vignette|La vénerie à pied est la plus pratiquée en France. Elle consiste à chasser les petits animaux (lapin, lièvre, renard) à l'aide de chiens courants. vignette|Une meute de chiens de chasse à courre.
La vénerieOrthographe traditionnelle. L'Académie française accepte les deux orthographes : « Aucune des deux graphies ne peut être tenue pour fautive » (Journal officiel). (ou vènerie, selon l'orthographe rectifiée de 1990Variante orthographique de vénerie. Les rectifications orthographiques du français en 1990 (Règle ) énoncent que, devant une syllabe contenant un e muet, on peut écrire « è » et non « é ».) aussi appelée « chasse à courre » ou encore désignée par « chasse à courre, à cor et à cri », est un mode de chasse qui consiste à poursuivre un animal sauvage (traditionnellement en Europe le cerf, le sanglier, le chevreuil, le renard, le lièvre ou le lapin) avec une meute de chiens courants, jusqu'à le perdre ou le tuer. Les chiens chassent l'animal sauvage à l'odeur qu'il laisse sur son passage, appelée la « voie ». Les chiens sont dressés et entraînés à ne chasser qu'un seul animal à la fois. Les veneurs, à pied, parfois à cheval, encadrent la meute de chiens et les aident dans leur quête.
La chasse à courre est pratiquée aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France, en Irlande, et ponctuellement en Italie et au Portugal (équipage de Santo Huberto). En France, la chasse à courre se développe sous le règne de François .
Controversée largement en France et dans le Monde, la chasse à courre est interdite en Belgique depuis 1995, en Allemagne, depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et en Grande-Bretagne (2005), elle est remplacée par une version officiellement "inoffensive", sans gibier, où l'odorat des chiens est stimulé par des leurres artificiels. En France, la chasse à courre est largement réprouvée par l'opinion publique : , un sondage Ifop montre que 82 % des Français y sont opposés, un taux d'opposition monté à 86% en 2021.
Terminologie vignette|Les chiens suivent la voix des veneurs à cheval. Le terme de vénerie.. désigne l'activité de la chasse à courre. Il vient du latin « » qui signifie chasser.
On parle de : « vénerie à cheval » pour un équipage chassant les grands mammifères comme le cerf, le chevreuil et le sanglier ; « vénerie à pied » pour une équipage chassant le petit gibier : lièvre, renard, lapin ; « équipage » pour l'entité disposant d'un territoire de chasse et composée d'une meute de chiens et d'un certain nombre de veneurs ; "courre" du cerf, sanglier etc. Ainsi on ne suit pas, on courre un animal. les « brisées » sont les branches que le valet de limier rompt aux arbres et qu'il place dans son chemin pour reconnaître l'endroit où est rentré l'animal qu'il a détourné, le bout rompu du côté où l'animal est rentré ; « taïaut » ou « tayaut » est le cri du veneur pour signaler qu'il vient de voir l'animal traqué; l'« hallali », sonnerie qui annonce la mort. Elle est sonnée par les veneurs lorsque l'animal traqué est pris. Selon sa taille, l'animal est soit « coiffé », c'est-à-dire assailli par les chiens, soit « servi », c'est-à-dire tué par un veneur, souvent le piqueur ; la « curée », cérémonie finale consistant à dépecer l'animal mort et à donner les abats en pâture aux chiens.
vignette|Les chiens sont en meute autour du veneur à pied.
L'animal poursuivi utilise différentes tactiques pour échapper à ses poursuivants. Elles sont regroupées sous le terme de « ruses » et elles sont catégorisées : le « change » par lequel l'animal initialement levé ruse en côtoyant d'autres animaux de son espèce, semant la confusion dans la meute qui le suit à l'odorat ; le « bat l'eau » quand l'animal poursuivi traverse une rivière ou un étang et interrompt ainsi son « sentiment » (sa trace olfactive) ; le « forlonger » consiste à prendre une telle avance que la piste perd sa précision et les chiens risquent de perdre la trace de l'animal chassé ; le « hourvari » correspond à la ruse de l'animal consistant à revenir sur ses voies pour mettre les chiens en défaut. Les chiens se voient ainsi présentée une piste avec un embranchement ou une fourche qui complique la traque et permet de gagner de l'avance (pouvant ainsi mener au « forlonger »).
