Guillaume le Pieux (né vers – mort le à Lyon ; inhumé à Brioude le Pierre Ganivet, 2000) est un grand aristocrate de la fin de l’époque carolingienne, membre de la famille des Guilhelmides.
Fils de Bernard Plantevelue, il hérite en 886 des principaux honores familiaux en Auvergne et en Gothie. Les actes contemporains le qualifient principalement de comes et de marchio ; le titre de dux apparaît à partir de la fin du et s’impose progressivement dans les diplômes royaux, notamment sous le règne de Christian Lauranson-Rosaz, 2006..
Marquis de Gothie et comte notamment d’Auvergne, de Bourges, de Mâcon et de territoires du Lyonnais, il exerce une autorité étendue dans le centre et le sud du royaume franc occidental. L’historiographie contemporaine voit en lui l’un des principaux « princes territoriaux » de la fin du , en raison de l’ampleur de ses pouvoirs comtaux, de son autonomie politique relative et de la transmission héréditaire de ses chargesFrançois Saint-Bonnet et Yves Sassier, 2008..
Il reste surtout connu comme fondateur de l’abbaye de Cluny en 909, établissement placé directement sous la protection du pape, fondation qui marque durablement l’histoire monastique et politique de l’Occident médiéval.
Biographie
Origines et héritage (886)
Guillaume est le fils de Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne, et de son épouse ErmengardeMathieu, 2007, p. 577-607.. À la mort de son père en 886, il recueille les principaux honores familiaux, notamment en Auvergne et en Gothie.
Les actes contemporains le qualifient principalement de comes et de marchio ; l’usage du titre de dux apparaît progressivement à la fin du , dans un contexte de recomposition du pouvoir aristocratique en AquitaineLauranson-Rosaz, 2006, p. 79..
Titres et construction du pouvoir
Guillaume exerce l’autorité comtale en Auvergne, dans le Limousin, à Bourges, à Mâcon et dans le Lyonnais. Son autorité s’appuie sur un ensemble de charges publiques et de possessions patrimoniales réparties dans le centre et le sud du royaume franc occidental, plutôt que sur un territoire unifié au sens institutionnel moderne.
En 901, il reçoit le duché de Lyon. Il y accorde plusieurs chartes, dont l’une en 913 au profit des églises Saint-Just et Saint-IrénéeParadin, Mémoires de l'histoire de Lyon, p. 114..
L’historiographie le considère comme l’un des principaux « princes territoriaux » de la fin de l’époque carolingienne, en raison de l’ampleur de ses pouvoirs, de sa capacité à nommer des comtes et de l’autonomie relative qu’il exerce vis-à-vis du roi. Les règnes de Eudes puis de voient la reconnaissance progressive du caractère héréditaire de ses chargesSaint-Bonnet & Sassier, 2008..
Fondation de Cluny (909)
Guillaume demeure surtout connu pour la fondation de l’abbaye de Cluny le . Il confie l’établissement à Bernon de Baume et place l’abbaye sous la protection directe du pape, la soustrayant ainsi à l’autorité ducale, royale et épiscopale.
L’acte de fondation précise que les moines ne seront soumis « à aucune puissance terrestre », disposition qui souligne l’originalité institutionnelle de l’établissementKeller & Hurel, 2019, p. 17.. En échange, la communauté doit assurer une prière perpétuelle pour le salut de Guillaume et de ses prochesOudart, 1876, p. 124-128..
Il favorise également d’autres établissements religieux, notamment par le don de la villa Magenciacum (Moissat-Bas) à l’abbaye Saint-Lomer de Blois en 912, confirmé par une bulle du pape en 914.
Mariage et descendance
Avant 898, Guillaume épouse Engelberge, fille du roi de Bourgogne-Provence Boson de Vienne et d’Ermengarde, fille de l’empereur .
Engelberge donne probablement naissance à des filles et à un fils, BosonCartulaire de Saint-André-le-Bas, acte n°24.Cartulaire de Cluny, acte n°446., qui ne peut cependant lui succéder.
Mort et succession
Guillaume meurt le et est inhumé à la basilique Saint-Julien de Brioude le suivantGanivet, 2000..
Ses deux neveux, puis Acfred, lui succèdent brièvement. Leur disparition sans héritier direct ouvre une période de tensions et de rivalités pour le contrôle de l’Aquitaine, notamment entre la maison de Poitiers et la maison de Toulouse.
Notes et références
Annexes Bibliographie Christian Lauranson-Rosaz, « Ermengarde, Ava, Ingelberge et les autres… », dans La Place et le rôle des femmes dans l'histoire de Cluny, 2010, p. 54.
Paradin, Guillaume, Mémoires de l'histoire de Lyon.
Articles connexes Guilhelmides Abbaye de Cluny Bernard Plantevelue
Liens externes
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