vignette|redresse| Sojourner Truth.
(« Ne suis-je pas une femme ? », ou dans une traduction moins littérale, faite pour interpeller : "Et moi je ne suis pas une femme peut-être ?") est le nom donné à un discours célèbre prononcé par Sojourner Truth (), féministe afro-américaine née esclave dans l'État de New York. Quelque temps après avoir obtenu sa liberté en , elle devient une oratrice anti-esclavagiste. Son discours est prononcé au Congrès des femmes de l'Ohio à Akron, le . Il n'avait pas de titre à l'origine.
Le discours est brièvement rapporté dans deux journaux et une transcription est publiée dans le le . Il reçoit une publicité plus large en pendant la guerre de sécession, lorsque Frances Dana Barker Gage publie une version modifiée, connue sous le nom de en raison de la répétition de ce slogan à travers la prose. Cette version plus tardive, mieux connue et plus largement disponible est celle référencée par la plupart des historiens et historiennes.
Contexte gauche|vignette| (), médaillon de conçu par Josiah Wedgwood pour la campagne anti-esclavagiste britannique. droite|vignette|Image des années d'une femme esclave disant : La phrase (en français ) est utilisée par les abolitionnistes britanniques depuis la fin du pour dénoncer l'inhumanité de l'esclavage.. Cette devise est transformée pour en obtenir une version au féminin dans les années par les abolitionnistes britanniques.. En , le journal abolitionniste américain en publie une version avec l'image d'une esclave demandant (). Cette image est largement diffusée dans les années et transformée en pièce de monnaie de cuivre ou en jeton, mais sans le point d'interrogation, pour donner à la question une réponse positive. En , la militante afro-américaine Maria W. Stewart utilise les mots de cette devise pour défendre les droits des femmes de toutes les races. L'historien affirme en que cette devise a inspiré Sojourner Truth, qui était consciente de la différence dans le degré d'oppression des femmes blanches et des femmes noires. Truth affirmait à la fois son genre et son identité raciale en demandant à la foule :
Versions du texte Les premières mentions du discours sont publiées par le le et par cinq jours plus tard. Ces deux comptes-rendus sont brefs, et ne fournissent pas une transcription complète. du discours. La première transcription complète est publiée le dans le par , un journaliste abolitionniste qui est aussi le secrétaire rédigeant les comptes rendus de la convention.. La question n'apparaît pourtant pas dans son compte rendu..
Douze ans plus tard, en , Frances Dana Barker Gage publie une transcription très différente. Dans cette version, elle attribue de nombreuses caractéristiques de langage des esclaves du Sud à Sojourner Truth, et elle inclut de nouveaux éléments que Marius Robinson n'avait pas signalés. La version du discours de Gage est republiée en , et et devient la version historiquement acceptée de ce discours. Cette version est intitulée car cette phrase est répétée à de nombreuses reprises dans le texte.. En vérité le mode d'expression de Sojourner Truth n'était pas celui des esclaves du sud, car elle est née et a grandi à New York et ne parlait que le néerlandais jusqu'à l'âge de neuf ans..
Parmi les ajouts que Gage apporte au discours de Truth, on peut citer le fait que Truth maniait le fouet aussi bien qu'un homme, que personne ne lui a prodigué la déférence traditionnellement dévolue aux femmes, et que ses ont été vendus comme esclaves. Il est général admis que Truth a en réalité eu , dont un a été vendu, et on n'a pas de sources indiquant qu'elle en aurait eu plus. Le compte rendu de de Gage est en contradiction avec un de ses propres rapports publié plus tôt : Gage écrit en qu'Akron en général et la presse en particulier étaient largement favorables à la convention sur les droits de la femme, mais en , elle écrivait au contraire que les responsables de la convention craignaient l'adversité du public. D'autres témoins présents lors du discours de Truth ont rapporté une histoire différente, indiquant que tous les visages des personnes présentes « rayonnaient de joie » lors du discours de Truth ; que pas « une note discordante » n'avait interrompu la convention. Contrairement à la version ultérieure publiée par Gage, Truth aurait été chaleureusement accueillie par les participantes à la convention, dont la majorité étaient des abolitionnistes de longue date, favorables aux idées progressistes au sujet de la race et des droits civiques.
Le discours Version de de Robinson Marius Robinson, qui assiste à la convention et travaille avec Truth, imprime le discours tel qu'il l'a transcrit dans le numéro du du ..
Version de de Gage Le discours est cité de nouveau douze ans après avoir été prononcé par Gage, une militante pour les droits des femmes en faveur de l'abolition. Gage, qui préside la convention des droits pour les femmes de l'Ohio, décrit l'événement ainsi History of Woman Suffrage, ed. Vol.1, Rochester, NY: Charles Mann, 1889, edited by Elizabeth Cady Stanton, Susan B. Anthony, and Matilda Joslyn Gage. :
Son discours transcrit en français est le suivant :
Gage décrit l'effet produit :
Héritage Il n’existe pas de version officielle unique et incontestée du discours de Truth.. Robinson et Truth étaient amis et avaient travaillé ensemble à la fois sur l'abolition de l'esclavage et sur les droits des femmes, et le rapport de Robinson se base strictement sur ses souvenirs, sans commentaire supplémentaire. Comme la version de Robinson a été publiée dans le , où le public était davantage concerné par les droits des Africains-Américains plutôt que par les droits des femmes, il est possible que la version de Robinson ait été conçue pour son propre public. Bien que Truth ait collaboré avec Robinson pour la transcription de son discours, Truth n'a pas dicté la retranscription mot pour mot..
La version historiquement acceptée du discours a été écrite par Gage, mais il n’y a pas de preuve que Gage ait travaillé avec Truth sur cette version de la transcription. Gage décrit Truth comme parlant un dialecte du Sud, ce que les premières versions du discours ne mentionnent pas. Il semblerait que Truth ait été fière de sa façon de parler l'anglais.. Le dialecte employé dans la version de de Gage est moins prononcé que dans sa version ultérieure du discours publié en . La réarticulation des différentes versions publiées par Gage œuvre comme une transfiguration métonymique de la vérité.. Plus encore, la foule à laquelle s'adresse Truth ce jour-là est composée en majorité de femmes blanches privilégiées. Dans les souvenirs de Gage, elle affirme se souvenir que le public ne souhaitait pas la laisser parler, de peur que la cause de l'abolition ne soit confondue avec celle des droits des femmes, malgré les témoignages indiquant qu'elle avait été accueillie avec bienveillance. Bien que la version de Gage apporte des éléments de contexte supplémentaires, elle est écrite de manière narrative et la façon dont elle choisit de mettre en scène Truth ne peut pas être considérée comme une représentation factuelle des événements.
Références
Le discours En version bilingue anglais-français .
Pour approfondir Pdf. Pdf. Pdf. Pdf. . . .
Liens externes
[ Version de Gage, ] dans Google Books, sans pagination, ch. 7, de l' homme ne peut pas parler pour elle. Volume 2: Textes clés des premières féministes.
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