Ces termes sont à l'origine de plusieurs expressions dans le langage courant : « donner le change » (c'est-à-dire mettre sur une fausse piste), « couper la voie » (désignant à l'origine un défaut des chiens qui abandonnent la voie pour rejoindre plus vite l'animal qui a fait un détour ou des chasseurs pressés qui passent trop tôt sur la voie).
Histoire vignette|Scène de vénerie, extraite des Très Riches Heures du duc de Berry (vers 1410-1416 puis années 1440). La technique du courre, consistant à prendre un gibier avec une meute de chiens courants, est représentée dans des trouvailles archéologiques datant du millénaire AC en Arabie. Il est suggéré que l'entretien d'une meute de chiens aurait ainsi dû attendre la sédentarisation de l'Homme et la naissance de l'agriculture, s'établissant alors paradoxalement après l'ère des chasseurs-cueilleurs.
Pendant l'Antiquité, les Gaulois chassaient à courre principalement le lièvre pour défendre leurs cultures. Dès lors, la chasse au chien courant n'apparait pas comme une nécessité alimentaire (estimée à 1/10 de la viande consommée) mais comme une nécessité de gestion du territoire et des espèces sauvages. À cette époque, le développement de la technique de monte à cheval (succédant à l'utilisation de chars) vu naitre la grande vénerie où la meute chassant un grand gibier est suivie par des cavaliers sur des parcours plus importants. Le sanglier, également fléau des cultures agricoles était alors vraisemblablement chassé principalement par les élites militaires qui possédaient une cavalerie et s'exerçaient ainsi au combat.
Au Moyen Âge, les représentations picturales du présentent déjà les méthodes contemporaines tel que l'utilisation des chiens, des chevaux, de la trompe et éventuellement d'une dague. La vénerie s'ordonne autour du chien dont les aptitudes naturelles restent identiques, tout comme les défenses des espèces chassées qui ne varient pas davantage. Elle constitue, avec la chasse au vol et la chasse sous terre, une des formes de chasse qui reposent sur la mise en œuvre d'animaux dont l'instinct joue le rôle décisifLa Vénerie, www.chasses-du-monde.com, consulté le 15 novembre 2011.
En France, c'est à la Renaissance que la vénerie connait son essor. Le roi François , appelé « le père des veneurs » par ses chroniqueursPremière mention de ce titre par Jacques du Fouilloux dans son traité de la vénerie., promulgue un édit en 1526 qui régit la police de la chasse et le « noble déduit » (règle de la grande vénerie). La pratique de la vénerie se voit ainsi codifiée et règlementée avec des principes qui en forment aujourd'hui encore les bases: tels que celui de servir la meute de chiens en la laissant chasser en autonomie au maximum, et celui de ne courir qu'un seul gibier avec la meute. La grande vénerie est alors vue comme un art de vivre qui prépare à la guerre, et sa pratique est ainsi considérée par la noblesse comme « un service au roi et à la patrie ». Cette pratique de chasse distinctive (marque de noblesse) valorise alors tant le chasseur que l'animal couru qui s'affrontent à travers le travail des chiens tant par l'endurance, que par le courage et que par la capacité de déjouer les ruses. Les cérémonials et repas qui accompagnent la journée de chasse à courre sont autant d'occasions pour la noblesse de mettre en avant des codes et des marques de courtoisie en présence de nombreux invités. Ces législations accompagnent la naissance de préoccupations écologiques en France avec le but de préserver des espaces naturels à grande échelle en tant qu'habitat pour la grande venaison: et codifient le prélèvement de gibier dans ces structures boisées qui deviendront nos forets domaniales actuelles.
