté au service des Archives du Ministère de la Guerre (actuellement Service historique de la Défense), puis détaché aux Archives du Val-de-Grâce en « pour y classer, jusqu’en 1920 », les Archives historiques, et organiser le musée des Autographes du service de Santé des Armées. Le , il reçoit la médaille d’argent du Ministère de la Guerre pour ses travaux « La Bibliothèque Centrale et les Archives du service de santé au Musée du Val de Grâce » publiés dans la revue des Bibliothèques.
Désigné pour organiser une exposition documentaire, en à l'occasion du troisième centenaire de la reconstruction de la Sorbonne par Armand Jean du Plessis de Richelieu, il réunit un ensemble de plans, d'estampes, de livres illustrés, toute une riche matière qu'il reprendra deux ans plus tard dans un ouvrage intitulé : la Sorbonne, sa vie, son rôle et son œuvre à travers les siècles. vignette|Jean Bonnerot (à droite) avec Jean Hitte en Sorbonne (décembre 1940). Il passe beaucoup de temps à la Sorbonne. Les catalogues sur fiches et les bibliographies actualisées sont ses outils de travail réalisés pour le public par le personnel des bibliothèques afin de faciliter l’identification des documents et de permettre d’accéder à l’information au moyen de la recherche documentaire. Il est devenu l'ami des maîtres qui y enseignent et qu'il aide dans leurs travaux, il s'occupe également des jeunes étudiants.
Comme ses prédécesseurs, dans les années sombres de guerre, il a dû faire face aux restrictions de crédits, à l'interruption de l'impression des thèses, à la fin des relations avec l'étranger, au manque de personnel et à l'exiguïté des locaux envahis par la foule croissante des étudiants. Se réfugiant dans le travail, c’est en 1941 qu’il entreprend la constitution de l'Index biographique de la Bibliothèque de la Sorbonnehttp://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/50012-l-index-biographique-de-la-bibliotheque-de-la-sorbonne.pdf.
Professeur à Middlebury College Son intérêt pour l’Amérique naît lorsqu’il est sollicité par l’Association des Professeurs français en Amérique pour assurer la fonction de Secrétaire Général de la publication Études Françaises. Il assume cette responsabilité de 1925 à 1927. En 1927 l’association devient l'American Association of Teachers of French et la revue devient The French Review.
Jean Bonnerot est nommé professeur à l’école française d’été de Middlebury College dans le Vermont, aux États-Unis, en 1949 pour examiner et mettre au point la question des échanges de thèses et préparer un recensement des manuscrits littéraires français du conservés dans les bibliothèques de cette Université. Il y est aussi sollicité pour faire un cours sur Sainte-Beuve et sur la critique en littérature. Parti par Le Havre en bateau par le De Grasse le , il rentre en France par le même bateau le ramenant avec lui une machine à écrire portative Smith Corona et un appareil photographique Kine-Exakta avec trépied destiné à photographier les manuscrits.
Poète et journaliste Après un premier recueil de poèmes publié en 1906, Au Seuil du Temple, premier livre des odes, il fait la connaissance de Charles Péguy auprès duquel il est introduit par son ami Edmond-Maurice LévyCain, Julien. « Nécrologie ». Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1964, n° 5, p. 219-221. . .. Son deuxième recueil de poèmes, Le Livre des Livres, est ainsi publié le par Charles Péguy dans les Cahiers de la Quinzaine, et dont une version enrichie fut ensuite publiée en 1910 chez Grasset. Il prépare alors un nouveau recueil de vers, Province, ainsi qu'un choix de pages de Romain Rolland qui sera réédité en 1922, sous le titre Romain Rolland, sa vie et son œuvre.
Ses articles littéraires et de nombreux comptes-rendus paraissent dans les périodiques les plus divers. Son nom figure parmi les fondateurs des Cahiers du Nivernais, revue mensuelle fondée par le bibliothécaire et historien, Paul Cornu, cahiers qui deviendront les Cahiers du Centre où il collabora avec Jules Renard, Romain Rolland et les deux frères Hubert Bourgin et Georges Bourgin.
Il est secrétaire général d'une revue fondée par Geouffre de Lapradelle La Vie des Peuples de à . Pendant cette période, il y publia de nombreux articles sous divers pseudonymes.
En , il devient membre honoraire de la Société des gens de lettres, et en , sociétaire de l’Association professionnelle de la critique dramatique et musicale..
Dès 1912 il collabore au Comité français des Expositions à l'étranger.. Il rédige l’introduction au Rapport de l’Exposition de Copenhague en 1912 : Arts appliqués et industries d’Art. Il est secrétaire administratif de la Commission des Congrès de l’Exposition Internationale des Arts Graphiques de Leipzig en 1914.
Il rédige le Rapport de l’Exposition des arts et Sciences appliqués à la Médecine, Chirurgie, Pharmacie et hygiène sanitaire qui s’est tenue au Val de Grâce en 1926.
Il publie un certain nombre d’ouvrages sur le Morvan et la Bourgogne De 1931 à 1933, il consacre ses vacances à organiser le musée de Saulieu qui sera inauguré le et dont on peut lire le compte-rendu signé d’Albert Mousset dans le Journal des débats le .
En 1935, il écrit l’Historique du Comité Français des Expositions.
Il a collaboré à la Revue Universelle, à la Revue d’Histoire Littéraire, à l’Annuaire de Artistes (critique dramatique de 1921 à 1929), La Revue des bibliothèques., Le Bulletin du Bibliophile, l’Action Universitaire, Comœdia, La Revue Latine, La Revue Bleue, La Revue Hebdomadaire, La Grande Revue, Le Mercure de France, La Revue des Poètes, La Muse française, La Revue Littéraire Comparée, la Revue de France, La Revue de Paris, la Revue des deux Mondes, ProAlesia. et fut même chroniqueur théâtral à Paris-Music-Hall.
Il s'est adonné à la littérature de jeunesse avec sa série Ralph, dessinée par Armand Rapeño..
Collaborations avec des musiciens Secrétaire particulier de Camille Saint-Saëns En , il devient le secrétaire particulier de Camille Saint-Saëns. Jean Bonnerot écrivit des études sur les œuvres et sur la vie du maître et composa des paroles pour chœurs. Il établit notamment une biographie du compositeur qui fut publiée en 1914, puis re-publiée en 1923 sous le titre C. Saint-Saëns : 1835-1921, sa vie et son œuvre en 1922. Ce livre fera l’objet d’une nouvelle édition « revue et augmentée ». Du fait de son travail avec l’artiste, Jean Bonnerot s'était mêlé aux milieux musicaux, collaborant notamment aux revues le Guide du Concert et Musica.
En 1921, à la suite d'une décision prise par le musicien en 1919, Jean Bonnerot fut l’exécuteur testamentaire de Camille Saint-Saëns. Il s'occupera notamment du don important que celui-ci fit à la Ville de Dieppe.
En 1972, sa veuve donnera au Musée de Dieppe une collection de 179 objets rassemblés par Bonnerot autour de la figure de Camille Saint-Saëns.
Maurice Desrez