De nos jours, la vénerie entretient un ensemble de traditions et représente une part du savoir cynégétique. La connaissance des animaux, la science du chien, s'apprennent sur le terrain au prix d'une longue expérience et se transmettent de génération en génération.
vignette|Une chasse à courre par Évariste-Vital Luminais.
Les fêtes de la chasse animées par les équipages de vénerie accueillent au total plus d'un million de visiteurs par an en FranceLa vènerie en chiffres, www.venerie.org, consulté le 4 janvier 2013.
Pays de chasse à courre
Au Royaume-Uni
La chasse à courre est abolie en Écosse depuis 2002, ainsi qu'en Angleterre et au pays de Galles depuis , à la suite du Hunting Act, loi votée en 2004 et appliquée dès 2005 qui . La poursuite des lièvres est également complètement interdite. Elle y est parfois remplacée par une version inoffensive, sans gibier, où l'odorat des chiens est stimulé par des leurres artificiels ce qui permet d'entretenir l'instinct et la condition physique des meutes. En Angleterre, la chasse à courre est cependant encore pratiquée, notamment du renard, grâce à des failles législatives du Hunting Act. Les hunts sont très porteurs de lien social dans les terroirs ruraux, et il y a aujourd'hui davantage d'équipages de chasse à courre poursuivant une activité en conformité avec la loi, qu'avant le Hunting Act de 2005. La participation de non-membres est généralement payante par une contribution, le cap. Les équipages qui parcourent des distances parfois très étendues entretiennent à leur frais les passages et obstacles, naturels ou non, paient un droit de passage aux fermiers ou les indemnisent en cas de dégâts aux cultures. La saison débute en septembre avec des sorties de chiens matinales et se clôt le . Le lendemain de Noël, le Boxing Day (« journée des boîtes ») est un rendez-vous incontournable.
En Irlande du Nord, en revanche, elle est toujours légale et pratiquée.
En France Au cours d'une journée de chasse, un équipage chasse en principe un seul animal. Dans le total des animaux tués par les chasseurs (un million d'animaux soumis à plans de chasse abattus en 2005 en France, dont ), dont les espèces sont toutes en progression, la proportion imputable à la vénerie ( animaux sur de chasse) est faible (cerf), très faible (sanglier, chevreuil), voire insignifiante (renard, lièvre, lapin de garenne)Tradition et écologie, www.venerie.org, consulté le 15 novembre 2011.
alt=Anglo-français de petite vénerie|vignette|Anglo-français de petite vénerie.
Depuis une vingtaine d'années, la vénerie française s'est fortement développée ; avec près de 400 équipages contre 300 en 1914Société de vénerie,
Les membres d'un équipage sont appelés « boutons » lorsqu'ils sont admis à porter la tenue de l'équipage avec les boutons ornés selon un motif propre à cet équipage...
L'équipage demande une « attestation de meute » auprès de la Direction départementale des Territoires. Elle est délivrée pour la voie d’un seul animal et est valable pour six ans sur l’ensemble du territoire national. L'obtention du certificat est accompagnée par la délivrance d'un « certificat de Vénerie » par la Société de Vénerie, certificat qui rappelle les règles et l'éthique de cette chasse.
Organisation Déroulement
vignette|Le limier est un chien silencieux avec un odorat très développé utilisé les matins de chasse pour « faire le pied » afin de trouver des animaux. Tout commence par ce que l'on appelle « faire le pied », c'est-à-dire aller avant la chasse, repérer les passages des animaux afin d'adopter . Pour cela on utilise que l'on appelle le limier. L'homme qui l'accompagne se nomme le valet de limier.
Ensuite c'est le rapport, où chaque valet de limier rapporte ce qu'il a vu en faisant le pied. C'est ensuite au maître d'équipage de choisir quel animal on doit attaquer.